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 Les Masques de Fer

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Légion
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MessageSujet: Les Masques de Fer   Sam 16 Sep 2017 - 21:25

Un téléviseur est posé sur une table basse, à coté d'une tasse de café, d'un catalogue de télévision, et d'un vase qui contient une fleur. La lumière provenant du cube à informations et dessins animés vacille, sans pour autant s'éteindre. Un vieux dessin animé défile sur l'écran. La lumière provenant d'un néon, elle, est impeccable. Ce living-room qui donne l'impression d'être inhabité a été nettoyé il y a peu. Un canapé en cuir se trouve devant la boîte à image, légèrement abimé après le temps, mais toujours prêt à recevoir des postérieurs. Un tapis roulant,  seul objet véritablement luxueux de la pièce, est situé à coté du meuble abimé. La salle de bain est propre, et l'eau qui sort des robinets est potable. Un rideau sépare la douche du trône en céramique à la chasse tirée. Dans la chambre, le lit est fait. Il y a une autre table, dans la salle à manger. Cette autre installation, mollement assemblée, reste assez stable. Un verre contenant un simple alcool peu fort est placé au centre. Une assiette, placé à sa verticale, contient une combinaison de salade et d’œufs durs broyés. Un petit peu de mayonnaise est ajouté. Tout était propre chez M. Barris. À l'exception du maître des lieux lui-même, écroulé sur sa table, tête la première dans son plat fait avec amour par lui-même, pour lui-même. Ses poils faciaux s'étaient incrustés dans la salade qui ne devrait à présent plus être mangé. Il avait arrêté de bouger depuis quelques secondes déjà. On ne détermina la cause du décès que bien plus tard, où il fut révélé qu'il s'était suicidé de cinq balles dans le dos. Il avait également pris la peine d'aller arroser sa plante une minute après la première balle.




M. Barris n'avait jamais eu de relation avec un mouvement de résistance Terrien face à la conquête des Black Feathers. Il n'avait jamais distribué de tract pour un mouvement qui voulait une Terre dirigé par des Terriens, et non pas par des Démons. Il n'avait jamais eu des disputes avec ses parents sur l'attention qu'il dirigeait vers lui avec ce genre de comportement. Il n'était jamais sorti avec des copains lors d'une soirée boisson au bar "Le Solaire", où il commandait toujours la spécialité maison : l'Astora, avant de discuter politique et actions contre un amateur de vêtements de la Renaissance Française. Il n'avait jamais eu de conflits avec son employeur au sujet d'une nouvelle répartition de richesses décrétée par une élite inconnue. Il n'avait jamais rencontré un jour de mauvaise pluie M. Pinsson, et M. Pinsson ne l'avait jamais rencontré un jour de mauvaise pluie. M. Pinsson ne lui avait jamais parlé d'un réseau de résistance "Anti-Kasaï", comme on ne les appelait pas. M. Barris ne s'était pas engagé avec eux sur un coup de tête. Il n'avait pas jamais regretté son choix. M. Barris n'usa pas de son emploi chez une société de transport de biens matériaux pour faire passer des armes Saiyennes sur Terre. Il n'a d'ailleurs jamais été autre-part que sur Terre. Il ne voyagea pas sur la République de Magma, et ni fit jamais d'étude sur le système Oligarchique de Dösatz. Il savait, bien entendu, que Dösatz était un pays pauvre, dont la seule source de revenu était le tournoi qu'elle habitait, et qui n'avait jamais beaucoup de succès, d'ailleurs. La Terre était une très belle planète, et nous y sommes heureux. Gloire aux Black Feathers.

M. Barris, en effet, n'était pas de ce genre d'ordure là. Il était un honnête citoyen de la plus belle des planètes, celle dont la forêt regroupait beaucoup de nouveaux originaires de mondes autres que le nôtre, mais qui aimaient SK comme nous. M. Barris travaillait beaucoup, et gagnait beaucoup grâce à son travail. Il aimait également son métier, et il aimait Seishiro Kasaï, et Narumi Karuzaki. Il aimait le couple royal et il aimait travailler pour sa fière planète. Il n’y avait pas de guerre. On sut que Namek s’était ajoutée il y a peu à l’empire des chers dirigeants de la Terre. Mais cela n’importait que peu. La Terre était sa patrie à lui, et c’était la meilleure du monde. Il avait toujours détesté ce genre de mouvements terroristes se proclamant “résistants” ou “indépendantiste”. Une bande de psychopathes se prétendant du côté de ce qui est juste pour pouvoir se mentir à eux-même, et ne pas avoir de limites quant aux atrocités qu’ils peuvent commettre. On devrait les enfermer, se disait M. Barris quand il regardait aux information du soir la liste des victimes du jour, des pauvres gardiens de la paix torturés, tués, massacrés. Il n’y avait aucune raison à cela. Il ne fallait pas les enfermer, non ! Il fallait les tuer ! Leur faire payer la même chose qu’ils font subir aux autres ! Jamais il ne pouvait imaginer en faire partie. Jamais, dans aucune vie. M. Barris n’avait pas de femme, mais son amour était pour la Terre. Oui. Tel était son véritable amour. Gloire aux Black Feathers.

Certains témoins vous diront qu’un étrange personnage au visage métallique était entré chez M. Barris, la nuit de son suicide lorsqu’il se rendit compte que le monde de Narumi et Seishiro était trop beau pour lui. D’autres vous diront qu’ils étaient plusieurs. D’autres encore, qu’ils étaient habillés de noir. Tous ses témoignages se ressemblent et sont complètement faux, car aucun n’est identique. Comment se baser sur des faits qui ne ressemblent pas ? Ce ne sont pas des faits. Il n’y a rien qui lie également ces témoignages aux suicides des témoins, hormis sur une éventuelle honte dans la prononciation de paroles aussi stupides et folles. Quelle est la limite du besoin d’attention humain, je vous le demande ? La seule chose qui est identique dans chacun de ces discours est la présence de masque de fers sur les “personnages” étant entrés pour conforter M. Barris. Mais, une chose telle que celle-là existe-t-elle vraiment ? Des gens avec des masques stupides qui s’amusent à tuer d’honnête citoyens, avant de les affirmer comme suicidés ? C’est complètement idiot.

Gloire aux Black Feathers.


...




La pluie circule sur une voiture noire. Les gouttes tombent sur le pare-brise, et coulent lentement jusqu’au capot, où leurs mouvements s’arrête jusqu’à ce qu’elles soient jointes à d’autres larmes du ciel, avant de continuer leur chemin vers le sol, rejoignant leurs camarades qui se sont associées en flaques. Cette voiture ne ressemblait à aucun modèle connu. Elle ne semblait pas avoir de plaque. Elle ne semblait même pas exister. Bien qu’elle était posée devant un entrepôt, au milieu de la rue, les hommes qui passaient devant ne la remarquaient pas, à croire qu’elle était invisible. Cependant, les faibles rayons de soleil étaient reflétés sur le métal, et une ombre s’étendait sur le sol. Quel était le plus étrange, ce véhicule, ou ceux qui voyageaient à côté et ne la voyaient pas ? Ils ne lui rentraient pas dedans. Savaient-ils qu’elle était là ? Bien sûr. Peut-être ne la voyaient-ils qu'inconsciemment ?



Bientôt, en grande hâte, arriva monsieur Pinsson. Il manqua de trébucher, une main dans sa poche, et l’autre occupée par une malette. Se rattrapant grâce à un excellent déhanché, il se plaça devant l’entrée, trifouillant sa poche. Il n’y avait rien dans celle-là, ni dans celle dans laquelle il chercha après. Il lui fallut rechercher dans cinq poches pour enfin trouver la clé. Après avoir regardé derrière lui, puis à gauche, puis à droite, il ouvrit la porte. Il ne sembla pas remarquer l’inquiétante voiture noire derrière lui. Était-ce par hasard, qu’il ne remarqua pas la voiture ? De même, pour ne pas avoir refermé à clé derrière lui ?

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MessageSujet: Re: Les Masques de Fer   Dim 17 Sep 2017 - 13:52


La pluie frappait toujours aussi fort sur la voiture. Un petit clapotis que personne n’entendait. Ou plutôt que personne ne semblait entendre. Peut-être que personne ne souhaitait entendre ? Ces gouttes d’eau qui tombaient sur la voiture étaient douces, innocentes. Peut-être qu’elles serviraient à nourrir une plante ? À abreuver un chat ? Ou couleront-elles jusqu’aux égouts, où elles se joindront à l’eau sale qui sera nettoyée plus tard, avant d’être jetée dans la mer, pour un retour à la case départ ? Le ciel est couvert de nuages à perte de vue. Rien n’empêche leur invasion. Rien n’empêche leur surprésence dans ce gigantesque territoire habituellement bleu les jours d’étés comme celui-ci. Rien n’empêche le gris-noir de s’installer et  de cacher la présence du soleil. Ils sont libre de venir et de s’installer, laissant couler la pluie, avant de repartir bien moins encombrés. Là où les gouttes d’eau tombant du ciel vont, ils s’en fichent. Ils se fichent même de là où ils vont, et de là d’où ils viennent. Rien ne les arrête. Ils peuvent faire tomber des blocs de grêle, ils peuvent convoquer des tornades, ils peuvent même détruire la ville en s’y mettant assez, mais pourtant, on ne peut les arrêter. On ne peut que s’enfuir et se protéger. Cette passivité de l’humanité face à la nature est triste. Mais que pouvons-nous faire ?

M. Pinsson venait d’entrer maladroitement dans l'entrepôt désaffecté où se situaient certainement moult de ses camarades un tant soit peu turbulents. Il y avait au moins une centaine de ces bâtiments dans toute la ville, et les autorités devaient faire bonne impression. Combien de temps allait-il y rester ? Certainement toute la nuit. Sous cet orage, il n’y a pas de véritable moment pour sortir. S’il venait à subir une gueule de bois, il pourrait tranquillement s’hydrater dans son coma. Cela lui éviterait d’avoir trop mal à la tête s’il venait à se réveiller. Qu’allait-il faire, à présent ? Parler politique, peut-être ? Cela serait fort dommage de commencer directement par une engueulade avec des proches. Converser de ce genre de chose était toujours synonyme d’ennuis. Normalement, cela se termine par deux personnes se levant, prêt à se donner des torgnoles, et se perdant de vue en toute panique tout en levant les poings, se trouvant dos à dos à hurler : “Où c’est qu’il est ? Où c’est qu’il est ?” C’était un portrait assez précis de ce type de discussion. M. Pinsson n’avait pas vraiment intérêt à parler de cela. C’était dangereux.

Les essuie-glaces s’arrêtent. La porte s’ouvre, laissant s’échapper un épais nuage de fumée. Le faible son que fait un cigare pressé contre un cendrier se fit entendre. Un bruit de porte qui se ferme le suit, et de même pour des chaussures qui éclatent les flaques d’eau et se mouillent sur le sol trempé. La voiture, contrairement à la porte d’entrée du bâtiment, était fermée à clé. Pourquoi M. Pinsson ne s’était-il pas concentré sur le vérouillage de leur quartier général secret ? Pourquoi n’a-t-il que débloqué la serrure, sans la sceller derrière lui ? Certainement un oubli. Entre la pluie, la chute miraculeusement évitée, le port de la mallette, et un zest de stress, son pauvre cerveau avait certainement zappé cette mesure de sécurité. Après tout, il n’était dans ce milieu que depuis vingt ans. Il n’avait pas encore compris son sens des responsabilités.

Le grincement d’une porte qui s’ouvre lentement. Des bruits de pas couverts par la pluie. La même porte qui se ferme, et l’orage de dehors que l’on entend moins. Les gouttes tombent toujours sur le toit. On croirait presque entendre une arme à feu répétitif, couverte par les tuiles et fenêtres. C’était un lieu sombre, sale, parfait pour des gens souhaitant se cacher. C’était l’endroit que l’on ne suspecterait pas, et donc celui où l’on cherche en premier. Des souliers manquèrent d’écraser un rat. Le craquage d’un briquet se fit entendre. Une faible lumière apparut dans le sombre de l’endroit, avant d’être couverte par de la fumée. Les souliers continuèrent d’avancer. Il y avait ici, dans cet endroit, au moins vingt-et-une respirations, dont une était couplée à l’expulsion de fumée d’un cigare. Une table ovale était placée au milieu de la pièce. Des ordinateurs, posés sur des bureaux, étaient placés un peu partout. C’était très hasardeux, comme façon de faire. Il fallait être confiant les uns les autres pour être sûr de ne pas se faire prendre. À la table étaient la vingtaine de personnes discutant, M. Pinsson répétant deux fois “pardon” en s’installant. Il ouvrit sa mallette, et parut comme hypnotisé par son contenu. Elle passa de main en main. Puis ils parlèrent d’une gare, d’un train, d’un wagon, d’un passage du wagon, et d’une serviette anciennement portée par ce passager. Il fut entendu que Gérard Olivier, trésorier de la ville, usait des impôts pour se payer une compagnie du sexe opposé lors de ses nuits les plus moroses, ou les plus arrosées. Il fut prononcé que le prix des voitures avaient augmentées, qu’une variante de la grippe aviaire qui s’était développée il y a peu n’était pas la cible des recherches sur la santé, et qu’il faisait sacrément froid pour la saison. Personne n’avait vu une personne non invitée rester debout à côté d’eux, à la place habituelle de M. Barris, qui était malade aujourd’hui.

Le Desert Eagle est un pistolet semi-automatique, qui contrairement à d’autres semblables de son espèce, ne s’actionne pas à l’aide d’un recul, mais par un emprunt de gaz émis lors de la combustion. Ce mécanisme, habituellement destiné aux fusils et mitrailleuses, permet d’envoyer des projectiles de grande puissance à l’aide d’un pistolet. Son recul est un peu moins douloureux que celui d’un revolver grâce un poids plus important et à son mécanisme d’activation. C’est une arme de poing puissante, mais également assez peu maniable. Si elle est dévastatrice, elle l’est autant pour le poignet du tireur que le corps de la victime. Cependant, le maximum de munitions portable par une de ses machines est de neuf. Elle n’est donc pas de vingt.



Pourtant, vingt coups furent tirés, vingt éclats sonores furent entendus et résonnèrent sur cinq cent mètres. Le sol était trempé, mais pas par la pluie, non. Les larmes du ciel n’étaient pas rouge foncé et ornées de petits bouts d’os, d'organes, et de cervelle, et de toute façon, c’était un endroit assez isolé que cet entrepôt. Peut-être y avait-il plusieurs pistolets ? Peut-être y avaient-ils plusieurs porteurs ? Les créatures intelligentes de cet univers sont toutes bipèdes et porteuses de deux bras. Une seule peut porter deux pistolets en même temps. Neuf plus neuf est égal à dix-huit. Et dix-huit n’est pas vingt. Peut-être qu’il n’y avait qu’un seul porteur, dont la recharge est plus courte qu’un dixième de seconde ?



Une chose était sûre : la mallette fut prise. La scène, cependant, n’était même pas sûre. M. Pinsson avait vu un tireur. M. Richard en avait vu cinq. M. Roger n’avait rien vu. M. Barris était déjà mort à cette heure. M. Langueur avait entendu plusieurs fois le même bruit, tandis que M. Océan avait perdu l’ouïe avant de perdre la vie, et que M. Sel n’en avait entendu qu’un. Certains sentirent la table s’écrouler avec eux. Certains sentirent le monde s’écrouler avec eux. Mais il n’y avait que vingt têtes affreusement mutilées, vingt cartouches sur le sol, et une fumée expulsée de poumons comme d’arme qui s’étendait légèrement dans un entrepôt. La mallette fut ouverte puis refermée une dernière fois avant que les souliers impeccablement bien lacés s’en allèrent à nouveau.

La question d’aujourd’hui était : Est-ce que c’était un accident massif du travail attribué à une petite entreprise, un résultat de la nouvelle grippe aviaire, ou bien un suicide collectif de balles dans la tête tirées avec une extrême précision ? Un camion de nettoyage arrive alors que la voiture noire repart...
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MessageSujet: Re: Les Masques de Fer   Jeu 21 Sep 2017 - 20:12
La gloire vient au soldat qui résiste face à l’envahisseur. Celui qui est touché avant de ne pouvoir faire quoi que ce soit est-il alors déshonoré ? La gloire ne lui appartiendra-t-elle pas ? Si. Bien sûr que si. Si il a été tué, alors cela voudrait dire qu’il allait résister. Tout comme l’énergie potentielle, ce personnage allait instinctivement se rebeller, et combattre, sans pour autant être poussé à faire ainsi. C’est un poids prêt à tomber du ciel vers la terre. Ici, le poids a été détruit avant d’être coupé. Il n’en reste pas moins de l’honneur reçu à être celui se prenant la première balle. Mais qu’en est-il de l’envahisseur ? Ne reçoit-il pas d’honneurs ? Si. Bien sûr que si. Un point d’honneur est ajouté pour chaque tête arrachée du corps de façon violente. Un autre pour chaque série de tripes enlevée du ventre sans aucun respect. Les défenseurs comme attaquants ont le même barème. Le but est d’avoir le plus de point à la fin, et d’être encore en vie. Les scores ne mènent à rien si on est mangé par les vers. Pourtant, l’honneur ne régit plus toutes les vies. Les choses essayent de changer. La planète Végéta ne semble plus obéir à l’ataraxie de la violence. Tout comme sa compatriote dont le deux a été ajoutée à son nom. Deux planètes. Deux havres d’un futur plus ou moins sain pour le peuple belliqueux des fiers combattants à queue de primate. Un futur où les instincts réprimés seront légion. On se demande bien combien de temps cela va tenir.

Végéta venait également de gagner de nouveaux lieux où se détendre, des coins différents de la taverne sombre et humide qui était devenue le stéréotype de leur nation. Les parcs d’attraction n’utilisaient plus des créatures vivantes et des prisonniers pour stimuler l’instinct de combat des Saiyen. Les habitants allaient rester des guerriers, oui. Des guerriers mais pas des assassins. Ils allaient être des être vivants, et non plus de finisseurs de vie. Ils allaient enfin devenir ce que les autres civilisations rêvaient d’eux. Un peuple uni, harmonieux, et bienveillant. Fort, mais pas harceleur des autres. Ils allaient devenir la première force de combat de l’univers, les premiers à se lancer dans les combats contre les régimes totalitaires. Une force du bien qui ne pouvait plus être ignorée, et qui n’allait plus jamais être traitée de macaques pour leur héritage simien. Une planète de rêve pour les habitants, car le peuple était heureux sous la dyarchie des deux compères qu’étaient Pythar et Sharotto. L’était-il vraiment ?

Poteto, le mal nommé, était la risée de son village de guerriers sois-disant pure souche. Il avait combattu dans non pas moins de cinq guerres, et conquis dix-huit planètes. Des vraies planètes, hein ? Pas ce genre de connerie d’exo-planètes composées de quatre sangliers qui sont mis en état d’extinction par un seul kikoha. Non, nous parlons de vraie planètes, bien sûr. Des planètes dont la superficie est au moins de cinq cent mètres carrés. Des planètes remplies de créatures puissantes, mais suffisamment faibles pour ne pas lui résister trop. Poteto était amateur de conquêtes et de massacres, laissant ses envies les plus sauvages contrôler son corps à la place de son cerveau. C’était le pire cas d’un Saiyan entourloupé vers le combat, récessif de démons du froid envahisseurs, et entièrement détestable autant par ses ennemis que par les autres Saiyen. Il n’aimait vraiment pas ce nouveau monde que Sharotto et “l’autre lopette” comme il disait, car il n’était pas de Végéta deuxième du nom, et ne connaissant pas le “Saiyanet”, il ne connaissait pas non plus le nom du deuxième roi à la petite amie un peu trop obsessive envers sa personne. Il détestait également leur réformes, il détestait l’ancien Roi, il détestait les nouvelles armures, il détestait le partenariat avec une société secrète de rebelles, il détestait ce petit con de Raditz, et il détestait cette idée de ne pas guerroyer comme il se doit.

Alors avec un petit groupe de camarade qui le détestaient autant qu’il les détestait, mais avec qui il possédait une sorte d’amitié farfelue basée sur un principe de compétition de qui allait survivre le plus longtemps, il alla faire ce qu’on appelle des “shotgun”. Qu’est-ce que cette activité, nommée après le premier humain jamais vu par cette mauviette de Raditz et qui fut dit comme l’ayant absolument démonté avec son fusil à pompe ? C’était du lynchage simple de Saiyen, par des Saiyen. Bien entendu, c’était en groupe contre une seule personne, et cela était lent et douloureux. Les Saiyan souffrant de ces attaques étaient des pauvres âmes ayant décidé d’apprécier les nouvelles réformes. C’était des crimes purement politiques. C’était de la haine envers le fait que l’on ne puisse plus tuer les habitants des autres mondes. Alors on tuait les habitants du monde qui était notre. Et on se faisait plaisir. Rares étaient les moments où le cadavre était reconnu par un proche, et rares étaient les moments où le proche en question arrivait à retenir une envie profonde de vomir, et une peur immense des entrailles Saiyennes. C’était à se demander si le “fusil à pompe” était à prendre plus littéralement.

Cependant, qui arrêterait ce genre d’activités ? Qui empêcherait la même vieille histoire de Saiyen qui tuent des Saiyen ? Qui stopperait ces bas instincts de se libérer ? Qui détruirait cette violence ? Le peuple de guerriers ne respecte pas l’honneur. Ils sont un peuple de conquérants. Ils sont un peuple homicidaire, génocidaire. Ils sont un peuple qui tuent puis vendent, et se vendent pour tuer. Ils sont la plus puissante force de frappe entièrement créée par la nature n’ayant jamais existé. Ils sont le peuple qui se dresse pour écraser les plus faible et permettre à l’évolution de continuer à faire ses effets. Ils sont un peuple de destructeurs. Ils sont puissants. Plus puissants que les machines. Plus puissants que… des dieux ? Pourtant, si tel était le cas, pourquoi des voisins entendirent-ils Poteto hurler les noms de différents autres Saiyen ? Pourquoi fut-il retrouvé en sang sur le trottoire ? Pourquoi cette mort avait-elle parue indifférente à tout le monde ?

Le matin suivant, on entendit du bruit.



Puis l’on vit plusieurs Saiyen à terre. Personne n’y prit conscience. Personne n’y fit attention. On observa cela sans se soucier. C’était comme si le cerveau n’en avait rien à faire. Comme si les réactions chimiques du corps n’avaient pas lieu. On observa que Poteto et ses camarades avaient finalement été les victimes d’un “shotgun”, fait par d’autres Saiyen. Quand les amis du Saiyan turbulent furent alignés, ils virent plusieurs personnages leur tirer dessus. Des témoins, à la fin de la fusillade, virent partir un seul de ces amateurs de manteau noir. D’autres virent partir une dizaine. Les autorités accusèrent des Saiyen rancuniers. Les reporters des forces terriennes. Pourtant, un seul détail subsistait, et était partout, dans chaque interprétation. Les mystérieux porteurs d’arme avaient tous quelque chose en commun.

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MessageSujet: Re: Les Masques de Fer   Dim 1 Oct 2017 - 2:05
Aujourd’hui, le suicide de masse était différent. Un sentiment de tranquillité et de paix s’était installé dans l’appartement quarante-neuf de l’immeuble “DoDo sur Dösatz”. Cet hôtel au nom ridicule était un endroit assez apprécié de la communauté du tourisme destiné à accueillir des visiteurs sur la belle planète neutre et dirigée par des aristocrates. C’était un endroit respecté par la communauté, et nombreux étaient les personnes venant profiter d’une jolie chambre pas trop chère et avec vue sur la ville. Il était assez haut, assez large, et assez dominant par rapport aux pauvres piétons qui ne pouvaient que l’observer. Plus la chambre était haute, et plus on s’approchait des acheteurs de la classe sociale la plus puissante et la plus riche. C’était vraiment un bel endroit.

Mais aujourd’hui, ce bel endroit avait été l’abris d’un personnage peu recommandable. Un personnage violent, laid, stupide, et meurtrier. Un personnage ayant eu comme idée, un beau jour, de tenter de tuer un visiteur passager de Dösatz, qui était par ailleurs un personnage important pour la planète. Ce dernier était venu parler traité de paix et marché avec un autre grand personnage, qui faisait cinquante centimètres de moins que lui. C’était à ce moment là, que Jérémy Richard, agé de quarante-deux ans et célibataire, s’était mis en tête d’aller infiltrer un vaisseau quinze mille fois plus grand que lui. Qui aurait crû que ses neurones destinées à l’amour envers une autre personne pouvaient être redirigées vers la concoction de plan pratiquement infaillible ? Personne. Pourtant, si Jérémy Richard et une bonne quinzaine de ses camarades aux mêmes idéaux ne s’étaient pas tués tout seul, il y aurait une chance pour que Gilean Higginbotham soit tué durant un rendez-vous important, quelques jours avant sa véritable mort. Fort heureusement, son potentiel tueur et ses compagnons s’assassinèrent ensemble, dans une chambre mal placée et pourtant assez luxueuse d’un hôtel de Dösatz.

Cependant, il se pourrait bien que le mémo ne fut pas communiqué. Quelqu’un était entré pour visiter les lieux après la malheureuse tragédie. Quelqu’un semblait être tombé là où il n’était pas bon d’être. Quelqu’un s’était rendu dans l’appartement quarante-neuf de l’hôtel. Mais qui donc serait-ce ? Jaqueline Boissoyet, policière de son état, et croyante encore de l’existence d’un bien pur, et d’une force de l’ordre ne représentant pas le pouvoir. Une femme remarquable, attentionnée et attentive dans son travail. Et comme qui dirait bien trop curieuse pour son existence.

Ainsi monta-t-elle dans cet appartement qui n’était pas sûr, seule. Personne ne voulait l’accompagner. Certains lui avaient dit d’éviter de s’aventurer en ce lieu. Mais pourtant, prenant son courage à deux mains, téméraire, et bien armée, la voilà dans l’hôtel. Personne n’était ici de même. Personne pour respirer, pour parler, pour témoigner. Durant un lundi qui n’était même pas férié, personne ne travaillait. Durant une belle journée ensoleillée, personne ne se promenait, ne passait. On pouvait entendre à la radio que des embouteillages se formaient dans des rues aux alentours, sans qu’aucun conducteur ne pense à passer devant l’immeuble. Personne ne posa de question. Personne ne demanda le pourquoi du comment. Durant un instant, la ville devint fantôme. Et cependant, pour la seule personne sur les lieux, le silence ne semblait pas total. C’était comme si un chœur était présent, invisible, intangible. Un chœur de voix apaisantes. Et pourtant, étrangement, elle n’y prêta pas attention.

Était-ce bien du courage qui l’amenait ainsi vers cet appartement ? Peut-être était-ce de la stupidité ? Ces deux choses se ressemblent tellement. Il est facile de les confondre. Il est facile de les mélanger, et facile de manipuler l’humain pour le faire penser certaines choses. Des choses qui ne sont pas. Beaucoup de gens eurent soudainement la même envie, au même moment, de sortir de l’hôtel, et de s’en aller, loin, très loin. Pourquoi cette idée n’arrivait-elle pas dans la tête de Jaqueline ? Pourquoi ne prenait-elle pas ses jambes à son cou face à un environnement silencieux et vide de vie? Pourquoi l’endroit était-il vide de vie à la base ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? C’est par ces pourquoi que l’on peut se rendre compte du parce que. À ne pas se poser de questions, on s’attire vers des ennuis.

Mais pourtant, aucune question n’était posée. On se demandait bien pourquoi.

Les pas de la flic résonnaient, lentement, tandis que les marches étaient montées les unes après les autres. L’escalier, vide, mais propre, était grand. Malgré l'ascenseur, elle préféra le gravir, et s’épuiser. Un certain rythme pouvait se discerner dans ses pas. Toutes les soixante-sixièmes de seconde, une des bottes résonnait. Les chœurs invisibles et indiscernables accompagnaient ce rythme. Une étrange douceur s’installait dans l’air. Dans les vibrations était une joie. Personne ne s’en rendait compte. C’était un spectacle étrange dans tout autre contexte, mais il n’y avait pas de juges pour en décider, ici. Il n’y avait rien d’étrange à un quartier tout entier vide, à une étrange mélodie dans l’air, et à des choix qui n’avaient ni queue ni tête.

Bientôt arriva-t-elle à destination : L’appartement quarante-neuf. La porte n’était pas fermée à clé. En vérité, il n’y avait même pas de cadenas. À croire que le suicide collectif voulait être accessible au monde. Jaqueline ne fit pas comme elle avait pris jusque là. Elle n’usa pas de méthodes, de techniques. Elle ne tenta pas de regarder aux alentours. Elle n’avait que son arme à la main, et un kevlar sur le torse. Ouvrant la porte, elle ne fut accueillie que par un spectacle de sang et de cadavres. Jérémy Richard, ainsi que tous ses camarades, à terre. Elle entendit alors un “bip”. Les portes de l’ascenseur venaient de s’ouvrir. Ses yeux s’écarquillèrent, et soudainement elle se rendit compte de quelque chose. Les chœurs avaient été remplacées par un violon. Et celui-ci redoublait d’intensité. Alors qu’elle se retourna, l’instrument se tut. Un bruit sourd traversa la pièce. Malgré le gilet pare-balle, elle fut touchée. Elle se sentit pourtant apaisée. La douleur n’existait pas.

Son décès n’était que la pièce maîtresse d’une œuvre d'art.
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