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 Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]

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Moka
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Moojuu
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MessageSujet: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Ven 2 Mar 2018 - 21:53





Les abords du lac étaient paisible, le village de Fresk, endormi, préparait une nuit d'hiver qui s'annonçait plus rude que les précédentes. Pourtant, malgré le froid mordant, une bande de jeunes moojuus cherchaient à s'enfoncer dans l'immense forêt, bravant un danger que leur imagination créait. Des monstres invisibles, des chimères d'un temps passé, ils faisaient virevolter leurs épées en bois comme dans les aventures que les soldats de passage leur comptait. Luttant contre les immenses reptiles de l’autre bout du monde, faisant face à face au géants de glace d’Amer-Hivil, se protégeant des flammes vertes des dragons noirs… Tant d’épopées, tant de mondes a voir. Ils riaient, s'affrontaient les uns les autres, se donnaient des conseils pour offrir un combat toujours plus impressionnant. Sur cette planète paisible, loin de toute les responsabilités d’un monde adulte qui les attendait très bientot, Moka et ses amis s'affrontaient dans des duels magnifiques, éclairé par trois lunes si brillantes dans le ciel. Perché dans les arbres, le jeune Gatwick s’amusait à inventer des vers qu’il créait sur l’instant, laissant son esprit divaguer sur la neige blanche ou la beauté des étoiles. Parfois, il tournait les yeux vers ses amis et comptait un poème improvisé sur le combat en cours. Pendant ce temps, au sol, Harald, un blaireau immense, et Bick, un des nombreux frères de Moka, semblaient se faire des passes d’armes impressionnantes. De par sa stature de géant, Harald profitait d’une allonge et d’une arme bien plus imposante alors que Bick s’était équipé d’une dague, jouant sur des coups précis et plus habiles que personne. Très souvent, l’affrontement de ses deux la finissait soit par un immense coup qui repoussait la jeune souris au loin, soit par Harald lui même qui se fatiguait et déposait les armes. Bick était alors devenu un maître de l’esquive, aussi léger que l’onde et aussi insaisissable que l’air.

“Allez Bicky ! Prends le à revers !” hurla Moka en frappant dans ses mains. Il sifflait entre ses doigts pour encourager son jeune frère. Mais en face, le blaireau avait un autre coach

“T’as entendu leur stratégie Rald ? Frappe tout autour de toi” rétorqua Torn, une jeune renarde à la magnifique fourrure blanche

Alors, armé d’un immense marteau de forgeron, il effectua une toupie pour frapper tout ce qui arrivait à sa portée. Bick, s’étant précipité à sa rencontre, du effectuer une manoeuvre d’urgence pour esquiver le coup dans un salto impressionnant, passant au dessus de la tête de son adversaire. Toute les museaux suivirent sa course jusqu'à le voir retrouver le sol, non loin de la. Mais alors qu’il levait les bras pour montrer sa supériorité et son agilité retentissante, l’immense marteau de bois et de feuillages vint rencontrer son ventre, envoyant valser la souris dans un “ouf” directement dans le lac à moitié gelé. Tous rièrent, tous l’aidèrent à sortir de ce pétrin pendant qu’il avait une moue vexé. La soirée continua sur la bande allumant un feu et se racontant leur journée, une sorte de rituel qu’il avaient instauré dès leurs plus jeunes années. Les heures passèrent, le silence s’imposa. Puis, dans un mouvement rapide et fluide, Torn se releva

“Moka, à nous de montrer au autre ce qu’est un vrai combat !” dit elle, les mains posé sur les hanches.
Même si il n'était qu'une petite souris, Moka arrivait aisément à renverser les combats à son avantage, même contre des adversaires plus gros que lui. Que ce soit Bick, Harald ou Galard, la fille gerbille du tanneur de peau, il arrivait à tous les surpasser grâce à son entraînement.

Torn, cependant, était son plus grand ennemi, la seule à lui offrir un combat toujours difficile techniquement et physiquement. Il avait beau utiliser chaque technique, chaque botte que lui avait enseigné son instructeur, aucune ne faisait mouche ou elle ne faisait pas l'effet escompté. Tous ses compagnons hochèrent de la tête en espérant voir ce duel qui n’arrivait pas si souvent dans la semaine tant la chose durait durant toute la soirée. Qui plus est, les deux jeunes avaient l’occasion en pleine journée de se battre souvent pour leurs futurs à tous les deux. Mais ce soir, la souris était tout aussi partante qu’elle. Il se leva, dégaina son épée de bois dans un mouvement ample et plein d’assurance

“Il va falloir te ramasser à la louche après ce que je vais te mettre ma pauvre” dit il en riant, ce à quoi les spectateurs répondirent par un “Oooooh” de concert.

Sans rien dire, campé sur ses positions, elle dégaina elle aussi sa lame. Elle avait l’avantage de la taille, il avait l’avantage de la vitesse. Quand ils se rapprochèrent et que les premières passes d’arme s'exécutent, leur maîtrise était parfaite, le silence autour d’eux d’or. Les coups étaient parfaitement synchronisé, le combat réglé comme du papier à musique. Chaque parade suivait une attaque, toujours différente mais toujours parfaitement calculé. Ils s'étaient tant battus ensemble qu'ils connaissaient tout l'un de l'autre, du moindre muscle à la moindre réaction. Un coup d’estoc, elle se décalant en répondant par un moulinet circulaire, qu'il esquivait en s’abaissant au ras du sol. Pendant plusieurs longues minutes, il enchaînait saut et frappes, jouant avec leur environnement pour gagner du terrain. Puis les minutes devinrent des dizaines de minutes, jusqu'à ce que le feu a leur pieds s’éteigne. Dans le silence, comme pour respecter ce ballet, tout les autres étaient parti sans que Torn ou Moka ne s’en soit rendu compte. Ils continuaient, le bruit de leur epée se mêlant au bruit du vent, la sensation de la neige sur leur pattes se mêlant à la sensation des vibrations dues au choc dans leurs épées. Tout deux dans l’immensité neigeuse, seuls, ils dansaient, la queue de la renarde faisant des formes gracieuses alors que la souris sautaient habilement autour de sa cible. Aucun geste n’était superflu, aucune erreur n’était visible. Quand l’été venait les accueillir, il leur arrivait de continuer ainsi jusqu’au matin, sombrant dans un sommeil toute la journée. Mais ce soir là, la renarde avait d’autres plans. Torn, dans un mouvement rapide, fit un mouvement circulaire avec sa queue et lança à Moka une volée de neige, l’aveuglant suffisamment longtemps pour agir et terminer le combat qui durait déjà depuis plus de dix minutes. Sautant gracieusement dans les air, prenant à dépourvu son ennemi, la renarde lui tomba dessus, l'empêchant de bouger, au sol. L'épée en bois sous la gorge de Moka, elle piaffait, riche d'une nouvelle victoire. Mais il n'était pas prêt à laisser la chose passer :

“Tu triche, c'est pas honorable de gagner une bataille ainsi !” dit Moka en direction de son adversaire, essoufflé comme jamais, furieux mais incapable de bouger. Elle lui rétorqua du tac au tac, tout aussi essoufflé que lui, relâchant la pression et prenant un air condescendant :

“Et alors, quel honneur la mort te réserve t’elle si j'avais décidé de t'achever ce soir ?” dit elle en passant rapidement un de ses doigts sous le menton de la souris.

Il remarquait la façon si particulière qu'elle avait alors de marcher, laissant ses formes s'agiter de gauche à droite. Pendant un instant, il resta absorbé par cette vision, puis, boudeur, se releva alors qu'elle riait de façon insupportable. Leur affrontement avait été si long que leurs amis étaient partis rentrer chez eux, la souris s'en rendait compte maintenant. Il ne restait que le silence de la nuit, l'adrénaline du combat et les deux jeunes, essoufflés. Alors que la renarde était de dos, observant rapidement les montagnes, la souris lui bondit dessus, sans prévenir ni faire un bruit. Ils roulèrent tous deux à flanc de colline, le chemin parsemé d'arbres. Arrivé tout en bas, malgré sa petite taille, c'est lui qui l'a maîtrisait. Fier, se pavanant sans pour autant laisser sa proie partir, il repris, le regard planté dans les yeux bleus intense de la renarde.

“Ouais, mais t'as décidé de pas m'achever, ce qui me donne l'avantage sur toi. Je te rappelle que je suis promis à un avenir parmi la chevauchée et…” coupé dans son monologue de victoire, Moka fut interrompu par Torn qui collait son museau contre le sien, l'embrassant par la même occasion. Au début étonné, il répondit bien rapidement par une étreinte éperdue, les yeux clos.

Il pouvait sentir la douceur de sa fourrure sous ses doigts, la puissance de son corps entraîné pendant toute leur jeunesse. Combien de combats s'étaient terminés ainsi ? Combien de fois le clair de lune avait pu observer pareil couple, caché de la vue de tous ? Il sentait un désir brûlant grandir en lui alors qu'ils restaient tous deux ainsi, immobile, le coeur battant un rythme accéléré. Depuis tout petits, ils étaient entraînés par le même homme, un ancien membre de la garde royale. C'est lui qui avait ressenti le potentiel à cette époque du souriceau et du renardeau. Et pendant plusieurs années, ils s'étaient préparés à un futur aussi brillant qu’il était possible en ce bas monde. C'est ainsi qu'ils avaient développé un lien fort, qu'ils étaient devenus inséparable. Ils avaient découvert la magie ensemble, tenté de jeter leur premiers sorts, forgé leurs épées ensemble et dormait aussi souvent que possible ensemble. Mais en grandissant, tout deux avaient commencé à développer quelque chose de différent l’un pour l’autre, quelque chose qui dépassait l’amour de deux enfants. Aussi vite qu'elle lui avait déposé ce baiser si tendre, elle se faufila hors de l'emprise de la souris et retrouvait une position debout, parfaitement campé sur ses pattes. Elle était essoufflé par le combat, par cette fougue, par l'intensité des hormones qui, à cet âge, leur donnait du fil à retordre. Elle posa ses yeux dans les siens avec un regard nouveau, une douceur qu'il connaissait et appréciait comme un bédouin apprécie une oasis.

“T’as gagné, on va chez moi” avait elle dit en se mettant déjà en chemin, un grand sourire sur le visage, en tendant la patte. Tout sourire, le coeur battant la chamade, la souris sautillait en la suivant, en attrapant sa patte et en la faisant glisser dans la sienne.

Si les deux s'étaient rapprochés ainsi, bien plus que les autres jeunes de la bande, c'est qu'ils avaient tout les deux un avenir qui leur était promis dès leur enfance, une vie de combats pour le royaume du petit peuple. Lui avec la chevauchée, elle avec la patte noire. Ils savaient que cet hiver étaient leur dernier ensemble, ce qui avait précipité en eux un sentiment qui brûlait depuis bien longtemps désormais. Chaque jour marquait un souvenir plus beau, de moins en moins caché au reste du village. Et si ce type d'union était mal vu par de très nombreux villageois, il leur laissait cette dernière année sans sourciller. Car bientôt, très bientôt, ils allaient se retrouver éloignés, à des centaines de kilomètres l'un de l'autre. Alors ils profitait de chaque once de cette vie insouciante, plongeant dans le regard de l’autre aussi souvent qu’il était possible. Malheureusement, le seul hic dans cette histoire était leur impossibilité à laisser leurs désirs charnel vivre leurs désirs. Avant l’assermentation, rituel magique liant définitivement un être vivant avec son destin, il était strictement impossible de laisser leurs corps les dominer. Si, très vite, ils avaient voulu envoyer paître le code et avait tenté de se donner l'un à l'autre, un sentiment d'horreur et de rejet les avait retenu, comme si tout ce qu’ils avaient en eux les empêchait de faire cela. A la naissance, chaque être vivant recevait une marque qui disparaissait le jour où la destiné du porteur serait choisi et qui contrôlait cette malédiction. Alors, nuits et jours, ils restaient ensemble, serrés l'un contre l'autre, écoutant avec une attention si particulière la respiration de l’autre, dans un silence presque divin. Ce soir là fut bien trop court au goût de Torn et Moka, qui laissèrent la matinée s'écouler sans bouger de la paillasse qu'ils partageaient. Longtemps, très longtemps, il restèrent éveillé à se fixer l’un l’autre, un grand sourire sur le visage, parcourants de leurs doigts le corps de l’autre. Quand il était impossible de rester plus longtemps au lit, frustré comme chaque matin par ses vieilles traditions que la renarde décrivait comme barbare, il se séparaient tout deux pour faire ce que la journée avait prévu pour eux. Mais s’ils se séparaient, ils se promettait chaque soir de se retrouver le soir suivant, de s’aimer un jour de plus, un jour qui, ils l’esperaient chaque fois ardemment, durerait encore plus longtemps que le précédent.




Dernière édition par Moka le Mar 13 Mar 2018 - 21:47, édité 3 fois
Moka
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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Dim 4 Mar 2018 - 16:59





L'après-midi s’écoula lentement alors que Moka retourna voir Gedd, son père, pour l’aider au tâches journalières. Chargé de chasser dans les bois au alentours, il était aussi un garde forestier qui contrôlait que personne n’outrepasse ses droits sur les animaux alentours. Grâce au méthode de conservation des viandes et à la taille du petit peuple, il suffisait généralement d’attraper un seul kiragi pour nourrir le village entier pendant plus d’un mois. Quand il s'agissait de jours de fête, ou qu’il était nécessaire d’avoir une quantité de victuailles plus importantes (comme au début de l’hiver), Moka, son père et ses plus grands frères partaient chasser des dragons bleus, les plus petits de ses immenses monstres. Alors, quand la bête était traqué puis tué, ils découpaient sur place les quartiers les plus importants et les plus riche, embalaient le tout dans d’immenses sacs et faisaient le trajet retour. Maintenant qu’il possédait de nombreux fils et filles en âge de l’aider à faire le trajet avec lui, il pouvait extraire de la bête des ressources rares très prisé dans les grandes villes alentours, tel que les os ou les cristaux de feu. Si ses expéditions étaient bien plus dangereuse que la chasse au kiragi, elle ramenait en contrepartie une gloire et une richesse bien plus importante, ce qui avait permi à Gedd d’offrir les services d’un instructeur pour son fils. Mais à part la chasse au dragons bleu et le semi-élevage des kiragi, pendant le reste du temps, Gedd surveillait principalement les mouvement de troupeaux, ramassait des baies et veillait sur l’ordre naturel si particulier de ses bois. Aujourd’hui, ils s’occupaient de récupérer des plantes pour l'apothicaire de Fresk, de quoi confectionner des décoctions pour Karf, le forgeron, qui était récemment tombé malade. Ils n’étaient que deux, lui et son père, ses frères étant parti chercher des baies et vérifier que les balises dans la forêt était toujours en place. Tout deux parlaient de tout et de rien, s’amusant parfois en se racontant des anecdotes et des souvenirs. Le premier instructeur de Moka avait été évidemment Gedd, lui enseignant les premiers arts guerriers, même si il avait rapidement été dépassé par la capacité de son fils à apprendre. De toute sa fratrie, même parmi les plus vieux aujourd’hui parti affronter les reptiles des marécages du nord, il était le plus habile et le plus talentueux en combat. Le froid rendait leurs pattes a tout les deux moins habiles que d’habitude.

“Attention, ne coupe pas la fleur trop haut, la tige peut servir pour faire des cataplasmes” dit Gedd en lui montrant le geste à avoir. Eclaireur pour l’armée de la marche libre, il avait appris à survivre seul dans n’importe quel environnement. Mais maintenant, plusieurs dizaines d’année plus tard, il profitait de la stabilité de sa famille, la tranquillité d’un chez-soi, la douceur d’une femme aimante. D'un signe de tête, la jeune souris reproduisit le plus exactement possible les mouvements que pouvait faire son père, en lui demandant de répéter les gestes plus complexes, pour qu’il soit en mesure de les exécuter à la perfection. Après quelques ratés, il arrivait à remplir tout aussi bien que son père le chariot qu’il avait amené. Et deux bonnes heures plus tards, ils rentrèrent au village et partirent en direction de l’apothicaire. Une vieille autre souris leur fit face, le poil grisonnant, de petites lunettes rondes sur le bout du museau. Dans sa maison, un immense chaudron attendait patiemment les fleurs. Pendant que le médicament était en train de se préparer, que son père et la vieille souris parlaient entre eux, il partit faire un tour à la forge pour saluer Harald. Un grand sourire éclaira le visage du jeune blaireau, lui assènant un coup de coude quand Moka arriva à sa hauteur

“Alors, cette nuit avec Torn ?” dit il, jouant avec ses sourcils tout en forgeant ce qui ressemblait à un casque. Moka renifla, se frotta rapidement le nez, passa ses mains à sa ceinture tout en regardant au loin, un point à l’horizon, comme pour affirmer sa supériorité
“Tu sais Rald, parfois notre destin est plus forte que les plaisirs de la chair. Parfois, il faut laisser ses pulsions s’éteindre au profit du brasier flamboyant du...” à peine eut il le temps de finir qu’il fut coupé par son ami
“... ouais, t’a pas pu l’enfiler parce que tu as la marque encore sur toi quoi !” dit le blaireau, en riant de sa voix grave et profonde.

Plissant les yeux, baissant la tête et les oreilles, la souris ne pouvait pas s'empêcher de sourire à la remarque que Harald venait de faire. SIlencieusement, acquiesça d’un mouvement de tête rapide, faisant une moue de frustration, ce qui provoqua chez le jeune forgeron un rire encore plus puissant. Moka expliqua, quand son ami fut calmé, quel était la raison de sa venue et qu’ils avaient trouvé de quoi soigner son père, qu’il allait revenir avec Gedd pour lui appliquer un soin qui lui permettrait de facilement se remettre sur pied. En apprenant cela, le jeune forgeron fut soulagé, prenant un air détendu, tout en remerciant son ami. Quelques instant plus tard, les deux jeunes, Gedd, Karf et Ritis, l’apothicaire, se retrouvaient tous ensemble pour conclure cette quête, un nouveau moment pour son père et celui de Harald pour évoquer le passé. Ils avaient été ensemble pendant plusieurs guerres ayant confrontés les clans après leurs départ de leur planète natale et avaient décidé ensemble de retourner dans leur village natal quand tout serait terminé, ce qui s’est finalement passé. Cette proximité avait amené Moka et Harald à devenir très vite amis, jouant une grande partie de leur jeunesse ensemble. Et même si une rivalité s’était installé, due à leur écart de puissance, ils n’avaient jamais perdu de vue leur amitié et les moments qu’ils avaient passés ensemble.

Quand la souris et son père sortirent de la maison après avoir dit au revoir à leurs amis, ils se séparèrent pour chacun vaquer à ses occupations. La fin d’après midi était toujours marqué par l'entraînement avec Torn et Jax. Il était impatient, il n'avait pas réussi à se sortir de la tête les images de la renarde de toute l’après midi. Et en la retrouvant dans leur repère, une cabane qu’ils avaient bâti ensemble pendant leur enfance, il pouvait voir qu’elle était dans le même état que lui. S'enlaçant pendant une longue minute, dans le silence de la forêt et la douceur d’un rayon de soleil hivernal. Ils parlèrent tout bas, puis ils s’éloignèrent l’un de l’autre, tout juste assez pour leur permettre de se regarder dans les yeux, se racontant respectivement leur après midi. Ils passèrent ainsi une heure, tout les deux, profitant de chaque seconde pour être ensemble. Puis, ils se mirent en route pour la maison la plus éloigné de Fresk. Un vieil écureuil borgne et presque sourd, voilà un tableau succinct mais assez détaillé pour parler de Jax, l'homme qui lui avait pris la relève de son père quand celui ci avait eu les moyens.

En train de méditer au bords du lac, Moka et la renarde approchait discrètement, ne faisant aucun bruit en foulant l'herbe haute. Ils s'étaient accordés sur un plan d'action, une nouvelle stratégie qu’ils voulaient tenter d’exécuter, passant à droite et à gauche du vieil homme pour l'attaquer par surprise. En feignant une double attaque. Mais alors qu'ils se tournaient l'un vers l'autre, usant des langages des signes pour attaquer en rythme, l'écureuil n'était plus là, son siège vide faisant face à la grande étendue d'eau. La proie avait mordu à l'hameçon. A ce moment précis, la seule inconnue était la personne que le vieux maître allait attaquer en premier. Le bruissement des feuilles, le clapotis de l’eau, leur respirations coordonnées… Tout était parfaitement orchestré, tout était parfaitement mesuré, assez pour que la renarde et la souris comprenne que Jax rodait dans leurs alentours. A peine eut il le temps de comprendre, Moka se retrouvait avec un courant d’air très léger dans le dos, sentant immédiatement la présence de l’ennemi. In extremis, il esquiva la première salve de coups, n’ayant pas le temps de tous les arrêter tant l’homme était rapide. Certains le frappait au visage, d’autre, au niveau du plexus solaire. Le souffle coupé, Moka était cependant encore capable de riposter. Il cria un ordre simple, court, composé d’une seule et simple syllabe, pendant qu’il dégaina son épée en bois pour contre attaquer. Deux êtres quasiment de la même taille s’affrontait dans une rapidité époustouflante, la vitesse de leur coup offrant un spectacle magique proche d’un ballet d’opéra. Comme quand il affrontait Torn, ses attaques étaient parfaitement mesurées, parfaitement calculé, usant de chaque botte que lui avait appris le vieux maître. Pourtant, à l’inverse de ses duels avec celle qui faisait chavirer son coeur, il se retrouvait ici dépassé par la vitesse, le rythme imposé et la variété des attaques portées. Si Jax usait principalement d’une technique offensive, lançant souvent des attaques verticales suivi d’estocs précis, il savait varier les styles et jouer avec la moindre composante de son épée et de son environnement. La moindre incohérence dans la technique du maître d’arme l’amenait à repousser son adversaire, le temps de récupérer le rythme précis qu’il imposait à son ennemi, réglé comme du papier à musique. En moins d’une dizaine de seconde, la souris se retrouvait déjà acculé par les coups puissants et rapides de l’écureuil. Ce fut à ce moment là, à l’instant le plus propice, que Torn arriva dans un bond majestueux, assénant une série de coups au jambes et au torse. En même temps, profitant de l’occasion, Moka dirigea son ennemi dans la direction qu’il souhaitait, un lieu particulier qu’il avait choisi avec sa partenaire. Coup après coup, alors que la situation était renversé et que Jax reculait peu à peu, l’attaque en binôme était parfaite. Les faiblesses de l’un était comblés par les forces de l’autre, jouant sur la vitesse et la force, l’agilité et la puissance, les coups haut et les coups bas. Si il semblait dépassé par la situation, le maître souriait, il semblait comprendre où cela allait les amener, préparait déjà une stratégie pour retourner la situation à son avantage. Et quand ils arrivèrent tous trois au bord du lac, à un endroit assez en hauteur pour qu’aucune retraite ne soit possible, relativement éloigné de la maison, de tout arbre ou autre support qui permettrait une esquive, les deux jeunes apprentis jubilait. Mais Jax n’en démordait pas, un grand sourire sur le visage, ayant vu le coup venir. Une fois, ils avaient réussi une technique similaire, mais un simple saut avait réussi à lui permettre de se dégager, assez éloigné pour assurer une contre attaque fatale qui avait conclu leur duel. Alors, dans une impulsion élégante, se servant d’une once de la magie qu’il pouvait utiliser, il donna une force supérieure à ses pieds, faisant légèrement trembler la terre, pour immédiatement décoller.

“Maintenant Torn !” hurla Moka en direction de sa partenaire
Et dans une inventivité qui surprit immédiatement Jax, un piège au sol s’activa, attacha une de ses pattes pour briser son élan alors que ses deux apprentis abaissaient leurs lames de bois au niveau de son coup, impossible de bouger ou de faire n’importe quel action. Ils avaient réussi ensemble à dépasser leur maître, profitant de leur avantage de la meilleure façon qu’il soit. Au sol, un grand sourire sur le visage, à peine essoufflé, le maître se mit à rire

“Eh bien, vous commencez à vraiment me surprendre tout les deux ! Pour un peu, je vous enverrais ensemble parmi la marche libre, vous deviendrez des légendes ! La renarde et la souris ! La force et l'agilité ! La douceur et la violence ! Je suis content de voir la synergie que vous avez développé, cela montre une forte capacité à travailler en équipe” dit il, en usant cette fois ci d’une quantité bien plus importante de magie, gelant tout autour de lui les liens qui le retenait prisonnier, repoussant par une vague de froid les deux jeunes. Dans la garde royale, la patte noire ou tout autre grande organisation de maintien de la paix, tout guerrier voyait recevoir, le jour de son assermentation, un pouvoir en lien avec le destin qu’il avait juré respecter. C’est ainsi que Jax avait développé une affinité avec la glace, permettant aisément de créer barrières et des sorts de combat redoutables. Vu qu’ils n’avaient pas encore reçu ce genre de don, le maître évitait le plus possible d’utiliser la magie, laissant l’expression pure de la maîtrise du combat et de la tactique. Quand le combat fut définitivement remporté par Moka et Torn, que les armes furent déposé, ils se donnèrent rendez vous pour le souper directement chez le vieil écureuil.

Profitant d’une source chaude, non loin de la, Torn et Moka se débarassèrent rapidement de tout signe de ce combat et repartirent en direction de la maison du vieil homme. Souvent, après un duel de cette trempe, quand il avait eu le dessus sur Jax, celui ci leur offrait le repas, leur donnant d’ultimes conseil, débriefant de façon plus agréable que simplement après la bataille. Cela leur donnait aussi à tous trois une possibilité de réfléchir posément à ce qui avait été fait. Et dans l’esprit des deux jeunes, le fait que leur maître ait évoqué la marche libre n’était pas resté sans conséquence. Dans leur coeurs, ils imaginaient déjà une vie ensemble, loin de tout mais proche l’un de l’autre, jurant sur les anneaux d’El Rhondis une fidélité éternelle. En redescendant vers la maison, ils couraient avec un grand sourire sur le visage : ils allaient pouvoir vivre ensemble.
En entrant dans la maison, alors qu’ils allaient parler directement avec leur maître, celui ci les interrompis avant même qu’un son ne soit prononcé

“Non Moka, non Torn, vous n’irez pas dans l’ordre de la marche libre ensemble.”

Moka
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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Mar 6 Mar 2018 - 10:55





Au bord du lac, Moka était perdu. Songeur, il observait le voile satiné que formait la surface de l'eau. De temps en temps, une onde se créait, formant de miniatures vagues éclairés par l'intensité blanchâtres des lunes. Parfois, s'était lui qui venait briser cette surface en jetant un caillou, essayant de le faire ricocher le plus loin possible. La souris était furieuse, ses tempes battaient comme si il venait de se battre pour sa vie. Quelques instants plus tôt, dans la maison de Jax, il n'avait pas compris. Si Torn, d'habitude bien plus rebelle et plus à même à se défendre sur ce genre de choses, avait gardé un silence de plomb doublé d'un regard triste, Moka avait protesté, hurlé. Il avait demandé des explications à son maître d'arme, il lui avait demandé pourquoi il voulait absolument les séparer. Mais il avait beau expliquer, Jax avait beau essayer de calmer la situation par la douceur ou la colère, rien ne semblait tarir la douleur que ressentait alors la jeune souris.

“Comment peux tu aujourd'hui laisser ton destin en entier être remis en cause par ce genre de sentiments Moka ! Ressaisis toi mon garçon, il faut que tu comprenne que la marche libre n'est pas une option viable pour vous. Je m'excuse d'avoir abordé ce point comme ça, je ne pensais pas vous tourmenter ainsi tous les deux” avait dit le maître d'armes, en regardant respectivement la souris et la renarde, qui semblait tout deux défaits par cette révélation. Cependant, même si Jax avait mal pour eux, même si il souffrait à l'idée de devoir les séparer ainsi, il était dans son devoir de procéder ainsi. La table du repas avait volé contre un des murs, provoquant un boucan impossible dans la salle à manger qui servait de cuisine. C'était à ce moment là que le vieil écureuil ne put tenir plus longtemps et s’emporta lui aussi dans une colère sourde ou il demanda au deux jeunes de sortir immédiatement dans un grondement puissant. Torn s'était occupé de faire sortir la souris, le visage confondu en milliers d'excuses. Maintenant, dans le silence d'un hiver qui allait toucher à sa fin, elle était assise à côté de lui, le regard perdu elle aussi dans le lac, ne sachant quoi dire ou quoi faire. Alors qu'ils avaient une possibilité pour enfin être ensemble, une possibilité de vivre à jamais liés, le vieil écureuil gâchait tout en considérations stupides.

“Ne sois pas ridicule Moka, tu sais qu'il a raison. On ne peux pas laisser nos sentiments prendre ainsi le dessus.” avait alors dit Torn, brisant le silence. Comme s'il avait pris une douche glacé, la fureur se transforma en tristesse, en terreur. Il refusait d'accepter cela, il refusait de laisser son futur être décidé par quelqu'un d'autre. Il la voulait elle, il voulait faire que son destin soit à jamais lié à tout ce qu'elle représentait pour lui, peu importe les conventions, peu importe qu'ils soient renarde et souris. Il voulait tout envoyer balader, il voulait partir loin, plus loin encore que l'horizon. Il voulait partir avec elle, il la voulait pour lui tout seul. Il repris, sans hurler, sans hausser la voix, cependant déterminé

“Je ne laisserais pas…” avait il commencé, tournant le visage dans sa direction à elle. Mais en posant les yeux sur le visage de Torn, il voyait qu'elle fixait le même point d'horizon, loin de tout, loin de rien. Et sur son visage, une perle brillante au bords de ses magnifiques yeux en amande. Une perle, puis une autre, et encore une autre. Le coeur de Moka chavira alors que sa voix tentait de reprendre le dessus : “Je… On…” mais rien ne voulait sortir, la lune faisant briller les premières larmes que la souris voyait sur le visage de celle qu'il aimait, tombant délicatement dans la neige sous eux. Sa gorge se serra immédiatement, toute sa rage et sa terreur transformé en une tristesse profonde et douloureuse. Il ne pouvait plus parler à haute voix, ses cordes vocales refusait de lui obéir. Alors il chuchotait : “Je ne te laisserais pas partir” avait il dit en tournant le visage en direction de l'horizon, incapable d'affronter cette vision insoutenable. Il sentit les pattes douces de Torn basculer lentement sa tête pour qu'il se couche sur elle, la tête alors tourné vers les étoiles. Elle caressait doucement son crâne, apaisant du mieux qu'elle pouvait la douleur qu'elle ressentait, avec lui, en cet instant où ils découvrirent une vérité crue sur eux deux.

“Pour nous, je partirais, Moka. Je ne t'empêcherais pas d'avoir le destin que tu mérite, je ne laisserais pas nos sentiments au travers de ton chemin. Parce que je t’aime, cet hiver sera bien notre dernier hiver ensemble.” avait dit Torn, chuchotant elle aussi, le corps entier tordu d'une douleur qu'elle n'avait encore jamais connu. Ce soir là, ils se couchèrent ensemble, plus proche que jamais, plus tristes que jamais, s'aimant plus fort que jamais. Ils ne dormirent pas cette nuit là, voulant tous deux profiter de cet instant si unique ensemble, profitant de chaque seconde et de chaque étreinte comme si c'était la dernière.

Le lendemain, quand ils retrouvèrent Jax, il semblait jouer la carte de l'amnésie, comme si la soirée d'hier ne serait jamais passé. Les deux jeunes savait que ce genre de réaction sous entendait qu'il ne comptait pas revenir de sa décision. Après un combat gagné par la souris et la renarde, il leur présenta une lettre qui était arrivé ce matin, annonçant que la tournée des quatres ordres allait se lancer pour le début du printemps, que les représentants des quatres grandes armées allaient faire le tour des villages pour choisir leur nouvelles recrues. D'après les estimations faites par Jax, en prenant compte du nombre gigantesque qui constituait la tournée, ils arriveraient sous une vingtaine de jours. Le village était extatique, la réception de la cours du roi et des grands chef d'armée entraînait une série de festivité qui mettait leur talents à l'honneur. Pendant trois jours et trois nuits, d'immenses tablée devait être sorties, les meilleures plats et les meilleurs vins à l'honneur. Dans cette ambiance de célébration, les jeunes de tout horizon avait le droit de se présenter pour s'inscrire parmi les quatres grands corps d'armée tenu par l'état, quelque soit leur origine sociale. Une armée pour les renards, une pour les blaireaux, une armée pour les écureuil et une dernière pour les souris, la plus prestigieuse. Respectivement nommé La patte noire, La confrérie de granit, Les compagnons de l'aube et la chevauchée d'argent, ils formaient ensemble la force implacable qui avait su tenir tête pendant des centaines d'années à toute les créatures qui s'étaient mis sur leur chemin, Moojuu ou autres. Mais si tout cela avait pour but de donner à l'armée de nouveaux hommes, il n'était pas rare de voir des artisan gagner en célébrité grâce à la présentation de leur travail. Au vu de l'ampleur de l'événement, tout le monde voulait transformer ce moment inoubliable en une occasion à saisir, une chance de faire ses preuves face au artisans Orniens, les artisans de la capitale. Mais alors que tous mettaient du coeur à l'ouvrage, que tous préparait ces trois jours avec une ferveur grandissante, cette date marquait un glas pour Moka. Le couperet tomberait bientôt, il en était conscient. Alors, sans jamais laisser le désespoir gagner son coeur, il profitait de la moindre seconde qu'il pouvait passer avec elle, l'accompagnant effectuer des tâches inhérentes au préparatifs.

Jour après jours, ils ignoraient la vérité, l'épée de damoclès au dessus de leur têtes, pour mieux profiter de chaque instant. Jours après jours, ils s'entraînaient l'un contre l'autre, l'un après l'autre face à Jax, l'un avec l'autre contre le reste du monde. Il cherchait à parfaire leur maîtrise, à corriger le moindre défaut qu'il pouvait corriger. Ensemble, ils étaient implacables, il devaient le devenir séparément. Leur maître d'arme pris aussi un temps pour leur expliquer le déroulement de la cérémonie, comment les jeunes devaient faire face à l'épreuve qui allait décider de leur destin :
“Quand le général de l'armée qui vous est destiné s'avancera, il prononcera les paroles sacrés de son ordre, invoquant tout autour de lui un cercle d'arène dans lequel vous combattrez face à lui. Ce combat ancestral laisse au jeunes la capacité d'affronter l'élite de notre peuple, de leur donner le pouvoir de se mesurer à ceux qui ont vu des dizaines de champs de bataille. Torn, tu fera probablement face à Sigrad, le renard de l'ouest, un véritable maître dans la discrétion et le combat à main nues. Quand à toi Moka, tu aura de façon certaine Hellis en face de toi.” dit le vieil écureuil, sans donner de précision sur cette souris. Il n'avait pas besoin de détailler les exploits de Hellis “lumière du crépuscule”, la guerrière au milles exploits, porteuse destiné à l'épée de leur peuple, Tarrazu. L'idée même d'avoir l'opportunité de croiser le fer avec cette légende vivante donnait à Moka une énergie nouvelle, tout en le terrifiant intérieurement. Comment pouvait il espérer triompher face a elle ? Pour être à la hauteur de ce défis, pour donner le maximum de lui même, il se promit de s'entraîner jour et nuit, ce que Torn promis aussi dans la foulée. Un hochement de la tête de la part de Jax leur signifia son approbation tout autant que sa fierté, les laissant après cela vaquer à leurs occupation.

Dix jours avant la cérémonie, alors que la neige laissait peu à peu place à une douceur printanière, alors que tout les villageois préparaient dans les moindres détails ce moment qui s'annonçait exceptionnel, Gedd pris Moka à part alors qu'il était en train d'aider à installer les immenses tentes avec la renarde. Plongeant ses yeux dans ceux de son fils, la souris soupira, posant une de ses pattes sur l'épaule du jeune
“Tu pars bientôt, je t'avoue que j'espérais que ce moment n'arriverait pas aussi vite.” dit il en riant. Puis il repris “Je veux que nous marquions le coup, toute la famille ensemble, qu'on partent tous affronter un dragon pour le ramener au village. Pour l'occasion, je ne veux pas qu'on fasse face à un autre dragon bleu, non. J'ai suivi les traces d'un dragon rouge fils, nous allons offrir à ce village une de ses magnifiques créatures”
Pendant un instant, il eut le souffle coupé. Les dragons rouges étaient une espèce bien plus imposante que les bleus, faisant plus de trois fois le poid de ses derniers, plusieurs dizaines de mètres de longueur, des crocs acérés. Le défis en valait la peine, le combat serait digne de ces histoires de grands guerriers que les compteur leur offrait. Mais alors qu'il avait les yeux brillants, plein de rêve, il voulu tout d'un coup protester contre ce moment qui allait l'éloigner de Torn. Il leur restait si peu de temps que l'idée de perdre cinq jours à rien que pour cela lui faisait tourner la tête. Cependant, il se ravisa bien vite : en partant à la chevauchée, il allait aussi abandonner sa famille qu'il n'allait pas revoir de si tôt. Son père, sa mère, ses frères et soeurs seraient en un instant loin de lui.
“Allons y, offrons à Fresk la plus belle cérémonie qui soit” dit alors Moka.

Ils passèrent rapidement chez Harald, qui leur offrit ses plus belles épées et de magnifiques pavois immenses, capable de résister à la chaleur intense produit par la bête qu’il allait affronter. Moka fit une dernière halte avant de partir, courant voir Torn, la surprenant par derrière, l'enlaçant avec une force unique, si douce. Il se mit en route avec Gedd et Mania, sa mère, deux autre de ses frères, dont Bick, et une de ses soeurs. Les plus jeunes membre de leur groupe restait au village, gardé en partie par Ritis, en partie par Karf. Ensemble, le reste de la troupe laissaient le petit village derrière eux pour affronter l'inconnu. Derrière eux, trois charrettes qu’ils comptaient faire déborder. Devant eux, l’infini d’une planète qui s’offrait à ceux qui avait soif d’aventures. Chaque départ comme celui ci emplissait le coeur de la jeune souris d’une intense joie et une intense fierté. Cette fois ci, cependant, leur voyage prenait en plus des tons plus sombres, ceux de sa dernière chasse avant un long moment. Discutant sur le chemin avec Bick, jouant avec Tuka, échangeant quelques passes d'épées avec Halia... Ensemble, son clan allait une fois de plus montrer quel était leur pouvoir, les Oromos partaient une fois de plus en chasse pour tuer des dragons..

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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Mar 6 Mar 2018 - 23:04




Le soleil avait disparu derrière les montagnes à l'horizon. D'immenses nuages effilées cachait en certains point le ciel étoilé. D'un côté orangé, de l'autre entièrement bleu, le dégradé de couleur au dessus de leur têtes était magnifique. Cela avait fait deux jours qu'ils avaient marché et de nombreuses heures qu'ils avaient dépassé la frontière du royaume. Cette zone, immense, n'appartenait à aucun état, à aucune faction à proprement parler. Dans cette immensité où une très grande majorité était composé de plaines, les dragons régnaient en maître. Un groupe petit comme celui du clan Oromos permettait d'éviter les matriarches et autres immenses bêtes qui protégeait le territoire. Ici, dragons rouges, de bronze et noir se côtoyaient paisiblement, dans un respect mutuel qui forçait le respect. Ces immenses lézards ailés avait la même capacité de penser que le reste de la planète, parfois même une plus grande intelligence, mais il possédait en eux une velléité remontant à l'arrivée des Moojuus sur cette planète. Étant à l'époque maître de toute la surface, l'intrusion armée du petit peuple et le massacre d'un grand nombre des leurs avaient définitivement entaché les relations. Maintenant, une forme consensus était établi pour éviter des pertes terribles des deux côtés. Mais comme ce soir, rien n'empêchait l'un ou l'autre camps de venir s'amuser un peu. Surveillé par Gedd, Fresk était un des rare villages à avoir été épargné par les attaques des dragons. Non loin de la frontière, les villages subissait des raids de dragons, profitant de cette situation peu claire pour se délecter d'un renard ou d'une gerbille. Mais ce soir, entre chien et loup, le clan Oromos venait venger ceux qui étaient tombés en vain. Bick venait de terminer le tracé d'un immense pentacle au sol pensant que Mania se trouvait en son centre, psalmodiant des paroles indistinctes, concentré sur sa tâche. Tout autour, Halia avait planté des torches éteintes pendant que Moka et Gedd préparait le plan d'action. Les autres membre de la fratrie s'étaient placé à tout les coins de l'immense cercle, le museau relevé, écoutant aussi attentivement que possible le moindre bruit ou la moindre vibration. Les charrues avaient été entreposé au loin, dans un bosquet caché pour ne pas gêner pendant le combat. Le stress était omniprésent en chacun des membres de la troupe, sachant que le combat allait arriver d'une minute à l'autre. Chacun connaissait son rôle, tous avaient qu'eux des pics et des cordages capables de résister à une traction immense. Trois des immenses pavois étaient tenus par les plus vieux frères tandis que les plus jeunes avait la même code que les autres mais en quantité plus importante. Mania, la mère, ouvrit les yeux un instant, tournant son regard en direction de son mari. Tout deux étaient extatiques, cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas chassé ensemble.

A l'époque, avant la naissance de leurs premiers enfants, les deux souris avaient quitté la marche libre pour une vie d'aventures et de combat, affrontant dragons sur dragons, luttant contre des golems immenses et des bêtes terrifiantes. Ils s’étaient illustrés parmis les petits gens, les aidant à faire face à des menaces bien trop grandes pour eux, bien trop minime pour le roi. La cour ne comptait pas leur exploits, ils n’étaient décoré d’aucune médaille, ils n’en voulait pas. Non, leur paiement, il l’obtenait pendant le combat, cette adrénaline si puissante qui inondait leurs corps. Quand Gedd et elle se regardait, en cet instant décisif, il savait que cette sensation était en train de les envahir à nouveau, une chaleur qui picotait les joues et faisait trembler les pattes. Des années plus tard, leur corps avait beau être fatigué par les années, ils en restait toujours de fiers combattants. Un tremblement dans le sol, une puissante vibration avait envahis leurs corps à tous, faisant hérisser le poil de la troupe entière. Tuka, un des plus jeunes, tendis un de ses doigts en direction de l’horizon, loin vers les montagnes. Au vu du vent qui venait de se lever, de la puissance qui s’annoncait hurler, ils se mirent tous a communiquer par la pensée, usant de cette magie pour ne pas être dérangé. Dans leurs esprits, le jeune Tuka était parfaitement calme malgré les tambours qui frappaient à tous dans leurs poitrines

“Il arrive, et l’odeur semble l’attirer. Il ne nous as pas encore remarqué” dit il, se saisissant d’un des pavois. Sa mère passa rapidement la main dessus, illuminant sa surface d’une lumière doré intense. Depuis qu’elle avait passé l’assermentation, un pouvoir de renforcement avait inondé son corps, se transformant en un véritable génie de combat. Elle renforçait les armures, rendait les épées plus tranchantes, protègent les blessés, camouflait les alliés… Gedd et Moka s’équipèrent de la même façon : un pavois allégé par mania dans une main, une lance attaché à une corde dans l’autre. La troupe entière entra dans le cercle, le père embrassa la mère, prononcèrent tout deux une phrase tout bas, puis elle retourna à sa méditation guerrière. En un instant, le cercle s’illumina, puis dissimula immédiatement tout les Oromos à l’intérieur du sort. Au loin, le monstre s’approchait toujours plus, sa taille si gigantesque que cela en effrayait Moka des premier coup d’oeil. Si il avait l’habitude de faire face au dragons bleus, celui ci faisait au moins quatre fois la taille des premiers, si grands qu’ils semblaient absolument insignifiants face à ce colosse. Et c’était grâce à cela précisément qu’ils avaient la possibilité de triompher. Le vent souffla encore plus intensément, l’immense énergie émise par ses monstres était phénoménal, inimaginable. Quand la bête approcha du kiragi mort, non loin de là, il se posa au sol dans un tremblement inouï. Les quatres pattes posé, le sol lui même semblait souffrir son son poid immense, au point ou un des frères de moka tomba à la renverse, qu’ils seraient tous les dents pour garder leur mâchoire en place. Pourtant, la formation restait serré, Gedd attrapant le fils qui était tombé en l’aidant à se remettre sur ses pattes. Pas après pas, l’immense créature se rapprochait lentement, un grondement sourd provenant de sa gueule de laquelle dégoulinait une lave qui enflammait l’herbe là où elle tombait. La lumière de l’étoile avait presque disparu, seul la gueule béante de la créature illuminait la nuit qui allait s’annoncer obscure. D’un mouvement de patte, le père signifiait à toute sa troupe de ne pas bouger, d’attendre encore que l’animal se rapproche. S'ils partaient trop tôt, ils risquaient de perdre leur effet de surprise. Si ils partaient trop tard, la bête risquait d’être trop proche de la bande pour sa propre sécurité, brisant d’un simple coup de patte leur couverture avant même que Mania n’ai le temps de faire quoi que ce soit. Alors Gedd comptait les secondes, il comptait les pas de la bête, il calculait rapidement la distance entre son cou et eux. Les écailles du monstre semblait si épaisses, jamais leur équipement ne pourrait le transpercer, se disait Moka. Pourtant, son père ne montrait aucune peur, tenant fermement le bouclier et la lance, le regard plongé vers le dragon. Il n’avait jamais pu le voir ainsi, ses oreilles vibrant à chaque pas du monstre, sa queue s’agitant comme un chat en colère. Les pupilles de la souris se dilatèrent d’un coup, comme un prédateur prêt à bondir sur sa proie

“Maintenant !” hurla t il dans l’esprit de tous, lançant une machine qui allait s’arrêter uniquement à la mort de sa famille ou de celle de l’immense dragon rouge. Comme en haut d’une immense montagne russe, le sentiment de plonger et braver le danger était si grand que Moka ne put s'empêcher de pousser un cri d’encouragement, suivi par ses frères et soeur. Seul restait silencieux Gedd et Mania, parfaitement maître de la situation. Un mouvement rapide de la part de la mère, qui fit des mouvement amples autour d’elle, les yeux toujours fermés, et la couverture invisible disparut. En même temps, les torches situés autour d’eux s'illuminent dans un brasier vert intense, le cercle au sol prenant une nouvelle forme, une couleur unique et chatoyante.

“Moka, crochets !” dit le père en courant alors hors du cercle, le pavois en avant, la lance perpendiculaire à son corps. Dans la même impulsion, la souris le suivait alors, comme une ombre, comme une seconde peau. Le dragon, voyant alors l’intense lumière et la bande de souris, sembla d'abord pouffer, les ignorant au vu de leur tailles. Plus les lézards étaient gros, plus il était confiant envers leur armure impénétrable, erreur qu’il était fréquent d’utiliser parmi le petit peuple, erreur qu’ils allaient utiliser à leur escient. Comme d’un seul homme, les deux souris mâle armèrent leur bras pour lancer l’immense tige de métal. Le bout des deux pics se mirent alors à briller de la même lumière intense que celle que les pavois pouvaient émettre, une lumière si puissante qu'elle semblait émettre une douce chaleur. Mouvement pour mouvement, les deux javelots partirent en même temps en direction du monstre, accélérant sur le chemin, jusqu'à atteindre une vitesse impressionnante. Dans un bruit de vrille affolant, les deux morceaux de métal vinrent se ficher sur un des flanc de la créature, brûlant les écailles sur leur passage. Si la douleur que la créature ressentit était minime, ce fut l’étonnement qui l’amena à gronder aussi fortement. Dans un tonnerre de colère, la terre trembla à nouveau, agité cette fois ci par la puissance des cordes vocales du dragon. Parfaitement synchronisé, Gedd et Moka passèrent la corde accroché au pics autour de leur taille dans un baudrier qu’ils avaient conçu spécifiquement pour cet effet. Maintenant qu’ils étaient attaché à la bête, elle ne pourrait plus fuir. Derrière eux, les fils et la fille Oromos avancent à leur tour, armé d’une corde similaire mais sans lance au bout. Pour se protéger, le même pavois, la même lumière iridescence. Se tournant dans leur direction, le dragon rouge fit enfler sa gorge, déforma son corps pour former une torsion bien particulière. L’haleine chargé d’une substance chimique hautement inflamable, il lui suffisait de frapper deux pierres dans sa trachée pour être capable de projeter un feu ardent. Et c’était précisément ce qu’il étaient en train de faire

“Oromos, en position !” hurla à nouveau son père, passant derrière son pavois qu’il avait planté en partie dans la terre et contre lequel il s’appuyait alors. Toute les autres souris firent de même, placé exactement là où leur père voulait les voir, couvrant une ligne complète devant Mania, assurant donc une protection parfaite alors qu’elle était toujours prise dans des incantations puissantes. Quand une gerbe de flamme immense sortit de la gueule du monstre, ils ressentirent le contrecoup contre leur boucliers mais ne ressentait aucune chaleur. Quand l’intense puissance se calma, que la bête dut reprendre son souffle, la troupe entière avança, couvrant petit à petit le trajet jusqu'à atteindre le dragon. Vague de flammes après vague de flammes, le pavois rougissait toujours plus, seul la poignée était alors utilisable sans se brûler. Et ce fut après quatres déferlante de ce brasier infernal que Moka et son père purent sauter au cou de l’immense dragon. Alors placé là haut, les autres souris continuent d’avancer, une moitié contournant l’immense créature. Fiché sur les écailles de leur ennemi, Gedd fit un signe de tête à son fils, lui indiquant le chemin qu’il devait suivre pour atteindre un des points faible qu’ils allaient exploiter. Gravissant écaille après écaille, la longueur du lien qu’ils avaient était suffisante pour leur permettre le trajet. De la haut, la souris eut alors l’occasion d’avoir une meilleure vue sur la bataille, voyant ses frères et soeurs fondre de tout les coté pendant que sa mère efféctuait toujours un invocation. C’est au moment ou il leva les yeux qu’il compris que le dragon n’avait alors plus aucune chance. Avancant pas après pas, ils arrivèrent devant une faille entre deux écaille, un point sensible sur le dos du dragon. D’un coup sec, sans perdre de temps, son pere tendis la main vers le ciel et fit apparaitre une eppée d’argent, une lame six fois plus longue que lui. Quand il passa son assermentation, son père eut le pouvoir unique, matérialisé dans une arme puissante. Réputé parmis les plus belles lames du pays, elle l’avait choisi pour être son champion. La tueuse de Dragons, la lame perdue des montagnes sacrées. Alors que l’intensité de l’arme brillait comme jamais, Gedd planta la lame dans le creux, l'enfonçant jusqu'à la garde. Dans un soubresaut puissant et un cri assourdissant, le dragon s’arqua, frappé par une douleur qui lui fit comprendre l’état de cette situation, bien plus épineuse que prévu. Et ce ne fut que quand lui leva les yeux au ciel qu’il compris que la situation était bien plus que épineuse. Un immense pentacle dans le ciel, tournant avec une lenteur unique, a moins d’une vingtaine de mètre au dessus de lui. Dans un réflexe, il déploya ses ailes, tendant alors de prendre la fuite. Mais ce fut a ce moment la que Mania ouvrit les yeux, inondé eux aussi par une lumière bleutée unique. Elle incantait dans un langage perdue, avançant lentement vers le monstre. A chaque battement d’aile de l’immense lézard, le pentacle émettait une force gravitationnelle faramineuse, le clouant au sol. Encore et encore, la magie venait frapper le corps du monstre, qui semblait coincé de toute part. Les frères et soeurs de Moka firent passer au dessus de la créature d'immenses fils quasi indestructibles, attachant chaque extrémité au sol avec un des sorts effectué par Mania, une forme de verrou inviolable et impossible à bouger. Il essayait encore et encore de plus en plus entravé, de plus en plus blessé par la lame tueuse de dragon qui venait frapper encore et encore. Alors que la bête semblait perdre toute ses forces, alors que toute la situation semblait gagné, la bête hurla une dernière fois, un hurlement différent, plaintif, et jamais entendu jusque la, un son strident qui perça les nuages.

Un son qui reçut une réponse, puis une autre. Deux grondements distincts, deux grondement si intenses qu’ils semblaient faire s’assombrir le ciel. Devant eux, alors que la bande tournait la tête en direction de l’horizon, deux autre énormes Dragons rouges volaient dans leur direction, les avaient vus, les ciblait et ne les lacherait plus tant que la mort ne les avait pas atteints. Gedd, voyant cela, acheva l’immense dragon rouge et redescendit, appelant tous ses fils auprès de lui. Mais Moka ne bougea pas, restant en haut du dos de l’immense dragon, regardant les paires d’ailes envahir son champ de vision, envahir son esprit de terreur. Il eut une pensée pour elle, pour Torn, pour ce destin qui allait s’arrêter ici. En bas, il entendait Gedd rassurer ses frêres et ses soeurs, il entendait sa mère préparer un nouveau sort, un sort qui allait arriver trop tard mais qu’elle préparait quand même. Les pavois encore rougeoyant de leur lutte, ceux ci n’allaient pas tenir un autre assaut, encore moin un assaut de deux immenses dragons rouges. Ils étaient tous à genoux, en cercle, pendant que Moka regardait à l’horizon, le vent passant dans sa fourrure. Quelle belle soirée pour mourir se disait il, quel beau moment pour laisser la mort l’emporter. Il ferma les yeux un instant...

Intérieurement, il ressentait un feu bouillonnant, une colère qui grondait plus que jamais. Alors que ses frêres et soeurs se mettaient en position, leur père a l’avant de la troupe, Moka se mit à les rejoindre, lâchant son pavois et son épée au sol, puis se mit à avancer, seul, en direction du danger. Pas après pas, il sentait une force monter en lui, un pouvoir briser ses chaînes, envahir sa pensée et son coeur comme un amour débordant, une haine sans fin, une colère inextinguible. Il voyait les deux monstres, il voyait sa mort en face, droit dans les yeux, et il n’avait pas peur. Derrière lui, il était accompagné de ceux qu’il aimait, jamais ils ne le laisserait tomber. Devant lui, comme si elle avait toujours été la, La Tueuse de dragons se matérialisa. Il s’en saisit, avançant toujours lentement. Il ne regardait plus l'épée, il ne regardait plus les dragons, il voyait une lumière grandissante qui émanait de l’intérieur de tout son être. La lame d’argent se mit a briller plus fort, encore plus fort. Elle devint légère comme une plume, chaude comme un rayon de soleil, douce comme le pelage de Torn. Dans sa main, son épée était alors devenu autre chose, quelque chose de si unique qu’il n’arrivait pas à mettre le mot dessus.Il savait quelle arme il avait désormais au creux de sa patte, mais il n’osait y penser. En face de lui, les deux dragons arrivait à son niveau, fondant sur lui, toute griffes en avant. L'épée s'étendit, s’allongea encore et encore, se transformant en un immense rayon de lumière éclairant tout sur son passage. Tenant l’eppée à deux mains, une bourrasque intense se produisit à ses pieds. Et alors qu’il faisait face au danger, face à tout ce que son peuple avait toujours craint, lui n’avait pas peur, un être accompagnait chacun de ses mouvements. Derrière lui, sa famille. Derrière son épaule, il ressentait la présence de quelque chose d’autre. Il effectua une frappe en hauteur en direction d’un des dragons, un coup parfaitement maîtrisé, alors qu’il se trouvait encore a plusieurs dizaines de mètres. Mais comme si la vie quelque chose d’immense l’avait coupé en deux, la créature se disloqua en deux morceau, la partie avant venant rencontrer le corps de l’autre dragon rouge. Pris d’une panique immense, celui ci freina en déployant ses ailes au maximum, laissant alors son immense poitrail visible. Un simple coup d’estoc, la distance était encore plus grande. Et pourtant, un cri abominable envahis les cieux, fracturant la terre tout autour de Moka, sans pour autant l’atteindre. Le deuxième monstre s’effondra, tombant au sol comme foudroyé sur place dans un vacarme innommable.

Puis, plus rien, rien d’autre que le silence, que le vent sur la plaine, et la douceur d’une nuit d’été en plein début de printemps. En se retournant, en regardant derrière lui, la jeune souris vit sa famille immobile, regardant devant eux comme si un fantôme était passé. Il regardait dans sa main, il n’avait plus d'épée, plus d’arme ni quoi que ce soit. Puis, une grande fatigue, une très grande fatigue. Moka sombra dans un sommeil qui semblait aussi doux que le sentiment d’être en vie, un sentiment qui l’abritait aujourd’hui plus que jamais. Il pensa à Gedd, a Mania, à ses frères et soeurs, à Harald, à son instructeur… Mais surtout, une nouvelle image apparaissait dans sa vision, pas celle de Torn, non, celle d’une souris blanche, une souris magnifique, une souris qu’il n’avait jamais vue. Comme dans un rêve, elle le regardait comme lui la regardait. Puis, le silence du sommeil, un sommeil si réparateur.


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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Mer 7 Mar 2018 - 21:06





D'immenses remparts, le soleil au zénith, une chaleur étouffante. Au sommet des murailles infinies, d'immenses étendues verdoyante touchait l'horizon, parfois troublé par un bosquet ou une rivière au milles couleurs. Des hameaux de toute les tailles se regroupaient au loin, formant un village modeste mais néanmoins magnifique. A l'intérieur des murs, une vie grouillante de toute les origines : chats, écureuils, blaireaux,chiens et même lézards se rencontrait, se croisaient, se saluaient dans un calme le plus total. Si Ornia était en paix avec les autres royaumes mammifère, voir les lézards de l'est parmi la capitale semblait du jamais-vu. Au loin, quand le regard dépassait la place du marché au centaine d’étales, l'immense château du roi renard surplombait le tout, d'immenses bannières au couleur des quatres armées flottant doucement au vent. Tout autour de lui, le soleil d'été offrait une lumière divine sur le moindre objet. Une musique douce provenait d'en bas, joué par des saltimbanques pour la population. Autour de lui, les gardes blaireaux ne semblait même pas lui prêter attention malgré sa présence suspecte ici. Comment était il arrivé là haut ?

“Magnifique n'est ce pas ? L'architecture du petit peuple est réellement impressionnante” dit alors quelqu'un derrière lui, d'une voix ni masculine ni féminine. Il se retourna, croisant alors du regard un loup entièrement noir, si noir qu'aucun contours de sa fourrure n'étaient traçable ni définissable. Il n'y avait que ses yeux, d'intenses joyaux rubis brillant comme un phare dans la nuit. Si les loup était des créatures bien plus grande que lui, celui ci avait une taille similaire à la sienne, sur ses quatre pattes. Il aurait dû avoir peur, il aurait dû courir pour échapper à ce qui semblait être un cauchemar vivant, mais Moka se sentait étrangement en sécurité. Il répondit alors :

“Ou sommes nous ? Il y a un instant j'étais dans les plaines de chasse, et me voilà…” avait il commencé, cherchant à assembler les morceau alors que son cerveau cherchait un cheminement logique

“... à Ornia, la grande capitale. Tu le savais déjà, ta vraie question est plutôt : comment je suis arrivé ici” avait dit le loup, s'avançant vers la souris tout en regardant au delà des remparts, perdu lui même dans un train de pensée. La créature noire pris un temps, laissant le vent envahir sa fourrure, humant l'air alentours pour profiter de sa douceur. C'est à ce moment là que Moka remarqua que, depuis le début, aucun des deux ne s'exprimait en ouvrant la gueule. Non, il suffisait du regard pour exprimer les choses, de façon aussi limpides que pouvait l'être une conversation débarrassé du fardeau des mots.

“L'épée de ton père, la tueuse de dragon, est une lame singulière, une lame magique qui est apparu en des temps immémoriaux. Il existe vingt lames de cet acabit, toute choisissant un maître fraîchement assermenté quand le précédent mourrait… Enfin ça, c'est ce que tu dois savoir…” avait dit l'étrange créature. La souris remarqua sa tenue, une cape rouge avec une simple tenue en cuir. Cela n'avait rien d'exceptionnel mais il vit surtout un baudrier particulier, marqué par des ornementations de loup. Quand il regarda de plus près, qu'il observa le pommeau de son épée, il la reconnut immédiatement tant les livres et les contes l'avaient décris en détails.

“En réalité il n'y a que huit lames, certaines ne dévoilant à leur possesseur qu'une forme diminué de leur pouvoir. L'épée de ton père est un exemple parfait, une des déclinaisons les moins puissante de l'arme que j'ai forgé pour ton peuple.” dit le loup, fixant désormais Moka alors que la souris dégainait lentement la lame qui était à sa ceinture, les yeux écarquillés. Son coeur battait la chamade, il pensait avoir aussi rêvé l'affrontement qui s'était déroulé contre les immenses dragons. Pourtant, il ne rêvait pas en cet instant. Ou plutôt, il sentait une forme de réalité plongé dans un monde de songes. Des milliers de questions fusaient dans son esprit.

“Tarrazu…” dit il en un souffle, alors qu'il pouvait voir à la lumière du jour la lame blanche au reflets dorés, un rubis ornant le pommeau. Elle était si légère, si douce... Il retrouvait la sensation unique qu'il avait ressenti quand elle s'était imposé à lui, dans ses mains. La lame chantait, irradiait d'une mélodie irréel. Il voyait un reflet dans la lame, pas celui de son visage mais celui de la sois blanche qu'il avait déjà vu.

“Savais tu que ton père a été expulsé de la marche libre ? Il a dû te raconter qu'il était parti de son plein gré, mais personne n'aurait laissé une aussi fine lame que lui s'en aller ainsi. Quand il a juré devant la grande flamme de la marche, qu'il a passé son assermentation, il a fait sa demande dans une langue perdue, une langue si complexe que lui même, malgré des années de recherches, n'arrivait pas à saisir dans sa totalité. Il m'a appelé, à passé à ce moment là un pacte avec moi. Au prix de sa propre vie, de tout ce en quoi il croyait, il demandait la possession de Tarrazu, la lame sacré. Je ne lui ai pas répondu, le jugeant inapte à porter un tel fardeau. Mais vu qu'il avait osé, qu'il avait risqué sa vie pour m'atteindre, je ne pouvais pas le laisser partir sans rien, pas après avoir fait autant d'efforts. Je lui ai donc donné un lot de consolation, un très joli lot de consolation. Moins de deux ans après, il avait été expulsé de la garde pour des motifs absurdes. Mais la vraie raison était simple : ton père m'a juré allégeance, il avait juré de servir le dieu du chaos.” avait dit le loup noir. La souris rangea son épée. Tant de choses passaient par son esprit, les milliers de questions devenant des milliards. Si son père avait réellement fait ca, savait il que Moka rencontrerait un jour ou l’autre ce destin ? Pourtant, même si son esprit remettait en cet instant tout ce qu’il savait en question, il était serein, la présence de l’animal lui offrant un sentiment de sécurité total. Un clignement d’yeux et en un instant le soleil annonçait l’après midi. Un autre clignement, et ils étaient tout les deux envahis d’une lumière orangé intense, significative du coucher de soleil. A cette heure ci, les remparts d’Ornia se seraient d’une beauté à couper le souffle. Les bars accueillent une quantité impressionnante de personnes, on entendait dans les ruelles les cris de joies, musiques et autres réjouissances. Vu de la haut, la capitale paraissait toujours enjouée, pleine de vie, heureuse. La souris se rendis compte que le loup noir s’était approché de lui, assis i ses pieds. Il ressentit un élan puissant de sympathie pour ce dieu qu’il aurait dû vénérer, auprès duquel il aurait dû s’agenouiller. Pourtant, alors qu’ils regardaient tout deux le soleil se coucher, Moka passa sa main sur la tête de l’animal, ressenti la douceur de son poil si sombre, puis repris la parole

“Suis-je destiné à porter cette épée ? Que signifie cette entrevue, Nefrel ?” dit il en direction de l’animal qui semblait apprécier les caresses, les oreilles dressées, la queue s’agitant lentement. Toute cette situation semblait si irréaliste, tout lui semblait si lointain et si étonnant. Tarrazu à sa ceinture, un dieu à ses côtés, Ornia derrière lui … Ce moment hors du temps, il souhaitait le voir se prolonger à l’infini. Il ressentait un calme profond en lui, il inspirait et expirait lentement. La bête répondit calmement

"Je ne pouvais pas laisser un tel potentiel gaché par l’idée stupide d’un père bouffi d’orgueil. Gedd a attiré ma curiosité quand il a passé son serment mais c’est envers toi qui a réellement su tirer mon attention. La façon dont laquelle tu t’es lancé à l'assaut de ses deux dragons, prêt à sacrifier tout ce que tu était pour les tiens…” il marqua une pause. Moka voyait au travers de cet amas de noir enfler la cage thoracique du dieu, ses yeux entièrement rouge cherchant au loin quelque chose qu’il ne pourrait jamais retrouver. Puis, il continua : ”Non, Tarrazu ne t’appartient pas, pas encore, jeune Oromos. Maintenant que tu as réussi à la faire apparaître dans ton monde, je ne pourrais pas te retenir de la faire à nouveau revenir, mais cela se ferait au prix d’une énergie telle que tu tombera de fatigue avant même d’avoir pu frapper une seule fois. Si je me suis mêlé au combat qui t’a vu triompher de trois dragons rouges, je ne le ferais plus jamais. C’était la première et dernière fois”  dit il. La souris avait senti quelque chos d’étrange dans la voix de ce dieu, un forme de grande lassitude qui s’emparait de lui. Un coup d’oeil rapide à sa ceinture lui révélait que l'épée avait disparu, qu’une simple lame de fer classique avait pris sa place.

“Mais si le jour de ton assermentation tu me montre que tu en est digne, que ce que j’ai vu en toi n’est pas qu’une simple impression, je te laisserais posséder l’epée.” finit il, en s’éloignant de Moka, trottinant en direction des escaliers menants au étages inférieurs. Avant qu’il ne réalise ce qui se passait, avant qu’il n’eut le temps de lui poser d’autre questions, Nefrel avait disparu.

Il regardait à nouveau dans le reflet de sa lame, mais n’y vit que son visage et plus celui de cette autre souris. Qui était elle ? Il avait mémorisé chaque détail de son visage, se rappellerait toujours de ses yeux bruns en amande si magnifiques. Elle l’avait regardé comme lui l’avait regardé à travers l'épée légendaire. Elle entrait en collision avec ce qu’il ressentait pour Torn, venant brouiller les frontières de ce qu’il pouvait penser. Quelque part, sur cette planète, elle était la et le cherchait, comme lui voulait la chercher. Il devait voyager, il devait aller loin. Pendant un court instant, un moment qui dura à peine quelques secondes, il pu encore un peu profiter de cette douceur unique, de ce soleil si brillant. Puis il se réveilla, ouvrit les yeux pour retrouver le vrai monde. Il avait la gorge sèche, une faim qui lui tordait le ventre. Au dessus de lui, la voûte céleste lui offrait un ciel magnifique, couvert par une végétation dense. En dessous de lui, un matelas improvisé installé sur une des charrettes qui roulaient lentement. Au loin, il entendait des discussions, percevait parfois des rires, parfois des voix plus basses. Il reconnut la voix de tout son clan, de toute sa famille. Comprenant que tous avaient survécu, il se mit à sourire, restant allongé, respirant un air pur qu’il reconnaissait lui aussi immédiatement, envahis d’une myriade d’odeurs si symbolique à la forêt de Fresk.

Quelques minutes seulement, il laissa les émotions l’envahir, un sentiment de soulagement lui donnant une force incomparable. Il ne voulait pas encore se lever, il voulait laisser ce moment si parfait durer encore un peu, l’étirer jusqu'à sa parfaite limite. Mais Zif, un des derniers nés du clan, venait de monter sur à côté de lui, se jetant dans ses bras. Moka le serra fort contre lui alors que la très jeune souris semblait pleurer. Au vu de sa présence ici, ils devaient être vraiment proche du village, le jeune garçon les ayant pisté. Malgré ses huit ans tout bien comptés, il montrait un sens de l'orientation et une agilité encore jamais vue. C'est quand les autres entendirent les deux frères rire et parler que Gedd et Mania se rendirent compte que leur fils venait de revenir de son sommeil. Tous se précipitèrent sur lui, l’innondant d'une affection si belle. Son père lui expliqua qu'il avait dormi trois jours, qu'il les avaient sauvé en dégainant Tarrazu, qu'il avait à lui tout seul abbatu deux immenses dragons rouges, qu'il avait réussi un exploit que même Klick, le possesseur originel de l'épée légendaire, n'avait su réaliser. Sa mère lui fit regarder derrière le chariot, ou flottaient dans le ciel les immenses tête des trois dragons, découpé avec soin, enchanté pour être plus léger que l'air et attaché avec de lourdes chaînes. Avec ce chargement, pas étonnant que Zif les ai trouvé en si peu de temps. Les autres charrettes étaient entièrement remplis de denrées rares, l'une d'entre elle avait une pile immense de pièce de choix choisi sur les trois dragons. Si aujourd'hui ils décidaient de vendre tout ce qu'ils transportaient ce soir là, ils auraient pu acheter un petit manoir dans Ornia. Le plus beau butin jamais ramené, disait Gedd, fier comme jamais de ce qui s'était passé.

En arrivant près de Fresk, alors que la nuit était pourtant bien avancé, le village en entier se réveilla et vint à leur rencontre, posant milles questions, félicitant la famille entière pour ce qui était déjà annoncé comme la prise de l'année, du siècle peut être ! A chaque fois que la famille recevais les interrogations des villageois, ils répondaient toujours la même chose : “Moka avait tué deux dragons, seul, armé d’une simple épée et d'un courage digne des plus grands héros”. Et quand ces personnes demandaient ensuite ou il était désormais, vu qu'il n'était plus avec eux en cet instant, Mania souriait, gardait le silence, silence que Gedd respecta lui aussi.

La souris courait, dévalant les pentes, poussant son corps à peine éveillé jusqu'à son extrême limite. Il bondissait au arbres, riait d'excitation, ressentait la douce lueur de la lune sur sa fourrure. Quand il arriva au village, qu'il pris une petite seconde pour cracher ses poumons, il se dirigea vers la cabane qu'il avait construit avec elle. La bas, il la voyait, faisant les quatre cent pas les pattes dans le dos. Quand il l’a vit, elle le vit aussi. Quand il courut, elle courut aussi. Quand il lui sauta dans les bras, elle le saisit au vol, l'enlaçant plus fortement que jamais auparavant. Et quand elle l'embrassa, que leurs museaux se retrouvaient enfin, il était heureux.

Peu importait le futur qui les attendait, peu importait les dragons ou les dieux, peu importait en cet instant la souris blanche qui envahissait son esprit. Aujourd'hui, maintenant, il était là où il voulait être. Et Moka était heureux.


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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Jeu 8 Mar 2018 - 20:26





Le jour s'était levé. Durant la nuit, les têtes des trois dragons rouges avait été désenchanté pour être placé en sortie de la ville. Leur taille impressionnante amenant les villages voisin à venir voir les trophées, à demander l'origine de cette chasse si impressionnante. Et la légende se répandit à une vitesse inouï, de bouche à oreille, de village en village, de village en ville. Tout le monde venait admirer l'exploit réalisé par une si jeune souris, l'enfant de Gedd et Mania, faisant parfois un trajet de plusieurs heures simplement pour constater les preuves indéniables de cette histoire. Moka se réveilla relativement tôt, esquivant au possible tous les curieux cherchant à lui poser des questions. Il se dirigea chez Jax, prenant soin de ne pas réveiller Torn alors qu'ils avaient, une fois de plus, profité d'une nuit si belle. En haut d'une butte, la maison se dressait fièrement, le maître d'arme posé devant le lac, sirotant calmement un thé et goûtant à une part de flan sur une table de bois qu'il avait sorti. Il semblait si paisible que la souris n'osa pas déranger le vieil écureuil, qu'il attendit que celui ci le remarque et lui parle. Il le fixait droit dans les yeux, d'un air mélangé entre l'étonnement, la fierté et la colère.

“Moka, je te connais par coeur, je sais ce que tu vaux en combat, je sais parfaitement ce que tu vaux. Oui, tu es un très bon épéiste, surtout pour ton âge...” dit il, gardant son calme, cherchant à trouver les mots qui conviendrait. L'écureuil savait que la jeune souris ne comprenait pas les ennuis dans lequel lui et sa famille l'avait fourré.

“... mais tu es incapable d’abattre deux dragons rouge à toi tout seul, sans une seule égratignure, c'est impossible. Même la garde pourpre n'en affronte qu'un seul, incapable de faire face à une attaque simultané. Le roi est le seul à avoir pu affronter deux monstres ainsi ! Et il ne l'avait pas fait juste après avoir affronté un troisième dragon rouge ! Et pourtant, voilà trois têtes parfaitement fraîches de dragons, sur le palier de Fresk, à la vue de tout le royaume. Il va te falloir une bonne explication, mon garçon, une très très bonne.” finit Jax, tapotant de ses griffes sur la table en bois, savourant son thé en plissant les yeux.
Moka ne savait pas par où commencer ni comment l'exprimer. Ce qu'il avait vécu avait été tellement incroyable que tout cela avait pris des mesures de rêve dans sa tête, que les détails s'estompaient au fil du temps, ne restant qu'une sensation unique. Mais il y avait une chose qu'il pouvait dire, une chose que son maître, l'espérait il, pourrait comprendre. Il pris le ton le plus doux possible, n'arrivant cependant pas à cacher une certaine joie :

“Nefrel est venu m'aider. Après le serment qu'à passé mon père durant sa jeunesse, le dieu du chaos ma observé. Quand on a abattu le premier dragon rouge, deux autres sont arrivé et allait nous tuer. Il a guidé ma main Jax, il m'a donné Tarrazu pour abattre ses créatures” dit il, finissant sur un ton défensif, cherchant à affirmer tout ce qu'il disait. Si il ne risquait pas encore de replonger dans un sommeil qui lui ferait rater la fête des quatre armées, il ferait tout pour ré-invoquer la lame devant son maître, cela pour lui prouver ses dires. Le vieil animal se saisit le menton, regardant un moment dans le vide, laissant une bonne minute de silence

“Le dieu du chaos hein ? Eh bien on peut dire qu'il a un humour décapant celui la… Maintenant que ta réputation va se répandre dans tout le royaume, tu ne te rends pas compte à quel point ta vie va se compliquer. Maintenant, tu risque d'avoir un autre champion à affronter dans l'arène pour ta conscription. Il est possible qu'ils te mettent en face de Hisao, le général des quatre armées, ou même Garland, la main droite du roi. Il va falloir briller durant ce combat, prouver que tu n'est pas un charlatan auprès de la cours qui attends désormais beaucoup de toi” dit il en prenant une cuillère de sa pâtisserie préféré. Moka ne savait quoi dire, n'ayant pas réalisé la chose sous cet angle.

“Jax… Je ne peux pas utiliser le pouvoir qui m'a été donné, je m’effondrerais instantanément, incapable de continuer l'épreuve plus longtemps” dit il, les oreilles et la tête baissé. Le maître soupira, ramena la table et tout ce qu'elle supportait à l'intérieur de sa maison. Puis, après plusieurs minutes ruminant dans sa maison, retourna à son élève qui l'attendait patiemment à l'extérieur. Son regard était enflammé, il arrivait vers Moka armé d'une épée qu'il n'avait jamais vu, équipé d'une armure qu'il avait cru décorative tant l'écureuil ne l'avait jamais mise.

“J'ai fait le serment d'accompagner jusqu'au bout ceux en qui je voyait de la grandeur… Moka, il va falloir te préparer, on a que quatre jours pour t'apprendre à te battre contre les meilleurs épéistes que ce monde ait porté.” dit il, dégainant son arme. “Plus d'épées en bois, plus de combat à trois, Torn est prête, elle. Ce sera toi contre moi, j'userais de la totalité de mes pouvoirs. On va partir pour la plaine non loin du village pour avoir le maximum d'espace possible. Va prévenir l’apothicaire on aura besoin de toute son énergie sur des sorts de soin de combat, puis va voir Karf et demande lui une lame pour le tournoi, la lame la plus équilibré qu'il puisse forger. Ton père pourra se payer cette dépense j'en suis sûr. Pendant ce temps, je te prêterais une de mes épées.” finit il en se dirigeant vers la sortie du village, entièrement équipé. Son armure était magnifique, rouge et doré, alliant le métal et le tissu dans un jeu de mouvement parfait. Une lame était ceinte à son baudrier, le pommeau incrusté d'une émeraude magnifique. Dans sa main, une épée au allures plus simples, l'arme avec laquelle la souris allait s'entraîner. Jax ne voulait pas perdre de temps, lancer immédiatement le combat, à raison. Ils étaient pressé par le temps, peu de choses pourraient se passer en quatre jours, mais Moka avait une confiance totale en son maître d'armes. Comme convenu, il vint voir l’apothicaire pour lui demander son assistance. Après avoir soupiré (ce n'était pas la première fois que le vieil écureuil lui demandait son aide sur des idées aussi farfelues), il rajusta ses lunettes, ferma la boutique derrière lui et pris une petite malette. Ritis se mit alors en route pour rejoindre Jax, levant le museau plus que de raison en passant devant les trois têtes de dragons. Au loin, la souris entendait parfaitement les bruits de Karf, s'étant rapidement remis au travail pour préparer la célébration à venir. En voyant arriver Moka, il posa ses outils, plaça la lame qu'il travaillait dans le four et vint l'attraper par les épaules. L'immense blaireau avait une force impressionnante, une poigne inimaginable, même pour une taille et une carrure pareille.De sa voix caverneuse et profonde, il héla la jeune souris :

“Par Biala, tu aurais tailladé deux dragons à toi tout seul ! Ma parole, je ne pensais pas rencontrer un jour une légende vivante !” dit il en riant alors que les pieds de Moka ne touchaient plus le sol. De la haut, ses oreilles tombèrent, un grand sourire sur le visage, remerciant le forgeron pour son compliment si sincère. Quand il put enfin toucher à nouveau terre, il expliqua la situation, expliquant aussi précisément que possible les détails qu'il souhaiterait posséder pour le combat. Prenant un papier et une mine non loin, il nota quelques informations, fit quelques croquis puis releva les mensurations de la souris. Quand il eu finit, il lui annonça avec un grand sourire que la lame serait prête pour le jour où il allait combattre

“Évidemment, tu pourra t'entraîner à la manier en te servant d'une lame que je créerait pour l'occasion, une version brute du travail que tu recevra le jour du combat. La cour entière verra les talents du forgeron de Fresk et je vais te donner le meilleur !” finit il dans un rire puissant, grondant comme le tonnerre. Moka fit un signe a Karf, puis partis la ou l'attendait Jax et Ritis. En chemin, il croisa d'autres villageois, d'autre personnes le félicitant, lui souhaitant une bonne chance pour le combat qui viendrait. Tous étaient confiants, personne ne voyait ce que son maître avait pu voir. Il devait prouver qu'il avait bel et bien pu affronter deux dragons mais il avait réussi grâce à l'intervention de Nefrel mais celui ci n'était plus prêt à l'aider. Quatre jours, ils avaient seulement quatre jours…

En arrivant dans la plaine, Moka s'aperçut que l’apothicaire traçait dans le sol un immense pentacle doublé d'un pentacle encore plus grand. Deux cercles l'un dans l'autre signifiait que deux sorts allaient se mêler, deux pouvoirs assez intense pour que le mana affluant du corps du lanceur n'était pas suffisant pour effectuer l'incantation. Quand des pentacle étaient dessiné, cela permettait au petit peuple de lancer des sortilèges d'une puissance inouï, généralement au prix d'un temps d'incantation élevé et d'une préparation minutieuse, comme celle que Mania avait effectué contre le dragon rouge. En s'approchant, ce fut Jax qui lui expliqua

“ Le plus grand cercle est un sort de soin qui fonctionnera en coup par coup, s'activant quand Ritis le décidera. Le cercle à l'intérieur à le même pouvoir que celui qui sera fait pour la fête. Connecté au deux combattants, il permet de savoir précisément quand l'un de deux est dans l'impossibilité de se battre, déclarant ainsi la victoire au moment propice tout en évitant des morts inutiles. On va utiliser la même chose, ça nous permettra de savoir quand te donner les soins.” dit l'écureuil, lui tendant la lame qu'il avait préparé pour lui. Il reconnaissait l'épée, le maître d'arme lui avait déjà montré en lui expliquant que celle ci l'avait déjà sorti de nombreuses situations épineuses. Pendant un instant, il se mit à sourire, voyant dans le geste de son maître, ce don d'une telle camarade de combat, une preuve d'affection magnifique. Fier, il dégaina, profitant de la qualité de cet outil qu'il n'avait jamais pu tester. S'échauffant quelque instants, observant l'immense plaine autour d'eux, il était prêt à se lancer. Plus que prêt, il était déterminé. En entrant dans le cercle, il sentit que le vent autour d’eux ne soufflait plus, que tout l’environnement était, en quelque sorte, neutralisé de tout événement extérieur qui pourrait troubler la qualité du combat. A l’intérieur, plus un bruit, plus une odeur, simplement son ennemi et le monde tout autour. Hors du cercle, tout était vaste, tout était lointain. Jax entra lui aussi, armé d’une épée magnifique, gelée par l’un de ses sorts, fumant sous l’effet de la différence de température. Sous ses pieds, des blocs de glace se cristalisaient, formaient de petites plaques de glace alors que la nature semblait à peine sortir de l’hiver. Comme lui avait appris son adversaire, il salua, dressant sa lame devant son visage, une patte derrière le dos. Le regard droit, ne perdant pas de vue la lame contre laquelle il allait devoir prouver son talent, il était entièrement concentré sur ce qui se passait. Et en quelques secondes, le combat se lança, Jax courant à sa rencontre, son épée positionné dans la continuité de son corps.

En arrivant au contact, il laissa l’intensité de ses coups dépasser la raison, frappant plus vite qu’avant, plus fort qu’avant, avec une précision redoutable et millimétré. En quelques secondes, Moka était acculé, obligé de reculer tout en parant avec sa lame chaque assault. Mais a chaque fois que le fer croisait le fer, que la souris arrivait à repousser une attaque de l’écureuil, celui ci se montrait encore plus insistant, encore plus puissant, jusqu’à un point ou ses coups n’étaient quasiment plus visible. Et quand il se dégageait, quand il arrivait, dans un saut à s’éloigner suffisamment pour retrouver son souffle, il était accueilli à l’arrivée par une série de lances de glaces acérés, venant transpercer son corps en de multiples endroits. Et si a chaque fois il arrivait à minimiser les dégâts, il se retrouvait dans une position délicate pour la suite, absolument pas prêt au nouvel assaut qui arrivait. Une entaille au mollet, une entaille à l’épaule, Moka s’effondra au sol, incapable de bouger. Leur passe d’armes avait duré moins d’une vingtaine de secondes que la souris était déjà affreusement touché. Le cercle sonna la fin du combat par un bruit de trompettes profond et le cercle de soin se mit à refermer les blessures provoqué par ce premier essai. Jax se rapprocha, n’exprimant pas la moindre fatigue. Au sol, Moka était haletant et ses poumons en feu. Le vieil écureuil s’agenouilla à sa hauteur.

“Il va falloir faire bien mieux que ça mon garçon, je n’ai même pas eu l’occasion d’utiliser mes compétences à leur maximum. On y retourne tout de suite, relève toi.” dit il en s’éloignant, sans attendre la moindre réponse de son élève. En entrant dans le pentacle, la souris savait à quoi s’attendre, a quel point ce qu’ils allaient vivre tout les deux allait être plus rude que tout ce à quoi il avait pu être habitué. Alors il se releva, tenant fermement l'épée la plus cher au yeux de son maître. Une patte dans le dos, la lame devant le visage. Ils couraient à nouveau, l’un vers l’autre.


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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Ven 9 Mar 2018 - 20:32





Des heures passèrent, de longue minutes à subir la fureur du combat, de manière répété, de la façon la plus infernale qui soit. Régénéré après chaque défaite, des centaines de fois, Moka était à bout. A chaque plaie refermés, la douleur, elle, restait. Mais il se relevait toujours, prêt à faire face au nombreux assaut de Jax. Si les premières défaites étaient arrivés en moins de quelques secondes, la souris commençait à adopter une stratégie basé sur une attaque bien plus fulgurante, esquivant avec une attaque direct,poussant les corps au contact, perdant en finesse pour gagner en puissance. Mais il suffisait d'une simple explosion de glace pour réduire ses plans à néant, pour que jamais il n'arrive à atteindre son ennemi. Et quand, par chance, la lame touchait, elle ne frappait pas au bon endroit où pas assez fort, dévié par les énormes plaques de métal qui recouvrait le plastron de son ennemi. Défaite après défaite, il avait épuisé son arsenal entier sans aucun résultat, sans jamais avoir ne serai-ce que égratigné son opposant. Le jeu de la magie et du combat à l'épée dépassait de très loin ses capacités. Sans le vouloir, il laissait la rage envahir sa pensée et troubler sa logique, rendant ses erreurs de plus en plus grossières. Quand, après six heure de combat ininterrompu ils s'arrêtèrent pour se reposer, ils se donnèrent rendez vous le lendemain matin à l'aube. Jax posa une patte sur l'épaule de son apprenti, le regard aussi doux que possible

“Tu t'es très bien battu aujourd'hui. Ce n'est pas suffisant pour ton combat mais nous ne pourrons pas aller plus loin vu ton état. Essaie de te reposer au mieux, de laisser ton esprit emmagasiner ce qui t'es arrivé aujourd'hui. La nuit porte conseil mon garçon, nous nous retrouvons demain.” à peine l'écureuil avait fini que tout les seul seule rendirent compte du public qui les avaient rejoint en dehors du cercle : des villageois de Fresk et d'autres villages, Mania, Fiz et Torn observaient attentivement. Quand il vit tout ce monde, ceux ci applaudirent, le regard aussi chaleureux qu'il pouvait l'être. Tant d'affection, tant d'appréciation pour le combat qui s'était déroulé alors qu'il n'avait fait que perdre. Même Ritis l'applaudissait, un grand sourire sur le visage. Mais dans le pentacle, aucun sons ne pouvaient passer, il n'y avait que les sourires et les pattes qui se rejoignaient de façon vive pour effectuer un clap.

“Ils sont là pour toi Moka, va te détendre un peu, va les rejoindre avant de partir te reposer” dit Jax derrière lui. Et c'est ce qu'il fit, laissant son coeur envahi par une colère envers lui même s'apaiser au contact du soutien de ses proches et de la foule. Il sentait une énergie et un engouement puissant, quelque chose qui lui remonta assez le moral pour repartir la tête haute à Fresk. En rentrant chez lui, il trouva Gedd, assis à la table de la cuisine, perdu dans ses pensées, Tueuse de dragon posé devant lui. Son pelage noir et blanc laissait apparaître de nombreux poils gris. Calmement, il s'adressa à Moka :

“Si tu as eu Tarrazu entre les mains, c'est que tu la vu, n'est ce pas ?” dit il en se tournant vers son fils, le regard éteint, lointain. Moka passa redescendis immédiatement de la joie et la force qu'il avait ressenti grâce au autres pour aborder un sujet aussi complexe cela. Cependant, il n'en avait ni l'envie ni le temps. Il répondis sèchement, plus sèchement qu'il l’aurait voulu

“Oui j'ai vu le loup noir, oui il m'a donné ta véritable histoire, non je ne t'en veux pas d'être avide de pouvoir, comme tout le monde que cette planète. Maintenant, je viens de sortir de six heures de régénération constante pour être prêt quand mon combat arrivera, pour que la chevauchée m'ouvre les bras. Alors excuse moi papa, mais je n'ai pas le temps” finit il en prenant les escaliers. Gedd enchaîna immédiatement, sans laisser à son fils d'autre choix que d'entendre :

“Nefrel est le mal incarné Moka, je l'ai appris à mes dépends” tonna la souris, frappant du poing sur la table. Toute la rage, toute la colère et l'excitation de la journée mêlée venait frapper dans son esprit comme un tambour puissant. Il se retourna, dévalant les escaliers et faisant face à son père :

“Nefrel est le chaos incarné, pas le mal. Tu crois que l'ordre est une bonne chose, que respecter les codes et les règles établies va nous permettre de faire quoi que ce soit. Mais ces règles m'empêchent aujourd'hui d'être avec celle que j'aime, m'empêche d'utiliser mes pouvoirs sans limites et font que les gens auront toujours sur moi un regard différent. C'est cet ordre là dans lequel tu veux vivre ? C'est ça le “bien” que tu veux défendre ? Pas moi !” tonna tout aussi fort Moka, bombant le torse, emporté par le flot infernal de ses sentiments qui l’échappait. Il était en colère de ses défaites contre Jax, extatique de voir son combat arriver, heureux de voir les autres le soutenir, terriblement triste de partir sans Torn et enfin terrorisé à l'idée de décevoir ceux qu'il aimait. Dans tout cela, il y avait lui, cherchant un pied sur lequel danser. Il était stressé, fatigué et affreusement désolé d'avoir asséné à son père ce genre de remontrances puérile. Honteux et trop fier pour reconnaître ses torts, il sortit de la maison et se dirigea vers la cabane qu'ils avaient construit avec Torn, se posant sur le toit de la maison perché très haute dans les arbres.  En sortant, il entendait son père tenter de dire quelque chose, mais en vain. Il laissait la douceur du début de printemps, si doux en ce moment, l'envahir et calmer sa colère, adoucir la flamme qui avait pris le dessus sur lui. Il en voulait à tout le monde, ils le regardaient tous étrangement et maintenant qu'il avait accompli quelque chose d'immense, il se sentait encore plus un étranger. Il n'avait pas l'habitude de l'attention, d'être mis sous les feux des projecteurs. En se posant la haut, plus près du soleil qui perçait encore légèrement à travers les arbres, il écoutait la nature, cherchait à vider son esprit. Il réfléchissait au combats, à sa manière de prendre les attaques les unes après les autres sans jamais s'imposer. Il avait beau creuser, il ne voyait pas comment il pouvait triompher, la force brute mêlé au techniques de Jax étaient impossible à égaler, pas sans pouvoirs, pas sans épée. Plus il avançait dans la soirée, posé la haut, plus il doutait de réussir à vaincre qui que ce soit durant l'épreuve.

Ce fut quand la nuit était tombé et que le village préparait un grand banquet pour la nuit que Moka entendis un bruit de pas. Tout les villageois avaient décidé de se réunir pour se concerter quant au travail qu'il restait à accomplir. Peu de choses restaient en suspens, de nombreuses préparations avait déjà été terminé. Les trois têtes de dragons avait été vidé et nettoyé pour ne laisser que l'immense os du crâne, avec lequel Karf avait sculpté une entrée pour chaque grande route menant au village. Maintenant, les trois gueules de dragons faisaient d'immenses arches plus impressionnantes que jamais, offrant à Fresk une magnificence toute particulière. Rapidement, Moka identifia l'origine de la personne qui venait le voir, la haut. Quand Torn se coucha, en haut de la cabane, avec la souris, elle garda pendant un moment le silence, les yeux rivés vers le haut.

“Dans à peu près trois jours, ça sera terminé pour nous. Je suis pas encore prête à te laisser partir...” disait elle, la voix hésitante. La souris se rapprocha d'elle, laissant son esprit s'ouvrir à elle, enfouissant son museau dans sa fourrure blanche, la serrant du plus fort qu'il le pouvait.

“Tu es quelqu'un de forte et de si attentionné avec les gens que je sais que tu trouvera rapidement quelqu'un. Tu arrivera à oublier tout ça, j'en suis sûr” finit il, caressant doucement son visage, laissant ses mains explorer l'entièreté de son corps. Il sentait son souffle, son coeur battre à toute allure. Il ne croyait pas lui même au fait qu'ils pourraient tous deux oublier, pas ce genre d'amour. Ils étaient si différent l'un de l'autre et pourtant si fortement attaché. Ils n'avaient pas le choix, leur chemins s'étaient croisé mais les lignes de leur vies ne se rejoignaient pas. Ils avaient vécu quelques chose de magnifique, mais cela arrivait à son terme. Ils ne dirent pas plus de mot de la soirée, restant la haut pendant une grande partie de la nuit, laissant la sensation de leur deux corps l'un contre l'autre les envahir une fois de plus. Puis ils partirent chacun en direction de leur chambres, dormant séparément pour la première fois depuis un moment.

Il avait eu un mal fou à laisser le sommeil le gagner et quand l'aube se leva et que Jax vint le réveiller, il n'avait pas assez récupéré. De puissantes courbatures parcourait tout son corps, lui faisait souffrir le martyr. Le soleil se levait, l'humidité avait laissé des perles d'eau sur toute la nature environnante, le froid mordant laissant le corps de Moka tremblant. Après un petit déjeuner assez énergétique pour leur entraînement, ils partirent tous deux en direction de la plaine, ou les deux cercles les attendaient toujours, ou une petite foule de lève-tôt avait fait le déplacement et ou Ritis était calmement en train de préparer ses sorts. En entrant dans la zone de combat, Moka sentit dans son esprit embrumé une de motivation profonde, comprenant pas ou cela pouvait mener. Mais parce qu'il le devait, il dégaina son épée, leva la lame au niveau du visage et le combat fut lancé. Dès les premières secondes du combat, avant même que le fer rencontre le fer, il avait senti quelque chose de différent. Et quand les épée se touchaient, il ressentait quelque chose en plus, une forme de réflexes naturels qui s'étaient développé à travers les nombreuses blessures normalement mortelles qui l'avait atteint. Son corps prenait des initiatives, changeant de stratégie dans le même enchainement ou déviant un coup comme jamais il avait pu le faire auparavant. Quand son adversaire enchaîna encore et encore les frappes, Moka aperçut un sourire sur le visage de Jax. Et au lieu de durer quelques secondes, ce match la tenu pendant plus d'une minute. La souris, épuisé dès le premier combat, vit son maître d'arme s'approcher de lui, son épée posé sur son épaulette. Il lui tendis la main, l'aidant à se relever, puis repartis à l'autre bout du terrain. Un combat après un autre, une défaite après l'autre, Moka tenait de plus en plus longtemps, mêlant détermination, inventivité et des réflexes qui s’affutait de coup d'épée en coup d'épée. Les heures passaient, la matinée puis l’après midi. Les badauds approchaient, restaient généralement une ou deux heures, puis repartait. Il n’y avait que son petit frère, Zif, qui restait du début à la fin, supportant son grand frère invariablement, sans jamais défaillir. Une fois, il entra même dans le cercle après une défait particulièrement douloureuse, uniquement pour remonter le moral de Moka.

Alors Moka se relevait, encore et encore, voyant dans le regard du souriceau quelque chose qui lui donnait la possibilité de détruire des montagnes. Quand Jax courait vers lui, il se mettait en position, campé sur ses pattes, l'épée en avant pour empêcher son adversaire de venir au contact. Quand des pics de glaces se précipitait dans sa direction, il n’esquivait qu'en cas de dernier recours, poussait ses muscles au maximum et brisait les projectiles venant dans sa direction. Quand son ennemi tendait de le prendre à revers, il maniait avec son épée de telle façon à ce que rien ne puisse s'approcher de lui. Il utilisait la moindre ressource de son corps, finissant chaque duel de plus en plus épuisé, les poumons en feu, les jambes tremblante. Mais, alors que la fin de cette deuxième journée d'entraînement approchait, Moka avait tenu plus de trois minutes face à son adversaire. Une parade supplémentaire, une esquive parfaitement orchestré, et il vit une occasion de contre attaquer. Envahis d'une décharge d'adrénaline, les sens plus aiguisé que jamais, il se mit à frapper de façon si rapide que les coups semblaient presque invisible à l'oeil nu. Il assénait frappe après frappe, coup après coup, forçant pour la première fois son instructeur à reculer. Sans pouvoirs, sans une force décuplé par l’assermentation, la lame de Moka pénétra la chair de son maître, qui s'effondra au sol,aussi étonné qu’effrayé. Alors que le pentacle annonçait la victoire de la jeune souris, le corps tremblant comme une feuille, il s’effondra au côté de son maître déjà en train de recevoir les soins.

“Félicitations Moka, tu viens de gagner ta place parmi la chevauchée d’argent.” dit le maître, posant sa patte sur l’épaule de son élève, fier et ému. Pour la première fois depuis le début de son entraînement, la souris reprenait confiance. A bout, physiquement comme mentalement, les larmes se mirent à couler sans qu’il ne puisse contrôler la chose. La douleur de chaque défaite, la frustration de l’échec, tout cela s’envolait en un instant. Il leva les yeux, observant le ciel bleu, si bleu.
Les trois jours avant le grand jours passèrent bien trop vite au goût de la jeune souris. La victoire qu’il avait pu tirer n’amena pas une victoire systématique pour autant, mais elles devinrent de plus en plus fréquente avec le temps, offrant une assurance de plus en plus grande au jeune épéiste. Un soir, alors que la bande d’amis s’était revus pour peut être la dernière fois, Harald et Gatwick avait demandé un combat entre Moka et Torn, qui avaient accepté. En un instant, il avait pris le dessus sur elle, jouant avec une agilité qu’il n’aurait pas imaginé possible avant. En quelques passes d’arme, après moins de cinq minutes de combat, Torn était à bout et perdit sur une attaque envolée qui la désarma. Surprise, vexé mais aussi fière de lui, elle souria à Moka, le félicitant avec un regard plus chaleureux que jamais. Demain était le premier jour de la fête, ou il n’aurait ni le temps ni le loisir de s’entrainer. Il trouva difficilement le sommeil, laissant son esprit s’emporter à imaginer la cours d’Ornia, les différents grands combattants des quatre armées.

Et Darian, le grand roi renard à la fourrure d’or et d’argent, ceint de l’epée la plus puissante jamais vu sur cette terre, capable d’imposer la victoire par sa simple présence, d’affronter les plus grands ennemis du royaume sans jamais broncher… Sa légende brillait à travers les âges, sa lignée à jamais protectrice quasi-divine du royaume du petit peuple. Il s’endormit, la tête pleine de comptes, de ces exploits légendaires  sur le champ de bataille. Et pendant un instant, il rêva d’elle, la souris blanche qui envahissait sa pensée.


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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Dim 11 Mar 2018 - 20:47




Très tôt dans la matinée, des bruits de charette envahirent la ville malgré leur efforts pour ne pas déranger les différentes familles qui dormaient encore. Moka, qui n'avait pas pu fermer l'oeil de la nuit, rejoins rapidement le mouvement dehors pour aider. Quand Jax avait expliqué que Fresk organisait la réception du Roi et des quatre grandes armées, cela était pour simplifier la situation. Trop petit, son village et plusieurs autres s'étaient regroupé non loin du hameau, dans les grandes plaines avoisinantes. La bas, des centaines de souris, ecureuil, blaireaux ou renards avaient oeuvré pour faire de ces trois jours un événement inoubliable pour tous. Cette célébration allait amener de vieux amis à se retrouver, au détour d'une grande tablée ou dans les gradins du tournoi. Les festivités étaient riche en événements divers venant ponctuer la journée. Le premier jour était destiné à une rencontre entre les villages et le roi, permettant à ceux ci d'exprimer leur doléances sans avoir à faire la route très longue jusqu'à Ornia. Accompagné de sa cours et de soldats de tout ordre, ce jour était destiné à la visite, la découverte et le partage. Le soir, d'immenses tablées de plus de cent personnes étaient installés autour d'un immense feu de joie. Sortant de son lit, Moka avait un emploi du temps chargé et ne pourrait pas profiter autant qu'il voudrait de toute ses réjouissances. Il mis une simple tenue en toile et sortir en direction de la forge de Karf. La bas, il put récupérer un modèle d'entraînement pour l'épée qu'il allait utiliser pour son combat. Si le morceau de métal était brut et sans aucune décoration, l'équilibre était si parfait que la souris ne put s'empêcher de jouer avec. Il essaya plusieurs coups différents, demanda quelques ajustements mineurs au blaireau, qui acquiesça et continua son oeuvre. Jax l'avait rapidement rejoint, lui aussi ayant très peu dormi. Ensemble, ils effectuèrent plusieurs passes d'armes, évitant de se blesser l'un l'autre en l'absence du cercle de soin. Cela continua ainsi jusqu'au premières lueurs du jour et que la journée commence réellement pour eux deux. Ils se séparèrent, se souhaitant bonne chance.

“Aujourd'hui sera ta première bataille, un combat que tu devra tenir pendant toute ta vie si tu entre dans la chevauchée. Attention au faux semblants, je serais près de toi et Torn quand le roi arrivera” dit le maître d'arme, offrant un grand sourire à Moka. Il le remercia en silence, retournant chez lui. Dans la maison, toute la famille se préparait. Les plus jeunes, Zif, Fakra et Sibyl étaient vêtu d'un pourpoint marron accompagné d'une courte cape rouge attaché par un médaillon, symbole de la famille. Tuka, Bick et Halia, quand à eux, avaient leur épée à la ceinture, une côte de maille et la même cape que leurs cadets, le même médaillon or et rubis. Tous les six avaient fière allure, s'aidant les uns les autres pour finir de s'équiper. Et quand à Gedd et Mania, ils avaient tous deux enfilé l'armure qu'ils avaient reçu des années de cela, deux armures forgées pour eux après une aventure qu'ils avaient compté tant de fois. Couvert de plates argenté et appuyé par d'immenses épaulettes en forme de loup, la tenue était allégé grâce armure un sort de sa mère tant les couches de protections étaient nombreuses. Prévu à la base pour résister au crocs des dragons, ils avaient tout deux finalement décidé de réserver cette armure pour les grandes occasions tant elle limitait le mouvement. Elle aurait été parfaite sur un champ de bataille, pas dans un combat aussi mobile que celui qui opposait une souris à un immense lézard volant. Et derrière eux, une immenses immense cape rouge scindé en deux au milieu, tissé de fil d'or et d'argent, le symbole de leur famille brodé à la surface. Quand Moka entra dans la pièce, voir tout ce monde habillé ainsi lui fit chaud au coeur, le symbole des Oromos brillant sur sa famille comme jamais. Zif se précipita sur lui pour lui dire bonjour, puis retourna voir Bick, le pantalon ne tenant absolument pas. Jiki et Fiki, ses plus grands frères,avaient reçu une permission de la marche libre pour assister à la fête. Et en sachant que Jiki , l'aînée de la famille, s'était lié à une guerrière de la chevauchée, il était parfaitement concevable qu'elle et leur portée arrive en même temps. Et tout cela ne prenait pas en compte les frères de Gedd et leur propre portée à eux. Tout cet événement avait entraîné une réunion de famille dont Moka n'en avait rien su jusqu'au soir précédent, quand sa mère et son père lui firent la surprise.

Le clan Oromos au grand complet, le coeur de la jeune souris battait fort dans sa poitrine. En tout, d'après les derniers chiffres, ils allaient être un peu plus d'une trentaine à représenter leurs couleurs devant le roi. Sur la table, il ne restait qu'une armure, prête pour lui et reçu de la capitale quelques jours avant. Cette tenue, obligatoire pour les apprentis qui souhaitaient entrer dans la chevauchée, était la seule propriété, avec leur épée et quelque affaires personnelles, qu'ils pouvaient emporter de chez eux. Cela en était de même pour les autres ordres, une forme d'uniformisation qui évitait que les plus riches bénéficie d'un meilleur équipement. Aidé par Bick, il mis le plastron, mélange de plates et d'une cotte de maille ajusté. La tenue brillait intensément : neuve, il était possible de se voir dedans, son visage se reflétant dans les pièces les plus grosses. Au final, si la tenue était sobre, uniquement habillé d'une longue cape blanche, elle imposait le respect par ce qu'elle signifiait, par le sens qui découlait de cette armure. Il ne faisait pas encore partie de la chevauchée mais il n'en avait jamais été aussi proche. Regardant un par un les membres de sa famille, ils gardèrent tous un silence religieux, souriant, riant parfois sous la solennité trop pesante. Quand toute la famille sortit de la maison, que la matinée avait plus avancé, le village était métamorphosé : les tenues simples avaient fait place au armures et au capes; les serpes, marteaux ou faucille avaient été remplacé pour des épée, des dagues ou des marteau de guerre. La plupart des familles restaient sobres, ayant plutôt vécu une vie dans les champs de blé que les champs de bataille. En sortant, tous les regards se tournèrent vers la famille, vers Moka et son armure étincelante. Il rougit, ne supportant pas la pression des regards. Il esquiva cette situation en abandonnant sa famille pour rejoindre Harald, encore habillé de son tablier en cuir.

“Par pitié, dis moi que tu as quelque chose d'autre à mettre que cette horreur” dis Moka alors que son meilleur ami battait le fer. Celui ci leva la tête, s'apprêtant à jeter un flot d'insultes bien senti à la souris, quand il s'arrêta net, voyant l'équipement qu'il portait. Il haussa les sourcils, sifflant, les yeux écarquillés

“Eh bah mon cochon, t'es équipé pour le roi à ce que je vois ! Tu t'es quand même pas refais une coupe quand même ? Mais si tu t'es fait une coupe ! Ma parole t’es à croquer” dit Harald, posant l'immense marteau qu'il maniait sur son épaule. Il se mit à rire en se tenant le ventre. Karf était en train de travailler sur l'établi derrière. Un grand sourire sur le visage, Moka s'accouda sur l'énorme enclume

“Fais pas l'enfant et met une tenue ! C'est pas comme ça que le roi va te remarquer.” dit il en faisant passes ses griffes contre les mailles de son armure, provoquant un bruit de ronronnement métallique. Le jeune forgeron le poussa d'une main, le faisant légèrement glisser sur les pavés du chemin ou il se trouvait. En s'écartant ainsi, il observa autour de lui si quelqu'un l'avait vu perdre de sa superbe dans son armure neuve, mais heureusement personne ne regardait. Personne, à part Torn. Moka resta bouche bée, sans voix devant la renarde qui avait enfilé l'armure réglementaire des apprentis de la patte noire. Dans une combinaison de cuir, une écharpe couvrant le bas de sa tête  jusqu'au museau, elle était superbe, son pelage blanc ressortant parfaitement dans un jeu de clair obscur parfait, ses courbes étant respecté comme aucune tenue n'avait pu le faire jusque là. A sa ceinture, une épée courte qu'il n'avait jamais vu, la lame aussi sombre que le l'ébène. La garde était composé de ronces en métal noir enroulé délicatement autour d'un métal blanc comme neige. Le jeu d'ombres et de lumière imitait parfaitement la tenue et la fourrure de la renarde. La souris avait chaud, très chaud tout d'un coup. Un pas après l'autre, il s'approchait d'elle et elle faisait pareil. Dans la ruelle encore vide à cette heure ci, les capes volaient, noir face à  blanc, cuir face à cotte de maille, prédateur face à proie. Ils étaient si différent en cet instant que leur ressemblances brillaient encore plus intensément, leurs yeux ne se quittant plus du regard. Ils étaient devenus opposés, deux facettes d'une seule et même pièce. Quand ils étaient enfin l'un contre l'autre, que leur mains se touchaient enfin, il n'y avait plus de costumes ni d'apparences. Chaque pas qui les avait rapprochés avait retiré masque après masque pour ne laisser en cet instant que la pureté de leur sentiments.

“Tu es magnifique” dit il dans un souffle, les yeux rivé dans ceux de la renarde.

“Tu es pas mal toi aussi” répondit elle en riant, un grand sourire sur le visage laissant sa patte caresser le visage de la souris doucement. Avec leur tenues ainsi sur le dos, il se protégeaient du monde extérieur : personne ne pouvait les juger ou les atteindre. La patte noire et la chevauchée d'argent, les deux ordres les plus opposées à travers les armées. Mais les deux amants avaient une journée chargée et s'éloignèrent l'un de l'autre assez pour faire la route ensemble en direction de la maison de Jax. En haut de la butte, le vieil écureuil était déjà en tenue dans son armure d'apparat, la seule armure des quatres armées à parader sans cape mais avec un arc immense, composé d'un mélange de bois nobles, d'émeraude et d'argent. La carapace faite en écailles, bien plus légère que la cotte de maille et plus résistante que la tenue en cuir, était en grande partie caché par une toge courte et vert foncé. Son épée en main, la tenant vers le bas, comme si il attendait un ennemi qui allait arriver, le vieil instructeur laissait sa pensée divaguer. Il n'était pas compliqué pour Torn et Moka de comprendre qu'il accusait le coup de ce moment, l'accomplissement de tant d'années passés à entraîner ses deux jeunes recrues. Quand il les vit tous deux, dans leurs habits cérémoniels, il ne put s'empêcher d'être envahi par une vague de fierté et de mélancolie. Il s'approcha d'eux, lentement, regardant tout à tour les deux jeunes qui semblait eux aussi ému.

“La première fois que vous êtes venu à moi, tout les deux, vous étiez si jeunes que j'ai refusé de vous entraîner au combat. Je préférais vous apprendre des préceptes, des façon de penser et de vivre vos vies. Torn, je me souviens de tes grand yeux tournés vers moi, pas plus grande que moi à l'époque, curieuse de tout en ce monde. Et toi Moka, débordant d'énergie, la tête pleine de rêves, bercé par les légendes des êtres qui nous ont précédés. Aujourd'hui, même si vos armures font de vous ma plus grande fierté, même si un jour vous aller me surpasser dans tous les domaines, je verrais toujours en vous les deux enfants que vous avez un jour été” finit il, tremblant, une larme coulant sur une de ses joues. L'instant d'après, ils étaient tous trois dans les bras l'un de l'autre, leurs larmes de joies se mêlant à une si douce nostalgie. Tant de choses allaient changer pour eux trois, la souris se demandait à quoi la vie allait ressembler dans une semaine, dans un mois, dans un an… Quand ils eurent repris leurs esprits, que tous trois étaient prêt pour la suite, ils se dirigèrent ensemble sur la place de Fresk, la ou de nombreux villageois s’était déjà installé, attendant l’arrivée du cortège royal. Celui ci faisait le tour des autres hameaux avant d’arriver en dernier ici puis de s’installer dans la prairie non loin, et d’après les dernières informations, ils venaient de sortir de Jokil, la dernière ville avant eux. En arrivant sur la place, le regard de tous se tournèrent vers eux, les champions qui représentaient leur village. Il était rare que deux jeunes d’un même endroit se propose pour participer au festivité tant l’exercice était éprouvant. Beaucoup racontait que le courage de nombreux jeunes adultes du petit peuple avait été écrasé par la rudesse du combat. Pourtant, devant eux, Torn et Moka se dressaient fièrement, accompagné par Jax et son armure des compagnons de l’aube. La place avait été aménagé pour recevoir plus d’un millier d’âmes sans que quiconque se marche dessus. Au balcons des fenêtres ou placé en retrait, les villageois laissaient une majeure partie de l’espace pour les arrivants qui allaient venir par la grand route.

Au milieu, de la place, il n’y avait que trois personnes. Trois armées représentés, trois des quatres forces du roi, implacable et rarement égalé par les autres nations de la planète. Alors que tous trois s'installèrent, prenant place devant l’entrée du village, Moka sentit en lui un sentiment de solennité l’envahir. L’après midi avait à peine commencé, le soleil, couvert par quelques nuages, perçaient tel des raies divines à travers le ciel. Pendant un moment, alors qu’ils chuchotaient entre eux, préparant les grandes paroles qu’ils devraient prononcer devant le roi Darian, des bruits de pas s’approchèrent du centre de la place.

“Quatres armée pour gouverner le royaume du roi renard. Quatres ordres pour offrir la sécurité au royaume d’Elessia.” dit une voix que la souris reconnut derrière lui. Il se retourna, et se retrouva bouche bée. Dans l’assemblée autour d’eux, tous se mirent à chuchoter, des exclamations de joies éclataient peu à peu. Harald avançait, portant magnifiquement l’armure bleu et argent de la confrérie de granit, tenant fermement un immense pavois brillant de milles feux et un immense marteau à tête d’ours. Le blaireau regardait avec un immense sourire son ami.

“Quatres familles pour protéger nos libertés, quatres coeurs battant dans une même poitrine. A jamais réunis, …” continua Harald en arrivant au côtés de Moka. Dans ses énormes gantelet d’argent, une épée à la destination de la souris. Il ne pouvait que retenir son souffle, la lame et son baudrier étant magnifique. Une épée entièrement en argent et en acier, deux loup étant gravé sur la garde. Le pommeau, trois griffes de dragons, l’éternel symbole des Oromos, semblaient protéger un cristal au milieu, un cristal bleu d’une intensité sans pareille. Sur la lame, des inscriptions dans le vieux langage du petit peuple : Erì eü sza sahcro, süt rit süt eü andatae. Moka saisissa la lame et l’accrocha à sa ceinture, complétant ainsi sa tenue.

“Nous sommes les fils et les filles de ce monde” repris la souris, aussi puissamment que sa voix le permettait.

“Ne craignez rien, peuples de la belle Galeï, nous sommes là !” repris Torn, le coeur plein de fierté.

Les trois jeunes frappèrent leur plastron quatre fois, puis posèrent un genou au sol, leurs armes présentés devant eux, comme la coutume le voulait. Si il était rare de voix deux personnes d’un même village se présenter pour la tournée des quatres armées, en voir trois l’était encore plus. Et c’est quand des ombres se profilèrent depuis les cieux que le coeur de Moka s’emballa réellement. Une, puis deux, puis trois ombres passèrent au dessus d’eux, un cri d’aigle résonnant à travers tout Fresk. La chevauchée d’argent fut la première sur la place, un bataillon de dix souris chevauchant respectivement dix aigles, dirigé par la grande Hellis, la guerrière au milles exploits, et Jarkra, l’aigle noir au regard si intense. Tournant tout d'abord en rond autour de la place dans un ballet à couper le souffle, ils se posèrent tous en rang, se placant de part et d’autre du large chemin qui attendait le reste du cortège. Puis, dans un clignement d’yeux, sans que personne n’ai vu quoi que ce soit, les membres de la chevauchées avaient derrière chacun d’entre eux un membre de la patte noire, au garde à vous comme s'ils avaient toujours été là. C’est après ces deux instants si singuliers que la confrérie de granit et les compagnons de l’aube arrivèrent en rang, les premiers derrière les deuxième. Tous placé en rang tous se mettant face au village en passant sous l’immense tête du drake rouge que Moka avait tué. Si dans leur professionnalisme aucun ne levèrent la tête, il était possible de voir les regards lever les yeux.

Puis, après les quatres armées, après aussi que la cour composé d’un milliers de têtes se plaça dans les espaces prévu pour eux, trois renards approchèrent. Le premier, était Hisao Hetrio, maitre de la patte noir. Habillé d’une tenue entièrement rouge, deux épées courtes de chaque côté, portant une longue cape d’or, il était le chef des quatres armées d’Elessia. Son pelage entièrement noir contrastait avec sa tenue au couleurs si vives, laissant un sentiment de peur sur son chemin. A ses cotés, Garland Fillmender, la bête des terres de chasse, le guerrier qui ne tombe jamais. Plus grand que tous les autres, plus imposant et bien plus effrayant, Garland était la main armée du roi, son plus loyal serviteur, encore plus proche que la chevauchée d’argent. Son équipement de guerrier, bien plus classique que toute les autres, ne l'empêchait pas d’être impressionnant pour une seule chose : son arme. Une des huit grandes lames légendaires, l'épée était immense, attaché à son dos, plus grande que Moka et au moins tout aussi large. Et derrière ces deux renards, derrière les deux plus grandes lames de tout le pays, un renard entièrement habillé de blanc, au pas aussi léger que l’air, a la démarche aussi fluide que l’eau, au regard aussi brulant que la terre elle même.

“Agenouillez vous devant le roi renard. Agenouillez vous devant le roi Darian!” hurla Hellia, sans même avoir à se retourner. Déjà en place, Moka sentis derrière lui un mouvement général, comme une vague impressionnante. Mais lui, comme Torn ou Harald, durent alors en plus baisser la tête. Le silence était total, seul le cliquetis de l’armure de Garland semblait percer, annonçant que les trois renards s'approchaient de plus en plus. Puis, le bruit s’arreta.

Puis, d’un seul ordre, le roi ordona au blaireau, à la renarde et a la souris de se lever. Puis, comme d’un seul homme, ils se mirent tout trois au garde a vous. Pour la première fois, Harald, Torn et Moka croisaient le regard du roi. Pour la première fois, ils ressentirent tous trois la véritable signification du mot “imposant”.


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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Lun 12 Mar 2018 - 19:39




“Voici donc les prétendants du village de Fresk au quatres armées. Je ressent tant d’énergie en vous, je vois tant de puissance en chacun de vos destins.” dit le roi renard, le regard doux, posé tour à tour sur Harald, Torn et Moka. De si près, il semblait émettre une aura de puissance phénoménale, écrasante, et pourtant si agréable. Les légendes qui précédaient le roi Darian étaient chanté partout, digne des plus grandes histoires. Dans l'esprit de la souris, une histoire en particulier vint à lui : alors que le royaume du petit peuple était en danger, attaqué par l’armée du roi Rkrik durant la grande guerre de la terre brûlé il y avait cinquante ans de cela, le renard alors à peine âgé de dix huit ans avait fait face à un défi qui semblait perdu d’avance. Seul à seul face à une armée de plus de dix milles serviteurs, alors que son bataillon avait été anéanti par surprise, le roi, alors prince à cette époque, s’était dressé fièrement, campé sur ces positions. Son combat qui dura presque une journée entière et les renforts qui arrivèrent bien plus tard racontaient avoir trouvé une montagne de corps ennemis si haute que Darian éclipsait le soleil levant, dressé au sommet de son oeuvre. Tout là haut, il ne bougeait pas, immobile et prêt à recevoir une nouvelle vague d’ennemi. Pas un signe de fatigue, pas un tremblement ni une seule blessure, sa cape volant volant au vent. Peu de temps après, le roi lézard avait demandé une trêve, le coeur de ses troupes instillé par la peur de cette histoire, compté par les survivants de chaque camps. Depuis ce jour, plus personne n’avait attaqué Elessia de front et le royaume n’avais fait face qu'à de petites tensions externes, toujours réglé en peu de temps par l’intervention des quatres armées accompagné du roi, toujours en première ligne des champs de batailles. Et aujourd’hui, face à la jeune souris, cette légende vivante lui souriait calmement, lisant dans ses yeux comme dans un livre ouvert. Moka était incapable de dire quoi que ce soit, se sentait dans l’impossibilité de bouger. Heureusement, c’était à Jax de s’exprimer.

“Je suis Jax Koiper votre majesté, ancien capitaine au sein des compagnons de l’aube. Je suis le garant de Torn Vasilia et Moka Oromos, prétendant respectivement à la patte noire et à la chevauchée d’argent” dit le vieil écureuil, la tête baissé, un poing posé sur sa carapace, un autre derrière son dos. D’un hochement de tête lent, le roi remercia le guerrier, puis se tourna en direction de Harald, penchant légèrement la tête.

“Et vous, jeune âme ? Qui vous représente ?” dit alors le Darian, calmement. En cet instant, Moka reconnut une force en son ami qu’il n’avait jamais vu. Devant le protecteur du royaume, le roi au milles légendes, le porteur de Dalheisar, la lame la plus puissante de tout Elessia, Harald se dressait fièrement, bombant le torse, plaçant un poing sur son plastron, un autre dans son dos, baissant la tête comme avait pu le faire Jax

“Je suis Harald Karstar, fils de Karf Karstar et je serai mon propre garant durant les épreuves des quatres armées, prétendant à la confrérie de granit” dit il, de façon aussi limpide qu’il était possible. Alors que, dans l’assemblée, plusieurs personnes furent étonné par ces mots, le roi ne broncha pas, effectuant le même hochement de tête lent. Quand cette étape rituelle était terminé, Darian s’adressa à la foule, donnant un discours de bienvenue maîtrisé à la perfection, remerciant le village entier de Fresk pour avoir participé à la préparation de la célébration. Mais Moka n’écoutait pas, il était perdu à l’intérieur de lui même, prenant conscience de l’immense poid sur ses épaules. Si Darian n’avait pas parlé de ses exploits, la souris était absolument certain qu’il en avait eu vent et que cela allait lui tomber dessus pendant l’épreuve. En voyant Garland et Hisao, il sentait qu’il serait impossible de les atteindre, alors l’idée même de les battre en combat singulier…

Le regard vague, en fixant toujours devant lui, Torn lui secoua l’épaule, le faisant revenir à lui. Tout autour de lui, les différentes armées étaient au repos et saluait les villageaois. Les nobles, l’armée et les habitants de Fresk se mêlaient alors, pendant que le roi semblait s’être éclipsé. Déposant un baiser sur la joue de la souris, la renarde partit en direction des troupes de la patte noire alors que Harald était déjà parti voir Sigfirad Kalfrath, grand général de la confrérie de granit. Il voyait son ami blaireau en train de parler à cette armée si singulière, faisant rire Sigfirad tel un grondement de tonnerre. Regardant autour de lui, il cherchait Hellia et souhaitait la rejoindre pour lui parler : il avait tant de question sur la chevauchée. Mais avant qu’il ne fasse quoi que ce soit, elle était déjà là, près de lui, descendu du dos de Jarkra. Elle et son aigle noir le regardait avec insistance. Même si elle était légèrement plus petite que lui, elle imposait par sa présence. Le pelage blanc et fauve, les traits fins et voluptueux, la seule véritable spécificité de la souris était la balafre sur son oeil gauche ayant entièrement blanchi sa surface et laissant une cicatrice en forme de griffe. A côté, son oeil droit, d’un vert intense, brillait tel une émeraude. Un instant, un court instant, Moka sentit son coeur s’envoler, imaginant les combats magnifiques qu’ils pourraient vivre ensemble, côte à côte. Tant de souris à travers le pays rêvait d’être à son service, tant aurait rêvé de faire d’elle leur femme. Mais jamais elle avait trouvé d’égal, jamais elle n’avais décidé de prendre de mari. Elle allait de champ de bataille en champ de bataille, profitant de l’alcool et de la couche de prétendants différents chaque nuit. Le lendemain, soit elle disparaissait, soit elle le jetait dehors, soit elle le tuait. Moka l’admirait pour sa façon de vivre sa vie, libre comme l’air, attaché à aucune obligations. Aucune, à part son pays et cette relation que tout chevaucheur avait avec son aigle.

“Alors c’est toi Moka, le héros qui aurait abattu deux dragons à lui tout seul ?” dit elle, le ton aussi glacial que cela pouvait être possible. Ne sachant pas quoi répondre, les oreilles de la jeune souris se baissèrent, cherchant derrière lui une quelconque aide pour oser parler à Hellia. Il pensait être rassuré par elle, qu’elle allait lui offrir un soutien moral dans cette épreuve qui allait s’annoncer terrible, mais il n’en était rien. Elle se rapprocha, se collant à lui, le regard fiché dans le sien comme une flèche dans l’abdomen : “Je te préviens petit, je n’ai aucune obligation de t’accepter parmis nous, même si tu réussis l’épreuve qu’on va te donner. Tu va devoir me prouver que tu vaux plus que tout les autres crétins que j’ai pu évaluer. Il n’y a rien que je déteste plus que les charlatans, et si Darian à vu en toi quelque chose, moi je vois absolument rien” lui asséna t’elle, en s’éloignant d'un coup. Moka avait remarqué qu’elle n’avait pas appelé le roi par une quelconque marque de respect de la royauté. Il était vrai que l’amitié entre le roi renard et la chevauchée d’argent était réputé, mais il ne pensait pas que cela amenait à de tel privilèges. Alors qu’il ne savait plus où aller, la jeune souris fut étonné quand ce fut Jarkra qui s’approcha de lui, en remettant ses plumes en place. Celui ci lui parla à travers son esprit, la voix si grave qu’elle semblait résonner en lui.

“Ne t’en fais pas, jeune Oromos, Hellia est toujours comme ca. Ne lui en tiens pas rigueur, elle devient bien plus agréable a partir du moment ou tu lui as prouvé ta valeur” dit il. Moka pris une grande inspiration, se ressaisissant assez pour être capable de parler sans hésitation au faucon en face de lui. Les aventures de Hellia étaient toujours lié à lui, il avait été sur les mêmes champs de bataille qu'elle. Et sa rapidité, sa capacité en manoeuvre offensive et défensive était étudié par les jeunes faucons aspirant à la chevauchée d'argent.

“Je vais tout faire pour vous prouver que je ne suis pas un charlatan, même si je dois y laisser ma peau.” dit la souris en prenant un regard le plus sérieux possible. L'aigle noir ne put s'empêcher de rire, de la même façon que Sigfirad semblait avoir ri quand Harald lui avait parlé. Les deux grands héros de guerre était plus qu'heureux de faire cette tournée, trouvant une douceur rafraîchissante dans le regard de ses jeunes prêt à en découdre, à laisser une vie entière derrière eux pour vivre avec une nouvelle famille. Moka leva une oreille, ne comprenant pas ce qui pouvait se passer en cet instant. Mais Jarkra, content de voir un tel engouement chez la jeune souris, déploya ses ailes pour le laisser monter sur son dos.

“Allez Monte ! Ma chère et tendre Hellia est probablement parti vider vos tonneaux de bières, elle nous rejoindra par ses propres moyens. On va rejoindre la plaine que vous avez aménagé pour l'événement. En passant par la terre, ça devrait pas être trop dure pour toi de te tenir la haut.” dit il avec un grand sourire.

Dans toute cette situation, c'était le faucon noir qui semblait bien plus dur, ses traits parfaitement tracés, la mâchoire puissante, le bec acéré, les yeux d'un rouge profond. Et pourtant, Moka n'en revenait pas de la proposition qu'il venait de recevoir. Immobile pour un instant, il se ressaisit et escalada le dos du faucon légendaire, s'installant là où la générale de la chevauchée avait gagné tant de batailles… La selle était légèrement trop petite pour lui, mais cela lui permettait d'être parfaitement calé dans le siège et d'éviter de trop bouger. Quand ils se mirent en route, tous les regardaient, la jeune souris en haut du dos de ce vétéran. Quand ils passèrent tout prêt de Torn, quelle se retrouvait bouche bée devant une telle image, il ne put s'empêcher de lever un sourcil, un grand sourire sur le visage, posant tel une statue de scène épique. Il ria, elle ria, Jarkra qui avait vu tout cela ria aussi. Sur le chemin, la souris posa de très nombreuses question sur la chevauchée plus que sur les combats en eux même. Il connaissait ce que tout le peuple savait : la chevauchée d'argent était depuis le début l'armée la plus petite en nombre dans le corps des quatre armées mais elle est aussi la plus puissante. Vingt milles écureuils, dix milles blaireaux, deux milles renards pour seulement cent souris. Chaque membre devait démontrer une motivation sans faille et un talent pour le combat à l'épée, et ce malgré l'âge de recrutement qui ne permettait pas au souris ou au aigles de développer de l'expérience  sur un champ de bataille. Mais hors de cela, la jeune souris ne savait rien. Il se demandait quel lien pouvait exister entre un faucon et son fauconier. Jarkra lui expliqua alors, hochant la tête sur son passage au villageois se mettant au garde à vous devant lui

“Les membres de la chevauchée sont les seuls citoyens d’Elessia à passer deux assermentation. La première, celle qu'ils effectuent avant leur majorité, les lient à jamais à leur partenaire, faucon pour vous, souris pour nous. A partir de ce jour, ce lien devient quelque chose de si fort qu'il est impossible de le briser, que plus rien n'est important à part l'autre. Je t'avouerais que c'est un véritable mystère à t'expliquer ce que l'on ressent tant la chose semble abstraite. Pour cela, tu devra le vivre aussi, le jour du “Saleth”, le jour du lien” dit Jarkra, aussi clair qu'il pouvait l'être. Même si il jouait avec la situation, Moka sentait que le faucon n'était pas à l'aise sur le fait de laisser quelqu'un d'autre que Hellia monter sur son dos. Pourtant, la souris s'en accommodait très bien.

“Je comprends. Et j'ai eu l'occasion de voir Hellia appeler le roi par son prénom…” commença le jeune, immédiatement coupé par un nouveau rire puissant.

“Tout les membres de notre ordre ne font pas ainsi, elle n'a aucun respect pour les marques d'autorité. Si le roi tolère une telle chose, il ne faut pas le considérer comme acquis. Ne t'attends pas à tutoyer le roi ou aller boire une pinte avec lui, il est quelqu'un de très lointain, mystérieux.” finit il, alors qu'il semblait chercher ses mots. Sans prévenir, sans qu'il soit possible de déterminer d'où provenait le terrible assaut, Moka et Jarkra virent Zif se placer juste devant son grand frère, sur la selle du faucon noir. Mais l'immense oiseau sembla à peine y prêter attention tant le poid du souriceau semblait négligeable. Pendant plusieurs minutes, la conversation fut entrecoupé d'instants ou Zif demandait des précisions quand au histoires qu'il avait entendu. Et c'était toujours avec un plaisir coupable que Jarkra y répondait, jouant avec emphase sur certains mots, provoquant une explosion de joie dans l'esprit de la très jeune souris. Finalement, après plusieurs minutes de trajet, ils arrivèrent tous trois à destination. Voyant au loin son père et sa mère en train de parler avec des membres de la confrérie de granit, la petite troupe s'approcha d'eux. Mania vit en premier lieu Moka sur le dos du faucon, éprouvant alors une fierté visible sur son visage. Mais quand elle vit Zif, jouant de la situation, la souris ne put s'empêcher de se confondre en excuse. Encore une fois, le même rire grave et puissant. Cela était à se demander si Jarkra ne faisait pas exprès.

“Ne soyez pas désolé, madame, vos fils sont tout aussi passionné que passionnant ! Comment pourrais-je en vouloir à ce jeune Zif ! Je suis convaincu qu'il aura un jour un grand destin, je le sens comme le roi a pu voir un grand destin dans les yeux de Moka !” dit alors le faucon, faisant descendre ses deux passagers. En arrivant au sol, la plus petite des deux souris semblait au anges, fortement marqué par cette ballade dont il avait toujours rêvé, la bouche béante par ce que ce guerrier avait pu lui dire. Pendant le reste de la journée, Moka put rencontrer de grands héros du petit peuple, tantôt écoutant leurs histoires, tantôt racontant son aventure face au deux dragons rouges. Mais jusqu'à ce que la soirée s'annonce et que les grandes tablées soient dressés, impossible de croiser Garland, Hisao ou même le roi. Le soir même, Harald, Torn et Moka avait été installé ensemble, leur famille proche d’eux, non loin de la table royale et avec tout les autres prétendants de tous les villages alentours. Cinq écureuils, trois blaireaux, deux renards et trois souris se présentaient. Si Moka avait pu parler avec tout les autres jeunes des différents villages, connaissant une grande partie d’entre eux, il avait été impossible de trouver un instant à consacrer au trois hommes les plus influents du pays. Après le repas tout autant copieux que délicieux, composé des produits de la chasse de la tribu des Oromos ainsi que divers mets raffinés rapportés de la capitale, la renarde et la souris se retrouvèrent, comme à leur habitude, dans leur cabane. De la ou ils étaient, l’immense feu de joie était encore visible tant sa taille était impressionnante. Ils parlèrent de tout, de rien, s’amusèrent du fait que Harald s’était présenté pour l’épreuve de la confrérie, que les grand généraux de ce monde était bien plus docile qu’il y paraissait, à part Hellia... Puis, un ange passa.

“Tu es prête pour demain ?” dit Moka, les yeux clos, la patte de la renarde dans la sienne.

“Non, mais on à pas le choix je suppose… Et toi ?” répondit-elle, serrant plus fort, plaçant sa tête aussi proche que possible de celle de la souris.

“Non, mais on a effectivement plus le choix. Notre destin sera enfin déterminé demain” finit il, ne laissant plus les mots gâcher la perfection de ce moment. Le vent autour d’eux se mit à souffler, faisant doucement bruisser les feuilles, la fraîcheur de l’hiver laissant lentement la place à la douceur de l’automne.

“Je t’aime” dit elle, dans un souffle, alors que Moka sentait sa respiration contre son cou.

“Je t’aime” répondit il en retour, sachant que ces mots allaient les faire souffrir bientôt, sachant qu’en cet instant, il n’y avait qu’eux.

Tout deux eurent du mal à s’endormir, l’esprit encore à blanc de tout les évènement de la journée et impatient de ce qui allait arriver demain. Ils avaient beau voir le sol se rapprocher, ils avaient beau se préparer à l’impact, ils savaient qu’ils allaient souffrir de cette séparation.

Le lendemain, dès le matin, les épreuves étaient préparés. Pendant toute la matinée, pendant toute la journée, il était resté seul, cherchant à se concentrer, s’échauffant chaque heure, préparant son corps au combat le plus compliqué qu’il allait vivre. Il serait le dernier de cette longue journée d’affrontement, “réservé en dernier pour conclure la cérémonie en beauté” avait dit Jax, captant une conversation entre Hisao et Garland. Minute après minute, le stress montait. Avant d’aller combattre, Torn était passé, lui laissant un baiser qui dura plus d’une minute, emportant avec elle une partie du stress immense qui montait en lui. Son entraîneur était passé pour lui annoncer la réussite étonnante de Harald, puis pour lui annoncer la victoire écrasante de la renarde, ayant réussi l’exploit de désarmer le général de la patte noire, déclenchant un tonnerre d’applaudissement. Le roi lui même avait été impressionné.
Maintenant, il ne restait plus que dix minutes avant qu’il ne doivent entrer dans l'arène, la fin de journée s'annonçait. La journée était passé vite, bien trop vite. La jeune souris tremblait, n’arrivait plus à se concentrer, cherchait le visage de Torn dans sa pensée, mais il n’y avait personne d’autre que lui. Pour la dernière fois de la journée, Jax vint le voir, dans un silence de circonstance, lui posant sa patte sur l’épaule. D’un coup, comme un enfant effrayé par son premier jour d’école, Moka enlaça son vieux maître, enfouissant son visage dans le cou de celui qui lui avait permit d’aller si loin

“Je te dois tant… Je te promet de te rendre fier Jax” dit Moka, la gorge noué. Jax ne répondis pas, sachant qu’il allait lui aussi se laisser emporter par ses émotions. Puis ils partirent tout deux en direction de l’arène. Puis, sans attendre, Moka entra dans le ring, un pentacle particulier tracé au sol, un pentacle qu’il n’avait jamais vu. Etait-ce celui de Garland ? Etais-ce celui de Hisao ? Dans l’assemblée, tous était la, tout ses frères et soeurs, son père et sa mère, Jax, Karf et Harald, ses amis comme Gatwick et Ritis, Hellia et Jarkra, Sigfirad et Issyl… Mais c’est quand il vit Torn qui trouva un véritable élan de courage, qu’il voyait sur elle une fierté immense. Par leurs regards, ils se félicitèrent. Par son regard, il sentait qu’elle lui souhaitait bon courage. Il s’agenouilla, le coeur battant à une vitesse phénoménale, sa cape blanche immaculé étendu derrière lui, son épée sortie devant lui. Quand son regard se baissa vers le sol, il jura avoir vu, dans le coin d’un des gradins, un loup parfaitement noir. Le roi renard se leva, imposant le silence chez tous les sujets présent qu’il regarde dans sa direction ou non. Sa voix, malgré qu’il semblait ne pas la faire porter, s’étendait à travers la totalité de la plaine et allait même plus loin dans un écho infini.

“Nous voici à la dernière épreuve de la journée, la dernière souris qui affrontera nos plus grands champions pour évaluer sa force et déterminer s’il est, ou non, digne de rejoindre l’ordre le plus prestigieux de tout Elessia. Moka Oromos…”

La prononciation de son nom était le signal. Malgré un torrent d’adrénaline, de stress et de peur, il ne broncha pas. Son destin était en face de lui, il était plus que prêt. La souris se leva, présenta son épée devant son visage.

“D’après les récents événements qui ont fait de vous une véritable célébrité parmis notre royaume entier, nous allons offrir à cette fête un combat qui se montrera, j’en suis sur, plus passionnant que ces trois jours de fête réunis. Moka Oromos…”

A ce nouveau signal, il se positionna à un bord de l'arène, prêt à recevoir le renard qui allait être son opposant pour ce duel. Il ne tremblait plus, il regardait fixement le roi renard. Après avoir longtemps réfléchi, la souris pensait affronter Garland.

“Votre ennemi pour ce combat sera le Roi Darian. Je serais votre opposant, jeune souris”

Le renard d’or et d’argent descendis les marches, avec la grâce et le calme d’un dieu.


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MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Lun 12 Mar 2018 - 23:34




Arrivant à sa hauteur, le roi renard Darian avait une main posé sur la garde de son épée rangé dans son fourreau, un sourire doux et protecteur sur le visage. Alors que celui ci entra dans l'espace réservé à leur combat, qu'ils étaient séparé par un terrain d'une vingtaine de mètres, sans un mot ni un souffle, une onde de choc sembla partir de ses pieds, assez puissante pour être ressenti, trop faible pour déstabiliser Moka. Le pentacle autour d'eux s'illumina immédiatement, brillant de milles feux alors que le soleil déclinait peu à peu. Quand l'annonce du duel avait été faite, quand le roi renard avait décidé de prendre part au combat, la foule entière fut en liesse, scandant le nom des deux duellistes à la suite l'un de l'autre. Le regard de la souris, jusque là maîtrisé autant que possible, s'était transformé en une terreur infini, les oreilles baissées. Il cherchait Jax du regard, avait besoin de ses conseils. Mais le vieil écureuil était tout aussi figé que lui.

“Jeune Oromos, n'ayez crainte, je n'attends pas de vous que vous me désarmiez comme à pu le faire votre amis renarde ou que vous luttiez contre moi pendant un certain temps comme votre ami blaireau. Pour réussir votre épreuve, pour entrer dans la chevauchée d'argent, vous allez simplement devoir me surprendre.” dit il, en retirant son immense cape, dévoilant un simple pourpoint entièrement blanc, avec comme simple équipement son épée autour de la taille. Mais quelle lame ! Moka sentait ses jambes trembler sous la pression, comprenant qu'il avait en face non pas une des lames les plus puissantes du royaume, mais LA lame la plus puissante de tout Galeï. Pourtant, il n'avait pas le choix que de relever le défi, de préparer son esprit au dix minutes les plus éprouvantes de sa vie. La souris se mit alors à sourire, cachant toute la peur sous une détermination sans faille, pointant le bout de son épée vers le roi.

“Votre majesté, ce défi sera le plus grand honneur que vous puissiez m'accorder. Laissez moi vous montrer le pouvoir du clan Oromos. Laissez moi vous montrer ma détermination” finit il, en hurlant, cherchant à expulser de son corps toute la peur, la transformant en une force qu'il pourrait exploiter. Dans le cercle, tout ce qu'ils disaient s'entendait parfaitement à l'extérieur mais il était impossible d'entendre l'extérieur depuis l'intérieur. Alors Moka ne fit que voir les différents spectateurs, ainsi que sa famille, sauter et trépigner d'impatience face à ce qui s'annonçait être le duel de ce siècle. Darian ferma les yeux, le sourire toujours aussi doux, protecteur et aimant.

“Vous avez le bon état d'esprit Moka. Maintenant, passons au choses sérieuse” dit le roi renard, posant sa main gauche sur le manche de Dalheisar. La lame, sortant de son fourreau, émis une lumière aveuglante et un son aussi pur et magnifique que Moka dut lutter de toute ses forces contre lui même pour ne pas laisser ses yeux se fermer pour profiter de ce son si parfait. Après l'intense lumière, après la mélodie si puissante, le roi tenait l'épée fermement entre ses deux mains, exposant à la vue de tous la surface si unique de son arme. Toute la longueur de la lame semblait à la fois translucide et à la fois d'un bleu intense, illuminant toute la longueur de Dalheisar par vague successives. Les contours semblaient indéfinissable, impossible à déterminer au premier coup d'oeil. Et si le regard s'attardait, les légendes racontait que l'esprit se perdait dans les méandres de sa beauté unique. Moka ne savait que faire, avait peur de lancer la première phase d'attaque. Pourtant, suivant le fil de l'onde, il se mit à virevolter dans la direction de son ennemi, courant dans sa direction dans une trajectoire impossible à prévoir. Pourtant, alors qu'il pensait être intouchable, alors que le roi semblait immobile, l'épée toujours fermement entre ses mains, il ressentit quelque chose qui lui fit immédiatement changer de plan : dressant en urgence sa lame dans l'objectif de protéger son flanc droit, il réussit son action à la seconde près. Il n'avait pas parcouru plus d'un mètre, il restait encore plus de vingt fois cela pour atteindre le duelliste. Pourtant, comme si Darian était la, le fer croisa le fer si vite et si intensément que Moka fut envoyé dans les air, un mètre plus loin. Se réceptionnant tant bien que mal, usant de tous les appuis dont il pouvait faire appel, il para un deuxième coup sans s'envoler cette fois ci, puis un troisième, puis un quatrième. L'attaque venait de tous les côtés sans laisser un seul répit à la souris. Parade après parade, il devait ressentir de monde autour de lui, étant dans l'impossibilité de voir les attaques du roi. Darian était toujours à l'autre bout du terrain, faisait même mine de ranger sa lame dans son fourreau, croisant les bras

“Je m'attendais à mieux d'un tueur de Dragons, jeune Oromos” dit il, son sourire se transforma en un rictus de déception. Frappé par cette image, parce tour ce qu'elle signifiait, Moka redoublant d'effort, parant à une vitesse phénoménale, usant de la force écrasante de son ennemi pour se diriger peu à peu face à celui qui l'attaquait à une vitesse inouï. Pas une ombre, pas une forme flou, la souris était entièrement concentré sur ses sensations.Peu à peu, centimètres après centimètres, il s'approchait de sa cible, laissant l'adrénaline envahir tout son corps et remplacer une fatigue qui se ressentait déjà. Moka ne maîtrisait plus ses mouvements, il laissait ses réflexes agir pour lui, plus aiguisé que jamais, plus en alerte que jamais. Il hurlait de rage, frappant dans toute les directions avec la lame que Karf et Harald avait forgé pour lui, offrant un spectacle d'étincelles et une odeur de métal omniprésente sur l'arène. Moka ressentait la douleur à chaque pas mais il n'avait pas d'autre choix que d'avancer. Moka voyait que ce combat ne pourrait pas s'éterniser à ce rythme mais il lui était impossible d'atteindre son ennemi pour lui prouver son pouvoir. Moka n'avait pas le choix, il frappa toujours plus fort, repoussant toujours plus les lames de son ennemi. Arrivé au milieu du terrain, la moitié du chemin avait été effectué. Darian leva un sourcil, les bras toujours croisé, le regard puissamment fixé sur les mouvements de la jeune souris

“Voilà qui devient intéressant, mais cela ne m'étonne guère. Avec un père comme le tiens, un entraîneur comme le tiens et un peu d'assiduité, je connais des élèves qui ont atteint ce que tu sais faire maintenant. Cependant, je t'ai demandé de m'impressionner, alors impressionne moi.” finit il, sa voix résonnant tout autour de Moka, comme si il était partout à la fois, nulle part à la fois. Et sans un mouvement, sans prévenir ni même laisser de repos à son adversaire, une immense force gravitationnelle attira la souris vers le sol si intensément qu'il dut serrer les dents et tout contrôler en lui pour ne pas laisser sa chair se déliter. Une première entaille vint balafrer sa hanche, tailladant dans l'armure comme dans du beurre. Sous la douleur, la gravité et l'intensité du combat, la souris hurla, sa détermination se transformant, le protégeant comme un bouclier protège le soldat d'une pluie de flèche. Malgré l'intensité de la gravité, malgré le rythme qui s'était encore accéléré des coups de son ennemi, Moka paraît encore et encore, tenant à deux mains sa lame pour lui donner la force nécessaire pour écarter les coups du roi. Il frappait, encore et encore, le métal venant rencontrer la matière si unique de Dalheisar. A chaque coup, à chaque parade, l'impact provoquait un son différent, plus magnifique que le précédent. Cette mélodie, le chant si particulier de ce combat fut le rythme qu'il écouta chaque instant. Et malgré l’entaille sur son flanc, malgré cette force qui l'attirait si fortement vers le sol, malgré un rythme infernal de coup, Moka avançait, un pas après l'autre, les oreilles baissées, la queue fouettant tout autour de lui. Il se souvenait de ses combats contre Jax, contre Gedd, contre Torn ou même Harald. En cet instant si particulier, il les affrontait tous, il affrontait son destin, il affrontait tout ce pourquoi se levait chaque jours. Il frappait pour revoir un jour de plus le visage de Torn, il frappait pour être maître de son futur, il frappait pour se prouver qui était vivant. Coup après coup, estoc après jeu de jambes, il se rendait compte qu'il n’esquivait plus mais attaquait la forme à travers les milliers d'apparitions qui venait autour de lui. Jamais il ne touchait, mais elles ne pouvait plus l'atteindre. Pas après pas, il approchait du roi renard, le corps tremblant plus que jamais dans un effort quasi divin. Il n'y avait plus que trois mètres qui le séparait de son objectif.

“Je suis donc venu ici pour rien, tu n'est donc même pas capable de venir m’affronter au corps à corps. Finissons en, jeune homme, tu nous as tous assez fait perdre notre temps” dit alors Darian, la voix plus sombre que jamais il n'avait pu l'entendre. Au pieds de Moka et au dessus de lui, deux immenses pentacle se materialisèrent. A cause de l'immense gravité à laquelle son jeune corps était soumis, il ne pouvait esquiver ce qui allait l'atteindre. Et alors qu'il ne pensait pas pouvoir ressentir une force plus intense, que la limite du possible semblait avoir été déjà dépassé, un pouvoir sans limite se posa sur ses épaules. Jusque là encore debout, il tomba sur les genoux, le dos entièrement courbé vers l'intérieur. Ces coups, bien plus lents, bien trop lents, ne purent arrêter un dixième du torrent infernal de ce qui semblait être un déluge, un cauchemars. Sa magnifique armure de la chevauchée fut percé de toute part, son plastron et la maille tombant au sol comme une simple étoffe de lin. Moka parait encore, parait toujours, jamais cela n'allait s'arrêter, pas tant qu'un souffle de vie courait encore dans ses veines.

“Darian !” hurla t’il, plus fort et plus intensément que jamais il avait pu le faire, à travers la réalité comme à travers tous les esprits. Il n'avait plus qu’une option, qu'une seule possibilité. Le même éclat aveuglant, la même mélodie que celle que Dalheisar avait émise provint alors de l'épée de la souris, parant toujours tout ce qui passait à sa portée.

“Jamais vous ne me retirerez mon destin, jamais je ne vous laisserais me prendre ce que j'ai mérité de plein droit. Je suis Moka Oromos et je suis maitre de mon destin, vous m'entendez ? Jamais je ne m’effondrerais, jamais je laisserais qui que ce soit se dresser sur mon chemin, pas tant que la vie ne m’a pas quitté !” hurla t'il encore, tonnant comme le tonnerre et grondant comme la terre. Un afflux d'énergie sembla l'envahir, plus grand encore que tout ce qu'il avait pu imaginer jusque là. L'épée prenait forme, brisant la frontière de l'irréel pour atteindre la main de la jeune souris. Et comme si la gravité n'avait plus d'effet sur lui, comme si le déluge de coup avait tout d'un coup ralenti, il frappa plus vite et plus rapidement que jamais dans une danse macabre, une force décuplé envoyant voler dans tous les sens les assaillants qui semblait vouloir l'atteindre.

Et en un instant, comme si il avait toujours été la, Moka était à portée du roi, l'épée prête à frapper de haut en bas dans une force que jamais il n'aurait pensé possible. Darian ne souriait plus, il n’avait plus les bras croisé. Tarrazu rencontra alors Dalheisar dans un son plus magistral que tout ce qu'ils avaient pu entendre. Comme si il avait toujours été en train de combattre, le roi était maintenant en position de parade, immobile, luttant contre l’immense force qui était exercé contre lui. Moka voulait profiter de cet instant et aurait pu frapper un millier de fois sa cible, mais une fatigue infini s'empara de son corps, comme si en une seule seconde, la totalité de son énergie vitale venait d’être drainé. Moka se rendis compte qu’il entendait à nouveau l’extérieur du cercle, un silence avait gagné toute l’assemblée, seul le vent semblait envahir l’espace. En face de lui, la souris voyait le roi, plus proche que jamais il n’avait pu l'être, l'épée rangée dans son fourreau alors que lui était au sol, effondré à ses pieds. Celui ci n’était ni fatigué, ni même le souffle plus rapide que d’habitude. L'énergie immense qu’il avait dépensé pour ce combat ne semblait même pas avoir atteint ses réserves. Le roi Darian, replaçant sa cape sur son dos, aida Moka à se relever. La tenue entièrement détruite, les lambeaux de ses vêtements tombant sur ses pieds, la souris était écorché en des milliers d’endroits, se rendant compte à ce moment là uniquement que bien plus de lames l’avait atteint, que sa détermination avait été le seul facteur qui avait permit qu’il tienne alors debout. Darian, le grand roi renard, porta la jeune souris sur son dos, quittant le ring de combat sans même prendre la peine d’être accompagné.

Le dernier souvenirs de Moka fut la douceur de la fourrure du roi le portant sur son dos. Puis, il sombra dans un sommeil profond, emporté par les chants de son combat. Qu’il ai perdu ou gagné, il avait invoqué Tarrazu au yeux de tous, affronté le plus grand duelliste de toute cette planète en combat singulier, et il avait vu dans son regard la fureur des plus grandes batailles. Qu’il ait perdu ou gagné, Moka se sentait victorieux ce jour la.


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Techniques 1/combat : Jugement des Oromos

MessageSujet: Re: Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]   Mar 13 Mar 2018 - 21:46




Moka se réveilla, une douleur puissante parcourant tout son corps. A ses pieds, une gerbille qu’il ne connaissait pas, une infirmière à en voir sa tenue. Elle semblait changer de nombreux bandages sur son corps entièrement nu. Recouvert de la tête au pieds, il n’arrivait plus à bouger. Aucune lumière ne filtrait de l'extérieur, des torches à l'intérieur semblait éclairer, ne permettant pas à la souris de savoir l'heure qu'il était. Il se souvenait du combat, il se souvenait de la force qu'il avait réussi à utiliser alors que Nefrel lui avait dit que cela était impossible. Le roi Darian avait été si incroyable durant ce combat, à des années lumières de ce dont était capable Moka. Jamais une seule fois pendant les quelques minutes que dura le combat, le roi renard n’avait été inquiété par ses capacités. En tentant s’adresser à la femelle à ses pieds, il se rendit compte que ses cordes vocales étaient si enflés qu’il ne pouvait rien dire. En passant par la pensée, il lui demanda ce qui se passait. Si elle sursauta, elle ne répondit pas, sortant hâtivement de ce qui semblait être une tente. Pendant plus d’une minute, rien ne se passa, des voix hors de la tente, des personnes qui passaient devant mais qui n'entraient pas. Puis Torn entra en courant, se précipitant sur la jeune souris. Ses yeux rougis et son sourire béat montrait qu’elle avait été dans tous ses états quelques minutes auparavant. Comme si une éternité les avaient séparés, alors qu’elle ne portait plus sa tenue cérémonielle, ils restèrent à s’enlacer l’un l’autre pendant de longues minutes, sans dire quoi que ce soit. Tout deux voulait simplement vivre ce moment, un de plus, peut être le dernier. Et ce fut la souris qui brisa le silence

“Quel jour sommes nous ?” dit il, caressant doucement la tête de Torn.

“Tu es resté endormi pendant un jour Moka, nous sommes l'après midi du dernier jour de la tournée ses quatres armées” commença telle, passant elle aussi sa patte dans les poils du corps visible de son amant, ceux qui n'étaient pas recouvert par des bandages. Après un petit instant, elle repris, prenant les devant quand à la myriade de questions qu'il pouvait se poser à cet instant : “Tu as gagné, le roi t’a accordé une place dans la chevauchée d'argent. Quand il est revenu, après t'avoir déposé lui même dans cette tente, après avoir laissé en plan la totalité des invités du tournoi, il avait annoncé en revenant ta victoire. Pour l'amour du ciel Moka, tu as croisé le fer avec Darian, je n'y crois toujours pas !” finit elle, un grand sourire sur le visage. Leurs museaux collés l'un à l'autre, la souris ne put s'empêcher de rire de concert avec la renarde tant cette situation semblait tout droit sorti d'un rêve.

“J'ai invoqué Tarrazu Torn, j'ai pu manier une fois de plus l'épée. C'était… Incroyable” dit il alors que celle qu'il avait en face de lui hochant la tête lentement, ses yeux rivés dans les siens. Elle lui raconta ensuite la réaction du public durant ce combat, entrecoupant parfois ses phrases par une série de long baisers. Elle lui détailla comment le public avait eu peur pour lui en voyant les milliers de lames s'abattre de tout les côtés, puis le puits de gravité et enfin les deux immenses pentacles. Mais quand Moka avait dégainé Tarrazu, qu'elle avait repoussé avec brio chaque attaque jusqu'à arriver au roi, un silence s'était imposé, ne laissant que l'intensité du combat comme seul bruit au alentours. Pour beaucoup, même pour tous ceux qui ne savait pas que la souris avais le pouvoir d'invoquer l'épée, celle ci était promis à Hellia. Alors quand celle ci vit la lame dorée dans les mains de Moka, elle sembla se glacer en un instant, pris d'une telle fureur qu'elle quitta les gradins pour s'éloigner, rapidement suivi par Jarkra qui tenta de la calmer. Ils disparurent à ce moment là et ne revinrent pas avant le lendemain matin, c'est à dire le jour Torn racontait cette histoire. Mais si un silence imposant avait gagné tout le petit peuple à la découverte de l'épée, c'est quand le roi avait annoncé ta victoire que la totalité des gradins partirent dans une explosion de joie et d'applaudissements. La renarde lui racontait que le public scandait son nom au même titre que celui du roi. Tout le monde savait évidemment que le pouvoir de Moka était limité aujourd'hui, mais ce duel avait révélé un des plus grands destins de tout Elessia, peut être même plus grand que Hellia elle même. Les deux jeunes rirent ensemble, parlant une fois de plus de tout et de rien, comme ils avaient tant l'habitude de le faire pour prolonger l'instant où ils étaient ensemble. La souris félicita la renarde pour sa victoire éclatante.

“T'étais même pas la, stupide souris” dit elle, la patte posé sur son visage, son regard devenant si intense et si amoureux que Moka en fut sans voix. Il n'y avait rien à répondre, il savait qu'elle disait cela pour le taquiner. En cet instant, les yeux dans les yeux, le front posé l'un contre l'autre, chacun prenant la tête de l'autre dans ses pattes, ils éprouvèrent en même temps la même vague de désir, brûlant et douloureux à la fois. La marque de l’assermentation les retenait, ils se détestaient pour cela. Alors ils restèrent ainsi, à se fixer à l'infini, sans réserves ni masques, sans joie ni peine. Il n'y avait alors que l'amour, l'amour d'une souris pour un renard, l'amour d'un paladin pour un assassin, l'amour de l'aube pour le crépuscule. Moka ne sut dire combien de temps ils restèrent ainsi, mais c'est quand un deuxième protagoniste entra qu'ils mirent fin à cet instant si parfait. Torn, entendant derrière elle le bruissement significatif de la tente qui s'ouvrait à une nouvelle personne, rejeta toute sa frustration contre le nouvel arrivant. D'un bloc, elle se retourna :

“C'est impossible d'avoir la paix cinq minutes ici ? A croire que…” dit elle, coupé alors dans son élan par la découverte de son interlocuteur. Sans même réfléchir, elle émis un jappement de surprise, se plaçant immédiatement sur un genou, la tête baissé

“Votre majesté, je suis confuse et terriblement désolé” dit Torn alors que Moka voyait Datant pénétrer dans la tente, des habits bien moins cérémonieux que ceux qu'un roi devait normalement porter. Mais même dans une simple tenue de lin, sa fourrure et son épée à la ceinture lui donnait un prestige inimitable. Son sourire habituellement doux et rassurant était ici plus amusé qu'autre chose, probablement dû au fait qu'il les avait surpris en pleins élans amoureux.

“Voyons jeune fille, ne vous excusez jamais si c’est votre coeur qui parle. Le jour où vous vous couperez de tout sentiments, ce jour là vous pourrez être désolé envers moi.” dit il, en lui tendant la patte pour l'aider à se relever. Quand elle fit à sa hauteur, il repris : “Souhaitez vous que je vous laisse seul encore quelques instants ?” dit il avec le sourire doux qu'il avait l'habitude d'afficher. La souris comme la renarde furent surpris de la proposition, si étonnante de la part du roi qui venait voir un de ses sujets. Mais Torn déclina la proposition, fit une révérence et partit aussi vite que possible, les joues empourprées par cette rencontre en tout point ahurissante. Dehors, c'est presque si Moka l'entendis partir en courant. Il souria. Darian s'approcha de lui, saisit une chaise en bois et s'assit pour être à la hauteur du lit. A cette distance, la souris pouvait voir avec attention la fourrure du roi renard, doré à la base et de plus en plus argenté vers l'extérieur. Cette couleur unique semblait le faire briller magnifiquement quand le soleil pouvait l’atteindre, tel une statue de bronze. Mais ici, sans le soleil, la couleur de sa robe paraissait simplement argenté.

“Jeune Oromos, il va sans dire que vous m'avez impressionné hier” dit il, fichant son regard dans la souris. Etrangement, après le combat, après tout ce qui s’était passé, Moka comprenait Hellia et son désir de ne pas utiliser une quelconque formule de royauté envers Darian. Il avait beau être roi, il avait beau être le porteur de Dalheisar, il avait beau être le renard le plus imposant de tout Galeï, il était quelqu’un de vivant derrière tout cela, quelqu’un qui avait un coeur immense et qui vivait la fureur du combat avec une détermination sans faille, sans peur et sans défauts. Il laissa son interlocuteur parler, hochant simplement la tête aussi respectueusement que possible. Il avait certes des milliers de combat quand au combat qu’ils avaient vécu tout les deux, il ne voulait pas assaillir le roi renard.

“Même si la jeune Torn à dût probablement vous l’annoncer, vous avez été accepté parmis la chevauchée avec mes félicitations. Voir Tarrazu combattre Dalheisar, jamais je n’aurais pu imaginer pareille occasion ! Je dois vous avouer, Moka, que je savais depuis le début le pouvoir que vous aviez en vous, et ce depuis le jour ou j’ai entendu parlé de votre histoire de dragons.” dit il, sereinement, sans bouger plus que nécessaire. La jeune souris ne pouvait plus se retenir, des milliers de pensées fusaient dans son esprit, des centaines de questions. Il devait réfléchir, éviter l’erreur qu’il avait pu faire avec Nefrel, poser les bonnes questions, celle qui répondrait au maximum de ses interrogations. Laissant quelques secondes, plissant les yeux pour se concentrer, il leva alors la tête vers Darian

“Je n’aurais jamais dû avoir le pouvoir d’utiliser l’epée. Même au repos, rien que son invocation aurait du me mettre hors combat pendant plusieurs jours. Alors que la, après vos assauts répétés, j’ai senti en moi une force infini, un surplus d’énergie que je n’ai ressenti qu’une seule fois, le jour ou Nefrel m’a offert une partie de ses pouvoirs. C’était vous n’est ce pas ? Cette fois ci, c’est vous qui m’avez offert la puissance nécessaire pour invoquer Tarrazu.” dit il, déduisant en même temps qu’il parlait. Il était convaincu, les pièces s’assemblait parfaitement. Il était connu à travers les actions et les légendes du roi qu’il était avide de combats toujours plus impressionnants, toujours plus grandiose. Si jamais il n’avait trouvé d’adversaire à sa hauteur, il cherchait encore et toujours. De dos, le renard semblait se tenir le menton, observant une des flammes des torches. La flamme se mit tout d’un coup à changer de couleur et d’intensité, virant du rouge sang au bleu pur. Pourtant, Darian ne disait rien pour provoquer cela. Sa voix devint plus professorale, prenant les inflexions que tout prince avait appris pour imposer son statut de roi

“Vingt lames réparti dans tout Galeï, vingt puits de pouvoirs associé au dieux communs a toute les nations. Manifestation de leur pouvoir, ces artefacts ont la capacité d’apporter autant la vie que la mort. Si tu as vu Nefrel, il a dû te dire qu’il n’y a en réalité que huit véritables épées, les autres n’étant que échos à travers le temps. Le petit peuple possède aujourd’hui deux épées : Zaari, détenu par Garland, l'épée du dieu de la terre, et Dalheisar, que je possède, l'épée du dieu des dieux. Nous savons que le peuple des chats possèdent Bloemfontein, lame jumelle à Tarrazu, créé par le dieu du chaos, et que le peuple des oiseaux ont Labsalas, les griffes de tempête, créé par le dieu des cieux. Selon nos informations, les autres grandes lames seraient soit perdues soit en la possession de nos potentiel ennemis. Savoir que Tarrazzu est en notre possession est quelque chose que j’avais besoin de vérifier par moi même.” dit alors le renard. En retournant s’asseoir, il repris, un grand sourire sur le visage : “Alors pourquoi ne pas profiter de cet instant pour tester ta capacité au combat ? Je sais que la tribu Oromos était réputé pour leur courage et leur détermination, alors je devais voir cela de mes propres yeux. Quand j’étais parfaitement certain de voir en toi ce dont la chevauchée d’argent avait besoin, je t’ai poussé dans tes derniers retranchements et je t’ai offert un coup de pouce. Oui, c’est moi qui t’ai donné l’énergie pour brandir ton épée, mais c’est la seule chose que j’ai fait. Ce n’est pas moi qui l’ai manié avec brio, ni qui a réussi à impressionner le pays entier en réussissant à me porter un coup. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas été amené à parer une attaque directe.” conclut le roi renard, se grattant la tête, laissant son visage plus amical ressortir pour féliciter Mola. La souris sentait un élan de fierté grandir en lui alors que Darian posa sa patte sur son bras. La pression, douce et en même temps puissante, le fit trembler par ce simple contact alors que la puissance qui émanait du renard semblait infini, plus grande que tout ce qu’il avait pu voir, hormis sa rencontre avec le dieu du chaos lui même. Puis, il se leva pour partir en direction de la sortie, et s’arrêta une dernière fois, tournant la tête parler au dessus de son épaule.

“C’était un plaisir de te rencontrer, jeune Oromos. Nous ne nous reverrons pas avant un long moment, mes obligations et les tiennes étant ce qu’elles seront. Cependant, soit assuré que je suivrais toujours ton évolution avec la plus grande attention.” Darian écarta un des plis de l’entrée de la tente révélant que la journée avait à peine commencé et que la tente était planté dans la plaine, non loin de Fresk. Si Moka ne voyait plus le visage du roi, il entendait le sourire percer à travers ses mots : “Et le jour où ce maudit Nefrel t’accordera le droit de porter définitivement Tarrazu, je croiserais à nouveau le fer avec toi. J’attends ce jour avec impatience, jeune chevaucheur” finit il, en disparaissant au loin. A nouveau, la tente était vide, mais son coeur était empli d’une joie sans limite. Il se rendormis rapidement, laissant la brume envahir son esprit et son corps récupérer quelque peu.

Puis il se réveilla alors qu’il ne semblait pas s’être passé très longtemps. Couché sur le dos, il tenta de se relever, prenant toute les précautions du monde pour ne pas laisser la douleur l’envahir de cette sensation de brûlure si significative. En position assise, sa tête lui tourna immédiatement. L’infirmière gerbille entra à nouveau dans la tente, se précipitant sur son patient, pour lui faire boire dans une gourde un liquide chaud et sucré. Se sentant immédiatement mieux, il remercia celle qui prenait soin d’elle puis tenta de se lever, le corps toujours entouré de bandages. Quand il toucha terre, il sentit que ses jambes étaient faibles mais n’aller pas le lâcher. Passant derrière Moka, la gerbille se saisit d’une tenue de lin simple et l’aida à l’enfiler. Même à deux, il eu tout le mal du monde pour quelque chose d’aussi simple, son corps le tiraillant de partout. Mais après plusieurs minutes de lutte acharné, il put sortir dans crainte de la tente, soutenu par une canne qui montait jusqu’au dessous de son bras droit. Aidé pour les premier mètres par l’infirmière, il s’en sortit mieux après s’être entrainé quelque peu. Quand il se sentait prêt, que les nausées et les vertiges s’étaient calmé, que la douleur qui semblait envahir tout son corps s’était atténué, il se dirigea vers l’extérieur. Et devant la tente, il retrouva Hellia et Jarkra, pris dans une discussion qui semblait s’envenimer. Quand les deux protagonistes virent Moka, la conversation s’arrêta net. La souris, générale de la chevauchée d’argent, lui adressa un regard noire puis tourna les talons pour s’éloigner. Sur le visage du faucon noir, une colère sans nom semblait l’habiter. Pourtant, il pris la peine de rejoindre la jeune souris et lui adresser un sourire désolé.

“Félicitations pour ton combat, le roi a parfaitement raison de t’inclure dans la chevauchée, tu sera un grand parmi les grands” dit il, en se mettant en position pour que Moka puisse monter sur son dos. Ayant une difficulté sans nom pour se déplacer, il ne refusa pas un seul instant la selle en cuir qui l’attendait là haut. Usant de son pouvoir télékinésique, Jarkra l’aida autant que possible à grimper et à s’installer. Quand il fut en place, le faucon se mit en marche en direction de Fresk. Pendant une partie de la route, ils restèrent tous deux silencieux, saluant l’un et l’autre les personnes sur le chemin. Certains félicitait la souris, d’autre scandait “Pouvoir au porteur de Tarrazu !”, formule qui était entré dans les moeurs avec la chanson “Les épées jumelles” que les bardes jouaient très souvent. Mais a chaque fois que ces mots était prononcé, Jarkra semblait esquiver du regard la personne qui le prononçait. Après un nouveau silence, le jeune chevaucheur demanda au faucon ce qui n’allait pas. Même si il se doutait de la situation, il voulait en être certain :

“Hellia était sensé être la porteuse désigné de Tarrazu tant ses exploits avaient été exceptionnelles. Et à force que le peuple lui répète cela, que tous s’accorde à dire qu’elle était digne de l'épée légendaire, elle a commencé a y croire elle aussi. Maintenant qu’elle est apparu dans ta main et pas dans la sienne, elle se sent perdue, et moi aussi à vrai dire.” dit alors Jarkra, la voix plus faible que d’habitude, ayant perdu la couche de vernis qu’il semblait toujours posséder auparavant. Il voulait les aider tout deux, leur donner son soutien, mais comment faire ? Alors il écouta, aussi attentif que possible. Le faucon noir repris : “Elle ne t’a pas accepté parmis la chevauchée, c’est moi l’ai fait après que le roi ai déclaré le duel réussi. On a parlé pendant des heures, on s’est… Violemment disputé sur ce sujet. Mais comme je l'ai dit, certains liens sont indestructible, ce qui fait que nous sommes arrivé a une sorte de terrain d’entente. En te regardant, elle voit tout les sacrifices qu’elle a fait, que nous avons fait, en vain. Et même si ce n’est absolument pas de ta faute, elle ne peut pas s'empêcher de t’en vouloir. Alors je l’ai convaincu de t’accepter parmis nous et qu’un de mes amis, un très grand parmi notre ordre, s’occupe de ta formation plutôt qu’elle. Ainsi, ton talent n’est pas gâché, ton destin préservé, elle te vois le moins souvent possible et le roi est content.” dit il, calmement. Moka ne pouvait pas comprendre ce qu’ils ressentaient tous deux, mais il pouvait écouter. La quête de toute une vie, des chemins tortueux pris pour en arriver là, des occasions manqués à jamais perdu pour ce résultat.

“Je suis désolé Jarkra, désolé que tout ça vous tombe dessus... Je te remercie d’avoir trouvé une solution pour moi.” dit alors la jeune souris, utilisant alors sa véritable voix. Même si elle était dans un état pitoyable, il voulait que ce ne soit pas simplement leurs esprits qui entende ce qu’il disait, mais la terre entière. En posant sa main sur le plumage de l’oiseau, Moka repris alors : “ Ester prüss it mistar ast kamde, Jarkra” prenant le ton solennel qui exigeait le langage ancien. Le faucon tourna la tête vers lui, montrant un sourire triste mais franc en lui répondant à travers l’esprit : “A mesaï er dalra, Moka”. L’ezerien, autrement appelé l’ancien langage, avait le pouvoir de transcender les peuples, transmettre des émotions plus puissante, plus solennelle. C’est à travers ce langage que les sorts étaient lancés, permettant de canaliser l’énergie environnante. Si il avait développé une passion pour ce langage, cherchant à retranscrire les vieux livres de son peuple, Torn n’avais pas trouvé le même intérêt, malheureusement. Dans le village, Ritis lui avait appris tout ce qu’il connaissait de cette langue, personne d’autre dans Fresk n’avais la connaissance nécessaire à part lui. Après une marche de plusieurs minutes, profitant du confort de la selle, Moka observa les alentours de la haut. Il n'arrivait pas à réaliser, son rêve allait se concrétiser très bientôt. Il regarda dans le ciel, laissant sa pensée se perdre dans les immenses volutes si délicate formé par les nuages. La haut, il aperçut deux chevaucheurs s'affrontant, jouant de leurs épées pendant que les faucons donnaient coup de bec, de griffes et cherchant à immobiliser leur ennemi. Protégé par différents sorts, les dégâts qu'ils subissaient semblait absorbé, créant un combat basé sur l'épuisement plus que sur les dégâts. Mais la le ciel se transforma en un instant en palet de dragon rouge, lui et le faucon noir passant par l'une des immenses arches de Fresk. Sur la place bien plus active que d'habitude, de nombreux guerriers de tous les ordres, des villageois de Fresk et de tous les hameaux alentours. Non loin, il vit son frère, Jiki, accompagné de deux chevaucheurs et leurs aigles respectifs. Dans la bande, il reconnut Sura, femme de Jiki. Sans qu'il n'ai à le demander, Jarkra s'approcha de se groupe. A son passage, faucons comme souris de cet l'ordre se mirent au garde à vous : le général de la chevauchée n'était pas Hellia mais Hellia et Jarkra.

“Sura, Stingr, Firens, Salos, je vous présente le duelliste du roi, le tueur de Dragons rouge, le paladin de Nefrel (et accessoirement notre recrue) : Moka Oromos “ dit le général, un grand sourire sur le visage. Les deux souris et deux faucons saluèrent respectivement d’un signe de la patte et d'une révérence. Jiki arriva avec Sura et aida Moka à descendre, lui permettant de retrouver un semblant de mobilité alors que celui ci remerciait tous les grands guerriers qu'il avait devant lui. Dans un champ de bataille, voir un chevaucheur et son faucon était quelque chose de rare, en voir deux était exceptionnel. Jarkra repris : “ J'ai cru comprendre que tu connaissais déjà Sura, vu le lien qu'elle semble avoir tissé avec ta tribu, mais est ce que tu connais Firens ?” dit il, s'approchant de Salos.

“Un des plus ancien de l'ordre, ayant vécu la grande guerre de la terre brûlé et connu trois rois de son vivant, ayant agi sur tous les fronts, répondant toujours présent, de jour comme de nuit. Oui, je connais Firens, aube des cieux” répondis Moka, impressionné par l’impassibilité de la souris qu'il avait en face de lui. En grande partie recouvert d’un pelage noir, celui ci était devenu devenu gris. Le faucon quand à lui, avait son plumage blanc sur le corps et brun sur l'avant des aile. Ses yeux d'un jaune puissant avait la capacité de dominer n'importe quel personne, ami ou ennemi, instillant en lui une peur viscérale. Son corps, quand à lui, semblait marqué par de nombreux combats, certaines cicatrices étant saillantes sur la poitrine de l'oiseau.

“Eh bien ils seront tes instructeurs personnels et vont te former à nos arts pendant une grande partie de ta formation. Si tu aura les cours théoriques avec tout les autres élèves, à Ornia, ce sera Firens qui fera de toi un combattant hors pair.” dit alors Jarkra. Tout allait si vite, tant de choses étaient en train de s'installer dans sa vie. Le faucon lui avait expliqué qu'ils allaient en premier lieu terminer la tournée des quatres armées puis retourner à la capitale immédiatement après. Il leur restait une destination ou s'arrêter, un dernier groupe de villages ou les quatres ordres d’Elessia seraient encore ensemble. Après cela, Harald, Torn et lui allaient se séparer pour de bon, chacun partant à un bout du pays. La capitale, Firens comme instructeur, le pouvoir de Tarrazu entre ses mains… Tant de choses s'annonçait pour la jeune souris. Moka frappa sa poitrine en signe distinctif de respect en direction de la souris qui allait le former.

“Ce sera un honneur pour moi d'apprendre de vos enseignements, Firens” dit il, un grand sourire sur le visage. Celui ci répondit avec un sourire tout aussi franc, sans dire un seul mot, puis s'envola, rejoignant le groupe de combattants encore en haut dans le ciel.

La journée se termina lentement alors qu'il ses affaires. On lui avait fourni une nouvelle armure, la précédente étant bien trop abîmé pour procéder à une quelconque réparation. Sur son baudrier, près de l'épée forgé par Karf, il y accrocha le symbole des Oromos pour se rappeler d'où il venait et où il souhaiter aller. Alors qu'il allait légèrement mieux, il partit dire au revoir à tout ceux dans le village qu'il n'allait sûrement plus revoir le lendemain matin. Ritis, Karf, ses amis qui l'avaient suivi depuis tant d'années… Quand il eut terminé de voir toute les personnes qui avaient compté dans sa vie, il y avait un dernier homme qu'il avait à voir.

Montant sur la butte qu'il avait gravi tant de fois, il retrouva Jax assis sur son siège en bois, méditant face au lac. Sur la surface de l'eau se reflétait le soleil couchant. Moka s'installa près de lui, en silence, et médita avec son entraîneur. A Fresk, c'était lui qui lui avait appris tout ce qui lui permettait d'être là aujourd'hui. Une minute passa, puis deux, puis dix. Au bout d'un moment, le soleil disparut derrière la forêt, laissant un dégradé magnifique dans le ciel.

“Moka, t'avoir entraîné pendant toute ces années à été une fierté pour moi” dit le vieil écureuil, la voix légère, réellement heureux.

“T'avoir eu comme entraîneur à fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Merci pour tout Jax” répondit la souris, laissant alors le silence envahir l'espace autour d'eux. Pendant un long moment, plusieurs heures, ils restèrent tous deux immobile, puis Moka s'en alla, serrant le vieil écureuil contre lui une toute dernière fois, lui promettant de revenir l'hiver prochain. Jax acquiesça, un grand sourire sur le visage, et le laissa s'en aller.

La nuit fut courte, la dernière nuit en tant que souris. Torn et lui se retrouvèrent une dernière fois, le village de Fresk étant témoin de cette dernière nuit. Quand ils se réveillèrent tous deux, prenant leur paquetage extrêmement léger, ils était deux apprentis, deux membres des forces armées les plus craintes de tout le royaume. Prenant le temps de dire au revoir à leurs familles, à ceux qui s'était levé tôt pour les voir partir, ils rejoignirent Harald, habillé dans la tenue de la confrérie de Granit.

Tous trois, renard, blaireau et souris, se mirent en route pour la plaine qui avait accueilli les festivités. Tous trois, renard, blaireau et souris, partirent avec l'immense cortège, le cœur plein de détermination et leurs yeux emplis de larmes. Tous trois, renard, blaireau et souris, quittèrent Fresk pour rejoindre leurs destins.

D'un simple signe, d'un seul mouvement, le grand roi renard Darian initia la marche.




Merci a tout ceux qui ont suivi le premier chapitre de cette histoire. C'est grâce a votre soutien que j'ai pu aller aussi loin. Je ne peux qu’espérer pouvoir tenir ce rythme jusqu'à la fin de l'histoire de Moka Oromos. Je vous fournirais très bientôt le PDF de ce premier chapitre. A très vite !


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Fresk - [Chapitre 1, Les aventures de Moka]
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