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 Conviction contre rédemption [PV]

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Bray Wyatt
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MessageSujet: Conviction contre rédemption [PV]   Dim 8 Juil 2018 - 13:03

He's Got The Whole World In His Hands


Des jours, des semaines, des mois. Comment savoir combien de temps s’était véritablement écoulé depuis sa rencontre contre Claire ? Dur d’estimer, dans la chronologie confuse de ce monde. Mais Bray Wyatt avait pu se soigner avec l’aide de sa famille de ses séquelles physiques de sa confrontation face à la justicière. Le prophète était à nouveau apte de se mouvoir librement sans difficulté et sans avoir le vertige. Il était de nouveau en état de répandre son message et de faire sombrer ceux qui défendaient bec et ongle la machine dans leur inconscient. Et cette fois, il s’assurera que la confrontation ne se terminera pas par la mort de son adversaire. Hors de question que cette erreur ne soit répétée…  jamais le sang d'autrui sera versé ainsi dans sa quête d’abolir un système injuste.

Il avait encore en tête le visage de Claire avant qu’elle ne disparaisse en poussière. Tellement innocente mais corrompue par les rouages de la machine céleste. Si seulement il avait pu la sauver de leurs griffes avant que l'irréparable soit commis. Ses dernières paroles le hantait, la sincérité et la bienveillance dans sa voix le troublait encore aujourd’hui. Pour un homme qui voyait l’anarchie comme étant la meilleure chose qui puisse arriver dans ce monde, il ne désirait pas la mort de qui que ce soit pour autant, même pour cette élite qui avait le contrôle sur le reste du monde selon lui. Il souhaitait démanteler une société qu’il jugeait corrompue jusqu’à l’os sans pour autant que la faucheuse ne suive ses traces. Était-ce là une forme d'innocence du béhémoth d’espérer pouvoir changer les choses aussi profondément sans massacre ? Je vous laisserais comme étant seul juge de ceci. Mais peut-être que ces plans pourraient lui permettre de réaliser ce miracle. Après tout, il semblait pouvoir charmer ou terrifier tout ceux qu’il croisait outre quelques exceptions, comme la claymore. Ce n’était pas si fou que cela de croire qu’il serait capable de convaincre le monde de sa doctrine si l’opportunité se présentait, que ce soit par la crainte ou par son charisme.

Le nouveau visage de la peur s’était rendu dans un lieu pour le moins inhospitalier en cette nuit : les fameuses montagnes rocheuses de la Terre. Il semblait être seul dans sa marche dans cet environnement escarpé, à l’orée des grottes ténébreuses. Toujours avec sa lanterne en main, il traversait les lieux éclairés par sa douce lumière perçant à travers l’ombre et l'abîme. Il grimpait chacune des roches sur son chemin d’une main alors que le temps était peu favorable à l’escalade d’un tel lieu. Le vent soufflait tel une tempête capricieuse et indomptable malgré que le ciel ne soit recouvert d’aucun nuage. Les éléments ne semblaient pas avoir oublié la perte de leur championne aux mains du Mangeur de Mondes. Mais bien que cela rendait son voyage plus compliqué, il persistait malgré cela. Peu importe où était sa destination, il semblait être bien plus que décidé à s’y rendre.

Après un bon moment d’escalade et de marche, il pénétra dans une caverne inconnue de tous. Dans celle-ci se trouvait un spectacle peu commun parmi ces montagnes peu accueillantes : ce qui ressemblait à une forêt piégée dans un caveau de roche, avec comme seul moyen de voir les cieux étant à travers un cratère. Il y avait même un fleuve qui coulait à l’intérieur. Un lieu que beaucoup considéraient comme sacré, voir même divin s’ils parvenaient à l’atteindre. Bercé dans la nuit, les étoiles étaient remplacées par des cristaux scintillants incrustés dans la paroi et des lucioles éclairaient finement les branches des arbres. Pour une raison ou une autre, ce trésor naturel semblait être familier à l’Ange dans la Poussière. Il avançait parmi les plantes et les arbres sans aucun signe d'émerveillement ou de curiosité. Il semblait être autant abasourdi par ce paradis sur Terre que les autres terriens l’étaient des villes qu’ils habitaient quotidiennement.  

Ici, à l’abri des caprices du vent et des éléments dans cet havre de paix, il se mit à genoux devant le fleuve qui alimentait la biomasse environnante. Il mit ses deux mains dans l’eau pour la recueillir entre ses deux mains avant de s’asperger le faciès. Maintenant les paumes de ses mains sur son visage, il les fit descendirent lentement le long de sa face avant de les faire tomber lourdement sur ses genoux. Pourquoi faisait-il cela ? Impossible de le dire, pour sûr. Il y resta pendant un moment, profitant de ce calme qui allait bientôt être interrompu par une tierce personne qui avait également décidé de se rendre en ces lieux...
Légion
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Mer 1 Aoû 2018 - 0:01
Il fut dit de la nuit et du noir qu’ils pouvaient observer les véritables esprits des hommes quand ces derniers, convaincus de la sûreté de leur solitude, laissaient sortir leurs véritables pensées et comportements. Mais pourquoi donc le colosse se laissait-il sombrer dans l’agonie sentimentale ? Pourquoi donc Bray Wyatt manquait-il de pleurer ? Souillé dans son âme par sa victoire éclatante, il marchait sur le sol comme un bateau percé qui tentait de rejoindre le rivage. Pauvre créature prise de pitié en atteignant la dernière marche du podium. Au summum de sa réussite, le voilà plongeant. Ange de la poussière, Icare dans la boue, cherchant le centre de la terre pour être repoussé par l’épicentre du séisme qu’il causa de son poing. Après avoir terrassé un dieu sur Terre, un personnage à la puissance inimaginable, le voilà boitant dans les montagnes, cherchant un maigre refuge pour pouvoir retrouver son calme. Et pourtant il semblait que l’abîme l’observait encore car parmi les lucioles qui l’avaient quittées, une seule reparaissait, spectateur mystérieux et silencieux, imperceptible et omniprésent dans les ténèbres qui entouraient les ailes disparues du mangeur de mondes. Dans l’emprise du tourment, il tâchait de retrouver un repère dans les larmes des montagnes. Un fleuve rafraîchissant qu’il souhaitait purgateur de ses péchés. Mais était-il vraiment dans le tort ?

”Triste nuit pour souffrir d’une malédiction, “Husky Harris”. Il semblerait que ces derniers jours furent agités, pour toi comme pour moi.”

De l’autre côté de la rivière se trouvait une roche faisant siège. Et sur ce trône improvisé était assis le Maître des Damnés en personne. Son regard perçant les ténèbres n’en faisait en aucun cas l’une des lucioles qui facilement se propageaient telle une aura autour du colosse quand ce dernier prenait la parole. Mais le voici sans sa protection ténébreuse, sans ses pairs aux alentours, sans qu’il ne puisse user de la surprise pour arriver sur un terrain préparé à l’avance après une introduction troublante. Il n’y avait qu’un seul mouton, un pauvre agneau qui voyait présent de l’autre côté du courant un loup. Mais ce dernier n’était en aucun cas à jeun, quand bien même il semblait chercher aventure. Bien malheureux était celui qui croisait Légion la nuit, mais pourtant, le regard du spectre n’était pas celui d’un chasseur trouvant sa proie. Il y avait une sorte d’admiration, entre le chapeau et le foulard qui cachaient à nouveau son visage. Dans ces deux points blancs qui traversaient le monde des ténèbres se trouvait un enthousiasme vis-à-vis de cette rencontre entre ceux qui parvinrent à une victoire contre les divins.

”Vaincre un dieu. C’est un fait impressionnant. Toi qui a survécu aux envoyés de l’enfer, à l’homme mort et au fils préféré du malin, tu continues ton ascension en terrassant les misérables qui se dressent sur ta route… Oh, mais ne te troubles pas dans des remords insensés. Elle fera de même que les autres. Elle reviendra.”

Il quitta son siège improvisé et se leva dans la nuit. La lumière de la lune passa par l’un des trous qui séparait la roche du ciel. Et la forme de l’ombre put être aperçue alors qu’il entamait sa marche vers celui qui haïssait la “Machine.” Cette appellation ne pouvait que désigner les forces externes aux mortels qui manipulaient la causalité depuis le ciel. Ou bien était-ce bien différent de ce que l’on pouvait croire ? Quelle créature était donc ce Bray Wyatt qui souhaitait l'anéantissement de forces externes mais regrettait mettre à mort leurs serviteurs les plus fidèles ?

”Il n’y a pas d’escalier pour atteindre les cieux. Seuls les cadavres qui s’empilent peuvent t’y emmener. Mais tu regrettes anéantir ceux que tu crois innocents. Tu cherches un juste milieu que personne ne peut t’offrir. Personne… hormis moi.”

Le fantôme dont la cape volait au vent semblait léviter… Non ! Il marchait sur l’eau. Tel le guide incontesté des hommes, il n’avait que faire de la rivière de Charon. Le Styx ne pouvait le retenir. Son visage était caché mais ses yeux restaient perçants. Il semblait émaner cette aura de grandeur alors que la lumière de l’astre lunaire resplendissait dans son dos. Il paraissait… divin ? Ses pouvoirs parvenaient-ils à changer l’apparence du monde autour de lui ? Ou bien l’obscurité l’avait-elle bel et bien choisi comme champion et représentant ? La paume de l’être éthéré fut présentée à son interlocuteur plus petit de taille mais bien plus large et imposant. Elle se mit à briller alors.

”Je suis le maître des Damnés. Le roi d’une contrée de morts qui ne furent pas choisis pour revenir en ce monde. Et ma marque peut désigner quels sont les véritables innocents, et quels sont ceux qui sont assez corrompus par le mal pour joindre ma terre aride et disgraciée.”

Ses doigts se replièrent alors. Il se retourna et reprit sa marche.

”Tu as peur. Tu regrettes ce que tu as commis. Mais pourtant, sache que les divins sont ceux qui tirent les ficelles. Ce sont eux que tu hais tant. Cette machine infernale n’est que le résultat de leurs rêves les plus fous et les plus hargneux. Leurs jouets, hurlant partout à l’agonie, dont l’âme est instillée de cette corrosion ayant pour but de les condamner à s’entretuer à jamais… Leurs esprits tourmentés par le chaos qui leur fut imposé dès la naissance. La haine d’autrui, la compétition permanente… Tant de vices qu’il nous faut supposément contrôler de nous-mêmes… Un destin tout tracé. Oui… C’est cela qu’ils nous réservent.”

Son corps de nouveau fit face à Bray.

”Mais toi… Toi tu n’es pas comme les autres. Toi, tu vis en dehors de leurs règles si délicatement établies. Tu vaincs des êtres sensationnels. Tu amènes à ta cause des combattants extraordinaires. Tu es le berger de ceux qui vivent en travers de cette réalité qui fut forcée dans ce monde à coups de pieds. Mais… Tu ne pourras rester invaincu très longtemps. Il te faut de l’aide contre les pièges de l’Olympe… Il te faut mon aide...”

Il se rapprocha à nouveau, avant de se positionner devant le colosse, tendant sa main une seconde fois.

”Et je te veux, Bray… Je te veux dans mon armée… Tu m’es nécessaire et je te le suis… Pour mettre fin à cette anomalie qui contrôle notre monde, il faut être plusieurs.”

Que voyait Bray Wyatt dans ce regard perçant ? Un ami ? Un ennemi ? Ou bien un dieu ?

Zamasu
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Mer 1 Aoû 2018 - 23:06
Si le monde était parfois victime d’une pollution aussi injuste qu’importante par certaines espèces nuisibles qui ravageait son sol et ses richesses, il existait encore des havres de paix, lieux vénérés et laissés en exil pour ne pas déranger les grands créateurs, qui qu’ils soient. Cependant, ces mêmes Hommes animés par une autolâtrie égoïste ne faisaient preuve que d’un respect faux, rendant sacré des lieux aux profils d’autres, détruisant des régions pour préserver un lopin de terre sainte, un bâtiment ou un texte unique. Comme beaucoup d’espèces, les Humains avaient donc laissés quelques endroits épargnés de la présence néfaste qu’ils savaient exercer sur l’environnement, la visite d’aujourd’hui était l’une de ces représentations, loin de la destruction, un paysage serein. Après sa rencontre avec Shemesh, Zamasu ne désirait qu’un peu de calme, de trouver la réelle tranquillité dans un site ou les mêmes les dieux seraient désintéressés de se rendre, voguant sous une nuit décorée de milles étoiles, en apparence sans turbulences.

L’être de lumière s’était donc posé sur l’une des mesas perdues des montagnes rocheuses, région hostile à la vie ou le Kaioshin ne se sentait pourquoi pas plus mal qu’ailleurs, le silence ambiant était agréable après ses rencontres de la journée précédente. La nuit décorait le l’horizon d’un spectacle haut en couleur, une voilure argentée sur fond de marbre, envoutant. L’immortel fut attiré par une faille taillée dans une parois de pierre, celle-ci dégageait une fine lumière turquoise, une lueur froide mais pourtant chaleureuse vers laquelle il se dirigeait, abandonnant l’observation des étoiles pour l’exploration d’une entrée souterraine. Zamasu était un Dieu curieux, malgré ses ambitions nobles prônant la stabilité, il était sensible aux envies de voyages et de découvertes comme beaucoup de jeunes hommes dynamiques.

Entrant ainsi dans la mystérieuse caverne, le justicier fut stupéfait par le décor extraordinaire qui l’entourait : un gigantesque espace de plusieurs centaines de mètres de long, habillé d’une généreuse verdures, quelques pins faisaient des hauteurs dans cet environnement unique. Faisant quelques pas dans l’herbe, le fusionné était ébahis, la lueur turquoise des cristaux recouvrant les plafonds se reflétait sur ruisseau qui traversait la grotte, colorant le brouillard naturel ambiant d’une teinte d’azur singulière. Pour offrir aux plantes et arbres leurs apports en clarté, le caveau était ouvert en son centre, laissant la forêt et les voyageurs chanceux le plaisir d’apercevoir la nuit colorée depuis ce lieu atypique.

Cet endroit était aux yeux du Shinjin un exemple à reproduire, une nature incroyable et parfaite, quelques animaux vivaient paisiblement dans cette cachette montagneuse, la végétation n’était pas menacée, l’eau coulait à flot, un petit bout de KaioshinKai déposé sur Terre… Mais ce n’était pas ça, cet endroit n’avait rien à voir avec la résidence des Dieux, cette merveille secrète était une preuve de la pureté cachée de ce monde, la preuve que certaines races mortelles sont dangereuses pour la pérennité de l’univers, la preuve que la cause du combattant aux cheveux d’argent était juste. Traversant dans un calme religieux cet environnement mémorable, Zamasu se demandait parfois s’il serait définitivement le seul à imaginer ce monde qu’il désirait tant, effectivement, personne n’avait jamais eu les mêmes dessins que lui, les mêmes doutes ou les mêmes convictions. Seul au monde, l’éternel était chargé par l’on ne sait quelle entité de réparer le monde blessé par la folie des hommes et de laxisme de ses congénères, une lutte mettant hardeusement à l’épreuve celui qui avait fusionné avec Son Goku.

Faisant, après quelques pas de plus dans cette faune parfaite, le Kaioshin fut happé par l’audition d’une discussion proche, il entendait une voix lointaine, calme mais assurée d’un homme qui interpelait un autre. De son ouie fine de créature divine, Zamasu parvenait à en comprendre les paroles et le sens, s’approchant en marchant dans une discrétion la plus totale. L’ancien Kaio du nord captait ainsi la conversation, les informations de cette dernière allaient définir son entrée, son comportement et ses agissements futurs, à son grand déplaisir dans cette nuit qu’il pensait dédiée au repos, le vénérable et utopique septième jour.

En traversant les feuillages et chemins, Le justicier en su bien plus qu’il ne lui en fallait, percevant le discours d’un bonimenteur à la voix suave tentant de persuader son auditoire de la nécessité d’une quelquonque lutte contre les divins. Abasourdis de retrouver aussi vite un rebelle de la classe de Trunks, l’être de lumière s’approchait toujours plus, bien décidé à remettre cet être encore indescriptible physiquement à sa place de jugé. Les paroles de l’homme ne armure étaient douces, son discours fluide et encourageant, il était ce genre de leader à la capacité de rallier les hommes et les femmes sans convictions sous sa bannière, qu’importe l’insigne de cette dernière. Mais Bray ne semblait pas voir la réalité des propos de Légion, le revers de la médaille, un médaillon d’or et de rouille.  

Et c’est donc alors que le diplomate avait présenté ses intentions que le vrai acteur de la scène allait faire son entrée, les projecteurs des étoiles étaient braqués sur les deux précédents protagonistes, mais de sa magie divine, Zamasu se fit remarquer en déplaçant les rayons de lumière vers sa propre personne. La démonstration était belle et magnifique à l’image de son auteur, illuminé, ses cheveux semblaient blanc ivoire, ses yeux d’argent toisaient du regard les deux visiteurs qui devaient avoir maintenant remarquer sa présence. Marchant d’un pas assuré, un sourire confiant et conciliant aux lèvres, le voyageur temporel découvrait l’enveloppe détracteur, un épéiste au chapeau grotesque, une armure terne et un foulard couvrant partiellement son visage, laissant découvrir des yeux gris. Ce personnage était aussi grand que sa prestation verbale était attirante, le Kaioshin devait l’admettre en dépit des propos faux de ce dernier.
Le second personnage était bien plus banal, il ressemblait au plus banal des terriens, néanmoins ce dernier habillait son visage d’une extravagante barbe ainsi que d’une lanterne permettant sans doute à ce dernier une orientation optimisée dans le bois souterrain. Mais ce deuxième personnage n’était pas celui qui captait toute l’attention du Dieu, c’était bien l’intervenant en cuirasse qui allait devoir répondre de ses paroles horripilantes d’hypocrisie.

« Le Maître des damnés, mais aussi le maître des menteurs, tu viens donc troubler la tranquillité de ce lieu si important aux yeux de la nature pour tenter de détourner les ères sous tes ordres ? »

La voix de Zamasu était dédoublée, si comme la fusion de Vegeta et Goku donnait l’écho d’une voix différente, celle de la fusion d’esprits jumeaux ne donnait qu’une seule et unique intonation, celle-ci était sans animosité, parfaitement calme et confiante. Jetant son regard vers Bray, le partiellement omnipotent immortel n’allait pas laisser le terrien en proie aux doutes concédés par Légion -Hors de question-.

« Tu ne vas donc pas croire le Maître d’un royaume perverti comme le sien... Bray… »

Déclarait le tout-puissant qui s’attendait à une réaction pour le moins directe de ce fameux porteur de lumière, lui qui refusait la soumission de tous sous un seul ordre, une seule et unique œuvre, « la machine », mais Zamasu n’avait pas le pouvoir d’en être certain. Redirigeant son attention vers l’épéiste, il reprit sur un ton plus narquois.

« Quelle ironie de lui faire croire que tu peux le libérer d’une quelquonque emprise, il n’y a aucun joueur, aucune ficelle, ce n’est pas un simple jeu hiérarchique qui séparer les hommes et les dieux, mais tout un monde. Quel intérêt pourrait-il y avoir aux Dieux de vous contrôler ? »

Haussant un peu les épaules, l’air faussement désolé, il s’interrompu, oubliant de dévoiler à ses hôtes son identité.

« J’en oublie mes bonnes manières, saches que si tu souhaite d’opposer aux Dieux, « Maître des damnés », je suis devant toi, je suis le créateur. »

Le créateur, Zamasu, un parfait justicier, porteur de l’espoir d’un monde beau, d’un monde magnifique. Présenté, il était temps de réveiller l’identité de la machine à Bray, lui qui était la cible de la manipulation audacieuse mais cruelle du damné. Abaissant ses bras, l’immortel fusionné s’adressait au terrien, toujours aussi cordialement.

« La machine est dangereuse Bray, mais sache que les dieux n’ont aucun tour à te jouer, mais peut-on en dire de même de celui qui veut vaincre l’Olympe ? »

Maintenant, tel un accusateur animé par une détermination vitale, le Dieu faisait les cents pas, mains jointes au dos.

« Une pile de cadavre et combattre dans une armée et donc la seule solution à ta portée ? Le Maître des damnés porte bien son nom, un hypocrite qui jette la bombe sur la plus grosse cible, tu pense convaincre à la paix et la libération en appelant ton prochain à la guerre ? »

Zamasu avait le regard plus sévère, lui-même avait éliminer ses opposants, cependant, ce n’était pas de manière irréfléchie, les victimes de la justice étaient des pêcheurs, des individus qui de par leurs hauts faits méritaient une sentence immédiate et sans tolérance.

« Ne cherche pas à faire l’homme fort, tu ne cherches qu’un allié profitable pour t’accaparer le pouvoir dont tu as besoin pour étendre ton royaume n’est-ce pas ? »

Demandait d’un ton inquisiteur à Légion.

« Je ne ressens aucune pureté dans ton cœur de fer, ton regard est vide, tu es l’anima d’un mort en sursit qui rampe vers la gloire qu’il n’aura jamais, toi et ton royaume. »

Il suffit, le Kaioshin n’avait pas beaucoup d’informations en sa possession au sujet du Maître des damnés, Zamasu connaissait bien des choses, mais souvent de manière succincte, il était inutile d’en dire plus au risque de s’égarer, fixant alors Bray.

« Mais s’il y a bien une chose qui est vraie dans le discours de cet homme est peut-être la différence que je parviens à ressentir dans ton cœur et ton être, tu n’es pas un terrien comme les autres. »


Bray était animé d’une aura toute particulière et indescriptible, son esprit était insondable, mais son cœur était bon, il n’était donc pas une cible à éliminer, mais un personnage à protéger du damné tentant de le retourner contre la raison elle-même en s’attaquant aux dieux.

« Le monde est mis en danger depuis plusieurs millénaires par des personnages aux idéologies déviantes et unitaristes, des pseudos leaders imposant le chaos dans leur sillage pour des raisons grotesques et injustifiables. »

Plaçant sa main droite au niveau de son cœur, Zamasu allait être plus clair.

« Je combat ces manipulateurs, j’ai affronté des démons, des sorciers et des bandits voyageant dans le temps, tout ce qui touche à l’intégrité de notre univers et qui le met en danger devra se confronter à ma personne. »

Le divin fit alors volteface vers l’épéiste au chapeau grotesque.

« Et je pense que je viens de déceler un nouveau danger. »




Bray Wyatt
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Jeu 2 Aoû 2018 - 17:23

He's Got The Whole World In His Hands

“Husky Harris” : voilà un nom que le mangeur de mondes n’avait pas entendu depuis des années. Un homme faible et sans aucune importance qui n’aurait jamais marqué les esprits, l’antithèse même de Bray Wyatt. Comme le destin a bien fait les choses, pour que les deux puissent ne faire qu’un. Il avait besoin de lui, et l’ange dans la poussière avait besoin d’un corps. Ceci le fit sourire, avant qu’il ne se lève calmement pour faire face à l'élément perturbateur qui semblait en connaître bien trop sur lui. Il regarda le nouveau venu d’un air méprisant, il ne semblait pas spécialement apprécier qu’on vienne le déranger dans ses lieux.

L’être humanoïde à l’armure médiévale commença par féliciter l’exploit de l’élu de Soeur Abigail qu’était de vaincre une déesse, bien que cette dernière n’était rien de plus qu’une envoyée des créatures divines, un simple pion sur l’échiquier que les puissants s’amusaient à déplacer pour leurs divertissements. La référence aux rencontres face aux Frères de la Destruction laissa le berger de marbre, il n’avait pas réussi à son but face à ces monstres mais ça n’avait aucune importance. Il y avait encore de bien nombreuses options pour atteindre ses fins que de voler les pouvoirs de l’homme-mort et de son frère rongé par les flammes de l’enfer. Néanmoins, son regard devint plus sombre quand le fantôme affirma qu’elle reviendrait de l’au-delà, comme tant d’autres. Ceci aurait été un soulagement pour certaines personnes mais pour le mastodonte, il semblait prendre cela comme une insulte. Il disait avec certitude que la mort était, en fin de compte, qu’un état passager. Il y avait pourtant une entité qui n’était pas revenue d’entre les morts après que la faucheuse soit venue la chercher. Il ne disait encore rien, mais son regard en disait long sur sa pensée. Un mélange de colère envers celui qui semblait ignorer les conséquences de la mort d’autrui et de tristesse à la pensée des deux morts qu’il n’avait pu empêcher.

Le manipulateur se leva de son trône improvisé alors que la lumière même de la lune semblait l’illuminer de mille feux. Pour lui, le seul moyen de rejoindre les cieux pour combattre la machine divine, la plus corrompue de toutes, devait se faire dans le sang et les pleurs, que l’objectif de Bray d’y parvenir sans apporter la mort à quiconque était impossible et que lui seul pouvait trouver un juste milieu. L’homme aux mille visages se fit à glousser à ces notions. Son regard noir se planta dans celui qui se présenta comme un guide.

“Ta vision de la chose semble être bien étroite, l’ami. Tu sembles ignorer les autres options que nous pouvons prendre pour sauver l’Homme et ses confrères du joug sadique de la machine. Tu prétends que seule la mort peut ouvrir le chemin jusqu’à la demeure de ces hypocrites omniscients, mais je peux te garantir qu’il y a d’autres choix! Et seul moi, Bray Wyatt, les connaît !”


Le mort s’avança vers lui tout en marchant sur l’eau. Il essayait sûrement se donner un air de saint en face du prophète. Ceci ne faisait que rendre ce dernier de plus en plus suspicieux envers le personnage masqué. Le roi des Damnés se présenta enfin et expliqua qu’il venait d’un monde où étaient bannis les gens qui ne méritaient pas de revenir d’entre les morts. Et seule sa main pouvait définir ceux qui sont innocents et ceux qui seront sanctionnés, pourrissant dans un lieu infâme jusqu’à la fin des jours. L’esprit du chef de la Wyatt Family ne fit qu’un tour et fit rapidement la connection avec quelque chose d’autre. Ses traits faciaux et son regard se durcirent. Mais il resta immobile tout en l’observant et en écoutant son discours. Il affirmait que le nouveau visage de la peur expérimentait le sentiment dont il se disait être maître. Un rictus s'afficha sur son visage. Mais l’objectif de l'interlocuteur était pourtant simple : démanteler la machine céleste et libérer les mortels de l’emprise malveillante de leurs créateurs. Bien que son apparition était jusqu’alors une nuisance pour Bray Wyatt, ce terrain commun lui plaisait bien, bien qu’il fut responsable d’une chose qu’il refusait de pardonner.

Son regard était rivé dans le sien avant que le charmeur à la cape ne commence à le valoriser à travers toutes ses réussites, avant qu’il ne note toutefois que tout ceci pouvait s’arrêter d’un instant à l’autre par la volonté divine. Il lui proposa une offre : de le rejoindre pour défaire les dieux. Ceci fit rire doucement celui qui possédait Husky Harris mais bien avant qu’il n’eut la chance de rétorquer, une autre source d’agacement rentra en scène.

Bray Wyatt se retourna pour faire face à la nouvelle présence dans ce lieu d’habitude serein. Auréolé par les lumières du ciel, il se démarquait par son habit particulier, ses cheveux d’un blanc immaculé et des cercles derrière lui. Le berger se mit à glousser à l’arrivée de cette nouvelle figure, il savait clairement à quoi il avait à faire. Et ce dernier semblait plus hostile envers l’épéiste qu’envers le combattant barbu. Ses premières paroles furent de juger celui qui tentait tant bien que mal de convaincre l’Ange dans la poussière de le rejoindre avant de dire au patriarche de ne pas se laisser entourlouper par les bonnes paroles du fantôme.  

“Je sais quelle vérité je recherche, et aucun d’entre vous ne la détient.”


Sa voix était également calme, au point même d’en devenir sinistre. La créature à la peau verte continua en affirmant qu’il n’y avait aucun jeu entre les dieux et leurs créations. Le mangeur de mondes éclata de rire en l’écoutant, claquant des mains avant de jeter un regard vers le maître des Damnés alors que l’être divin se proclame comme étant LE créateur. La vérité était tout autre malheureusement, il n’était qu’un pion sur le fameux damier du vrai chef d’orchestre de cette mascarade. Enfin, selon les précieux informations que lui avait donné sa véritable guide. Et l’élu savait parfaitement que sa parole était sacrée. Pour rajouter au ridicule, le justicier lui affirma que les dieux n’avaient aucun tour à lui jouer, contrairement au maître des âmes. Il cessa enfin de rire et reprit une posture plus sérieuse, le sourire toujours aux lèvres. Ses yeux étaient plantés dans ceux du Shinjin.

“Il semblerait que la lumière dont tu es le fier champion t’ait aveuglé, si tu penses que tes semblables ne s’amusent pas à nous tourmenter pour leur propre plaisir malsain.”

Il restait sur ses positions, entre les deux potentiels adversaires. Le dieu continua à juger le revenant tandis que le regard du berger devenait de plus en plus sombre envers lui. Est-ce qu’il commençait à prendre le côté du dieu ? L’être divin confirma néanmoins une chose que l’épéiste venait de lui dire : il n’était pas comme les autres humains. Sa tête se tourna vers le destructeur du mal avec un grand sourire. Il ne se doutait pas de ce qu’était véritablement Bray Wyatt. Est-ce qu’il le savait lui-même ? Le chef de Wyatt Family semblait néanmoins trouver la situation de plus en plus amusante. Le dieu dévoila ensuite ses objectifs et pointa du doigt le fantôme comme l’une des menaces à détruire. L’Homme aux mille visages ricana avant que le noir recouvre tout l’endroit. Seules quelques lucioles pouvaient être visibles dans l’obscurité surnaturelle. La lumière fut de nouveau et il réapparut en haut d’une falaise qui surplombait le fleuve, dans cette pose en croix qu’il aimait tant faire avec sa lanterne posé devant lui. Il se mit à hurler à pleine sa voix, un rugissement si puissant qu’il créa un écho dans toute la caverne.

“Vous êtes tous les deux dans le faux ! La mort ne fait que rendre la machine plus forte, ceci justifie son existence aux yeux du reste du monde. Ses victimes deviennent des martyrs contre leur gré pour les sociétés qui forcent aux malheureux de subir leurs courroux sans aucun moyen de s’échapper !”

Une pause fut marquée, durant laquelle l’Ange dans la poussière se mit à rire avant d’abandonner sa pose et prendre sa lanterne dans ses mains, focalisant son regard sur la flamme dansante.

“Je suis le seul à pouvoir vous montrer le chemin vers un monde meilleur, sans costards-cravates perfides ou entités divines orgueilleuses. J’ai été choisi bien avant que ce monde soit créé, pour donner ce que nous méritons vraiment. Un monde sans règles et sans oppression. Une utopie dont moi seul est la vision !”

Son regard se dirigea d’abord sur l’homme à l’armure vieillissante et à la cape déchirée. Son sourire disparut aussitôt que le contact visuel se fit.

“Toi, Maître des Damnés, tu dis que j’ai besoin de toi pour rendre mon objectif réalité mais tu le sais aussi bien que moi que le seul qui ait besoin d’autrui, c’est toi. Ta campagne néfaste se terminera dans un échec, tu ne feras qu’attiser les flammes de l’enfer qui sont déjà en train de te dévorer vivant. Tu dois suivre un autre chemin, voir plus grand ! Et seul moi, Bray Wyatt, peut te diriger vers un futur plus rayonnant que jamais, je te dirigeai directement vers le Paradis si tu daignes me suivre !”

Il souffla sur sa flamme pour l’éteindre, laissant simplement la fumée s’enfuir par le cratère de la grotte.

“Sinon, il ne restera plus que des cendres de toi et de ton héritage en ce monde.”


Maintenant, il pointa la main vers le justicier divin avant de sourire sincèrement.

“Quant à toi, “créateur”, tu dis te battre pour préserver le monde du chaos et des malfaiteurs, mais j’en doute. Si tu souhaitais véritablement combattre pour le bien de notre univers, tu viserais plutôt les rois et les reines qui manipulent la société pour garder leurs confrères sous leur emprise, sans qu’ils ne puissent rien faire. Autant ici que dans les cieux. Je sais véritablement pourquoi tu te bats, et c’est pour ton orgueil, pour te donner l’illusion de sauver le monde alors que tu ne fais rien qui puisse le changer véritablement. Alors que, contrairement à nous, simple mortels, tu as déjà entre tes mains tous les outils pour défaire le mal qui ronge la réalité !”

Alors qu’il le pointait du doigt auparavant, il tourna sa main pour que le geste devienne tout à coup à une invitation à prendre la sienne bien qu’il soit relativement éloigné, mais venant d’un dieu, il pourrait toujours faire le trajet sans problème.

“Tu as besoin de directions pour accomplir tes faits, et je suis apte à te guider vers la justice que tu recherches tant. De te pointer vers ce qui serait capable de défaire la machine mortelle et divine tant corrompue. Crois moi !”


Faire une telle offre à un dieu était proche du suicide, surtout quand ce dernier se revendiquait comme étant un justicier qui cherchait à abolir tous les maux de ce monde. Peut-être que même la raison de sa venue était liée à la mort de Claire. C'était déjà le cas du fantôme. Mais le prophète ne semblait pas intimidé ou apeuré en faisant cette offre : il était parfaitement confiant, voir même trop.
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Jeu 9 Aoû 2018 - 15:59
Une colonie de fourmis se dresse face au soleil ardent de la loupe d’un insectologue. Il n’y a pour cette colonie que la survie à travers la récupération de nourriture cachée dans le terreau qui la soutient, envoyée par le possesseur du vivarium. Mais ce n’était pas assez pour nourrir la totalité des habitants de la boîte. Beaucoup mourraient, et beaucoup venaient rejoindre cette existence de recherche perpétuelle de contentement et de satiété. Il arriva un jour où l’un des insectes vit à travers la vitre. Et de ses yeux il observa la réserve elle-même. Des fruits, des légumes, de la viande ! Un nirvana qui pourrait mettre fin à la plaie qui malmenait ses confrères ! Mais quand bien même ses pattes étaient pourvues de griffes plus acérées que celles des autres, et que ses mandibules étaient plus pointues, il ne pouvait casser le verre. Alors il appela ses compères, et leur demanda de s’appuyer contre le bord de leur cage transparente. Mais rien n’y fit, et il fut ignoré. Ainsi décida-t-il d’empiler les corps des morts. Et l’équilibre fut bouleversé, et la prison commença à pencher. Mais cela fit peur à ses compères. Ils se résolurent de l’en empêcher, car leur monde ne pouvait être diagonal. Et l’illuminée ne put que se défendre. Elle vit alors que ses victimes se tassaient comme les autres cadavres. Et faisant basculer les êtres exosquelettiques par-dessus sa petite tête, elle parvint à faire s’écrouler l’univers. Et ils furent enfin libérés. Tous ceux qui naîtraient vivraient, tous ceux qui l’étaient déjà, de même. Les meurtres devinrent martyrs. Et le paria devint un héros inconnu, haï de tous. Cela ne le gênerait pourtant pas. Les fourmis vivraient heureuses et contentées.

Eternellement monotone était la voix du spectre, ectoplasme installé dans la faille entre le monde des vivants et celui des morts. Sa poigne n’était pas aussi puissante qu’il ne l’espérait. Son emprise sur les vivants s’était affaiblie. Il ne rencontrait pas un jeune garçon en quête d’espoirs, perdu dans une forêt sombre et dont le regard désespéré ne pouvait que crier “à l’aide !”. Le fantôme avait pour habitude de s’attaquer à ceux dont l’esprit était infesté par la peur, ou la tristesse. Mais Husky Harris disparut bien vite. Bray Wyatt reprit alors le contrôle. L’Homme aux Mille Visages s’empara à nouveau de la carcasse faible d’esprit au sourire niais qu’il utilisait comme catalyseur. Cela était bien visible dans son regard. L’anxiété avait disparu. Il n’y avait que l’infernal feu du malin dans son iris, la détermination et la rage de vaincre dans sa pupille, et la puissance dans sa sclère. Et sa voix douce et presque tremblante, marquée par son accent louisin, sortit de sa gorge pour rebondir sur les murs de la caverne et marquer le territoire du Mangeur de Mondes face au Charognard de l’Enfer. Mais pourquoi donc n’empruntait-il pas cette voie invisible qu’il disait connaître si bien ? Celui qui aimait tant qualifier les dires de ses ennemis de mensonges semblait porteur de paroles bien incertaines.

Légion pouvait voir en Bray un personnage familier, cependant. Souriant tout en laissant s’échapper de sa bouche les mots qui attiraient à lui les illuminés. Autour de lui arrivaient des êtres fantastiques, fous furieux capables de détruire le monde, et pourtant ils devenaient de calmes apôtres en compagnie du sombre prophète. Peut-être l’amalgame ressentait-il une légère nostalgie quand il observait le parcours du colosse barbu ? Porteur de la lumière qui guidera l’humanité, mais pourtant haï de ceux qui ne voyaient pas les ficelles tirées par les dieux. Un messie de l’ombre. Des lèvres du patriarche des Wyatt sortaient la bonne parole. Mais, tout comme il le fut un jour, le Mangeur de Monde était bien peu expérimenté. Sur son chemin étaient de légers cailloux, derrière lui d'impressionnantes victoires. Ses défaites ne purent l’anéantir, inlassable, inarrêtable mastodonte. Mais quand les trompettes de la fin de cette suite de réussites résonneront, enveloppant le géant et ses compères, il n’y aurait plus rien pour le sauver. Et seul le désespoir le poursuivrait. Lui qui jusque là portait la lanterne ne ferait que la suivre, cherchant à nouveau, incertain, cette lueur qui jadis l’anima. Car la Soeur Abigail dont il prônait la sagesse ne sera plus là pour lui octroyer sa force et ses connaissances. Car la Famille qui l’accompagnait disparaîtra dans les limbes de la réalité pour pourrir autre part, sans chef. Car le rouge entre le blanc et le noir ne pourra perdurer sans soutien, devenant une autre nuance de gris parmi les autres. Car le séducteur, accusateur, et destructeur ne sera qu’un autre rat mort après avoir tenté d’escalader la benne à ordure pour goûter l’ambroisie de ceux qui ont condamné son espèce. Oui… Bray Wyatt ne semblait qu’une répétition d’histoire...

Mais son épopée pouvait se terminer bien différemment. Il pourrait être bien plus qu’une fable à but pathétique d’accentuer les peurs des mortels face aux dieux. Il pourrait, en se joignant à l’abîme, éteindre la pitoyable flamme divine. Devenir l’éclipse qui cacherait le soleil aux rayons abrutissants. Devenir la nuit, âge des hommes et de la vie, vainqueurs face aux êtres soi-disant supérieurs qui écrasaient les fourmis pour nourrir leur orgueil. Car à travers la mort se trouvait la vie. Et des cimetières provenaient la puissance. Car Hadès eut bien plus de sujets que ses frères. De ce royaume souterrain provenait son pouvoir, et seule sa faiblesse d’esprit pouvait l’empêcher de renverser ses pairs. Mais Légion et Bray pouvaient être bien plus que cela. Ensemble, ils pourraient renverser cet ordre de l’injustice séraphique. Le futur du paradis, une botte dans le visage des soi-disant créateurs qui laissèrent incomplets leurs travaux. Il n’y avait que la machine infernale de punition par le feu et l’isolation qui continuait à être huilée avec amour, soin, et attention. Mais cela ne saurait durer.

Mais vint alors un autre ange, rejoignant celui de la poussière et celui des enfers. Un personnage dont les traits fins rivalisaient avec la blancheur de son aura. Il était magnifique. Son teint vert ne parvenait pas à cacher la nature divine qui émanait de son corps tout entier. Mais qui était-il ? Légion laissa son regard traverser l’être externe à ce monde. Les pas délicats de ce supposé dieu à la connaissance déjà bien grande étaient empreints d’une grâce inégalable. Sa marche ne faisait aucune bruit, et pourtant son air sévère semblait faire trembler la terre sous ses prunelles. Il n’y avait pas de souffle qui sortait de ses lèvres ou de ses narines. Oui, cet être n’était pas l’un des vivants, ni l’un des morts. Il était dans un état au-dessus. Et son sourire confiant ne pouvait que témoigner de cet orgueil dégoulinant qui sortait de toutes les idoles qui un jour s’étaient dressées sur le chemin du spectre. Mais était-il véritablement un autre démiurge aux intentions de sabotage ?

Oui. Serpent de l’arbre de la connaissance au venin recraché entre ses dents, il n’avait comme espérance que de pervertir le mastodonte qui avait vaincu l’un des leurs. Légion eut les yeux demi-clos, et son regard ne fixait plus personne. Il ne semblait que voir la lumière. Ses pupilles ne se focalisaient plus. Mais l’être aux cheveux d’ivoire, dents blanches s’élevant de son crâne, restait tout aussi présent. Il n’était pas une hallucination venue le narguer, et les réactions de Bray Wyatt face au retentissement de la voix dédoublée qui s’échappait de la bouche angélique ne pouvait que confirmer son arrivée sur la scène. Il avait le sens du drame, et la lune se tourna pour l’illuminer. Le champion de l’abîme voyait la bénédiction de l’astre de la nuit lui passer entre les doigts, mais pourtant cela ne le fit bouger en rien.

Quand bien même il perdait supposément la partie par l’apparition de ce faucon luminescent, la hyène n’avait aucune trace de peur en elle. Simplement une… étrange fatigue. Quelque chose de peu désagréable. Un ennui inconnu. Comme s’il voyait une scène se reproduire pour la énième fois. Les cernes sous ses orbites pouvaient témoigner de la fatigue qui s’était appropriée le cadavre ambulant. Le mort-vivant n’était après tout que le premier des corps qui s’étaient empilés à côté des remparts vers Eden. Mais pourtant, il n’était plus aussi las qu’il le fut auparavant. Il souriait gracieusement, doucement, sans tenter de terrifier qui que ce soit. Il semblait au final non pas escagassé par cette entrée de celui qui semblait être un Christ cosmique, mais amusé. Une légère et silencieuse joie était posée sur son visage caché par son casque et son foulard. Il accueillait ce grain de sable dans ses rouages. Pour paraître moins comme l’obsédé du contrôle total qu’il était intérieurement. Pour éviter de se nuire à lui-même. La Douceur le lui permettait.

Mais qui donc était ce chérubin au costume cendré contrastant avec son aura lumineuse ? Il disait que la présence du Damné troublait la tranquillité de cette caverne. Se pourrait-il qu’il soit un défenseur de la nature envoyé par les Champs-Elysées pour tenter de combattre l’ancien vassal de la terreur et de la destruction ? Se pourrait-il qu’il fasse partie d’une quelconque milice à but d’exterminer les vivants qui piétineraient les inquisiteurs et autres pairs chargés de faire régner la domination des tout-puissants ? Il se disait… “créateur”. Mais quel architecte de la vie viendrait donc poser le pied en ce lieu, et surtout pour participer à une joute verbale sans intérêt avec un personnage supposément inférieur. Pourquoi donc celui-là était-il en ce lieu ? Pourquoi marcher sur la terre avec ce qui y retourneront un jour ? Il ne pouvait être qu’un envoyé. Un archange qui provenait du monde d’en haut pour annihiler l’un de ceux qui voyageaient en bas. Ou bien était-il un paria dont l’amour-propre surdimensionné comblait à l’indigne sort qui lui fut conféré ? Peut-être était-il en effet banni du paradis, ou du quelconque royaume habité par les marionnettistes ? Mais comment donc le savoir ? Un contact, et le pouvoir de mémoire du fantôme pourrait se manifester et dérouler avec aise ce délicat parchemin qu’était son passé.

Pourquoi les dieux contrôleraient-ils le monde et les vivants ? Il était simple de voir comment. N’y avait-il pas plus ennuyé que celui qui, assis à jamais sur son trône, voyait passer les décennies, les siècles, les millénaires, sans n’avoir rien à faire ? Quel amusement pourrait-il y avoir dans une ligne droite quand cette dernière pouvait se courber et se tordre ? Un enfant pouvait s’amuser des heures à faire tourner une corde. Un omnipotent pouvait s’occuper des millénaires à faire souffrir une seule famille par toutes les possibilités. N’y avait-il pas plus amusant que de faire ressortir du monde des morts les mêmes personnages qui y étaient éternellement envoyés ? Ne pouvait-on pas rire à jamais des magouilles et des désastres ? Comme des insectes sous la loupe, on se jouait de leurs peurs. Ils n’étaient rien d’autres que des gendarmes qui fuyaient les piétinements du gamin géant dans le ciel. Des fourmis poursuivies par l’eau sortant de l’arrosoir. Ce n’était pas par besoin que ces pauvres bestioles décérébrées souffraient. C’était à cause du mal omnipotent qui régnait sur l’univers.

Mais parmi ces rois sans divertissements se dressait donc ce personnage au teint vert et aux oreilles pointues. Son crin blanc ne garantissait en rien sa pureté, et ses mots n’avaient pour but que de porter Bray loin de son emprise. Puis vint la partie si délicieuse où il se mettait à cracher son venin sur le pauvre et pitoyable Damné. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas été traité d’impur. Il était vrai que son corps était froid, que son coeur ne battait que faussement et que la vie ne voyageait plus dans ses veines comme elle le fit un temps. Il n’était pas un être vivant, mais il n’était pas un mort non plus. C’était un entre-deux défaillant, un cadavre n’ayant pour but que de profiter de l’existence qui n’était désormais plus sienne. Mais cette punition n’était qu’une bénédiction, un moyen pour arriver à ses fins. Il était traité d’égoïste par cette apparition lumineuse qui tentait de le décrédibiliser. Un hypocrite souhaitant la paix par la guerre.

”N’est-ce pas dans cet objectif que nous fûmes créés ? Toute vie souhaite combattre. La guerre est universelle. Elle ne changera jamais. Tant que des grands y trouveront un intérêt, des masses disparaîtront. Ne crois-tu pas, “créateur”, que je ne fais qu’utiliser ce qui me fut offert pour que plus personne n’ait à souffrir d’une abomination comme moi ? Pour que la soif de violence disparaisse à jamais des esprits ?”

Son regard traversait toujours le divin qui tâchait de l’énerver. Il aurait été très certainement touché par ce genre de commentaire, autrefois. Une ancienne vérité blessante. Des paroles hargneuses et tranchantes. Des flèches qui se glissaient entre les côtes pour atteindre le coeur, qui traversaient les orbites et le cerveau pour torturer l’esprit. Mais à présent, à présent il n’était pas touché. Il n’y avait rien pour le terrifier. Pour l’énerver. Et quand l’ange, dans sa quête de supériorité vis-à-vis des misérables mortels qui l’entouraient, ne put que le menacer tout en cherchant à se positionner comme le véritable héros de l’histoire, le spectre ne put que sourire à nouveau sous son foulard.

”Me crains-tu tant que ça ?”

Il n’était pas difficile de voir qu’il prenait cette prise de position du séraphin comme un compliment. Ainsi pouvait-il véritablement faire changer la donne de sorte à ce que les immortels eux-même viennent tenter de mettre un terme à sa vie ? Cela laissait sous-entendre que ses actions n’étaient pas restées toutes aussi discrètes qu’il ne le croyait. Ou bien le coup de pub de Leixy se faisait déjà ressentir. Mais Légion doutait que les dieux s’amusaient à regarder la télévision et lire des magazines tendances. Repenser à cela au milieu de nulle part n’était pas bien agréable, mais cela ne le fit pas changer de visage. Le royaume des morts envoyés hors de l’enfer était le petit paradis pour les hommes qui furent corrompus par le mal sans que les champions des églises n’en aient eu quelque chose à faire. Les Champs-Désolés étaient le royaume qu’ils méritaient, un royaume pour les âmes en peine et noircies, de sable et de sécheresse, et dont les châteaux troublaient l’horizon. De ce monde provenait sa grande armée. L’armée qui un jour laisserait l’Eden en feu. Et quand le monde sur les nuages disparaîtra, la main du fantôme se posera sur la douce omnipotence du trône des tout-puissants. Et de ses doigts, il rendra le monde à jamais heureux, sans soif interne de violence, sans poursuite du mal et de la recherche du pouvoir au dépend des autres. Il n’y aura plus de vices, plus de péchés. La vie sera joyeuse, paisible, et libre.

Mais s’éleva la troisième voix, accompagnée de cet accent louisin qui signait les paroles de Bray Wyatt. Le berger ne s'alignait nulle part. Ni le maître incontesté des Damnés, ni l’archange lumineux à la langue ténébreuse ne parvenaient à le guider. Cependant, il semblait être du côté de l’amalgame quant aux manipulations divines. Soudainement, il était autrepart, et sa voix s’accentua. Elle devint bien plus forte, geste typique de la dialectique du mastodonte au fedora. Et ce rugissement résonna entre les murs de cette caverne presque éthérée qui accueillait ceux qui existaient hors de la causalité de ce monde. Mais c’était alors qu’il se proclama comme élu, choisi avant sa naissance pour prêcher la vérité sur la fuite de ce monde. Dans cette pose en croix de martyr, qui pourrait avoir l’air ridicule si elle n’était pas accompagnée de sa parole mystique, il affirmait connaître la seule vérité pour fuir le destin. Afin de marcher en dehors de l’avenir écrit depuis la fin des temps anciens, l’homme se devait de suivre les traces du nouveau prophète.

Cette première réplique se termina par un silence, suivi d’un rire malsain. Il pouvait sembler fou à quiconque ne le connaissait qu’en mal. Mais Légion savait que cela n’était qu’un moyen de compenser pour l’incroyable et troublante connaissance qui occupait son esprit. L’homme aux mille visages était habité par une détermination hors norme. Mais au final, il n’était qu’un choisi parmi d’autres. Le seul à avoir entendu la parole de la dénommée Soeur Abigail était un fin utilisateur de sa langue d’argent, mais réussirait-il à vaincre le monde autour de lui ? De tous temps, les prophètes pouvaient mourir tellement vite. Cependant, le spectre était sûr que le patriarche des Wyatt serait immortel. Mais connaissait-il le prix à payer ?

Éteignant la lanterne à ses pieds, le guide de tant de moutons et d’agneaux continuait sa tirade, s’attaquant tout d’abord au fantôme et à ses idéaux, l’accusant d’être le seul en état de faiblesse. Avait-il raison ? Peut-être… Il était vrai que le fantôme avait besoin d’aide. Il ne pouvait accomplir son objectif seul. Mais qu’en était-il de Bray ? Le paragon porteur de lumière avait-il réellement toutes les chances de gagner ? Non, ce n’était pas le cas. Il n’était qu’un autre gaillard détenant une nouvelle vérité immortelle qui allait se casser la figure dans les escaliers lors de son ascension. Le Bifrost se déroberait sous ses pieds. De la bouche du fantôme sortait une brume étrange alors que la créature qui habitait Husky Harris s’acharnait à présent sur le faux créateur. Une fumée grise, brouillard infernal aux effets néfastes. Bientôt, il engloberait la caverne. Et bientôt, Légion ne serait plus là. Aucune énergie vitale n’émanerait de lui. Aucune vision ne serait possible. Et toute apparition ne serait qu’un cauchemar. La Toxine rendait n’importe qui prône à la panique. Elle était la prémonition de la mort, mais le Damné s’en servait pour s'asseoir confortablement face à l’échiquier. Le terrain devenait de plus en plus préparé à accueillir ses doigts tenant les ficelles.


Peut-être Zamasu, car tel était son nom, put sentir une main lui effleurer les cheveux. Le pouvoir de Mémoires du maître des Champs-Désolés permettait de récolter les souvenirs des individus contre leur gré. Ainsi, le Shinjin n’était plus à l’abri des connaissances du fantôme. Mais pourtant, il ne semblait pas qu’il soit resté aux alentours. Dans la fraîcheur de la mort, l’âme se déplaçait partout. Il semblait qu’on puisse entendre sa respiration à côté de ses oreilles. Ses doigts tranchaient-ils le brouillard ou ce dernier s’agitait-il de son plein grè ? Où était-il à présent ? Se trouvait-il encore dans les environs ? Avait-il fui la scène ? Il semblait si proche et si lointain. Comme un prédateur que l’on venait de semer il y a quelques minutes.

”J’en ai vu des comme toi, temps et temps encore...”

Les yeux brillants du fantôme parurent devant Bray. Quand bien même ce dernier se tenait devant le vide, il voyait l’abîme lui-même fixer dans les entrailles de sa cervelle. Mais seules ces deux lumières, fausses lucioles, se trouvaient devant lui. Elles semblaient détachées du reste du corps du fantôme. Etait-il là, devant lui ? Ou n’était-ce qu’un effet d’optique procuré par son cerveau endommagé par la fumée psychédélique ? C’était comme le craquement d’un meuble dans l’obscurité la plus totale. Il semblait que seule la peur elle-même puisse faire apparaître l’individu qui parlait actuellement au colosse. Mais contrairement aux croque-mitaines qui parcouraient les dessous de matelas, ce prédateur fut bien réel il y a de cela quelques dizaines de secondes.

”Prophètes de valeurs inimaginables, détenteurs d’une connaissance qui sortirait l’humanité du pétrin dans laquelle elle est inconsciemment plongée. Hors des fils des dieux tu te trouves, mais pourtant ta quête ne pourra aboutir que par la chute... Mangeur de mondes, tu te retrouveras cloué au sol sans t’en rendre compte. Tes victoires et défaites sont déjà écrites sans même que tu ne puisses le voir. Malgré tes cris, tes pleurs et tes rires, tu restes coincé dans la causalité. Icare de poussière, si ce n’est le soleil qui décollera tes plumes, ce sera le vent qui les fera disparaître lors de ta montée. Tu ne feras que suivre les traces de ma chute...”

Les deux points blancs disparurent. Bray pouvait sentir alors que quelqu’un était derrière lui. Peut-être se retourna-t-il pour voir Légion, assis sur un trône, bien loin de sa ridicule pierre qui fit parler Zarathoustra. Il semblait être un véritable chef d’armée, un roi des morts comme il l’était véritablement. Ce fauteuil était probablement faux, car il n’était pas présent avant que la terreur n’envahisse la pièce. Le Damné avait les doigts joints, et les coudes sur les accoudoirs. Il semblait dominer entièrement la salle, quand bien même il ne faisait rien. Une fausse impression.

”Tu as raison. Je ne peux parvenir à mes fins seul. Mais c’est également ton cas. Ni ta lanterne, ni ta famille, ni n’importe laquelle de ces lucioles qui te suit, t’accompagne, se bat pour toi et panse tes blessures, ne pourra te faire transcender cette réalité conçue par les dieux. J’ai vu l’autre côté. Je suis allé en enfer et j’en suis revenu. Mais toi… Toi, je ne sais pas si tu parviendras à fuir le monde des morts comme je le fis un jour. Les dieux sont susceptibles. Ils sont rancuniers. Et si jamais ils te remarquent, ta mort ne pourra qu’arriver. Puisses-tu faire partie de ceux qui miraculeusement reviennent de l’au-delà, si cela venait à arriver.”

Et la figure assise fondit, tout comme son trône de venin. Ils disparurent de la vision du prophète qui allait à sa perte. Mais bientôt, l’autre ange put entendre cette voix monotone et grave, presque fatiguée, qui parlait comme si elle s’adressait à des enfants en besoin d’apprendre. Une pointe d’orgueil semblait en faire partie, de l’orgueil ou bien de la joie d’offrir la connaissance requise au combat contre les rouages infernaux conçus par les divins.

”Tu n’es pas le créateur. Tu ne souhaites que l’être. Tel est ton voeu, et tu as les outils pour parvenir à tes fins. Mais pourtant les obstacles se dressent sur ton chemin. Tes tentatives de purge de ce que tu considère être le mal ne mènent à rien. Tu sembles surpris de la combativité des mortels. Mais je sais ce que tu recherches. Un monde en paix. Une nature parfaite et non-dénigrée par ceux ayant acquis la connaissance de la part des dieux. Connaissance qui fut misérablement punie. Les vivants s'agrippèrent aux arbres de la connaissance, avant d’être expulsés du paradis. Ta haine est compréhensible, Zamasu. Mais cependant, tu n’as pas vu le vrai fautif.”

Un main sortit du brouillard. Elle n’était aucunement agressive. Elle souhaitait simplement guider le dieu vers la vérité. Une légère poussière sortit de sa paume. Une monde en ruines s’y trouvait. Il n’y avait plus de mortels. Seulement la nature… qui avait résisté au combat entre la vie et le purificateur. Presque plus rien ne s’y trouvait. La destruction avait laissée sa trace.

”Ceci est le monde qui proviendra de tes actes. Il n’y aura plus de mortels, mais les dieux t’empêcheront d’effectuer la purge qui te tient à coeur. Tu n’auras d’autre choix que de les tuer, et cette destruction annihilera la beauté à laquelle tu tiens tant. Il n’y aura presque plus rien hormis de maigres écosystèmes. Des créatures se disputant le peu d’eau et de nourritures trouvables. Il n’y aura que la peur, et l’envie de survivre qui s’y trouveront. Certes, les pulsions destructrices de ceux ayant reçu cette connaissance divine que tu tiens en si haute estime ne pourront plus la dénigrer… Mais à quel prix ? Ne penses-tu pas que ce sont ces camarades que tu nies à présent qui leur ont offert, dans leur idiotie et leur perversion, cette envie permanente de guerroyer et s’entretuer ? Penses-y, Zamasu… Lesquels de tes camarades dieux de la création utilisent à bon escient cet afflux si grand de connaissance qui fait la fierté de tes arguments ?”

Il sembla disparaître dans la fumée…

”Préfères-tu un monde sans mortels ?... Ou un monde où les mortels s’accordent aussi harmonieusement dans la nature que le reste ? C’est une finalité qui ne te sied pas. Tu as un coeur bon, séraphin. Mais n’use pas de sa pureté comme d’une lame pour tuer l’impur, mais comme d’un outil pour le guérir...”

Il s’était à nouveau posé sur sa pierre.

”Il est vrai que c’est à cause de ce que j’ai vécu que je songe ainsi. Mais c’est toujours le dominé qui se révoltera le premier… Je fus un mortel, un prophète, et un dieu… Mais aucun de ces chemins ne m’a permi d’atteindre mon but.”

Il soupira.

”Il n’y aucun moyen, seul, de faire pencher la balance. Nous sommes tous prisonniers, seuls, de la machine infernale. Nos rêves sont de maigres flammèches… Il n’y a qu’ensemble que notre bûcher deviendra convainquant. Un soleil noir qui fera eclipse au-dessus d’Eden...”

Zamasu
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Sam 11 Aoû 2018 - 20:08
Concrètement, qu’est-ce qu’un Dieu ? Comment le définir ? Depuis toujours un être divin était représenté comme intouchable, omniscient et omnipotent tel un soleil immortel, un astre sage dont les hommes buvaient les rayons dans l’intérêt de leur survie. Si par malheur un vil hérétique profanait le nom de celui qui donnait la vie, les doux rayons solaires devenaient brasiers afin de punir l’auteur de ces actes. Ainsi, les divins étaient aussi craints que vénérés, des lames à double tranchant qu’il fallait approcher avec la plus douce prudence, il ne faut pas froisser le papier angélique. Sans qu’ils le sachent, les mortels étaient les protégés des Dieux, ils étaient leurs créations, des êtres de pate conçue par l’essence divine dans le but de recréer un monde entier, un monde régi par des lois et libertés disposant la nature à s’épanouir en survivant aux époques.

Mais dans un râle discret et imperceptible d’ennui des Dieux aussi malicieux que putrides manipulèrent volontairement les premiers êtres vivants pour les orienter vers la voie du chaos, rendant ses derniers sauvages aux yeux de la majorité des habitants du royaume supérieur. C’est ainsi qu’Adam et Eve finirent par peupler la Terre, chassés de l’Eden.

Au fur des siècles et à cause des perturbateurs démoniaques et divins, les Hommes devinrent violents, égoïstes et irrespectueux, vénérant non plus les Dieux pour leur clémence mais au contraire leur générosité envers le peuple voisin, réclamant des catastrophes et des massacres sur ces derniers. Détournant les acquis et savoir des créateurs, les mortels se servirent des Dieux comme raisons de guerroyer, plaçant les créateurs comme responsables des tourments du monde. Les Humains sont égoïstes, ainsi, ils accusèrent les dieux d’être des fauteurs de troubles, des manipulateurs odieux créant le chaos dans leur propre monde ; Ces événements incontrôlables créant des personnages comme Bray et Légion, aveugles des vrais responsables, aveugles des vraies solutions pour restaurer une paix éternelle et juste. L’histoire n’allait pas se poursuivre par un nouveau lot de Dieux passifs, voire de chaos, Zamasu était à la fois de policier et le juge du dernier espoir de la vie dans l’univers, conscient de la cécité de son entourage, le Kaioshin devait se montrer comme le rempart de l’ordre.

Curieux envers le personnage de Bray, le Kaio exposait ses arguments, dénonçant Légion comme le mort en sursis qu’il était, perdant d’une lutte hors de sa portée ; Cependant, les belles paroles du fusionné ne faisaient aucun effet sur le terrien barbu qui semblait bien se moquer des histoires de Zamasu. En effet, Bray imageait le justicier comme un aveuglé qui ne réalisait par le mal causé par ses collègues, pourtant, il en était parfaitement conscient : Laxisme, émotion et malice régnaient dans l’univers avec des personnalités divines telles que Leech ou Shemesh, des « pseudos » Dieux comme Kaito, des erreurs qu’il fallait supprimer, mais eux seuls n’étaient pas la source de tous les problèmes.

Face au manque de profondeur des propos du porteur de lanterne, l’immortel aux cheveux d’argent eu un petit rictus visible qui indiquait son mépris d’un tel obscurantisme, néanmoins l’ultime fusion répondit sans animosité, serein, habitué de ce manège ridicule.

« Si ta vision est limitée à la destruction des Dieux seuls, c’est bien toi qui es dans l’erreur, la machine que tu cherches tant à détruire n’est pas une entité divine, elle est un ensemble de toutes sortes de viciés. »

Il était assez triste de remarquer un humain aussi présomptueux, que pensait-il pouvoir savoir de ses quelques dizaines d’années ? Zamasu était un être millénaire ayant voyagé dans le temps afin d’apprendre sur la vie, la culture et le développement des civilisations, il avait accumulé des siècles d’histoires et de nombreuses aventures, comment Bray pouvait-il se penser plus sage que son Dieu ?

Vint le tour du Maître des damnés, ce dernier ne semblait pas bien impressionné par les paroles du Shinjin, bien au contraire, mentionnant que la violence qu’il utilise ne faisait partie que des seules armes qu’il avait, quelles étaient son but. Légion se montrait comme l’arme de son idéologie, il pensait que son statut si singulier lui avait été offert, une sorte de cadeau des Dieux pour eux même les combattre, un paradoxe de logique divine. Mais Zamasu ne croyait rien de cela, les hommes ont dompté le feu et conçus la roue, des inventions de paix prônant l’intelligence qui est le meilleur cadeau que pouvait leur envoyer les cieux.

Cependant, les esprits pervertis de criminels ont utilisé cette sagesse pour créer de la folie, des armes destructrices permettant de vaincre par la force, d’assouvir les peuples et dominer des planètes entières. Certains peuples ont su rester pacifistes et bons, les Nameks sont quasi-intégralement purs de cœur tout comme les anges ou quelques autres races à la conception collective et sociale, ils étaient les exemples permettant de cibler le malaise conceptionnel des Terriens, saiyans et tant d’autres espèces hostiles aux autres.

Caché derrière son apparat grossier cachant son visage, l’épéiste demandait à l’être de lumière s’il le craignait, qu’elle stupide question, les inquiétudes du justicier reposait uniquement sur la potentielle perte de temps d’une tentative d’insurrection. Si un conflit de vaste ampleur éclatait dans l’univers, la nature pourrait en être blessé éternellement, ce serait une catastrophe dont Zamasu se sentirait responsable, lui qui aurait prouvé ne pas avoir été le défenseur de la justice qu’il revendique pourtant si hardiment.

« Je ne crains pas celui qui a prouvé qu’il n’était pas à la hauteur. »

Il avait le regard plus sévère.

« La personne que tu es devenue n’est que la récompense et la punition de ta détermination sans faille, un poids gris pour te remémorer chaque jour ton échec. »

Puis vint les réactions de Bray, lui qui semblait porteur d’une énergie et d’une volontée clairement singulière, un combat indissociable des autres contre un adversaire dont seul le nom était connu, un pseudonyme pour définir le mal selon le prophète, une image. Invoquant un étrange pouvoir d’ombre qui plongea la grotte, voire le monde entier, dans les ténèbres, seule la lueur de quelques lucioles permettait de se retrouver dans ce piège visuel. Puis la lumière revint, au centre de la scène se trouvait maintenant Bray, posté sur un Amat rocheux, les bras en croix, faisant écho à sa fonction prophétique de héros face à ce qu’il appelait la machine, refusant catégoriquement les idées de ses deux adversaires de joute verbale.

Effectivement, le porteur de lanterne était confiant en ses visions, déclarant que son chemin et lui seul permettrait de vaincre la machine. Zamasu était dubitatif, la manifestation magique de Bray démontrait qu’il n’était effectivement pas un homme comme les autres, possédait-il un pouvoir ancestral ou un entrainement lui ayant permit de développer de tels pouvoirs de contrôle ? En tout cas seul les actions du membre des Wyatt pouvaient être impressionnantes, les paroles de « l’élu » étaient en revanche vides, il refusait les idées mais ne proposait rien d’autre que sa propre raison, sans en donner l’explication. Ainsi le fusionné ne pouvait même pas savoir par quelle mécanique Bray pensait pouvoir vaincre la machine qu’il jure tant vouloir combattre, avait-il au moins un plan ? Peut être que ce terrien n’était qu’un fauteur de trouble comme Zamasu en avait tant vu ?

Mais non, le porteur de lanterne n’était pas qu’un simple crieur de rue, sous le regard désormais plus ferme de l’immortel en tenue divine, il déclarait les conséquences de sa prétendue victoire : Un monde sans règles, un monde chaotique. Voilà ce qu’était la hantise du Shinjin, un univers répondant aux lois imaginaires de la jungle, ou chacun est libre de faire ce qu’il souhaite sans limite, incluant de détruire les autres, les démons que combat le justicier seraient libres de tout détruire en suivant cette idéologie aussi simple qu’utopiste.

Ainsi s’opposait 3 visions du monde, la première représentait l’ordre par Zamasu, un monde de règles ordonnés afin de laisser à tous une vie et une paix formelle. La seconde était l’égalité proposée par Légion, un monde ou les Dieux sont déchus et ou les règles seront réécrites pour offrir le bonheur à tout les peuples. La dernière était l’idée folle de Bray, plus de Dieux, plus de règles, le chaos le plus total dans un monde qui ne demande pourtant qu’à être dirigé vers son apogée.

Mais le prophète n’allait pas simplement s’opposer aux plans de ses interlocuteurs, il allait aussi tenter de les faire rejoindre sa cause, indiquant que le combat de Zamasu ne servait qu’à nourrir son orgueil, une insulte maladroite et malvenue contre un Dieu. Visiblement aveuglé par ses idéaux déments, le porteur de lanterne se montrait prétentieux et malpoli, lui qui n’était aucunement en position de force face à l’immortel, le voilà qui le prenait de haut, de telle paroles n’étaient pas au gout du fusionné.

« Imprudent, ne te moque pas du Dieu qui t’a offert la vie. »

Un rapide commentaire exprimé sur un ton rude, Bray semblait écarté de la réalité, ne se rendant pas compte de la position hiérarchique de son interlocuteur, il était hors de question de rejoindre un être tel que lui.

« J’ai besoin de direction ? Tes visions prophétiques t’on fait perdre la raison, ton manque de respect ne fait que confirmer mes craintes, tu t’es perdu dans les limbes de la folie, ce serait un gâchis que de te laisser dans l’ombre ! »


Mais aussi ironique que cela pouvait paraitre, une brume opaque pris de court les actions de la fusion suprême, la caverne fut envahie par un épais brouillard, limitant la vision du Dieu à un ou deux mètres tout au plus. Zamasu ne pouvait cacher sa surprise, observant son environnement, le justicier ne pouvait plus voir ni Bray, ni Légion, une scène ridicule qui coupait court à la joute verbale pourtant intéressante qui se déroulait, était-ce un moyen de fuir le débat ? Peut être que les deux prétendus leaders s’étaient rendus compte de leurs erreurs. Néanmoins, le Kaioshin ne voulait pas en rire, l’ambiance mortuaire et grisette qui l’entourait lui coupait toute joie, le manque de visibilité était oppressant, une situation bien particulière tant elle était soudaine.

Dans ce vide complet, l’être de lumière ne sentait aucune force, aucun bruit ne se faisait entendre, seul un léger coup de vent heurtant ses cheveux semblait animer la scène. L’attente ne fut cependant pas bien longue, au bout de quelques instants, une voix résonna dans la brume, cherchant cette dernière, le divin fut vite déçu de constater qu’elle semblait vivre dans les ténèbres, partout et nul par à la fois. Cette voix était celle de Légion, grave, mais quelque peu hautaine, affirmant que Zamasu n’était pas le créateur, ajoutant des éléments de la vie du Shinjin que ce dernier n’avait révéler à personne. Comment ce satané Maître des damnés pouvait savoir cela ? Le regard du justicier devenait plus sombre et sévère encore, Légion semblait avoir une certaine omniscience et balayait donc son combat comme des miettes de pain sec, incluant évidement que me héros était dans l’erreur.

L’épéiste semblait tout savoir sur le Kaioshin, était-il réellement omniscient ? Non, ce n’était pas possible, si c’était le cas il connaitrait l’ampleur des projets et raisons de Zamasu et comme toute personne raisonnable les comprendrait. Le plan du justicier était parfait, le simple fait que l’homme de brume n’ait pas ouvert les yeux prouvait qu’il n’était pas omniscient, il devait juste avoir un certain talent de lecture mémorielle ou des visions comme certains Kanasiens.

« Tu sembles bien informé, mais il est bien dommage que tu ne comprennes pas mes projets, tu ne vaux finalement pas mieux que les autres, tu es borné, accroché à un projet millénaire, depuis toujours les mortels on voulut défier les Dieux, tu es que l’écho de centaines d’échecs. »

C’est alors qu’une agitation dans la brume face à Zamasu forma une main, cette dernière semblait bien être celle de Légion, gantelée et sans agressivité, une apparition démontrant les grands pouvoirs du maître de ceux que l’ont ne veut plus voir. De la paume de l’invocation jailli alors un désert infertile, une terre misérable et blessée, un monde perdu dans lequel des millions d’années seront nécessaire pour y faire renaitre une nature généreuse et magnifique. La vision était accompagnée de paroles, la même voix indiquait des faits troublant et réalistes : Malgré l’éradication des mortels, les autres Dieux devront aussi êtres mis en déroute, eux qui avaient initialement plantés la graine du mal dans le cœur des hommes. Ce point, l’immortel aux cheveux d’argent pouvait l’entendre, le combat contre les autres régisseurs pouvait amener une destruction sans pareille. De nombreux êtres supérieurs étaient doté d’un gigantesque pouvoir de destruction, dans leur grand égoïsme, ils pourraient tenter de tout détruire pour ne rien laisser à Zamasu. Ce n’était pas dénué de sens, l’invincible poussa un soupir, malheureusement, ce sacrifice semblait nécessaire, l’inaction n’était pas préférable à une victoire juste, seule cette solution permettait de vaincre tous les maux de ce monde.

« Certes, le monde sera partiellement détruit, mais ce sera le début d’une nouvelle Eden parfaite et absolue, qu’importe le nombre de Dieux qu’il faudra supprimer, je ferais le nécessaire pour parvenir à éternelle justice. »

« Certes », Légion avait eu raison sur un point, il fallait l’admettre, mais une victoire ne gagnait pas la guerre. La main s’éteignait dans la brume, laissant les voix interpeler seules l’ancien élève de Gowasu, ajoutant que Zamasu devait utiliser ses pouvoirs pour guérir plutôt que détruire, malheureusement, certaines personnes n’étaient pas raisonnables par les mots ou la magie.

« Aucun outil ne pourra raisonner les démons qui malmène ce monde, toi qui appelait précédemment à la guerre, tu me sembles bien hypocrite. »

Puis l’homme en armure réapparu sur une pierre disposée au sol, le brouillard était toujours aussi fort, néanmoins il était possible de voir le beau parleur qui révéla avoir été un prophète et un Dieu, mais que ses rôles ne l’avaient pas aidé à « pencher la balance ».

Zamasu eu alors un petit rictus, suivit d’un rire narquois, Légion avait été un Dieu ? Quelle ironie, il n’était qu’un divin déchu cherchant à se venger ? Il pensait qu’être un Dieu ne peut pas aider à la quête du sauvetage du monde ? Son inconscience le perdra.  Le rire du justicier dura quelques secondes de silence presque malaisantes, il était temps de montrer aux deux malpolis auquel il faisait face quels étaient les pouvoirs d’un vrai Dieu. D’un ton plus condescendant et hautain, le Kaioshin rétorqua à Légion.

« Le fait que tu as été un Dieu n’est que la preuve que tu n’es pas celui qui sauvera l’univers. Regarde-toi maintenant, un mort en sursis, un cadavre réanimé par la volonté d’un téméraire visionnaire, tu penses avoir plus de chances ainsi ?»

D’un grand sourire aussi large qu’insensé, Zamasu tendit son bras droit vers le ciel, faisant apparaitre à quelques centimètres de son dos un grand anneau de lumière argentée, prenant appui au sol, il s’envola alors dans la brume, disparaissant quelques instants. Puis après quelques secondes, tout le brouillard disparu dans une puissant onde de choc lumineuse, la luminosité de cette capacité avait sans doute le mérite d’éblouir les deux autres protagonistes hantant la caverne, eux qui étaient à présent sortis des ténèbres. Point lumineux central et volant de la scène, l’ultime justicier se situait à plusieurs mètres de haut, un sourire hautain aux au lèvres, l’arc de brillant dans son dos, scrutant les deux autres cloués au sol, toujours le bras droit levé.

« Légion, tes manipulations seront sans effet sur moi. A chercher le mouton noir qui corrompt vos terres, vous avez finis par vous retourner contre vos propres créateurs, cherchant à tout prix un coupable sans imaginer que vous pourriez vous-même l’être. Vos adversaires ne sont pas dans les nuages, mais voyagent dans les dimensions, le temps et l’espace, ils sont partout et nulle part, ce sont ceux qui profanent les règles élémentaires de la vie, ce sont ceux qui utilisent les plus sombres magies pour contrôler le cœur des hommes. Mais ça vous refusez encore de le comprendre. »


Toujours dans les airs, Zamasu était un puissant orateur, impérial et autoritaire.

« Vous pouvez m’aider dans mon but, Légion, toi qui t’es approché de l’Eden, qui pouvait en sentir l’odeur et la perfection, tu ne désires pas le voir étendu sur le monde entier ? Ce paradis pourrait être à portée de tous. »

La Shijin haussa alors les épaules, narquois.

« Mais tu préfères le détruire, car tu en as peur, tu penses que c’est moi qui te crains, mais tu es simplement trop téméraire pour te rendre compte que tu n’es pas assez fort pour te confronter à ton échec, tu veux juste le voir disparaitre et oublier ta propre défaite. »

Le regard du fusionné fusillait maintenant Bray.

« Toi aussi Bray, tu refuses de me croire, mais si tu me suis je te montrerais ce que j’ai vu, des milliers d’années d’évolutions, des millions de planètes, un scénario toujours différent mais des événements toujours similaires, si les dieux ne jouaient qu’a un jeu, ils s’en seraient vite lassés, tu ne penses pas ? »

En effet, des millions de planètes vides, quelques races égoïstes, certaines pacifistes, certaines imprévisible, un jeu qui serait infini dans lequel on ne jouerait qu’avec le quart des cartes, qui trouverait cela amusant ?

« Vos esprits ont étés corrompus par la marque des démons et des êtres perfides qui menacent notre univers, je vais vous ouvrir les yeux sur ceux qui vous manipulent ! Je vais faire ce que vous êtes incapables de faire : Vous donner la vérité ! »

En abattant son bras droit vers le sol, Zamasu Projeta un arc similaire à celui qui se trouvait dans son dos au-dessus des deux personnages, formant ainsi un arc horizontal gigantesque qui plongea la caverne entière dans la lumière dans un flash assourdissant tant il était puissant.

Puis, plus rien, le vide, un vide en lumière, en ouvrant leurs yeux, les deux visionnaires remarquaient rapidement qu’ils étaient isolés, ils étaient dans un océan de clarté. Aucune des lucioles, aucune lanterne ne viendrait aider les deux personnages qui se retrouvaient seul, pendant quelques instants. Effectivement, Dans cet espace vide apparu dans un fondu hallucinatoire un ou plusieurs personnages, ces derniers étant des hallucinations de craintes et de peurs, des manipulations réelles ou inventée conçues pour faire douter les leaders.

Que ce soit par des paroles ou des combats, Légion et Bray allaient êtres confrontés aux plus ardus des dilemmes mentaux, le tout orchestré par le plus le réel justicier : Zamasu, lui qui allait montrer à ses opposant la stupidité de leur combat par des mots et des images provenant de personnes qu’ils accepteront d’entendre. Les deux hommes visionnaires étaient séparés, ils ne se voyaient pas, ne s’entendaient pas. Si ce plan-ci ne fonctionnait pas, cela prouverait deux choses, la première était la folie de ces deux personnalités, la seconde était leur détermination, mais cette deuxième option était peu probable, le pouvoir de Zamasu n’était pas faillible, ils allaient tomber et se soumettre à la seule vision pérenne de l’ordre.




Bray Wyatt
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Sam 8 Sep 2018 - 18:30

He's Got The Whole World In His Hands

Nombreux étaient ceux qui prétendaient pouvoir changer la face du monde, mais peu d’entre eux pouvaient se vanter de l’avoir vraiment fait. Où se positionnait Bray Wyatt dans tout ça ? Une énième grande gueule sans réel pouvoir pour impacter l’univers ou la voix qui laissera à jamais une empreinte indélébile dans l’histoire sans fin de la galaxie ? Selon le fantôme, le Mangeur de Mondes était destiné à chuter en plein milieu de son ascension comme tant d’autres qui ont essayé avant lui. Le regard du berger était plongé vers les deux lueurs rouges, elles n’exprimaient qu’une seule chose et c’était une soif intense de combativité, défiant les propos du mort. Le chemin était tracé selon lui, bien que l’homme qui se trouvait en face de lui soit une personne qui s’éloignait constamment de la route du destin. Les lumières disparurent lorsque l’Ange dans la poussière se retourna pour faire face au maître des Damnés, confortablement assis sur un trône. Il tentait d'ancrer sa position en tant que le meneur de cette conversation entre les trois hommes aux convictions d’acier mais opposées dans leurs perspectives. Un sourire sarcastique s’inscrit sur le visage du patriarche de la Wyatt Family. L’homme en armure médiévale continua son discours dans lequel il affirmait que l’Ange dans la poussière avait perdu d’avance sans lui, que les dieux ne le laisseront pas fuir du royaume des morts duquel lui-même avait réussi à s’échapper. Le sourire du mastodonte s’élargit davantage avant de pousser un faible rire.

“Tu sembles mal me connaître, maître des Damnés, et par conséquent tu projettes à travers de moi la vision décadente et honteuse de ton parcours et surtout de ta défaite. Je suis bien plus qu’un simple homme. Je suis bien plus qu’un simple prophète. Je suis la bénédiction dont ce monde à tant besoin ! La mort elle-même ne pourra me retenir…”

Une pause s’installa dans le discours du monstre à la longue barbe alors que l’ancien manipulateur fondait devant ses propres yeux. Un second rire retentit alors que son regard se portait sur l’être divin qui avait décidé de rejoindre la joute verbale.

“Ni la volonté divine… Je suis bien plus que ça.”

Le sourire qui avait pris place sur son visage cessa d’exister, maintenant remplacé par une expression qui inspirait seulement le sérieux avec lequel il avait exprimé sa dernière phrase. Était-il suffisamment mégalomane pour croire qu’il était au-dessus des créateurs de ce bac-à-sable dans lequel il n’était qu’un jouet de trop, ou alors détenait-il une part de vérité dans ses paroles ? Qui sait, il se pourrait que lui-même ne connaisse pas la réponse à cette question.

Un brouillard dense fit son apparition, bloquant ses deux interlocuteurs de la vue du terrien. Il se retrouva seul pendant un moment, avec seul compagnie sa lanterne.

Une luminosité apparut alors, dissipant ainsi la brume comme une levée de rideaux avec l’acteur principal dans les cieux, au milieu de la scène, rayonnant de tout son orgueil. Ce Dieu ne manquait pas de se mettre en avant pour réduire à néant les doux mots du manipulateur mort-vivant. Le berger n’était pour le moment qu’un simple spectateur qui profitait de la discussion entre ces deux orateurs. Il n’avait rien à dire, il s’était même assis par terre de façon détendue, un sourire amusé tout le long. Jusqu'à ce que le tout-puissant se mette à l’interpeller, le questionnant directement sur le jeu auquel les êtres divins s’adonnaient en réfutant tout. Bray se mit à rire à gorge déployée deux secondes avant de reprendre une expression sévère. Il prit le temps de se relever pour faire “face” à l’autorité que représentait l’humanoïde de vert et d’argent.

“Un jeu suffisamment lassant pour qu’ils laissent un de leurs jouets s’enfuir de leur influence pour causer malheur et destruction dans leur bac à sable. C’est tristement ce que tu es devenu en venant ici : rien de plus qu’un énième pion pour divertir le véritable créateur de ce monde. Je n’ai pas besoin de la guidance de celui qui se fait mouvoir par la machine divine sans qu’il le réalise, comme une marionnette au bout de leurs ficelles.”

Une belle tirade de la part du maître orateur. Sa voix ne montrait aucune faiblesse, elle était confiante et accusatrice. Il considérait le justicier comme un être perdu d’avance, irrécupérable et indigne de sa conduite. En même temps, comment un simple mortel pourrait convaincre un Kaioshin imbu de sa personne, qui rejetait les fautes des êtres divins sur ceux qui ne pouvaient rien faire d’autre que subir leur courroux ?

Des cercles divins se placèrent derrière ceux qui s'opposaient et les englobèrent dans la lumière. Bray Wyatt ne semblait pas concerné par cela, gardant son regard vil sur la créature jusqu’à ce qu’il ne puisse rien voir d’autre qu’un blanc immaculé. Il se trouvait maintenant seul dans un vide total, le chef de la Wyatt Family restait sur ses appuis, inébranlable. Il n’allait pas se laisser apeurer par un simple tour de passe-passe divin.


Néanmoins, le bruit distant d’un incendie pouvait s’entendre au loin, un bruit de fond qui commençait à s’amplifier de plus en plus derrière le prophète. Il fit volte-face pour voir la grange de son terrain vague en flammes. Ceci pourrait sembler anodin mais pour Bray et ses fidèles, ce lieu était comme un sanctuaire : dans ce bâtiment d'apparence insignifiante se trouvait enterré le corps de leur véritable guide, Soeur Abigail. Le lieu le plus sacré aux yeux du barbu était en train de disparaître dans les flammes infernales. L’expression qui naquit sur son visage disait tout : du regret, de la peur et surtout du chagrin. Il commença à foncer vers l’infrastructure en bois mais en vain. Il courait dans le vide, il ne pouvait pas se rapprocher pour défendre la chose qui lui tenait le plus à coeur.

Le feu dévora la grange, ne laissant rien d’autre que des cendres fumantes qui se mirent à s’envoler au gré d’un vent que le prophète ne pouvait sentir. Il était sous le choc de voir une scène aussi horrifique, il en était au bord des larmes. Mais la torture n’était pas encore finie. Encore une fois derrière lui, il put entendre des bruits de pas. Il se retourna pour être face à face avec ses plus fidèles frères : Luke Harper et Erick Rowan. Pas un mot ne fut échangé. Les deux enlevèrent les masques de mouton qu’ils portaient avant de les laisser tomber au sol. Le regard de Bray Wyatt suivit la chute des masques avant qu’il remonte son regard paniqué vers ses apôtres. Un simple “non” sortit de sa bouche. Les deux terriens, d’un coup violent, écrasèrent et éclatèrent le symbole de la Wyatt Family avant de tourner dos vers leur ancien guide dans les ténèbres. Ils disparurent dans la lumière blanche alors que le patriarche était brisé d’assister à la scène. Ses frères qui se retournaient contre lui ainsi : ceci était bien plus douloureux que son combat contre l’envoyé des dieux. Il tomba à genoux à ce point comme s’il venait de se prendre un coup particulièrement violent dans le ventre. L’attaque du mental semblait plus efficace qu’un quelconque assaut physique dans le cadre du guide à la lanterne. Le Dieu jouait entièrement avec les craintes ses plus vivide et bien que ce fait était implanté dans son esprit mais pour autant, ceci ne rendait pas moins l’expérience insupportable.

Une main vint se poser sur son épaule droit. Il releva sa tête pour voir devant lui une silhouette qui lui était bien familière. Une figure maternelle, une lumière dans le noir, la vérité dans un monde tombé dans l’ignorance : Soeur Abigail. Le berger n’en croyait pas ses yeux, celle qui l’avait sauvé de la corruption en face de lui, à nouveau. Un sourire rassuré se formait sur le visage du berger, comme si ses soucis venaient de s’envoler au loin.

“J’avais tellement d’espoir en toi”

Mais ce sourire ne dura qu’un court instant. La première phrase qui sortait à son plus fidèle enfant après tant d’années était celle de déception envers lui. Le prophète était confus mais également chagriné par ceci.

“Tu avais été choisi pour ramener à ce monde à la réalité en brisant leurs chaînes de la manipulation de ceux qui croient être à l’abri dans leurs trônes. Et à la place, tu ne fais qu’alimenter cette illusion.”

Les premières larmes commençait à perler dans les yeux du mouton. Sa bergère l’accusant de n’avoir rendu la chose pire, de n’avoir que rendre leur ennemi plus fort. De tels accusations de la part de la personne qu’il tenait le plus à coeur en ce monde perfide. Aucune arme, la plus destructive qu’elle soit, ne pouvait être plus efficace face au béhémoth. Sa main se décolla doucement de son ancien apprenti.

“Tu n’es qu’à la fin qu’un rouage de la machine dans le déni. Tes actions ne libère pas les asservis de la main des tyrans de ce monde ! Tu ne les fait que se rendre plus confortable dans leur fausse liberté.”


Sa tête chuta tout comme ses bras. Il pleurait à sanglots. Démoli émotionnellement par la morte, il avait perdu tous repères. L’apparition disparu en face à de lui, comme la grange, en cendres. Il était maintenant complètement seul, à devoir se confronter à lui-même. Est-ce que tout qui avait oeuvré était en vain ? Pourtant, chaque jours, sa famille s'agrandissait pour lutter pour un monde meilleur, sans aucune loi pour manipuler la masse. Il montrait la vraie voie à ceux qui n’étaient pas entièrement endoctrinés par les mensonges de la société. Il pleurait de plus en plus, c’était dans ce triste état qui se retrouvait. Il avait fait tellement d’effort mais en vain.

Mais le gémissement qu’il produisait se transformaient petit à petit à un faible rire. Plus le temps passé plus ce rire devenait de plus incontrôlable et bruyant, au point de former comme un écho dans ce vide illuminé. Il se releva, la tête toujours vers le bas. Les larmes continuèrent à tomber alors qu’il s'esclaffait comme un fou. Il finit par lever son regard vers le ciel.

“FOLLOW THE BUZZARDS HAHaha!”

Il adopta la pose de la croix, comme à son habitude quand il pensait avoir le contrôle de la situation. Pourtant, ce n’était pas le cas ici, il se faisait prendre en bourrique par les illusions d’un dieu revanchard. Il était devenu sa marionnette qu’il balançait d’une horreur à l’autre. Mais est-ce que ce cri, normalement victorieux, signifiait la liberté de ses ficelles divines ou encore de son abandon à devenir éternellement un serviteur d’un autre être aux idéaux corrompus ?
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Conviction contre rédemption [PV]
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