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 Les Amants du Chaos

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Moka
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Moojuu
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MessageSujet: Les Amants du Chaos   Mer 7 Fév 2018 - 22:24





La neige étendait un voile blanc impossible à rater, il était bien trop tôt pour que la majeure partie de la population ne s’éveille pour admirer la perfection intacte de ce spectacle ou même que les services de déblaiement interviennent. S'emmitouflant avec des vêtements chaud ainsi qu’une écharpe, il préparait à sortir affronter ses éléments exceptionnel, même pour la saison. Si haut dans le sud, il était rare que la couche de neige lui arrive jusqu'à la taille. La maison lui paraissait si terne, si peu intéressante. Autour de lui, des souvenirs de la vie passé, de cette vie qu’il cherchait à oublier. Elle était dans chaque recoins de la maison, son odeur impossible à enlever de leur lit, son regard et sa présence ne le quittait plus. Il n’avait pas la force de jeter leurs affaires, elles représentaient tout ce qu’ils avaient construit ensemble. Et même si il serait plus simple de faire ainsi, il avait l’impression de la trahir en faisant cela, de la trahir et de se trahir en même temps.Elle n’était plus la, elle ne pouvait plus le rejoindre, mais il ne pouvait se résoudre à l’abandonner. Et s’était quand il cherchait le calme qu’il l’a voyait le plus, souvent dans ce souvenir unique qui le frappait sans cesse de toute sa puissance.

Une journée magique, passé ensemble, loin des soucis de la vie, loin des considérations de ce monde mortel. Une matinée sans se lever, une après midi à se chercher, à se trouver, à se retrouver. Ils étaient deux, ils étaient ensemble, et la terre à ce moment là pouvait exploser.

Moka soupira, comme il soupirait à chaque fois qu’elle entrait dans sa pensée et qu’elle s’y accrochait. Par Nef Relha qu’elle pouvait lui manquer, il savait que rien ne provoquait de plus grande peine dans son coeur. Tout était terne, rien n’était plus heureux. Il ne mangeait plus, il ne dormait plus, il avait remisé Tarazzu et travaillait en tant que garde du corps. Cette épée était le symbole de leur vie commune, ils l’avaient enchanté ensemble, l’avait retrouvé ensemble, l’avait porté à tour de rôle… Il ouvrit la porte, releva le col de sa veste et partis dans le froid mordant de cette grand rue, à Gartigal. Une taverne l’attendais, l’entrée devait être assuré jour et nuit. Il assurait le service jusqu’a le début de la soirée, quand le peuple allait se détendre après une dure journée de travail. Lui, il rentrait chez lui, s’occupait comme il pouvait jusqu'à tomber de fatigue, jusqu’au moment ou il piquait du nez près de la cheminée. Alors l’attendais une nuit de cauchemars, une nuit ou il allait se reveiller sans cesse, une nuit ou plus rien n’avait de sens. Jours après jour, rien ne changeait, plus rien ne semblait l’intéresser. Garder ce bar dans une ville où il était de passage à l’origine était la seule chose sensée qu’il avait trouvé à faire. Il ne savait plus où aller sans elle, il ne savait plus rire ni pleurer, il n’était plus qu’une coquille vide. Et cette coquille vide était parfaite pour faire son travail.

Dès le matin, il jetait le vieux Jikpy du perron de la taverne, une gerbille faisant la rue depuis plusieurs année maintenant, l’envoyant s’écraser contre le mur de l’échoppe en face, puis il déblayait la neige et frappait d’un coup sec l’enseigne pour y enlever le verglas. Puis, moins de dix minutes après, un matou venait ouvrir l’échoppe pour y servir les premiers poivrots. Et des qu’il se passait quelque chose, les pouvoirs de Moka lui servait parfaitement pour attraper n’importe quel énergumène et lui flanquer une bonne raclée. Depuis le deuxième jour ou il avait failli tuer une célébrité locale en lui assénant une bonne vingtaine de coup de poing bien sentis, rare était les téméraires qui tentaient quoi que ce soit et tout restait généralement silencieux. Il autorisait ou refusait l’entrée selon l’état de remplissement de la salle, s’occupait de nettoyer et aidait parfois au service quand la journée était calme. Quoi qui se passe, on regard était vide, rien n’avait su l’intéresser à nouveau, rien d’autre que la violence gratuite. Généralement, il suffisait que le vieux Jikpy le regarde de travers pour qu’il le frappe encore et encore, sans s’arreter jusqu’a ce que celui ci s’évanouisse. Il était un monstre, il le savait, mais il n’en avait plus rien a foutre.

Alors que la soirée approchait et que son service était presque terminé, trois chats entrèrent, caché sous un manteau fort épais. Malgré leur couverture, le bar entier se tus, comprenant qu’ils avaient en face d’eux La Garde Pourpre. Si la souris les avaient laissé passé, c’est parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas physiquement rivaliser face à Rooibos armé de Bloemfontein, l'épée sacré des Epicalloga. Ils paraissaient calme, le visage de Bai Mudan avait, pendant un moment extrêmement bref, réussi à apaiser l’esprit tourmenté de l'épéiste. Les dernières infos qu’avaient reçu la ville était que La Garde pourpre allait se présenter devant le haut conseil du petit peuple et leur demander le départ pour les mondes des hommes. La nouvelle avait couru plus vite qu’eux, Gartigal était à quelques kilomètres d’Ornia, la grande capitale. Ils étaient probablement de passage et cherchaient un lit pour la nuit. Sans savoir pourquoi, Mola demanda au tavernier de rester aussi pour la nuit. Le fait que la chatte blanche lui avait offert un regard qui l’avait troublé. Il commanda une painte de rousse et partir rejoindre le groupe de trois assis à une table pour chats. Au vu de leur différence de taille, la souris grimpa sur la table et s'assit sur un bord inoccupé. Les capuches étaient abaissées, Rooibos, ne s’attendant pas à voir quelque chose sauter dans son champ de vision eu les oreilles qui se baissèrent immédiatement et il sortit les griffes. En voyant qui était en face de lui, son expression changea, laissant place a un regard gêné, retournant le nez dans sa pinte. C’est Keemun qui pis la parole, le ton grave et désolé.

“Nous ne pensions pas vous croiser ici, paladin du dieu fourbe… Nous avons appris pour…” dit il, sans pouvoir terminer, la gorge serré. Il savait ce qui s’était passé pour Koliepa et pouvait imaginer la douleur que pouvait ressentir la souris en face de lui. Il repris pourtant après s'être éclairci la voix : “Les héritiers de Baelfire n’auront finalement jamais pu se rencontrer, j’en suis tellement navré. La garde pourpre et les amants du chaos, Tarrazu et Bloemfontein, l’esprit des justes et la larme des…”

“Je vous en prie, fermez la, mage...” dit Moka, les poings serrés, le regard perdu dans la mousse de sa bière, les yeux empli d’un voile qu’il pensait ne jamais plus pouvoir revoir. Il était venu sans réfléchir, sans se rendre compte que cela allait se passer ainsi, que La garde pourpre allait forcément présenter ses condoléances au veuf des Amants du chaos. Les deux groupes les plus puissants de cette planète d’accueil, il n’était plus rien sans elle, même de réputation. Pourtant, cela n’empecha pas Bai Mudan de se tourner vers lui, le regardant aussi intensément que jamais

“Nous ne te voulons pas de mal, jeune Oromos. Nous pouvons ressentir ta peine à travers le voile, Nef Harel a parlé Mythal. La fracture que ton coeur semble abriter impacte tout le monde au dela des rêves” dit elle, calmement, cherchant à diffuser une magie douce en son sein, apaisant les tensions que son esprit semblait abriter. Ses épaules s’affaissèrent, son visage mua en un rictus de douleur, ses mains tremblèrent… La magie avait la possibilité de débloquer tant de choses, elle avait donné une possibilité à lui et Koliepa de se voir tant de fois… Mais plus rien n’était, plus rien…

Pendant un moment, un silence s’installa. Les trois Epicalloga ne voulaient pas en rajouter, alors ils laissèrent le temps qu’il fallait à Moka pour se ressaisir, puis, comme sorti de nulle part, Rooibos se mit a chanter. Une voix grave empli la taverne en entier qui fit le silence très rapidement tant son timbre était doux et puissant. Il n’en fallut pas plus pour réchauffer tant le coeur de la petite souris qu’il en tira même un sourire.

Once We Were:
 

En peu de temps, la totalité de la taverne se mit a chanter, sans retenue ni gêne, comme si cette chanson évoquait les immenses plaines de Baelfire, l’époque dorée ou la terre entière était en paix avec elle même. Même Moka, lentement reprenant ses esprits, rejoignit la musique, parfois croisant du regard le matou au poil roux, souriant de façon complices l’un à l’autre. Et quand la musique fut finie, le silence resta quelques secondes avant que tout le monde s’applaudissent bêtement et qu’un barde vint animer la soirée de son luth.

Une journée magique, passé ensemble, loin des soucis de la vie, loin des considérations de ce monde mortel. Une matinée sans se lever, une après midi à se chercher, à se trouver, à se retrouver. Ils étaient deux, ils étaient ensemble, et la terre à ce moment là pouvait exploser.

Il aurait tant voulu vivre cela avec sa bien aimée, il aurait tant voulu chanter avec Koliepa. En cet instant, il pensait à elle plus que tout. Et pour la première fois depuis un certain temps, il était heureux de penser à elle.


Moka
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MessageSujet: Re: Les Amants du Chaos   Jeu 8 Fév 2018 - 22:20





Moka se réveilla en sursaut le front brûlant, les pensées troubles. Sa respiration était rapide, à peine contrôlé. Il sortit rapidement du lit, cherchant un refuge auprès du feu dans l'âtre alors résumé à des braises encore rougeoyante. Dans la pénombre, le logis n'était éclairé que par les restes des bûches crépitant dans la cheminée. Se posant sur son fauteuil, tremblant, il re-voyait des images de ce cauchemar qui paraissait si réel… Mais ici, près de ce feu, il trouvait une paix unique, un calme doux qui lui était apporté par un autre démon qui le hantait aussi. Il re-voyait ses soirées passés ici même, dans les bras l'un de l'autre, parfois étendu sur le tapis à regarder la danse des flammes, parfois sur cette même chaise à offrir une autre type de danse. Ses tempes pulsait à la pensée de ces souvenirs, l'esprit perdu dans ce sentiment que jamais pu il ne pourrait revivre. Koliepa avait sur lui un contrôle total, corps et âme, qui en était de même dans le sens inverse. Alors, quand deux être se donnent sans condition à l'autre, par le corps comme par la pensée, la fusion n'en est que plus incroyable, elle n'en est que plus mémorable. Et jamais la souris n'allait oublier cela. Malgré la nuit, malgré les fantômes qui le hantait, il ne pu s'empêcher de sourire alors qu'une réflexion qu'ils s'étaient tout deux fait lui passa par l'esprit : heureusement qu'ils avait employé la magie pour éviter de procréer, ce monde aurait été envahi de bien trop de petits Oromos pour son propre bien. Cela faisait des années que ce souvenir était la, à un moment ou Gartigal les avait accueilli pour les remercier d'une de leurs aventures. Ils n'avaient jamais réellement laissé la maison inoccupé pendant un long moment, revenant généralement fêter les périodes hivernales ensemble. Mais maintenant qu'il était seul, aujourd'hui perdu dans cette ville qu'il avait pensé ne plus jamais revoir, il se dit qu'il aurait tant voulu avoir quelqu'un auprès de lui, une âme nouvellement arrivé, avide de connaissances et débordant d'énergie. Il lui aurait tout enseigné, il lui aurait tout passé. Mais il était trop tard, cela n'arriverais plus. Avec le départ de Koliepa disparut tout espoir d'avoir des rejetons et d'avoir une quelconque autre relation amoureuse, ou même charnelle. Il savait qu'elle aurait voulu le contraire, qu'elle l'aurait poussé pour qu'il refasse sa vie sans elle, mais il ne le pouvait pas, il ne pouvait pas s'imaginer partager tout cela avec quelqu'un d'autre désormais… Les restes de bûches craquait dans la cheminée, le tirant de ses pensées alors qu'il volait de souvenirs en souvenirs dans un passé récent qu'il cherchait pourtant à laisser tranquille. Après que les images horribles de ce cauchemar l'abandonne, il se ressaisit et se glissa à nouveau sous les peau de bêtes pour laisser la torpeur le gagner à nouveau.

Et ce fut moins d'une heure après que le crieur annonça l'heure pour lui de se réveiller. Hors de sa paillasse, un monde gelé l'attendais, un monde qui lui était hostile mais qui lui avait donné hier une soirée qui avait su, un bref instant, lui offrir une échappatoire. La maison était désormais entièrement sombre, l'âtre n'abritait plus que des cendres. Un mot dans un langage perdu et une des bougies sur son chevet s'illumina d'une flamme dorée, redonnant à la pièce froide un semblant d’humanité. Enfilant des vêtements propres, Moka se rendis compte que son état d'esprit n'avait pas du tout changé. Il avait pensé trouver en l'événement d'hier soir une sorte de rédemption, un nouveau départ… Mais rien n'y faisait, elle abritait toujours ses pensées, son coeur était toujours enfermé derrières d'immenses murs. Il poussa le battant de la porte, trouvant un spectacle moins impressionnant que la veille : la neige avait été soit balayé soit s'était transformé en de grandes plaques de verglas. Le froid, lui, n'avait pas son pareil en cet instant, à un tel point que la souris avait dû enchanter son propre corps pour résister plus aisément au températures extrêmes. Il se mit à marcher dans le silence en direction de la taverne, se demandant alors si La garde pourpre était déjà reparti ou si elle restait encore un peu. Avant de repartir, la souris avait remercié les trois chats pour leur soutien, au cas ou ils ne se rêveraient pas. Il avait trouvé en eux un moment de paix face à ses démons qui l’asaillaient en cet instant de toute part, armé de doutes qui ne voulaient plus le quitter. Bai Mudan, la prêtresse de Mythal avait été celle qui lui avait donné le plus grâce à sa magie et à la proximité qu'elle entretenait avec son dieu, point commun qu'elle avait avec l’éppéiste. Mais alors qu'il approchait de la taverne, un sourire se dessina sur son visage en voyant les trois Epicalloga sur le départ, il aurait le temps de leur souhaiter bonne route. Cependant, son sourire se transforma aussitôt en un rictus de peur et d'appréhension : ils parlaient au vieux Jikpy qui semblait le désigner avec un grand sourire. Il était désarmé, sans défense et il se sentait idiot. Il ne pouvait plus fuir, il ne pouvait pas combattre, il fallait donc avancer vers eux, lentement, très lentement.

Quand Rooibos sorti de la bande, entièrement vêtu de son armure d'apparat et de combat, et qu'il s'approcha lentement de Moka, la souris eu l'impression de fondre, mort de peur quand à la suite des événements. Mais c'est avec une nouvelle stupeur qu'il vit un sourire sur le visage du chat roux, un sourire détendu et plein de douceur. La voix, elle grondait comme le tonnerre qui frappait la terre.

“Eh bien Moka ! Ce vieil homme nous a raconté comment tu la protégé de l'attaque de bandits il y a peu de temps de cela. Les ecchymoses sur son visage montre qu'il a dû aussi se battre, mais il a insisté sur le fait que c'est toi qui avait fait tout le sale boulot. Bien joué” dit il alors qu'il mis un coup de poing amical dans l'épaule de la souris.

Il ne comprenait pas, il ne saisissait pas pourquoi ce vieil homme qu'il maltraitait depuis son arrivée le couvrait d'éloges maintenant. Il aurait pu se venger, retrouver sa place sur le perron de l'auberge, faire n'importe quoi sans ne plus avoir à se soucier de Moka. Mais non, il n'avait pas fait ainsi. Rooibos le pris pas les épaules et le fit s'approcher du groupe, tonnant de sa voix caverneuse des détails du voyage à venir. Mais la souris ne pouvait pas quitter du regard cette vieille gerbille qui le fixait intensément, un grand sourire sur les lèvres.

Passant d'abord par Keemun puis Rooibos, il fit ses adieux au deux chats avec une infinie gratitude, organisant d'avance avec le chat épéiste un combat, Tarrazu contre Bloemfontein. Mais c'est en arrivant vers Bai Mudan qu'il ne sut que dire. Alors qu'il resta sans rien faire pendant un moment, la chatte l’attrapa et l'enlaça avec une tendresse inouï. Les yeux fermés, Oromos et Epicalloga, les corps aussi proche qu'il était imaginable de l'être, ce moment avait un sens unique dans la mémoire de Moka. Jamais il n'oublierais non plus les mots que la prêtresse prononça un un souffle, aussi discret que possible :

“Elle n'est plus avec nous, mais elle vis au travers de ton esprit et de ton coeur. Jamais elle ne sera vraiment parti tant qu'elle guide tes pas, tant que tu suis ta destiné" finit elle en serrant plus fort cette étreinte si unique. Il avait l'impression de serrer Koliepa contre lui, il avait le sentiment qu'elle était la aussi, alors il souriait, il souriait comme il ne l'avais pas fait depuis un long moment, il souriait avec les yeux empli de larmes de bonheur.

“Jamais je ne te remercierais assez Bai, que les pas des dieux anciens guide votre chemin” dit il en faisant un signe religieux unique, auquel elle répondit d'un geste similaire. Elle détacha le collier autour de son cou et lui tendis.

“Nous repasserons ici après notre rendez vous avec le haut conseil. Garde ça comme marque de mon respect. Quand nous reviendrons, nous t'emmèneront la ou tu le souhaite, jeune Oromos”

Un hochement de tête, un dernier adieux, quelques derniers sourire, puis La garde pourpre repris la route en direction de la cité mère des petits peuples. Il ne restait alors plus que Moka et Jikpy sur le perron de la taverne, silencieusement tourné vers l'horizon et le soleil levant. La souris ne savait quoi faire ou quoi dire, le vieil animal avait fait preuve d'une gentillesse qui le laissait sans voix. Alors, comme les mots ne suffiraient pas, il ne parla pas. A la place, il entra dans la taverne déjà ouverte et demanda une chambre avec une salle de bain pour accueillir celui ci, le temps qu'il trouve une solution. Sans un mot, simplement avec le regard affligé de sa propre culpabilité, il lui tendit les clés et lui souhaita une bonne journée. Dehors, il balaya le perron, frappa d'un coup sec sur l'enseigne pour laisser le gel tomber et resta là, toute la journée, pensant à tout ce qui s'était passé ce matin et hier soir.

La journée avançait, les différentes créatures de la ville se suivaient à tout heure. Entre ses doigts, Moka jouait avec un anneau en argent étonnamment abîmé. Elle avait le a son doigt, représentant une union unique et indéfectible. Chez le petit peuple, le mariage était quelque chose de particulier, lointain des traditions humaines : quand deux être décidait de se lier l'un à l'autre, sans condition ni limites, il était possible de forger deux anneaux et de les enchanter sur l'autel d’El’Rhondis, dieu de cette planète. Ainsi, quand les feux porteurs le portaient pour la première fois, une connexion mentale était mis en place, un lien qu'il était impossible à briser. Peu de gens faisaient cela tant il fallait être sur de la personne avec qui l'incantation était réalisé. La seule chose qui séparait les deux esprits après ce pacte était la mort. Alors, la petite bague en argent ne lui parlait plus, ne lui sussurait plus à l'oreille tout ce que Koliepa ressentait, tout ce qu'elle était en cet instant. Mais parce que tout ce que cette bague représentait avait pris un nouveau sens à la mort de son amante, il gardait l'anneau et ne l'enlevait plus jamais.

Les heures défilaient tout au long de la journée, rien d'intéressant n'arriva. La vieille gerbille semblait encore dormir, il n'était pas sorti de la chambre depuis plus de dix heures. Moka était allé voir pour vérifier si rien ne lui était arrivé, mais il s'était tout simplement endormi aussi profondément qu'il l'était possible. Alors, quand sa garde fut terminé, il demanda au tavernier de garder la chambre pour Jikpy et s'en alla en direction de chez lui, le soleil se couchant devant lui maintenant. C'est une fois dans sa maison que le silence et le froid gagna les sens de la souris, au même moment où elle décidait de pénétrer son esprit sans déconvenue. Les souvenirs venaient sans cesse, de tout les côtés de cette maison, sans exception ni limites. A l'intérieur de cette maison ancienne, ils avaient tout fait, partout, des centaines et des centaines de fois. Rien ne les laissait, rien ne les ennuyaient, rien n'avait le pouvoir de les séparer plus d'un jour. Lié par les souvenirs, lié par une force inconnue, lié par la même tendresse. Il n'avait pas encore posé ses affaires dans la maison que son esprit était déjà parti loin, sur une terre aride qui ne lui donnait que douleur et haine. Le sourire qu'il avait gagné, envolé. Le calme qu'il avait repris, perdu à nouveau. Rien n'était pareil, rien dans cette journée, ni la précédente d'ailleurs, n'arrivait à lui faire passer le souvenir impérissable qu'il nourrissait pour elle et leur amour.

“Une vie sans toi est un véritable supplice. La mort vaut tant mieux que cette sensation… Je te veux près de moi, je veux à nouveau sentir nos coeurs l'un au rythme de l'autre…” dit la petite souris en enlevant vêtement après vêtement. Quand il fut enfin nu, qu'il ne pouvait plus rien sur lui, ils pris un bain brûlant, prenant soin de chauffer l'eau grâce à l'âtre de son salon.

Puis, il se coucha. Ses yeux se fermaient sans difficulté. Dans la pénombre de la pièce, le feux crépitant le berçait délicatement. Mais les cauchemars envahirent à nouveau sa vision.




Koliepa embrassant un être sans visage. Koliepa, lascivement réceptive au moindre geste de l'être décharné. Ce soir là, comme chaque soir, il rêvait de Koliepa ne faisant qu'un avec la mort.

Un hurlement dans la nuit. Peur, douleur, tristesse, haine, désespoir. Moka, une coquille vide. Moka, la souris abandonné... Moka n'avais jamais pensé que cela arriverait.


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MessageSujet: Re: Les Amants du Chaos   Sam 10 Fév 2018 - 0:12





Une nouvelle fois, il ouvrait les yeux sur un monde qui n'était plus le sien. Une nouvelle fois, il affronta ce monde gelé avec tout le courage qu'il pouvait avoir. Une nouvelle fois, il était seul le matin, son ombre comme seul compagnon à qui parler. Il déjeuna rapidement, enfila des vêtements propres et partit en direction de son travail. Plus rien ne tournait rond, plus rien n'avais de sens. Autour de lui, dans la rue, les hommes et les femmes étaient tous occupés, concentré sur les tâches journalières qu'ils pouvaient abattre le matin ou encore flânant calmement en regardant la nature s'épanouir à travers ce manteau gelé qui réduisait désormais comme peau de chagrin. Moka, lui, regardait tour droit, devant lui, comme si la vue des alentours lui était insupportable. Il devait avancer, coûte que coûte, sinon il allait tomber. Et si son esprit se délitait de jour en jour, il ne devait rien montrer, ni faiblesse ni tristesse à son travail. Qui voulait d'un videur qui n'avais même plus le courage de renvoyer les gens ? Tout droit, voilà un objectif réalisable, un endroit où il pouvait aller sans crainte, sans que sa mémoire ne le renvoie à des moments perdus, sans que son âme ne se brise à leur contact. L'immense cristallerie des souvenirs de la petite souris avait été attaqué et un homme faisait tomber un à un chaque moment qu'il avait pu vivre avec Koliepa. Ces moments heureux devenaient des souvenirs empreint d'une mélancolie sans pareil, que rien ne pourrait faire revenir.

Mais rien n'était visible, personne ne pouvait voir ou comprendre le tourment dont il était affligé. Sans la bague à son doigt, sans l'intervention de la garde pourpre, il ne savait pas dans quel état il serait aujourd'hui. Il repensait à eux, ceux qui lui avait donné quelque chose dans un moment inespéré. Il était prêt à les suivre, il était prêt à vivre l'aventure à leur côté, mais il était loin désormais, parti dans la grande cité qui allait peut être leur ouvrir les portes d'une nouvelle galaxie. Il trouvait en leurs aventures un apaisement, une histoire qui pouvait le temps d'un battement de coeur calmer les sentiments enfouis en lui. Alors il s'imaginait leurs combats, leurs rencontres, leur peines et leur joies. Rooibos paraissait être un chevalier au grand coeur pendant que Keemun était une sorte de passionné de magie, dévoré par la passion des livres. Bai Mudan, quand à elle, semblait série d'interlocuteur pour la petite troupe, portant haut les couleurs des Epicallogas. Les légendes raconté par les bardes parlait d'une demoiselle inflexible mais douce, puissante mais fragile. Ils étaient une triade parfaite, un groupe qui aurait pu rivaliser avec les Immortels, un troisième groupe de mercenaire disparu des années de cela. La garde pourpre, les Immortels et les Amants du chaos, possédant à eux trois les trois armes légendaires du petit peuple. Avec Hoaardighan de disparu, le marteau de tonnerre, il ne restait plus que Bloemfontein et Tarrazu. Et avec Koliepa de morte, un autre des plus grands combattants de cet univers avait disparu.

Il rêvait encore du temps où les armes de la légende avait été forgé, de l'époque où chaque guerrier devait y déposer une partie de son âme avant de pouvoir la manier. Aujourd'hui passé par trois générations de Moojuus, elles étaient des reliques admiré par le peuple pour le symbole qu'elle représentait.

Mais aujourd'hui, Tarrazu représentait surtout la disparition de Koliepa dans l'esprit de Moka. Il lâcha un juron en se rendant compte qu'il rapportait tout à elle. Bêtement, il se détestait d'être ainsi, de ne pas réussir à passer à autre chose. Et quoi qui fasse, il savait qu'il ne pourrait jamais réellement passer à autre chose. Quelque soit la distance qu'il mettait entre elle et lui, leurs souvenirs seraient toujours abrité dans sa tête. Mais il n'était pas encore prêt à accepter tout ça, il en était encore si loin.

Quand il fut enfin devant l'enseigne de la taverne, la vieille gerbille se trouvait à l'entrée, méconnaissable. Jikpy portait un brocard ainsi qu'une montre à gousset, le tout accompagné d'une canne taillé dans un bois extrêmement sombre surmonté d'un globe lumineux. Plus aucune traces de combat sur son visage, plus aucune trace de saleté sur son poil gris désormais reluisant . En s'approchant, la souris se fit détecter par le vieil homme qui nettoyait pourtant son monocle. Que s'était il passé durant son absence ? Comment se pouvait il qu'il soit ainsi vêtu ? Tour allait très vite dans sa tête. Pour la première fois en plus d'une semaine, il entendis la voix de cette créature.

“Mais qui va la ! Moka Oromos ! Ce n'est pas surprenant vu que vous travaillez ici ! Je suis heureux de vous revoir en un si bon matin” dit la créature avec une voix aigu et très légèrement nasillarde. Le poid des âges s’entendait dans son souffle. Que répondre à cet homme ? Il n’avait pas trouvé les mots hier, il en trouverais encore moins aujourd’hui. Il sentait qu’il n’avait rien à cacher à celui ci, qu’il était peut être le seul à qui il voulait réellement s’ouvrir. Son masque de stupéfaction et de colère tomba aussitôt, laissant place à une profonde tristesse. Il s’approcha de lui, la tête baissé, les bras ballants.

“ Pourquoi ? Pourquoi m’avoir défendu face à La garde pourpre ?” dit il, le ton presque gémissant. Rien ne collait, était il en train de rêver ?

La gerbille riait

“ La première chose qui t’importe est donc ton lien avec ces Epicalloga ? Les choses ont bien changé depuis Baelfire, ca je peut te le dire ! Mais je ne suis pas mauvais envers ceux qui s’occupent aussi bien de mon bar !”

Moka était perdu

“De votre…”

Le vieux moojuu lui expliqua tout, absolument tout. Il avait pris l’habitude de se mettre sur le perron de son établissement, caché par une série de sort tous plus impressionnant les uns que les autres, pour espionner le personnel nouvellement recruté. Et d’après le gérant, malgré l'excès de zèle, Moka avait parfaitement réussi le test. La souris était abasourdi, ce moment semblait si loin de tout ses problèmes, tellement loin de tout ce qui pouvait lui arriver. L’homme qui tenait le bar était recruté pour jouer le jeu depuis le début, la mémoire avait été temporairement effacé de tout le village sans même lever un doigt. Non seulement ce vieillard était quelqu’un d’impressionnant, mais il semblait aussi doté d’un pouvoir incroyable. Pendant une bonne heure, ils parlèrent tout deux de nombreuses choses, Jikpy ayant vu tout ce par quoi Moka était passé rien que par son visage. Ce qu’il lui dit, ce qu’il put lui donner fut unique, quelque chose qui, comme pour les mots de Bai Mudan, résonnaient en lui encore au jour d’aujourd’hui. Mais de cette situation, de ce moment unique et particulier, il compris une chose simple.

Tombé du train, il fallait courrir pour le rattrapper avant de sombrer dans l’abysse. Les choses étaient ce qu’elle étaient, Moka ne pouvait rien y faire. Alors, s’il ne pouvait pas agir pour son propre bien, il devait continuer son chemin toujours plus loin, courir même. Il devait lutter pour les choses qui avait une chance de changer avec son intervention, pas s’arrêter sur les montagnes qui ne pouvaient pas être déplacés. Alors, ce jour la, une bière à la main, écoutant attentivement l’homme en face de lui, il se promit de ne plus lutter pour des causes perdues. Mais à coté, si il ne pourrait plus lutter pour Koliepa, si il ne pouvait rien faire pour elle, il allait dans le temps qui lui restait sur cette terre célébrer l’amour qu’ils avaient vécu, il allait faire d’elle une partenaire de chaque jours, celle à qui il dirait bonjour, celle à qui il parlerait quand la nuit serait trop sombre, quand il serait seul dans les grandes plaines du sud. Elle allait être la voix qui la guiderait, celle qui serait à jamais dans son cœur, celle qui aura pris une place qui ne pourra jamais être enlevé. Elle était tout cela, elle ne serait plus la tristesse. Par Nef Relha, Moka aimait Koliepa de tout son petit cœur de souris, et jamais la douceur de ce qu’ils avaient été ne quitterais l’esprit du porteur de Tarrazu.

En rentrant chez lui, dans cette maison ou il faisait toujours aussi froid, il lance des flammes dans l'âtre, réchauffant immédiatement la pièce. A un bout de la pièce, l'épée au reflets dorés semblaient faire danser les flammes sur sa surface.

Moka en cet instant était déterminé. Calmement, il se saisit de la lame, faisant quelques moulinets avec. Quelques minutes plus tard, il était à l’extérieur, fouettant la nuit jusqu'à s’effondrer de fatigue.


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MessageSujet: Re: Les Amants du Chaos   Jeu 1 Mar 2018 - 23:34





Les nouvelles allaient plus vite par les airs que par la terre. Les chevaucheurs, des souris de la garde royale montant des faucons blancs, étaient passés à la taverne, faisant escale avant de retourner sur leur terres. Ils avaient été conviés pour assurer la sécurité de la famille royale à Ornia. En voyant Firens, Moka se précipita vers lui pour enlacer son vieil ami. Ce soir, après avoir servi un roi, il allait être servi aussi bien qu'un roi ! Avant de rencontrer sa destinée, elle, quand ils n'était qu'un guerrier la tête pleine de rêve et les pouvoirs débordant de mana, il faisait partie des chevaucheurs, luttant auprès du capitaine Firens durant trois années magnifiques. Cette vieille souris au poil gris et noir l'avait formé et lui avait appris à travailler son équilibre dans n’importe quel condition. Durant des jours entiers, il avait souffert avec sa compagne faucon, apprenant à se connaître et à se supporter. Et remontant vite les années, ils évoquèrent tous deux le passé, comme cette bataille épique contre un dragon immense, attaquant chacun un flanc tout en escaladant la bête en plein piqué vers le sol. Cette sensation grisante, l'adrénaline du danger, la liberté totale… Tout cela lui manquait, toute cette vie d’aventures et de découvertes... Avoir dû abandonner Latte, son faucon, avait été un véritable coup au coeur. Tant d’années passé ensembles, tant de choses vécues l’un avec l’autre… Ils avaient été inséparables pendant plus de quatre ans et ils avaient due du jour au lendemain s’éloigner l’un de l’autre.

Mais à cette époque là, il avait trouvé Koliepa et la destiné de l'épée l'attendait. Le choix avait été douloureux mais sans hésitation, son peuple avait besoin de lui, l’honneur de toute une génération de souris en dépendait. Alors qu'ils parlaient avec son ancien maitre, que les souvenirs refluaient comme un voile doux sur l'esprit encore embrumé de Moka, ils arrivèrent au sujet de l'audience de la garde pourpre et leur volonté d'atteindre la terre des hommes et des peuples libres. Pendant de longues minutes, le chef des chevaucheurs évoqua la beauté nacrée du palais royal, l’incroyable jeu des étoffes de chaque clans, le noble jeu auquel se donnait chaque homme et chaque femme en direction du grand roi. Malgré sa curiosité piqué à vif sur la beauté d’Ornia, il demanda à son interlocuteur de se contenter de l’audience autant que possible. Alors Firens raconta le tout dans les moindres détails. Appuyé par certains clans, la présence d'autre Moojuus avait été confirmé par dela les étoiles et cette mission permettrait de rétablir un dialogue diplomatique entre eux et les peuples des quatres régions. Depuis la destruction de Baelfire, peu de clans avaient pu se revoir et échanger des informations, la volonté de la garde des Epicalloga semblait donc une idée brillante. Mais, racontait Firens, il y avait l'autre partie des clans qui voyait en cette escapade un danger inutile. Ensemble, les trois chats étaient une force de protection gigantesque. Certains proposèrent que le trio se sépare, ce qui fut immédiatement refusé par Rooibos, Keemun et Bai Mudan de concert. Plusieurs animaux tentèrent de proposer d’autres solutions, cherchant la meilleure façon de résoudre cette histoire pour tout le monde. Mais à chaque prise de parole, la discussion s'empêtrait dans des détails et des problèmes toujours plus important. Alors, le grand roi, un renard immense à la fourrure d'or, se levant dans un geste mesuré, imposa le silence par son simple mouvement. Paré d’un pourpoint blanc, se son incroyable armure d’apparat ainsi que d’une cape aussi longue que douce, la scène était volontairement mesuré pour inspirer un sentiment de beau, d’épique et de respect. Si le roi se levait, tout le monde devait s'agenouiller, tout le monde devait l'écouter rendre son jugement. Sans appel, personne n'avait jamais le droit de lui répondre, il devait être le dernier à parler. Firens, non loin du roi, était un des rares privilégiés à devoir rester là tête droite. En cas de coup d'état, il devait être le premier à dégainer et à protéger les anciens. Grâce à cette position, il avait la possibilité de voir les doléants et leurs réactions. Et quand Jerah, roi du petit peuple, annonça que les trois Epicalloga ne partiraient pas, le garde royal pu voir la garde pourpre se crisper, les dents de Rooibos se serrer, les yeux de Keemun s'emplir de larmes, les oreilles de Bai Mudan s'abaisser. Puis, un clappement de main leva d'un seul coup l'assemblée et la décision était prise. Se relevant, partant profiter des festivités, Firens du suivre le roi de près. Mais dans le brouhaha, il avait pu voir que Rooibos ne bougeait pas, que sa soeur et son frère tentait de le réconforter. Il n’allaient pas rejoindre les festivités, ils allaient repartir immédiatement après cela. Durant la soirée, il dut veiller sur de nombreux invités d’exceptions et il avait pu parler avec eux de cette situation. Certains disaient que les trois chats avaient disparus peu de temps après l’audience. S'ils prévoyaient quelque chose contre qui que ce soit, la vieille souris était prête à en découdre et ne pas en laisser un seul vivant. Mais rien ne se passa et la soirée avait fini de façon calme.

Cette histoire fit comme un coup de marteau sur la tête de Moka, qui pensait voir revenir les trois chats victorieux. Il comptait les acclamer, les accompagner jusqu’au port spatial, leur dire un dernier au revoir et les remercier pour tout. Mais maintenant, alors que tout semblait compromis, l'épéiste compatissait pour ce qui leur arrivait. Il offrit une chambre à son vieil ami, et lui promit de venir le voir avant que celui ci parte à l'aube pour l'est. Salos, son faucon blanc, devait être encore trop occupé à débriefer avec les autres rapaces de la chevauchée. Comme Firens pour Moka, Salos avait été le meilleur instructeur pour Latte. Ensemble, tout les quatres, tant d'histoires s'étaient déroulés… Sur le chemin du retour, alors qu'il avait la tête dans les étoiles, il se remémorait sa vie quelques années avant son service en tant que paladin. Souvenirs de batailles, de franche camaraderie, de cet amour si unique qu'il possédait avec sa partenaire faucon qui avait été pendant un très long moment son unique famille. Il voulait la retrouver ce soir, aller la voir pour prendre de ses nouvelles, pour se blottir à nouveau dans ses immenses ailes protectrices. Depuis qu'ils s'étaient séparé, il la re-voyait souvent alors qu'elle était devenu instructrice pour les jeunes faucons. Ensemble, ils avaient tous vécu, toute leurs premières fois, des joies intenses au peines les plus lourdes. Ils avaient décidé de laisser leur amour briller au grand jour, un temps, puis avaient gardé une relation particulière tout les deux. Liés par le combat et par des milliers de petites choses uniques, elle était un baume au coeur après Koliepa. Faisant un signe de croix avec son index contre sa poitrine, il partirait avec ses camarades Epicalloga à la Cime, cité mère des peuples aériens. Il voulait tant la revoir, il savait qu’elle aurait les mots juste pour l’aider

De retour dans sa maison, il alluma le feu d'un simple claquement de doigt, réchauffant par la même occasion la pièce d'une douce ambiance. Il avait à peine parlé avec Jikpy avant de partir du travail, trop absorbé par ce qui s’était passé à l’intérieur de la taverne. Depuis qu’il avait repris l'entraînement, qu’il s’était remis à s’exercer à l'épée et à discipliner son esprit, il avait retrouvé un esprit plus sain. Il n’avait pas oublié Koliepa, cela était une évidence. Il s’était même résolu au fait qu’elle serait toujours là, son coeur près du sien mais son corps loin de tout. Il lui arrivait certains soirs de ressentir une grande douleur, il lui arrivait certains matins de rêver d’elle… Une fois, alors qu’il laissait la matinée s’écouler bien au chaud dans son lit, il avait rêvé d’elle pendant a peine quelques secondes, mais ce rêve avait bercé son esprit plus que tout. Elle était au pied du lit, il ne voyait qu’un oeil d’elle, mais cela lui suffisait pour savoir qu’elle lui souriait. Il caressait doucement son visage, ce qu’elle fit en retour. Puis il se réveilla, avec ce lit vide. Ce jour là, le travail avait été particulièrement difficile. Mais il s’y faisait, il affrontait chaque jour en s’abandonnant au travail. Le soir, il affutait sa lame trempé dans les flammes, couchant dans l’herbe des traits embrasés. Koliepa restait là, mais elle était bienveillante, elle lui donnait la force quand elle lui manquait. Et quand il avait mal a cause de la disparition de Koliepa, Jikpy n’était pas très loin, lui assénant des gentillesses avec la douceur d’un bûcheron. Mais souvent, cela le faisait rire, lui redonnait le coup de pouce nécessaire pour avancer. Alors, le lendemain, cela allait mieux, reparti à nouveau pour un cycle infini de joie et de peine. Mais si il retrouvait Latte… Le visage si doux du faucon blanc éclairait sa soirée alors qu’il mangeait les restes d’un flan. Après un long bain chaud, il plongea dans son lit. Demain, il retrouverait Firens et Salos. Dans quelques jours, il allait voir ses compagnons. Dans moins de deux semaines, il serait avec Latte. Et ensuite ? Quelle destiné lui réservait le loup a six yeux ?

Pour la première fois depuis longtemps, Moka était impatient de le savoir.


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