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 Conviction contre rédemption [PV]

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Bray Wyatt
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MessageSujet: Conviction contre rédemption [PV]   Dim 8 Juil 2018 - 13:03

He's Got The Whole World In His Hands


Des jours, des semaines, des mois. Comment savoir combien de temps s’était véritablement écoulé depuis sa rencontre contre Claire ? Dur d’estimer, dans la chronologie confuse de ce monde. Mais Bray Wyatt avait pu se soigner avec l’aide de sa famille de ses séquelles physiques de sa confrontation face à la justicière. Le prophète était à nouveau apte de se mouvoir librement sans difficulté et sans avoir le vertige. Il était de nouveau en état de répandre son message et de faire sombrer ceux qui défendaient bec et ongle la machine dans leur inconscient. Et cette fois, il s’assurera que la confrontation ne se terminera pas par la mort de son adversaire. Hors de question que cette erreur ne soit répétée…  jamais le sang d'autrui sera versé ainsi dans sa quête d’abolir un système injuste.

Il avait encore en tête le visage de Claire avant qu’elle ne disparaisse en poussière. Tellement innocente mais corrompue par les rouages de la machine céleste. Si seulement il avait pu la sauver de leurs griffes avant que l'irréparable soit commis. Ses dernières paroles le hantait, la sincérité et la bienveillance dans sa voix le troublait encore aujourd’hui. Pour un homme qui voyait l’anarchie comme étant la meilleure chose qui puisse arriver dans ce monde, il ne désirait pas la mort de qui que ce soit pour autant, même pour cette élite qui avait le contrôle sur le reste du monde selon lui. Il souhaitait démanteler une société qu’il jugeait corrompue jusqu’à l’os sans pour autant que la faucheuse ne suive ses traces. Était-ce là une forme d'innocence du béhémoth d’espérer pouvoir changer les choses aussi profondément sans massacre ? Je vous laisserais comme étant seul juge de ceci. Mais peut-être que ces plans pourraient lui permettre de réaliser ce miracle. Après tout, il semblait pouvoir charmer ou terrifier tout ceux qu’il croisait outre quelques exceptions, comme la claymore. Ce n’était pas si fou que cela de croire qu’il serait capable de convaincre le monde de sa doctrine si l’opportunité se présentait, que ce soit par la crainte ou par son charisme.

Le nouveau visage de la peur s’était rendu dans un lieu pour le moins inhospitalier en cette nuit : les fameuses montagnes rocheuses de la Terre. Il semblait être seul dans sa marche dans cet environnement escarpé, à l’orée des grottes ténébreuses. Toujours avec sa lanterne en main, il traversait les lieux éclairés par sa douce lumière perçant à travers l’ombre et l'abîme. Il grimpait chacune des roches sur son chemin d’une main alors que le temps était peu favorable à l’escalade d’un tel lieu. Le vent soufflait tel une tempête capricieuse et indomptable malgré que le ciel ne soit recouvert d’aucun nuage. Les éléments ne semblaient pas avoir oublié la perte de leur championne aux mains du Mangeur de Mondes. Mais bien que cela rendait son voyage plus compliqué, il persistait malgré cela. Peu importe où était sa destination, il semblait être bien plus que décidé à s’y rendre.

Après un bon moment d’escalade et de marche, il pénétra dans une caverne inconnue de tous. Dans celle-ci se trouvait un spectacle peu commun parmi ces montagnes peu accueillantes : ce qui ressemblait à une forêt piégée dans un caveau de roche, avec comme seul moyen de voir les cieux étant à travers un cratère. Il y avait même un fleuve qui coulait à l’intérieur. Un lieu que beaucoup considéraient comme sacré, voir même divin s’ils parvenaient à l’atteindre. Bercé dans la nuit, les étoiles étaient remplacées par des cristaux scintillants incrustés dans la paroi et des lucioles éclairaient finement les branches des arbres. Pour une raison ou une autre, ce trésor naturel semblait être familier à l’Ange dans la Poussière. Il avançait parmi les plantes et les arbres sans aucun signe d'émerveillement ou de curiosité. Il semblait être autant abasourdi par ce paradis sur Terre que les autres terriens l’étaient des villes qu’ils habitaient quotidiennement.  

Ici, à l’abri des caprices du vent et des éléments dans cet havre de paix, il se mit à genoux devant le fleuve qui alimentait la biomasse environnante. Il mit ses deux mains dans l’eau pour la recueillir entre ses deux mains avant de s’asperger le faciès. Maintenant les paumes de ses mains sur son visage, il les fit descendirent lentement le long de sa face avant de les faire tomber lourdement sur ses genoux. Pourquoi faisait-il cela ? Impossible de le dire, pour sûr. Il y resta pendant un moment, profitant de ce calme qui allait bientôt être interrompu par une tierce personne qui avait également décidé de se rendre en ces lieux...
Légion
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Mer 1 Aoû 2018 - 0:01
Il fut dit de la nuit et du noir qu’ils pouvaient observer les véritables esprits des hommes quand ces derniers, convaincus de la sûreté de leur solitude, laissaient sortir leurs véritables pensées et comportements. Mais pourquoi donc le colosse se laissait-il sombrer dans l’agonie sentimentale ? Pourquoi donc Bray Wyatt manquait-il de pleurer ? Souillé dans son âme par sa victoire éclatante, il marchait sur le sol comme un bateau percé qui tentait de rejoindre le rivage. Pauvre créature prise de pitié en atteignant la dernière marche du podium. Au summum de sa réussite, le voilà plongeant. Ange de la poussière, Icare dans la boue, cherchant le centre de la terre pour être repoussé par l’épicentre du séisme qu’il causa de son poing. Après avoir terrassé un dieu sur Terre, un personnage à la puissance inimaginable, le voilà boitant dans les montagnes, cherchant un maigre refuge pour pouvoir retrouver son calme. Et pourtant il semblait que l’abîme l’observait encore car parmi les lucioles qui l’avaient quittées, une seule reparaissait, spectateur mystérieux et silencieux, imperceptible et omniprésent dans les ténèbres qui entouraient les ailes disparues du mangeur de mondes. Dans l’emprise du tourment, il tâchait de retrouver un repère dans les larmes des montagnes. Un fleuve rafraîchissant qu’il souhaitait purgateur de ses péchés. Mais était-il vraiment dans le tort ?

”Triste nuit pour souffrir d’une malédiction, “Husky Harris”. Il semblerait que ces derniers jours furent agités, pour toi comme pour moi.”

De l’autre côté de la rivière se trouvait une roche faisant siège. Et sur ce trône improvisé était assis le Maître des Damnés en personne. Son regard perçant les ténèbres n’en faisait en aucun cas l’une des lucioles qui facilement se propageaient telle une aura autour du colosse quand ce dernier prenait la parole. Mais le voici sans sa protection ténébreuse, sans ses pairs aux alentours, sans qu’il ne puisse user de la surprise pour arriver sur un terrain préparé à l’avance après une introduction troublante. Il n’y avait qu’un seul mouton, un pauvre agneau qui voyait présent de l’autre côté du courant un loup. Mais ce dernier n’était en aucun cas à jeun, quand bien même il semblait chercher aventure. Bien malheureux était celui qui croisait Légion la nuit, mais pourtant, le regard du spectre n’était pas celui d’un chasseur trouvant sa proie. Il y avait une sorte d’admiration, entre le chapeau et le foulard qui cachaient à nouveau son visage. Dans ces deux points blancs qui traversaient le monde des ténèbres se trouvait un enthousiasme vis-à-vis de cette rencontre entre ceux qui parvinrent à une victoire contre les divins.

”Vaincre un dieu. C’est un fait impressionnant. Toi qui a survécu aux envoyés de l’enfer, à l’homme mort et au fils préféré du malin, tu continues ton ascension en terrassant les misérables qui se dressent sur ta route… Oh, mais ne te troubles pas dans des remords insensés. Elle fera de même que les autres. Elle reviendra.”

Il quitta son siège improvisé et se leva dans la nuit. La lumière de la lune passa par l’un des trous qui séparait la roche du ciel. Et la forme de l’ombre put être aperçue alors qu’il entamait sa marche vers celui qui haïssait la “Machine.” Cette appellation ne pouvait que désigner les forces externes aux mortels qui manipulaient la causalité depuis le ciel. Ou bien était-ce bien différent de ce que l’on pouvait croire ? Quelle créature était donc ce Bray Wyatt qui souhaitait l'anéantissement de forces externes mais regrettait mettre à mort leurs serviteurs les plus fidèles ?

”Il n’y a pas d’escalier pour atteindre les cieux. Seuls les cadavres qui s’empilent peuvent t’y emmener. Mais tu regrettes anéantir ceux que tu crois innocents. Tu cherches un juste milieu que personne ne peut t’offrir. Personne… hormis moi.”

Le fantôme dont la cape volait au vent semblait léviter… Non ! Il marchait sur l’eau. Tel le guide incontesté des hommes, il n’avait que faire de la rivière de Charon. Le Styx ne pouvait le retenir. Son visage était caché mais ses yeux restaient perçants. Il semblait émaner cette aura de grandeur alors que la lumière de l’astre lunaire resplendissait dans son dos. Il paraissait… divin ? Ses pouvoirs parvenaient-ils à changer l’apparence du monde autour de lui ? Ou bien l’obscurité l’avait-elle bel et bien choisi comme champion et représentant ? La paume de l’être éthéré fut présentée à son interlocuteur plus petit de taille mais bien plus large et imposant. Elle se mit à briller alors.

”Je suis le maître des Damnés. Le roi d’une contrée de morts qui ne furent pas choisis pour revenir en ce monde. Et ma marque peut désigner quels sont les véritables innocents, et quels sont ceux qui sont assez corrompus par le mal pour joindre ma terre aride et disgraciée.”

Ses doigts se replièrent alors. Il se retourna et reprit sa marche.

”Tu as peur. Tu regrettes ce que tu as commis. Mais pourtant, sache que les divins sont ceux qui tirent les ficelles. Ce sont eux que tu hais tant. Cette machine infernale n’est que le résultat de leurs rêves les plus fous et les plus hargneux. Leurs jouets, hurlant partout à l’agonie, dont l’âme est instillée de cette corrosion ayant pour but de les condamner à s’entretuer à jamais… Leurs esprits tourmentés par le chaos qui leur fut imposé dès la naissance. La haine d’autrui, la compétition permanente… Tant de vices qu’il nous faut supposément contrôler de nous-mêmes… Un destin tout tracé. Oui… C’est cela qu’ils nous réservent.”

Son corps de nouveau fit face à Bray.

”Mais toi… Toi tu n’es pas comme les autres. Toi, tu vis en dehors de leurs règles si délicatement établies. Tu vaincs des êtres sensationnels. Tu amènes à ta cause des combattants extraordinaires. Tu es le berger de ceux qui vivent en travers de cette réalité qui fut forcée dans ce monde à coups de pieds. Mais… Tu ne pourras rester invaincu très longtemps. Il te faut de l’aide contre les pièges de l’Olympe… Il te faut mon aide...”

Il se rapprocha à nouveau, avant de se positionner devant le colosse, tendant sa main une seconde fois.

”Et je te veux, Bray… Je te veux dans mon armée… Tu m’es nécessaire et je te le suis… Pour mettre fin à cette anomalie qui contrôle notre monde, il faut être plusieurs.”

Que voyait Bray Wyatt dans ce regard perçant ? Un ami ? Un ennemi ? Ou bien un dieu ?

Zamasu
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Mer 1 Aoû 2018 - 23:06
Si le monde était parfois victime d’une pollution aussi injuste qu’importante par certaines espèces nuisibles qui ravageait son sol et ses richesses, il existait encore des havres de paix, lieux vénérés et laissés en exil pour ne pas déranger les grands créateurs, qui qu’ils soient. Cependant, ces mêmes Hommes animés par une autolâtrie égoïste ne faisaient preuve que d’un respect faux, rendant sacré des lieux aux profils d’autres, détruisant des régions pour préserver un lopin de terre sainte, un bâtiment ou un texte unique. Comme beaucoup d’espèces, les Humains avaient donc laissés quelques endroits épargnés de la présence néfaste qu’ils savaient exercer sur l’environnement, la visite d’aujourd’hui était l’une de ces représentations, loin de la destruction, un paysage serein. Après sa rencontre avec Shemesh, Zamasu ne désirait qu’un peu de calme, de trouver la réelle tranquillité dans un site ou les mêmes les dieux seraient désintéressés de se rendre, voguant sous une nuit décorée de milles étoiles, en apparence sans turbulences.

L’être de lumière s’était donc posé sur l’une des mesas perdues des montagnes rocheuses, région hostile à la vie ou le Kaioshin ne se sentait pourquoi pas plus mal qu’ailleurs, le silence ambiant était agréable après ses rencontres de la journée précédente. La nuit décorait le l’horizon d’un spectacle haut en couleur, une voilure argentée sur fond de marbre, envoutant. L’immortel fut attiré par une faille taillée dans une parois de pierre, celle-ci dégageait une fine lumière turquoise, une lueur froide mais pourtant chaleureuse vers laquelle il se dirigeait, abandonnant l’observation des étoiles pour l’exploration d’une entrée souterraine. Zamasu était un Dieu curieux, malgré ses ambitions nobles prônant la stabilité, il était sensible aux envies de voyages et de découvertes comme beaucoup de jeunes hommes dynamiques.

Entrant ainsi dans la mystérieuse caverne, le justicier fut stupéfait par le décor extraordinaire qui l’entourait : un gigantesque espace de plusieurs centaines de mètres de long, habillé d’une généreuse verdures, quelques pins faisaient des hauteurs dans cet environnement unique. Faisant quelques pas dans l’herbe, le fusionné était ébahis, la lueur turquoise des cristaux recouvrant les plafonds se reflétait sur ruisseau qui traversait la grotte, colorant le brouillard naturel ambiant d’une teinte d’azur singulière. Pour offrir aux plantes et arbres leurs apports en clarté, le caveau était ouvert en son centre, laissant la forêt et les voyageurs chanceux le plaisir d’apercevoir la nuit colorée depuis ce lieu atypique.

Cet endroit était aux yeux du Shinjin un exemple à reproduire, une nature incroyable et parfaite, quelques animaux vivaient paisiblement dans cette cachette montagneuse, la végétation n’était pas menacée, l’eau coulait à flot, un petit bout de KaioshinKai déposé sur Terre… Mais ce n’était pas ça, cet endroit n’avait rien à voir avec la résidence des Dieux, cette merveille secrète était une preuve de la pureté cachée de ce monde, la preuve que certaines races mortelles sont dangereuses pour la pérennité de l’univers, la preuve que la cause du combattant aux cheveux d’argent était juste. Traversant dans un calme religieux cet environnement mémorable, Zamasu se demandait parfois s’il serait définitivement le seul à imaginer ce monde qu’il désirait tant, effectivement, personne n’avait jamais eu les mêmes dessins que lui, les mêmes doutes ou les mêmes convictions. Seul au monde, l’éternel était chargé par l’on ne sait quelle entité de réparer le monde blessé par la folie des hommes et de laxisme de ses congénères, une lutte mettant hardeusement à l’épreuve celui qui avait fusionné avec Son Goku.

Faisant, après quelques pas de plus dans cette faune parfaite, le Kaioshin fut happé par l’audition d’une discussion proche, il entendait une voix lointaine, calme mais assurée d’un homme qui interpelait un autre. De son ouie fine de créature divine, Zamasu parvenait à en comprendre les paroles et le sens, s’approchant en marchant dans une discrétion la plus totale. L’ancien Kaio du nord captait ainsi la conversation, les informations de cette dernière allaient définir son entrée, son comportement et ses agissements futurs, à son grand déplaisir dans cette nuit qu’il pensait dédiée au repos, le vénérable et utopique septième jour.

En traversant les feuillages et chemins, Le justicier en su bien plus qu’il ne lui en fallait, percevant le discours d’un bonimenteur à la voix suave tentant de persuader son auditoire de la nécessité d’une quelquonque lutte contre les divins. Abasourdis de retrouver aussi vite un rebelle de la classe de Trunks, l’être de lumière s’approchait toujours plus, bien décidé à remettre cet être encore indescriptible physiquement à sa place de jugé. Les paroles de l’homme ne armure étaient douces, son discours fluide et encourageant, il était ce genre de leader à la capacité de rallier les hommes et les femmes sans convictions sous sa bannière, qu’importe l’insigne de cette dernière. Mais Bray ne semblait pas voir la réalité des propos de Légion, le revers de la médaille, un médaillon d’or et de rouille.  

Et c’est donc alors que le diplomate avait présenté ses intentions que le vrai acteur de la scène allait faire son entrée, les projecteurs des étoiles étaient braqués sur les deux précédents protagonistes, mais de sa magie divine, Zamasu se fit remarquer en déplaçant les rayons de lumière vers sa propre personne. La démonstration était belle et magnifique à l’image de son auteur, illuminé, ses cheveux semblaient blanc ivoire, ses yeux d’argent toisaient du regard les deux visiteurs qui devaient avoir maintenant remarquer sa présence. Marchant d’un pas assuré, un sourire confiant et conciliant aux lèvres, le voyageur temporel découvrait l’enveloppe détracteur, un épéiste au chapeau grotesque, une armure terne et un foulard couvrant partiellement son visage, laissant découvrir des yeux gris. Ce personnage était aussi grand que sa prestation verbale était attirante, le Kaioshin devait l’admettre en dépit des propos faux de ce dernier.
Le second personnage était bien plus banal, il ressemblait au plus banal des terriens, néanmoins ce dernier habillait son visage d’une extravagante barbe ainsi que d’une lanterne permettant sans doute à ce dernier une orientation optimisée dans le bois souterrain. Mais ce deuxième personnage n’était pas celui qui captait toute l’attention du Dieu, c’était bien l’intervenant en cuirasse qui allait devoir répondre de ses paroles horripilantes d’hypocrisie.

« Le Maître des damnés, mais aussi le maître des menteurs, tu viens donc troubler la tranquillité de ce lieu si important aux yeux de la nature pour tenter de détourner les ères sous tes ordres ? »

La voix de Zamasu était dédoublée, si comme la fusion de Vegeta et Goku donnait l’écho d’une voix différente, celle de la fusion d’esprits jumeaux ne donnait qu’une seule et unique intonation, celle-ci était sans animosité, parfaitement calme et confiante. Jetant son regard vers Bray, le partiellement omnipotent immortel n’allait pas laisser le terrien en proie aux doutes concédés par Légion -Hors de question-.

« Tu ne vas donc pas croire le Maître d’un royaume perverti comme le sien... Bray… »

Déclarait le tout-puissant qui s’attendait à une réaction pour le moins directe de ce fameux porteur de lumière, lui qui refusait la soumission de tous sous un seul ordre, une seule et unique œuvre, « la machine », mais Zamasu n’avait pas le pouvoir d’en être certain. Redirigeant son attention vers l’épéiste, il reprit sur un ton plus narquois.

« Quelle ironie de lui faire croire que tu peux le libérer d’une quelquonque emprise, il n’y a aucun joueur, aucune ficelle, ce n’est pas un simple jeu hiérarchique qui séparer les hommes et les dieux, mais tout un monde. Quel intérêt pourrait-il y avoir aux Dieux de vous contrôler ? »

Haussant un peu les épaules, l’air faussement désolé, il s’interrompu, oubliant de dévoiler à ses hôtes son identité.

« J’en oublie mes bonnes manières, saches que si tu souhaite d’opposer aux Dieux, « Maître des damnés », je suis devant toi, je suis le créateur. »

Le créateur, Zamasu, un parfait justicier, porteur de l’espoir d’un monde beau, d’un monde magnifique. Présenté, il était temps de réveiller l’identité de la machine à Bray, lui qui était la cible de la manipulation audacieuse mais cruelle du damné. Abaissant ses bras, l’immortel fusionné s’adressait au terrien, toujours aussi cordialement.

« La machine est dangereuse Bray, mais sache que les dieux n’ont aucun tour à te jouer, mais peut-on en dire de même de celui qui veut vaincre l’Olympe ? »

Maintenant, tel un accusateur animé par une détermination vitale, le Dieu faisait les cents pas, mains jointes au dos.

« Une pile de cadavre et combattre dans une armée et donc la seule solution à ta portée ? Le Maître des damnés porte bien son nom, un hypocrite qui jette la bombe sur la plus grosse cible, tu pense convaincre à la paix et la libération en appelant ton prochain à la guerre ? »

Zamasu avait le regard plus sévère, lui-même avait éliminer ses opposants, cependant, ce n’était pas de manière irréfléchie, les victimes de la justice étaient des pêcheurs, des individus qui de par leurs hauts faits méritaient une sentence immédiate et sans tolérance.

« Ne cherche pas à faire l’homme fort, tu ne cherches qu’un allié profitable pour t’accaparer le pouvoir dont tu as besoin pour étendre ton royaume n’est-ce pas ? »

Demandait d’un ton inquisiteur à Légion.

« Je ne ressens aucune pureté dans ton cœur de fer, ton regard est vide, tu es l’anima d’un mort en sursit qui rampe vers la gloire qu’il n’aura jamais, toi et ton royaume. »

Il suffit, le Kaioshin n’avait pas beaucoup d’informations en sa possession au sujet du Maître des damnés, Zamasu connaissait bien des choses, mais souvent de manière succincte, il était inutile d’en dire plus au risque de s’égarer, fixant alors Bray.

« Mais s’il y a bien une chose qui est vraie dans le discours de cet homme est peut-être la différence que je parviens à ressentir dans ton cœur et ton être, tu n’es pas un terrien comme les autres. »


Bray était animé d’une aura toute particulière et indescriptible, son esprit était insondable, mais son cœur était bon, il n’était donc pas une cible à éliminer, mais un personnage à protéger du damné tentant de le retourner contre la raison elle-même en s’attaquant aux dieux.

« Le monde est mis en danger depuis plusieurs millénaires par des personnages aux idéologies déviantes et unitaristes, des pseudos leaders imposant le chaos dans leur sillage pour des raisons grotesques et injustifiables. »

Plaçant sa main droite au niveau de son cœur, Zamasu allait être plus clair.

« Je combat ces manipulateurs, j’ai affronté des démons, des sorciers et des bandits voyageant dans le temps, tout ce qui touche à l’intégrité de notre univers et qui le met en danger devra se confronter à ma personne. »

Le divin fit alors volteface vers l’épéiste au chapeau grotesque.

« Et je pense que je viens de déceler un nouveau danger. »




Bray Wyatt
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Jeu 2 Aoû 2018 - 17:23

He's Got The Whole World In His Hands

“Husky Harris” : voilà un nom que le mangeur de mondes n’avait pas entendu depuis des années. Un homme faible et sans aucune importance qui n’aurait jamais marqué les esprits, l’antithèse même de Bray Wyatt. Comme le destin a bien fait les choses, pour que les deux puissent ne faire qu’un. Il avait besoin de lui, et l’ange dans la poussière avait besoin d’un corps. Ceci le fit sourire, avant qu’il ne se lève calmement pour faire face à l'élément perturbateur qui semblait en connaître bien trop sur lui. Il regarda le nouveau venu d’un air méprisant, il ne semblait pas spécialement apprécier qu’on vienne le déranger dans ses lieux.

L’être humanoïde à l’armure médiévale commença par féliciter l’exploit de l’élu de Soeur Abigail qu’était de vaincre une déesse, bien que cette dernière n’était rien de plus qu’une envoyée des créatures divines, un simple pion sur l’échiquier que les puissants s’amusaient à déplacer pour leurs divertissements. La référence aux rencontres face aux Frères de la Destruction laissa le berger de marbre, il n’avait pas réussi à son but face à ces monstres mais ça n’avait aucune importance. Il y avait encore de bien nombreuses options pour atteindre ses fins que de voler les pouvoirs de l’homme-mort et de son frère rongé par les flammes de l’enfer. Néanmoins, son regard devint plus sombre quand le fantôme affirma qu’elle reviendrait de l’au-delà, comme tant d’autres. Ceci aurait été un soulagement pour certaines personnes mais pour le mastodonte, il semblait prendre cela comme une insulte. Il disait avec certitude que la mort était, en fin de compte, qu’un état passager. Il y avait pourtant une entité qui n’était pas revenue d’entre les morts après que la faucheuse soit venue la chercher. Il ne disait encore rien, mais son regard en disait long sur sa pensée. Un mélange de colère envers celui qui semblait ignorer les conséquences de la mort d’autrui et de tristesse à la pensée des deux morts qu’il n’avait pu empêcher.

Le manipulateur se leva de son trône improvisé alors que la lumière même de la lune semblait l’illuminer de mille feux. Pour lui, le seul moyen de rejoindre les cieux pour combattre la machine divine, la plus corrompue de toutes, devait se faire dans le sang et les pleurs, que l’objectif de Bray d’y parvenir sans apporter la mort à quiconque était impossible et que lui seul pouvait trouver un juste milieu. L’homme aux mille visages se fit à glousser à ces notions. Son regard noir se planta dans celui qui se présenta comme un guide.

“Ta vision de la chose semble être bien étroite, l’ami. Tu sembles ignorer les autres options que nous pouvons prendre pour sauver l’Homme et ses confrères du joug sadique de la machine. Tu prétends que seule la mort peut ouvrir le chemin jusqu’à la demeure de ces hypocrites omniscients, mais je peux te garantir qu’il y a d’autres choix! Et seul moi, Bray Wyatt, les connaît !”


Le mort s’avança vers lui tout en marchant sur l’eau. Il essayait sûrement se donner un air de saint en face du prophète. Ceci ne faisait que rendre ce dernier de plus en plus suspicieux envers le personnage masqué. Le roi des Damnés se présenta enfin et expliqua qu’il venait d’un monde où étaient bannis les gens qui ne méritaient pas de revenir d’entre les morts. Et seule sa main pouvait définir ceux qui sont innocents et ceux qui seront sanctionnés, pourrissant dans un lieu infâme jusqu’à la fin des jours. L’esprit du chef de la Wyatt Family ne fit qu’un tour et fit rapidement la connection avec quelque chose d’autre. Ses traits faciaux et son regard se durcirent. Mais il resta immobile tout en l’observant et en écoutant son discours. Il affirmait que le nouveau visage de la peur expérimentait le sentiment dont il se disait être maître. Un rictus s'afficha sur son visage. Mais l’objectif de l'interlocuteur était pourtant simple : démanteler la machine céleste et libérer les mortels de l’emprise malveillante de leurs créateurs. Bien que son apparition était jusqu’alors une nuisance pour Bray Wyatt, ce terrain commun lui plaisait bien, bien qu’il fut responsable d’une chose qu’il refusait de pardonner.

Son regard était rivé dans le sien avant que le charmeur à la cape ne commence à le valoriser à travers toutes ses réussites, avant qu’il ne note toutefois que tout ceci pouvait s’arrêter d’un instant à l’autre par la volonté divine. Il lui proposa une offre : de le rejoindre pour défaire les dieux. Ceci fit rire doucement celui qui possédait Husky Harris mais bien avant qu’il n’eut la chance de rétorquer, une autre source d’agacement rentra en scène.

Bray Wyatt se retourna pour faire face à la nouvelle présence dans ce lieu d’habitude serein. Auréolé par les lumières du ciel, il se démarquait par son habit particulier, ses cheveux d’un blanc immaculé et des cercles derrière lui. Le berger se mit à glousser à l’arrivée de cette nouvelle figure, il savait clairement à quoi il avait à faire. Et ce dernier semblait plus hostile envers l’épéiste qu’envers le combattant barbu. Ses premières paroles furent de juger celui qui tentait tant bien que mal de convaincre l’Ange dans la poussière de le rejoindre avant de dire au patriarche de ne pas se laisser entourlouper par les bonnes paroles du fantôme.  

“Je sais quelle vérité je recherche, et aucun d’entre vous ne la détient.”


Sa voix était également calme, au point même d’en devenir sinistre. La créature à la peau verte continua en affirmant qu’il n’y avait aucun jeu entre les dieux et leurs créations. Le mangeur de mondes éclata de rire en l’écoutant, claquant des mains avant de jeter un regard vers le maître des Damnés alors que l’être divin se proclame comme étant LE créateur. La vérité était tout autre malheureusement, il n’était qu’un pion sur le fameux damier du vrai chef d’orchestre de cette mascarade. Enfin, selon les précieux informations que lui avait donné sa véritable guide. Et l’élu savait parfaitement que sa parole était sacrée. Pour rajouter au ridicule, le justicier lui affirma que les dieux n’avaient aucun tour à lui jouer, contrairement au maître des âmes. Il cessa enfin de rire et reprit une posture plus sérieuse, le sourire toujours aux lèvres. Ses yeux étaient plantés dans ceux du Shinjin.

“Il semblerait que la lumière dont tu es le fier champion t’ait aveuglé, si tu penses que tes semblables ne s’amusent pas à nous tourmenter pour leur propre plaisir malsain.”

Il restait sur ses positions, entre les deux potentiels adversaires. Le dieu continua à juger le revenant tandis que le regard du berger devenait de plus en plus sombre envers lui. Est-ce qu’il commençait à prendre le côté du dieu ? L’être divin confirma néanmoins une chose que l’épéiste venait de lui dire : il n’était pas comme les autres humains. Sa tête se tourna vers le destructeur du mal avec un grand sourire. Il ne se doutait pas de ce qu’était véritablement Bray Wyatt. Est-ce qu’il le savait lui-même ? Le chef de Wyatt Family semblait néanmoins trouver la situation de plus en plus amusante. Le dieu dévoila ensuite ses objectifs et pointa du doigt le fantôme comme l’une des menaces à détruire. L’Homme aux mille visages ricana avant que le noir recouvre tout l’endroit. Seules quelques lucioles pouvaient être visibles dans l’obscurité surnaturelle. La lumière fut de nouveau et il réapparut en haut d’une falaise qui surplombait le fleuve, dans cette pose en croix qu’il aimait tant faire avec sa lanterne posé devant lui. Il se mit à hurler à pleine sa voix, un rugissement si puissant qu’il créa un écho dans toute la caverne.

“Vous êtes tous les deux dans le faux ! La mort ne fait que rendre la machine plus forte, ceci justifie son existence aux yeux du reste du monde. Ses victimes deviennent des martyrs contre leur gré pour les sociétés qui forcent aux malheureux de subir leurs courroux sans aucun moyen de s’échapper !”

Une pause fut marquée, durant laquelle l’Ange dans la poussière se mit à rire avant d’abandonner sa pose et prendre sa lanterne dans ses mains, focalisant son regard sur la flamme dansante.

“Je suis le seul à pouvoir vous montrer le chemin vers un monde meilleur, sans costards-cravates perfides ou entités divines orgueilleuses. J’ai été choisi bien avant que ce monde soit créé, pour donner ce que nous méritons vraiment. Un monde sans règles et sans oppression. Une utopie dont moi seul est la vision !”

Son regard se dirigea d’abord sur l’homme à l’armure vieillissante et à la cape déchirée. Son sourire disparut aussitôt que le contact visuel se fit.

“Toi, Maître des Damnés, tu dis que j’ai besoin de toi pour rendre mon objectif réalité mais tu le sais aussi bien que moi que le seul qui ait besoin d’autrui, c’est toi. Ta campagne néfaste se terminera dans un échec, tu ne feras qu’attiser les flammes de l’enfer qui sont déjà en train de te dévorer vivant. Tu dois suivre un autre chemin, voir plus grand ! Et seul moi, Bray Wyatt, peut te diriger vers un futur plus rayonnant que jamais, je te dirigeai directement vers le Paradis si tu daignes me suivre !”

Il souffla sur sa flamme pour l’éteindre, laissant simplement la fumée s’enfuir par le cratère de la grotte.

“Sinon, il ne restera plus que des cendres de toi et de ton héritage en ce monde.”


Maintenant, il pointa la main vers le justicier divin avant de sourire sincèrement.

“Quant à toi, “créateur”, tu dis te battre pour préserver le monde du chaos et des malfaiteurs, mais j’en doute. Si tu souhaitais véritablement combattre pour le bien de notre univers, tu viserais plutôt les rois et les reines qui manipulent la société pour garder leurs confrères sous leur emprise, sans qu’ils ne puissent rien faire. Autant ici que dans les cieux. Je sais véritablement pourquoi tu te bats, et c’est pour ton orgueil, pour te donner l’illusion de sauver le monde alors que tu ne fais rien qui puisse le changer véritablement. Alors que, contrairement à nous, simple mortels, tu as déjà entre tes mains tous les outils pour défaire le mal qui ronge la réalité !”

Alors qu’il le pointait du doigt auparavant, il tourna sa main pour que le geste devienne tout à coup à une invitation à prendre la sienne bien qu’il soit relativement éloigné, mais venant d’un dieu, il pourrait toujours faire le trajet sans problème.

“Tu as besoin de directions pour accomplir tes faits, et je suis apte à te guider vers la justice que tu recherches tant. De te pointer vers ce qui serait capable de défaire la machine mortelle et divine tant corrompue. Crois moi !”


Faire une telle offre à un dieu était proche du suicide, surtout quand ce dernier se revendiquait comme étant un justicier qui cherchait à abolir tous les maux de ce monde. Peut-être que même la raison de sa venue était liée à la mort de Claire. C'était déjà le cas du fantôme. Mais le prophète ne semblait pas intimidé ou apeuré en faisant cette offre : il était parfaitement confiant, voir même trop.
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Jeu 9 Aoû 2018 - 15:59
Une colonie de fourmis se dresse face au soleil ardent de la loupe d’un insectologue. Il n’y a pour cette colonie que la survie à travers la récupération de nourriture cachée dans le terreau qui la soutient, envoyée par le possesseur du vivarium. Mais ce n’était pas assez pour nourrir la totalité des habitants de la boîte. Beaucoup mourraient, et beaucoup venaient rejoindre cette existence de recherche perpétuelle de contentement et de satiété. Il arriva un jour où l’un des insectes vit à travers la vitre. Et de ses yeux il observa la réserve elle-même. Des fruits, des légumes, de la viande ! Un nirvana qui pourrait mettre fin à la plaie qui malmenait ses confrères ! Mais quand bien même ses pattes étaient pourvues de griffes plus acérées que celles des autres, et que ses mandibules étaient plus pointues, il ne pouvait casser le verre. Alors il appela ses compères, et leur demanda de s’appuyer contre le bord de leur cage transparente. Mais rien n’y fit, et il fut ignoré. Ainsi décida-t-il d’empiler les corps des morts. Et l’équilibre fut bouleversé, et la prison commença à pencher. Mais cela fit peur à ses compères. Ils se résolurent de l’en empêcher, car leur monde ne pouvait être diagonal. Et l’illuminée ne put que se défendre. Elle vit alors que ses victimes se tassaient comme les autres cadavres. Et faisant basculer les êtres exosquelettiques par-dessus sa petite tête, elle parvint à faire s’écrouler l’univers. Et ils furent enfin libérés. Tous ceux qui naîtraient vivraient, tous ceux qui l’étaient déjà, de même. Les meurtres devinrent martyrs. Et le paria devint un héros inconnu, haï de tous. Cela ne le gênerait pourtant pas. Les fourmis vivraient heureuses et contentées.

Eternellement monotone était la voix du spectre, ectoplasme installé dans la faille entre le monde des vivants et celui des morts. Sa poigne n’était pas aussi puissante qu’il ne l’espérait. Son emprise sur les vivants s’était affaiblie. Il ne rencontrait pas un jeune garçon en quête d’espoirs, perdu dans une forêt sombre et dont le regard désespéré ne pouvait que crier “à l’aide !”. Le fantôme avait pour habitude de s’attaquer à ceux dont l’esprit était infesté par la peur, ou la tristesse. Mais Husky Harris disparut bien vite. Bray Wyatt reprit alors le contrôle. L’Homme aux Mille Visages s’empara à nouveau de la carcasse faible d’esprit au sourire niais qu’il utilisait comme catalyseur. Cela était bien visible dans son regard. L’anxiété avait disparu. Il n’y avait que l’infernal feu du malin dans son iris, la détermination et la rage de vaincre dans sa pupille, et la puissance dans sa sclère. Et sa voix douce et presque tremblante, marquée par son accent louisin, sortit de sa gorge pour rebondir sur les murs de la caverne et marquer le territoire du Mangeur de Mondes face au Charognard de l’Enfer. Mais pourquoi donc n’empruntait-il pas cette voie invisible qu’il disait connaître si bien ? Celui qui aimait tant qualifier les dires de ses ennemis de mensonges semblait porteur de paroles bien incertaines.

Légion pouvait voir en Bray un personnage familier, cependant. Souriant tout en laissant s’échapper de sa bouche les mots qui attiraient à lui les illuminés. Autour de lui arrivaient des êtres fantastiques, fous furieux capables de détruire le monde, et pourtant ils devenaient de calmes apôtres en compagnie du sombre prophète. Peut-être l’amalgame ressentait-il une légère nostalgie quand il observait le parcours du colosse barbu ? Porteur de la lumière qui guidera l’humanité, mais pourtant haï de ceux qui ne voyaient pas les ficelles tirées par les dieux. Un messie de l’ombre. Des lèvres du patriarche des Wyatt sortaient la bonne parole. Mais, tout comme il le fut un jour, le Mangeur de Monde était bien peu expérimenté. Sur son chemin étaient de légers cailloux, derrière lui d'impressionnantes victoires. Ses défaites ne purent l’anéantir, inlassable, inarrêtable mastodonte. Mais quand les trompettes de la fin de cette suite de réussites résonneront, enveloppant le géant et ses compères, il n’y aurait plus rien pour le sauver. Et seul le désespoir le poursuivrait. Lui qui jusque là portait la lanterne ne ferait que la suivre, cherchant à nouveau, incertain, cette lueur qui jadis l’anima. Car la Soeur Abigail dont il prônait la sagesse ne sera plus là pour lui octroyer sa force et ses connaissances. Car la Famille qui l’accompagnait disparaîtra dans les limbes de la réalité pour pourrir autre part, sans chef. Car le rouge entre le blanc et le noir ne pourra perdurer sans soutien, devenant une autre nuance de gris parmi les autres. Car le séducteur, accusateur, et destructeur ne sera qu’un autre rat mort après avoir tenté d’escalader la benne à ordure pour goûter l’ambroisie de ceux qui ont condamné son espèce. Oui… Bray Wyatt ne semblait qu’une répétition d’histoire...

Mais son épopée pouvait se terminer bien différemment. Il pourrait être bien plus qu’une fable à but pathétique d’accentuer les peurs des mortels face aux dieux. Il pourrait, en se joignant à l’abîme, éteindre la pitoyable flamme divine. Devenir l’éclipse qui cacherait le soleil aux rayons abrutissants. Devenir la nuit, âge des hommes et de la vie, vainqueurs face aux êtres soi-disant supérieurs qui écrasaient les fourmis pour nourrir leur orgueil. Car à travers la mort se trouvait la vie. Et des cimetières provenaient la puissance. Car Hadès eut bien plus de sujets que ses frères. De ce royaume souterrain provenait son pouvoir, et seule sa faiblesse d’esprit pouvait l’empêcher de renverser ses pairs. Mais Légion et Bray pouvaient être bien plus que cela. Ensemble, ils pourraient renverser cet ordre de l’injustice séraphique. Le futur du paradis, une botte dans le visage des soi-disant créateurs qui laissèrent incomplets leurs travaux. Il n’y avait que la machine infernale de punition par le feu et l’isolation qui continuait à être huilée avec amour, soin, et attention. Mais cela ne saurait durer.

Mais vint alors un autre ange, rejoignant celui de la poussière et celui des enfers. Un personnage dont les traits fins rivalisaient avec la blancheur de son aura. Il était magnifique. Son teint vert ne parvenait pas à cacher la nature divine qui émanait de son corps tout entier. Mais qui était-il ? Légion laissa son regard traverser l’être externe à ce monde. Les pas délicats de ce supposé dieu à la connaissance déjà bien grande étaient empreints d’une grâce inégalable. Sa marche ne faisait aucune bruit, et pourtant son air sévère semblait faire trembler la terre sous ses prunelles. Il n’y avait pas de souffle qui sortait de ses lèvres ou de ses narines. Oui, cet être n’était pas l’un des vivants, ni l’un des morts. Il était dans un état au-dessus. Et son sourire confiant ne pouvait que témoigner de cet orgueil dégoulinant qui sortait de toutes les idoles qui un jour s’étaient dressées sur le chemin du spectre. Mais était-il véritablement un autre démiurge aux intentions de sabotage ?

Oui. Serpent de l’arbre de la connaissance au venin recraché entre ses dents, il n’avait comme espérance que de pervertir le mastodonte qui avait vaincu l’un des leurs. Légion eut les yeux demi-clos, et son regard ne fixait plus personne. Il ne semblait que voir la lumière. Ses pupilles ne se focalisaient plus. Mais l’être aux cheveux d’ivoire, dents blanches s’élevant de son crâne, restait tout aussi présent. Il n’était pas une hallucination venue le narguer, et les réactions de Bray Wyatt face au retentissement de la voix dédoublée qui s’échappait de la bouche angélique ne pouvait que confirmer son arrivée sur la scène. Il avait le sens du drame, et la lune se tourna pour l’illuminer. Le champion de l’abîme voyait la bénédiction de l’astre de la nuit lui passer entre les doigts, mais pourtant cela ne le fit bouger en rien.

Quand bien même il perdait supposément la partie par l’apparition de ce faucon luminescent, la hyène n’avait aucune trace de peur en elle. Simplement une… étrange fatigue. Quelque chose de peu désagréable. Un ennui inconnu. Comme s’il voyait une scène se reproduire pour la énième fois. Les cernes sous ses orbites pouvaient témoigner de la fatigue qui s’était appropriée le cadavre ambulant. Le mort-vivant n’était après tout que le premier des corps qui s’étaient empilés à côté des remparts vers Eden. Mais pourtant, il n’était plus aussi las qu’il le fut auparavant. Il souriait gracieusement, doucement, sans tenter de terrifier qui que ce soit. Il semblait au final non pas escagassé par cette entrée de celui qui semblait être un Christ cosmique, mais amusé. Une légère et silencieuse joie était posée sur son visage caché par son casque et son foulard. Il accueillait ce grain de sable dans ses rouages. Pour paraître moins comme l’obsédé du contrôle total qu’il était intérieurement. Pour éviter de se nuire à lui-même. La Douceur le lui permettait.

Mais qui donc était ce chérubin au costume cendré contrastant avec son aura lumineuse ? Il disait que la présence du Damné troublait la tranquillité de cette caverne. Se pourrait-il qu’il soit un défenseur de la nature envoyé par les Champs-Elysées pour tenter de combattre l’ancien vassal de la terreur et de la destruction ? Se pourrait-il qu’il fasse partie d’une quelconque milice à but d’exterminer les vivants qui piétineraient les inquisiteurs et autres pairs chargés de faire régner la domination des tout-puissants ? Il se disait… “créateur”. Mais quel architecte de la vie viendrait donc poser le pied en ce lieu, et surtout pour participer à une joute verbale sans intérêt avec un personnage supposément inférieur. Pourquoi donc celui-là était-il en ce lieu ? Pourquoi marcher sur la terre avec ce qui y retourneront un jour ? Il ne pouvait être qu’un envoyé. Un archange qui provenait du monde d’en haut pour annihiler l’un de ceux qui voyageaient en bas. Ou bien était-il un paria dont l’amour-propre surdimensionné comblait à l’indigne sort qui lui fut conféré ? Peut-être était-il en effet banni du paradis, ou du quelconque royaume habité par les marionnettistes ? Mais comment donc le savoir ? Un contact, et le pouvoir de mémoire du fantôme pourrait se manifester et dérouler avec aise ce délicat parchemin qu’était son passé.

Pourquoi les dieux contrôleraient-ils le monde et les vivants ? Il était simple de voir comment. N’y avait-il pas plus ennuyé que celui qui, assis à jamais sur son trône, voyait passer les décennies, les siècles, les millénaires, sans n’avoir rien à faire ? Quel amusement pourrait-il y avoir dans une ligne droite quand cette dernière pouvait se courber et se tordre ? Un enfant pouvait s’amuser des heures à faire tourner une corde. Un omnipotent pouvait s’occuper des millénaires à faire souffrir une seule famille par toutes les possibilités. N’y avait-il pas plus amusant que de faire ressortir du monde des morts les mêmes personnages qui y étaient éternellement envoyés ? Ne pouvait-on pas rire à jamais des magouilles et des désastres ? Comme des insectes sous la loupe, on se jouait de leurs peurs. Ils n’étaient rien d’autres que des gendarmes qui fuyaient les piétinements du gamin géant dans le ciel. Des fourmis poursuivies par l’eau sortant de l’arrosoir. Ce n’était pas par besoin que ces pauvres bestioles décérébrées souffraient. C’était à cause du mal omnipotent qui régnait sur l’univers.

Mais parmi ces rois sans divertissements se dressait donc ce personnage au teint vert et aux oreilles pointues. Son crin blanc ne garantissait en rien sa pureté, et ses mots n’avaient pour but que de porter Bray loin de son emprise. Puis vint la partie si délicieuse où il se mettait à cracher son venin sur le pauvre et pitoyable Damné. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas été traité d’impur. Il était vrai que son corps était froid, que son coeur ne battait que faussement et que la vie ne voyageait plus dans ses veines comme elle le fit un temps. Il n’était pas un être vivant, mais il n’était pas un mort non plus. C’était un entre-deux défaillant, un cadavre n’ayant pour but que de profiter de l’existence qui n’était désormais plus sienne. Mais cette punition n’était qu’une bénédiction, un moyen pour arriver à ses fins. Il était traité d’égoïste par cette apparition lumineuse qui tentait de le décrédibiliser. Un hypocrite souhaitant la paix par la guerre.

”N’est-ce pas dans cet objectif que nous fûmes créés ? Toute vie souhaite combattre. La guerre est universelle. Elle ne changera jamais. Tant que des grands y trouveront un intérêt, des masses disparaîtront. Ne crois-tu pas, “créateur”, que je ne fais qu’utiliser ce qui me fut offert pour que plus personne n’ait à souffrir d’une abomination comme moi ? Pour que la soif de violence disparaisse à jamais des esprits ?”

Son regard traversait toujours le divin qui tâchait de l’énerver. Il aurait été très certainement touché par ce genre de commentaire, autrefois. Une ancienne vérité blessante. Des paroles hargneuses et tranchantes. Des flèches qui se glissaient entre les côtes pour atteindre le coeur, qui traversaient les orbites et le cerveau pour torturer l’esprit. Mais à présent, à présent il n’était pas touché. Il n’y avait rien pour le terrifier. Pour l’énerver. Et quand l’ange, dans sa quête de supériorité vis-à-vis des misérables mortels qui l’entouraient, ne put que le menacer tout en cherchant à se positionner comme le véritable héros de l’histoire, le spectre ne put que sourire à nouveau sous son foulard.

”Me crains-tu tant que ça ?”

Il n’était pas difficile de voir qu’il prenait cette prise de position du séraphin comme un compliment. Ainsi pouvait-il véritablement faire changer la donne de sorte à ce que les immortels eux-même viennent tenter de mettre un terme à sa vie ? Cela laissait sous-entendre que ses actions n’étaient pas restées toutes aussi discrètes qu’il ne le croyait. Ou bien le coup de pub de Leixy se faisait déjà ressentir. Mais Légion doutait que les dieux s’amusaient à regarder la télévision et lire des magazines tendances. Repenser à cela au milieu de nulle part n’était pas bien agréable, mais cela ne le fit pas changer de visage. Le royaume des morts envoyés hors de l’enfer était le petit paradis pour les hommes qui furent corrompus par le mal sans que les champions des églises n’en aient eu quelque chose à faire. Les Champs-Désolés étaient le royaume qu’ils méritaient, un royaume pour les âmes en peine et noircies, de sable et de sécheresse, et dont les châteaux troublaient l’horizon. De ce monde provenait sa grande armée. L’armée qui un jour laisserait l’Eden en feu. Et quand le monde sur les nuages disparaîtra, la main du fantôme se posera sur la douce omnipotence du trône des tout-puissants. Et de ses doigts, il rendra le monde à jamais heureux, sans soif interne de violence, sans poursuite du mal et de la recherche du pouvoir au dépend des autres. Il n’y aura plus de vices, plus de péchés. La vie sera joyeuse, paisible, et libre.

Mais s’éleva la troisième voix, accompagnée de cet accent louisin qui signait les paroles de Bray Wyatt. Le berger ne s'alignait nulle part. Ni le maître incontesté des Damnés, ni l’archange lumineux à la langue ténébreuse ne parvenaient à le guider. Cependant, il semblait être du côté de l’amalgame quant aux manipulations divines. Soudainement, il était autrepart, et sa voix s’accentua. Elle devint bien plus forte, geste typique de la dialectique du mastodonte au fedora. Et ce rugissement résonna entre les murs de cette caverne presque éthérée qui accueillait ceux qui existaient hors de la causalité de ce monde. Mais c’était alors qu’il se proclama comme élu, choisi avant sa naissance pour prêcher la vérité sur la fuite de ce monde. Dans cette pose en croix de martyr, qui pourrait avoir l’air ridicule si elle n’était pas accompagnée de sa parole mystique, il affirmait connaître la seule vérité pour fuir le destin. Afin de marcher en dehors de l’avenir écrit depuis la fin des temps anciens, l’homme se devait de suivre les traces du nouveau prophète.

Cette première réplique se termina par un silence, suivi d’un rire malsain. Il pouvait sembler fou à quiconque ne le connaissait qu’en mal. Mais Légion savait que cela n’était qu’un moyen de compenser pour l’incroyable et troublante connaissance qui occupait son esprit. L’homme aux mille visages était habité par une détermination hors norme. Mais au final, il n’était qu’un choisi parmi d’autres. Le seul à avoir entendu la parole de la dénommée Soeur Abigail était un fin utilisateur de sa langue d’argent, mais réussirait-il à vaincre le monde autour de lui ? De tous temps, les prophètes pouvaient mourir tellement vite. Cependant, le spectre était sûr que le patriarche des Wyatt serait immortel. Mais connaissait-il le prix à payer ?

Éteignant la lanterne à ses pieds, le guide de tant de moutons et d’agneaux continuait sa tirade, s’attaquant tout d’abord au fantôme et à ses idéaux, l’accusant d’être le seul en état de faiblesse. Avait-il raison ? Peut-être… Il était vrai que le fantôme avait besoin d’aide. Il ne pouvait accomplir son objectif seul. Mais qu’en était-il de Bray ? Le paragon porteur de lumière avait-il réellement toutes les chances de gagner ? Non, ce n’était pas le cas. Il n’était qu’un autre gaillard détenant une nouvelle vérité immortelle qui allait se casser la figure dans les escaliers lors de son ascension. Le Bifrost se déroberait sous ses pieds. De la bouche du fantôme sortait une brume étrange alors que la créature qui habitait Husky Harris s’acharnait à présent sur le faux créateur. Une fumée grise, brouillard infernal aux effets néfastes. Bientôt, il engloberait la caverne. Et bientôt, Légion ne serait plus là. Aucune énergie vitale n’émanerait de lui. Aucune vision ne serait possible. Et toute apparition ne serait qu’un cauchemar. La Toxine rendait n’importe qui prône à la panique. Elle était la prémonition de la mort, mais le Damné s’en servait pour s'asseoir confortablement face à l’échiquier. Le terrain devenait de plus en plus préparé à accueillir ses doigts tenant les ficelles.


Peut-être Zamasu, car tel était son nom, put sentir une main lui effleurer les cheveux. Le pouvoir de Mémoires du maître des Champs-Désolés permettait de récolter les souvenirs des individus contre leur gré. Ainsi, le Shinjin n’était plus à l’abri des connaissances du fantôme. Mais pourtant, il ne semblait pas qu’il soit resté aux alentours. Dans la fraîcheur de la mort, l’âme se déplaçait partout. Il semblait qu’on puisse entendre sa respiration à côté de ses oreilles. Ses doigts tranchaient-ils le brouillard ou ce dernier s’agitait-il de son plein grè ? Où était-il à présent ? Se trouvait-il encore dans les environs ? Avait-il fui la scène ? Il semblait si proche et si lointain. Comme un prédateur que l’on venait de semer il y a quelques minutes.

”J’en ai vu des comme toi, temps et temps encore...”

Les yeux brillants du fantôme parurent devant Bray. Quand bien même ce dernier se tenait devant le vide, il voyait l’abîme lui-même fixer dans les entrailles de sa cervelle. Mais seules ces deux lumières, fausses lucioles, se trouvaient devant lui. Elles semblaient détachées du reste du corps du fantôme. Etait-il là, devant lui ? Ou n’était-ce qu’un effet d’optique procuré par son cerveau endommagé par la fumée psychédélique ? C’était comme le craquement d’un meuble dans l’obscurité la plus totale. Il semblait que seule la peur elle-même puisse faire apparaître l’individu qui parlait actuellement au colosse. Mais contrairement aux croque-mitaines qui parcouraient les dessous de matelas, ce prédateur fut bien réel il y a de cela quelques dizaines de secondes.

”Prophètes de valeurs inimaginables, détenteurs d’une connaissance qui sortirait l’humanité du pétrin dans laquelle elle est inconsciemment plongée. Hors des fils des dieux tu te trouves, mais pourtant ta quête ne pourra aboutir que par la chute... Mangeur de mondes, tu te retrouveras cloué au sol sans t’en rendre compte. Tes victoires et défaites sont déjà écrites sans même que tu ne puisses le voir. Malgré tes cris, tes pleurs et tes rires, tu restes coincé dans la causalité. Icare de poussière, si ce n’est le soleil qui décollera tes plumes, ce sera le vent qui les fera disparaître lors de ta montée. Tu ne feras que suivre les traces de ma chute...”

Les deux points blancs disparurent. Bray pouvait sentir alors que quelqu’un était derrière lui. Peut-être se retourna-t-il pour voir Légion, assis sur un trône, bien loin de sa ridicule pierre qui fit parler Zarathoustra. Il semblait être un véritable chef d’armée, un roi des morts comme il l’était véritablement. Ce fauteuil était probablement faux, car il n’était pas présent avant que la terreur n’envahisse la pièce. Le Damné avait les doigts joints, et les coudes sur les accoudoirs. Il semblait dominer entièrement la salle, quand bien même il ne faisait rien. Une fausse impression.

”Tu as raison. Je ne peux parvenir à mes fins seul. Mais c’est également ton cas. Ni ta lanterne, ni ta famille, ni n’importe laquelle de ces lucioles qui te suit, t’accompagne, se bat pour toi et panse tes blessures, ne pourra te faire transcender cette réalité conçue par les dieux. J’ai vu l’autre côté. Je suis allé en enfer et j’en suis revenu. Mais toi… Toi, je ne sais pas si tu parviendras à fuir le monde des morts comme je le fis un jour. Les dieux sont susceptibles. Ils sont rancuniers. Et si jamais ils te remarquent, ta mort ne pourra qu’arriver. Puisses-tu faire partie de ceux qui miraculeusement reviennent de l’au-delà, si cela venait à arriver.”

Et la figure assise fondit, tout comme son trône de venin. Ils disparurent de la vision du prophète qui allait à sa perte. Mais bientôt, l’autre ange put entendre cette voix monotone et grave, presque fatiguée, qui parlait comme si elle s’adressait à des enfants en besoin d’apprendre. Une pointe d’orgueil semblait en faire partie, de l’orgueil ou bien de la joie d’offrir la connaissance requise au combat contre les rouages infernaux conçus par les divins.

”Tu n’es pas le créateur. Tu ne souhaites que l’être. Tel est ton voeu, et tu as les outils pour parvenir à tes fins. Mais pourtant les obstacles se dressent sur ton chemin. Tes tentatives de purge de ce que tu considère être le mal ne mènent à rien. Tu sembles surpris de la combativité des mortels. Mais je sais ce que tu recherches. Un monde en paix. Une nature parfaite et non-dénigrée par ceux ayant acquis la connaissance de la part des dieux. Connaissance qui fut misérablement punie. Les vivants s'agrippèrent aux arbres de la connaissance, avant d’être expulsés du paradis. Ta haine est compréhensible, Zamasu. Mais cependant, tu n’as pas vu le vrai fautif.”

Un main sortit du brouillard. Elle n’était aucunement agressive. Elle souhaitait simplement guider le dieu vers la vérité. Une légère poussière sortit de sa paume. Une monde en ruines s’y trouvait. Il n’y avait plus de mortels. Seulement la nature… qui avait résisté au combat entre la vie et le purificateur. Presque plus rien ne s’y trouvait. La destruction avait laissée sa trace.

”Ceci est le monde qui proviendra de tes actes. Il n’y aura plus de mortels, mais les dieux t’empêcheront d’effectuer la purge qui te tient à coeur. Tu n’auras d’autre choix que de les tuer, et cette destruction annihilera la beauté à laquelle tu tiens tant. Il n’y aura presque plus rien hormis de maigres écosystèmes. Des créatures se disputant le peu d’eau et de nourritures trouvables. Il n’y aura que la peur, et l’envie de survivre qui s’y trouveront. Certes, les pulsions destructrices de ceux ayant reçu cette connaissance divine que tu tiens en si haute estime ne pourront plus la dénigrer… Mais à quel prix ? Ne penses-tu pas que ce sont ces camarades que tu nies à présent qui leur ont offert, dans leur idiotie et leur perversion, cette envie permanente de guerroyer et s’entretuer ? Penses-y, Zamasu… Lesquels de tes camarades dieux de la création utilisent à bon escient cet afflux si grand de connaissance qui fait la fierté de tes arguments ?”

Il sembla disparaître dans la fumée…

”Préfères-tu un monde sans mortels ?... Ou un monde où les mortels s’accordent aussi harmonieusement dans la nature que le reste ? C’est une finalité qui ne te sied pas. Tu as un coeur bon, séraphin. Mais n’use pas de sa pureté comme d’une lame pour tuer l’impur, mais comme d’un outil pour le guérir...”

Il s’était à nouveau posé sur sa pierre.

”Il est vrai que c’est à cause de ce que j’ai vécu que je songe ainsi. Mais c’est toujours le dominé qui se révoltera le premier… Je fus un mortel, un prophète, et un dieu… Mais aucun de ces chemins ne m’a permi d’atteindre mon but.”

Il soupira.

”Il n’y aucun moyen, seul, de faire pencher la balance. Nous sommes tous prisonniers, seuls, de la machine infernale. Nos rêves sont de maigres flammèches… Il n’y a qu’ensemble que notre bûcher deviendra convainquant. Un soleil noir qui fera eclipse au-dessus d’Eden...”

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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Sam 11 Aoû 2018 - 20:08
Concrètement, qu’est-ce qu’un Dieu ? Comment le définir ? Depuis toujours un être divin était représenté comme intouchable, omniscient et omnipotent tel un soleil immortel, un astre sage dont les hommes buvaient les rayons dans l’intérêt de leur survie. Si par malheur un vil hérétique profanait le nom de celui qui donnait la vie, les doux rayons solaires devenaient brasiers afin de punir l’auteur de ces actes. Ainsi, les divins étaient aussi craints que vénérés, des lames à double tranchant qu’il fallait approcher avec la plus douce prudence, il ne faut pas froisser le papier angélique. Sans qu’ils le sachent, les mortels étaient les protégés des Dieux, ils étaient leurs créations, des êtres de pate conçue par l’essence divine dans le but de recréer un monde entier, un monde régi par des lois et libertés disposant la nature à s’épanouir en survivant aux époques.

Mais dans un râle discret et imperceptible d’ennui des Dieux aussi malicieux que putrides manipulèrent volontairement les premiers êtres vivants pour les orienter vers la voie du chaos, rendant ses derniers sauvages aux yeux de la majorité des habitants du royaume supérieur. C’est ainsi qu’Adam et Eve finirent par peupler la Terre, chassés de l’Eden.

Au fur des siècles et à cause des perturbateurs démoniaques et divins, les Hommes devinrent violents, égoïstes et irrespectueux, vénérant non plus les Dieux pour leur clémence mais au contraire leur générosité envers le peuple voisin, réclamant des catastrophes et des massacres sur ces derniers. Détournant les acquis et savoir des créateurs, les mortels se servirent des Dieux comme raisons de guerroyer, plaçant les créateurs comme responsables des tourments du monde. Les Humains sont égoïstes, ainsi, ils accusèrent les dieux d’être des fauteurs de troubles, des manipulateurs odieux créant le chaos dans leur propre monde ; Ces événements incontrôlables créant des personnages comme Bray et Légion, aveugles des vrais responsables, aveugles des vraies solutions pour restaurer une paix éternelle et juste. L’histoire n’allait pas se poursuivre par un nouveau lot de Dieux passifs, voire de chaos, Zamasu était à la fois de policier et le juge du dernier espoir de la vie dans l’univers, conscient de la cécité de son entourage, le Kaioshin devait se montrer comme le rempart de l’ordre.

Curieux envers le personnage de Bray, le Kaio exposait ses arguments, dénonçant Légion comme le mort en sursis qu’il était, perdant d’une lutte hors de sa portée ; Cependant, les belles paroles du fusionné ne faisaient aucun effet sur le terrien barbu qui semblait bien se moquer des histoires de Zamasu. En effet, Bray imageait le justicier comme un aveuglé qui ne réalisait par le mal causé par ses collègues, pourtant, il en était parfaitement conscient : Laxisme, émotion et malice régnaient dans l’univers avec des personnalités divines telles que Leech ou Shemesh, des « pseudos » Dieux comme Kaito, des erreurs qu’il fallait supprimer, mais eux seuls n’étaient pas la source de tous les problèmes.

Face au manque de profondeur des propos du porteur de lanterne, l’immortel aux cheveux d’argent eu un petit rictus visible qui indiquait son mépris d’un tel obscurantisme, néanmoins l’ultime fusion répondit sans animosité, serein, habitué de ce manège ridicule.

« Si ta vision est limitée à la destruction des Dieux seuls, c’est bien toi qui es dans l’erreur, la machine que tu cherches tant à détruire n’est pas une entité divine, elle est un ensemble de toutes sortes de viciés. »

Il était assez triste de remarquer un humain aussi présomptueux, que pensait-il pouvoir savoir de ses quelques dizaines d’années ? Zamasu était un être millénaire ayant voyagé dans le temps afin d’apprendre sur la vie, la culture et le développement des civilisations, il avait accumulé des siècles d’histoires et de nombreuses aventures, comment Bray pouvait-il se penser plus sage que son Dieu ?

Vint le tour du Maître des damnés, ce dernier ne semblait pas bien impressionné par les paroles du Shinjin, bien au contraire, mentionnant que la violence qu’il utilise ne faisait partie que des seules armes qu’il avait, quelles étaient son but. Légion se montrait comme l’arme de son idéologie, il pensait que son statut si singulier lui avait été offert, une sorte de cadeau des Dieux pour eux même les combattre, un paradoxe de logique divine. Mais Zamasu ne croyait rien de cela, les hommes ont dompté le feu et conçus la roue, des inventions de paix prônant l’intelligence qui est le meilleur cadeau que pouvait leur envoyer les cieux.

Cependant, les esprits pervertis de criminels ont utilisé cette sagesse pour créer de la folie, des armes destructrices permettant de vaincre par la force, d’assouvir les peuples et dominer des planètes entières. Certains peuples ont su rester pacifistes et bons, les Nameks sont quasi-intégralement purs de cœur tout comme les anges ou quelques autres races à la conception collective et sociale, ils étaient les exemples permettant de cibler le malaise conceptionnel des Terriens, saiyans et tant d’autres espèces hostiles aux autres.

Caché derrière son apparat grossier cachant son visage, l’épéiste demandait à l’être de lumière s’il le craignait, qu’elle stupide question, les inquiétudes du justicier reposait uniquement sur la potentielle perte de temps d’une tentative d’insurrection. Si un conflit de vaste ampleur éclatait dans l’univers, la nature pourrait en être blessé éternellement, ce serait une catastrophe dont Zamasu se sentirait responsable, lui qui aurait prouvé ne pas avoir été le défenseur de la justice qu’il revendique pourtant si hardiment.

« Je ne crains pas celui qui a prouvé qu’il n’était pas à la hauteur. »

Il avait le regard plus sévère.

« La personne que tu es devenue n’est que la récompense et la punition de ta détermination sans faille, un poids gris pour te remémorer chaque jour ton échec. »

Puis vint les réactions de Bray, lui qui semblait porteur d’une énergie et d’une volontée clairement singulière, un combat indissociable des autres contre un adversaire dont seul le nom était connu, un pseudonyme pour définir le mal selon le prophète, une image. Invoquant un étrange pouvoir d’ombre qui plongea la grotte, voire le monde entier, dans les ténèbres, seule la lueur de quelques lucioles permettait de se retrouver dans ce piège visuel. Puis la lumière revint, au centre de la scène se trouvait maintenant Bray, posté sur un Amat rocheux, les bras en croix, faisant écho à sa fonction prophétique de héros face à ce qu’il appelait la machine, refusant catégoriquement les idées de ses deux adversaires de joute verbale.

Effectivement, le porteur de lanterne était confiant en ses visions, déclarant que son chemin et lui seul permettrait de vaincre la machine. Zamasu était dubitatif, la manifestation magique de Bray démontrait qu’il n’était effectivement pas un homme comme les autres, possédait-il un pouvoir ancestral ou un entrainement lui ayant permit de développer de tels pouvoirs de contrôle ? En tout cas seul les actions du membre des Wyatt pouvaient être impressionnantes, les paroles de « l’élu » étaient en revanche vides, il refusait les idées mais ne proposait rien d’autre que sa propre raison, sans en donner l’explication. Ainsi le fusionné ne pouvait même pas savoir par quelle mécanique Bray pensait pouvoir vaincre la machine qu’il jure tant vouloir combattre, avait-il au moins un plan ? Peut être que ce terrien n’était qu’un fauteur de trouble comme Zamasu en avait tant vu ?

Mais non, le porteur de lanterne n’était pas qu’un simple crieur de rue, sous le regard désormais plus ferme de l’immortel en tenue divine, il déclarait les conséquences de sa prétendue victoire : Un monde sans règles, un monde chaotique. Voilà ce qu’était la hantise du Shinjin, un univers répondant aux lois imaginaires de la jungle, ou chacun est libre de faire ce qu’il souhaite sans limite, incluant de détruire les autres, les démons que combat le justicier seraient libres de tout détruire en suivant cette idéologie aussi simple qu’utopiste.

Ainsi s’opposait 3 visions du monde, la première représentait l’ordre par Zamasu, un monde de règles ordonnés afin de laisser à tous une vie et une paix formelle. La seconde était l’égalité proposée par Légion, un monde ou les Dieux sont déchus et ou les règles seront réécrites pour offrir le bonheur à tout les peuples. La dernière était l’idée folle de Bray, plus de Dieux, plus de règles, le chaos le plus total dans un monde qui ne demande pourtant qu’à être dirigé vers son apogée.

Mais le prophète n’allait pas simplement s’opposer aux plans de ses interlocuteurs, il allait aussi tenter de les faire rejoindre sa cause, indiquant que le combat de Zamasu ne servait qu’à nourrir son orgueil, une insulte maladroite et malvenue contre un Dieu. Visiblement aveuglé par ses idéaux déments, le porteur de lanterne se montrait prétentieux et malpoli, lui qui n’était aucunement en position de force face à l’immortel, le voilà qui le prenait de haut, de telle paroles n’étaient pas au gout du fusionné.

« Imprudent, ne te moque pas du Dieu qui t’a offert la vie. »

Un rapide commentaire exprimé sur un ton rude, Bray semblait écarté de la réalité, ne se rendant pas compte de la position hiérarchique de son interlocuteur, il était hors de question de rejoindre un être tel que lui.

« J’ai besoin de direction ? Tes visions prophétiques t’on fait perdre la raison, ton manque de respect ne fait que confirmer mes craintes, tu t’es perdu dans les limbes de la folie, ce serait un gâchis que de te laisser dans l’ombre ! »


Mais aussi ironique que cela pouvait paraitre, une brume opaque pris de court les actions de la fusion suprême, la caverne fut envahie par un épais brouillard, limitant la vision du Dieu à un ou deux mètres tout au plus. Zamasu ne pouvait cacher sa surprise, observant son environnement, le justicier ne pouvait plus voir ni Bray, ni Légion, une scène ridicule qui coupait court à la joute verbale pourtant intéressante qui se déroulait, était-ce un moyen de fuir le débat ? Peut être que les deux prétendus leaders s’étaient rendus compte de leurs erreurs. Néanmoins, le Kaioshin ne voulait pas en rire, l’ambiance mortuaire et grisette qui l’entourait lui coupait toute joie, le manque de visibilité était oppressant, une situation bien particulière tant elle était soudaine.

Dans ce vide complet, l’être de lumière ne sentait aucune force, aucun bruit ne se faisait entendre, seul un léger coup de vent heurtant ses cheveux semblait animer la scène. L’attente ne fut cependant pas bien longue, au bout de quelques instants, une voix résonna dans la brume, cherchant cette dernière, le divin fut vite déçu de constater qu’elle semblait vivre dans les ténèbres, partout et nul par à la fois. Cette voix était celle de Légion, grave, mais quelque peu hautaine, affirmant que Zamasu n’était pas le créateur, ajoutant des éléments de la vie du Shinjin que ce dernier n’avait révéler à personne. Comment ce satané Maître des damnés pouvait savoir cela ? Le regard du justicier devenait plus sombre et sévère encore, Légion semblait avoir une certaine omniscience et balayait donc son combat comme des miettes de pain sec, incluant évidement que me héros était dans l’erreur.

L’épéiste semblait tout savoir sur le Kaioshin, était-il réellement omniscient ? Non, ce n’était pas possible, si c’était le cas il connaitrait l’ampleur des projets et raisons de Zamasu et comme toute personne raisonnable les comprendrait. Le plan du justicier était parfait, le simple fait que l’homme de brume n’ait pas ouvert les yeux prouvait qu’il n’était pas omniscient, il devait juste avoir un certain talent de lecture mémorielle ou des visions comme certains Kanasiens.

« Tu sembles bien informé, mais il est bien dommage que tu ne comprennes pas mes projets, tu ne vaux finalement pas mieux que les autres, tu es borné, accroché à un projet millénaire, depuis toujours les mortels on voulut défier les Dieux, tu es que l’écho de centaines d’échecs. »

C’est alors qu’une agitation dans la brume face à Zamasu forma une main, cette dernière semblait bien être celle de Légion, gantelée et sans agressivité, une apparition démontrant les grands pouvoirs du maître de ceux que l’ont ne veut plus voir. De la paume de l’invocation jailli alors un désert infertile, une terre misérable et blessée, un monde perdu dans lequel des millions d’années seront nécessaire pour y faire renaitre une nature généreuse et magnifique. La vision était accompagnée de paroles, la même voix indiquait des faits troublant et réalistes : Malgré l’éradication des mortels, les autres Dieux devront aussi êtres mis en déroute, eux qui avaient initialement plantés la graine du mal dans le cœur des hommes. Ce point, l’immortel aux cheveux d’argent pouvait l’entendre, le combat contre les autres régisseurs pouvait amener une destruction sans pareille. De nombreux êtres supérieurs étaient doté d’un gigantesque pouvoir de destruction, dans leur grand égoïsme, ils pourraient tenter de tout détruire pour ne rien laisser à Zamasu. Ce n’était pas dénué de sens, l’invincible poussa un soupir, malheureusement, ce sacrifice semblait nécessaire, l’inaction n’était pas préférable à une victoire juste, seule cette solution permettait de vaincre tous les maux de ce monde.

« Certes, le monde sera partiellement détruit, mais ce sera le début d’une nouvelle Eden parfaite et absolue, qu’importe le nombre de Dieux qu’il faudra supprimer, je ferais le nécessaire pour parvenir à éternelle justice. »

« Certes », Légion avait eu raison sur un point, il fallait l’admettre, mais une victoire ne gagnait pas la guerre. La main s’éteignait dans la brume, laissant les voix interpeler seules l’ancien élève de Gowasu, ajoutant que Zamasu devait utiliser ses pouvoirs pour guérir plutôt que détruire, malheureusement, certaines personnes n’étaient pas raisonnables par les mots ou la magie.

« Aucun outil ne pourra raisonner les démons qui malmène ce monde, toi qui appelait précédemment à la guerre, tu me sembles bien hypocrite. »

Puis l’homme en armure réapparu sur une pierre disposée au sol, le brouillard était toujours aussi fort, néanmoins il était possible de voir le beau parleur qui révéla avoir été un prophète et un Dieu, mais que ses rôles ne l’avaient pas aidé à « pencher la balance ».

Zamasu eu alors un petit rictus, suivit d’un rire narquois, Légion avait été un Dieu ? Quelle ironie, il n’était qu’un divin déchu cherchant à se venger ? Il pensait qu’être un Dieu ne peut pas aider à la quête du sauvetage du monde ? Son inconscience le perdra.  Le rire du justicier dura quelques secondes de silence presque malaisantes, il était temps de montrer aux deux malpolis auquel il faisait face quels étaient les pouvoirs d’un vrai Dieu. D’un ton plus condescendant et hautain, le Kaioshin rétorqua à Légion.

« Le fait que tu as été un Dieu n’est que la preuve que tu n’es pas celui qui sauvera l’univers. Regarde-toi maintenant, un mort en sursis, un cadavre réanimé par la volonté d’un téméraire visionnaire, tu penses avoir plus de chances ainsi ?»

D’un grand sourire aussi large qu’insensé, Zamasu tendit son bras droit vers le ciel, faisant apparaitre à quelques centimètres de son dos un grand anneau de lumière argentée, prenant appui au sol, il s’envola alors dans la brume, disparaissant quelques instants. Puis après quelques secondes, tout le brouillard disparu dans une puissant onde de choc lumineuse, la luminosité de cette capacité avait sans doute le mérite d’éblouir les deux autres protagonistes hantant la caverne, eux qui étaient à présent sortis des ténèbres. Point lumineux central et volant de la scène, l’ultime justicier se situait à plusieurs mètres de haut, un sourire hautain aux au lèvres, l’arc de brillant dans son dos, scrutant les deux autres cloués au sol, toujours le bras droit levé.

« Légion, tes manipulations seront sans effet sur moi. A chercher le mouton noir qui corrompt vos terres, vous avez finis par vous retourner contre vos propres créateurs, cherchant à tout prix un coupable sans imaginer que vous pourriez vous-même l’être. Vos adversaires ne sont pas dans les nuages, mais voyagent dans les dimensions, le temps et l’espace, ils sont partout et nulle part, ce sont ceux qui profanent les règles élémentaires de la vie, ce sont ceux qui utilisent les plus sombres magies pour contrôler le cœur des hommes. Mais ça vous refusez encore de le comprendre. »


Toujours dans les airs, Zamasu était un puissant orateur, impérial et autoritaire.

« Vous pouvez m’aider dans mon but, Légion, toi qui t’es approché de l’Eden, qui pouvait en sentir l’odeur et la perfection, tu ne désires pas le voir étendu sur le monde entier ? Ce paradis pourrait être à portée de tous. »

La Shijin haussa alors les épaules, narquois.

« Mais tu préfères le détruire, car tu en as peur, tu penses que c’est moi qui te crains, mais tu es simplement trop téméraire pour te rendre compte que tu n’es pas assez fort pour te confronter à ton échec, tu veux juste le voir disparaitre et oublier ta propre défaite. »

Le regard du fusionné fusillait maintenant Bray.

« Toi aussi Bray, tu refuses de me croire, mais si tu me suis je te montrerais ce que j’ai vu, des milliers d’années d’évolutions, des millions de planètes, un scénario toujours différent mais des événements toujours similaires, si les dieux ne jouaient qu’a un jeu, ils s’en seraient vite lassés, tu ne penses pas ? »

En effet, des millions de planètes vides, quelques races égoïstes, certaines pacifistes, certaines imprévisible, un jeu qui serait infini dans lequel on ne jouerait qu’avec le quart des cartes, qui trouverait cela amusant ?

« Vos esprits ont étés corrompus par la marque des démons et des êtres perfides qui menacent notre univers, je vais vous ouvrir les yeux sur ceux qui vous manipulent ! Je vais faire ce que vous êtes incapables de faire : Vous donner la vérité ! »

En abattant son bras droit vers le sol, Zamasu Projeta un arc similaire à celui qui se trouvait dans son dos au-dessus des deux personnages, formant ainsi un arc horizontal gigantesque qui plongea la caverne entière dans la lumière dans un flash assourdissant tant il était puissant.

Puis, plus rien, le vide, un vide en lumière, en ouvrant leurs yeux, les deux visionnaires remarquaient rapidement qu’ils étaient isolés, ils étaient dans un océan de clarté. Aucune des lucioles, aucune lanterne ne viendrait aider les deux personnages qui se retrouvaient seul, pendant quelques instants. Effectivement, Dans cet espace vide apparu dans un fondu hallucinatoire un ou plusieurs personnages, ces derniers étant des hallucinations de craintes et de peurs, des manipulations réelles ou inventée conçues pour faire douter les leaders.

Que ce soit par des paroles ou des combats, Légion et Bray allaient êtres confrontés aux plus ardus des dilemmes mentaux, le tout orchestré par le plus le réel justicier : Zamasu, lui qui allait montrer à ses opposant la stupidité de leur combat par des mots et des images provenant de personnes qu’ils accepteront d’entendre. Les deux hommes visionnaires étaient séparés, ils ne se voyaient pas, ne s’entendaient pas. Si ce plan-ci ne fonctionnait pas, cela prouverait deux choses, la première était la folie de ces deux personnalités, la seconde était leur détermination, mais cette deuxième option était peu probable, le pouvoir de Zamasu n’était pas faillible, ils allaient tomber et se soumettre à la seule vision pérenne de l’ordre.




Bray Wyatt
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Sam 8 Sep 2018 - 18:30

He's Got The Whole World In His Hands

Nombreux étaient ceux qui prétendaient pouvoir changer la face du monde, mais peu d’entre eux pouvaient se vanter de l’avoir vraiment fait. Où se positionnait Bray Wyatt dans tout ça ? Une énième grande gueule sans réel pouvoir pour impacter l’univers ou la voix qui laissera à jamais une empreinte indélébile dans l’histoire sans fin de la galaxie ? Selon le fantôme, le Mangeur de Mondes était destiné à chuter en plein milieu de son ascension comme tant d’autres qui ont essayé avant lui. Le regard du berger était plongé vers les deux lueurs rouges, elles n’exprimaient qu’une seule chose et c’était une soif intense de combativité, défiant les propos du mort. Le chemin était tracé selon lui, bien que l’homme qui se trouvait en face de lui soit une personne qui s’éloignait constamment de la route du destin. Les lumières disparurent lorsque l’Ange dans la poussière se retourna pour faire face au maître des Damnés, confortablement assis sur un trône. Il tentait d'ancrer sa position en tant que le meneur de cette conversation entre les trois hommes aux convictions d’acier mais opposées dans leurs perspectives. Un sourire sarcastique s’inscrit sur le visage du patriarche de la Wyatt Family. L’homme en armure médiévale continua son discours dans lequel il affirmait que l’Ange dans la poussière avait perdu d’avance sans lui, que les dieux ne le laisseront pas fuir du royaume des morts duquel lui-même avait réussi à s’échapper. Le sourire du mastodonte s’élargit davantage avant de pousser un faible rire.

“Tu sembles mal me connaître, maître des Damnés, et par conséquent tu projettes à travers de moi la vision décadente et honteuse de ton parcours et surtout de ta défaite. Je suis bien plus qu’un simple homme. Je suis bien plus qu’un simple prophète. Je suis la bénédiction dont ce monde à tant besoin ! La mort elle-même ne pourra me retenir…”

Une pause s’installa dans le discours du monstre à la longue barbe alors que l’ancien manipulateur fondait devant ses propres yeux. Un second rire retentit alors que son regard se portait sur l’être divin qui avait décidé de rejoindre la joute verbale.

“Ni la volonté divine… Je suis bien plus que ça.”

Le sourire qui avait pris place sur son visage cessa d’exister, maintenant remplacé par une expression qui inspirait seulement le sérieux avec lequel il avait exprimé sa dernière phrase. Était-il suffisamment mégalomane pour croire qu’il était au-dessus des créateurs de ce bac-à-sable dans lequel il n’était qu’un jouet de trop, ou alors détenait-il une part de vérité dans ses paroles ? Qui sait, il se pourrait que lui-même ne connaisse pas la réponse à cette question.

Un brouillard dense fit son apparition, bloquant ses deux interlocuteurs de la vue du terrien. Il se retrouva seul pendant un moment, avec seul compagnie sa lanterne.

Une luminosité apparut alors, dissipant ainsi la brume comme une levée de rideaux avec l’acteur principal dans les cieux, au milieu de la scène, rayonnant de tout son orgueil. Ce Dieu ne manquait pas de se mettre en avant pour réduire à néant les doux mots du manipulateur mort-vivant. Le berger n’était pour le moment qu’un simple spectateur qui profitait de la discussion entre ces deux orateurs. Il n’avait rien à dire, il s’était même assis par terre de façon détendue, un sourire amusé tout le long. Jusqu'à ce que le tout-puissant se mette à l’interpeller, le questionnant directement sur le jeu auquel les êtres divins s’adonnaient en réfutant tout. Bray se mit à rire à gorge déployée deux secondes avant de reprendre une expression sévère. Il prit le temps de se relever pour faire “face” à l’autorité que représentait l’humanoïde de vert et d’argent.

“Un jeu suffisamment lassant pour qu’ils laissent un de leurs jouets s’enfuir de leur influence pour causer malheur et destruction dans leur bac à sable. C’est tristement ce que tu es devenu en venant ici : rien de plus qu’un énième pion pour divertir le véritable créateur de ce monde. Je n’ai pas besoin de la guidance de celui qui se fait mouvoir par la machine divine sans qu’il le réalise, comme une marionnette au bout de leurs ficelles.”

Une belle tirade de la part du maître orateur. Sa voix ne montrait aucune faiblesse, elle était confiante et accusatrice. Il considérait le justicier comme un être perdu d’avance, irrécupérable et indigne de sa conduite. En même temps, comment un simple mortel pourrait convaincre un Kaioshin imbu de sa personne, qui rejetait les fautes des êtres divins sur ceux qui ne pouvaient rien faire d’autre que subir leur courroux ?

Des cercles divins se placèrent derrière ceux qui s'opposaient et les englobèrent dans la lumière. Bray Wyatt ne semblait pas concerné par cela, gardant son regard vil sur la créature jusqu’à ce qu’il ne puisse rien voir d’autre qu’un blanc immaculé. Il se trouvait maintenant seul dans un vide total, le chef de la Wyatt Family restait sur ses appuis, inébranlable. Il n’allait pas se laisser apeurer par un simple tour de passe-passe divin.


Néanmoins, le bruit distant d’un incendie pouvait s’entendre au loin, un bruit de fond qui commençait à s’amplifier de plus en plus derrière le prophète. Il fit volte-face pour voir la grange de son terrain vague en flammes. Ceci pourrait sembler anodin mais pour Bray et ses fidèles, ce lieu était comme un sanctuaire : dans ce bâtiment d'apparence insignifiante se trouvait enterré le corps de leur véritable guide, Soeur Abigail. Le lieu le plus sacré aux yeux du barbu était en train de disparaître dans les flammes infernales. L’expression qui naquit sur son visage disait tout : du regret, de la peur et surtout du chagrin. Il commença à foncer vers l’infrastructure en bois mais en vain. Il courait dans le vide, il ne pouvait pas se rapprocher pour défendre la chose qui lui tenait le plus à coeur.

Le feu dévora la grange, ne laissant rien d’autre que des cendres fumantes qui se mirent à s’envoler au gré d’un vent que le prophète ne pouvait sentir. Il était sous le choc de voir une scène aussi horrifique, il en était au bord des larmes. Mais la torture n’était pas encore finie. Encore une fois derrière lui, il put entendre des bruits de pas. Il se retourna pour être face à face avec ses plus fidèles frères : Luke Harper et Erick Rowan. Pas un mot ne fut échangé. Les deux enlevèrent les masques de mouton qu’ils portaient avant de les laisser tomber au sol. Le regard de Bray Wyatt suivit la chute des masques avant qu’il remonte son regard paniqué vers ses apôtres. Un simple “non” sortit de sa bouche. Les deux terriens, d’un coup violent, écrasèrent et éclatèrent le symbole de la Wyatt Family avant de tourner dos vers leur ancien guide dans les ténèbres. Ils disparurent dans la lumière blanche alors que le patriarche était brisé d’assister à la scène. Ses frères qui se retournaient contre lui ainsi : ceci était bien plus douloureux que son combat contre l’envoyé des dieux. Il tomba à genoux à ce point comme s’il venait de se prendre un coup particulièrement violent dans le ventre. L’attaque du mental semblait plus efficace qu’un quelconque assaut physique dans le cadre du guide à la lanterne. Le Dieu jouait entièrement avec les craintes ses plus vivide et bien que ce fait était implanté dans son esprit mais pour autant, ceci ne rendait pas moins l’expérience insupportable.

Une main vint se poser sur son épaule droit. Il releva sa tête pour voir devant lui une silhouette qui lui était bien familière. Une figure maternelle, une lumière dans le noir, la vérité dans un monde tombé dans l’ignorance : Soeur Abigail. Le berger n’en croyait pas ses yeux, celle qui l’avait sauvé de la corruption en face de lui, à nouveau. Un sourire rassuré se formait sur le visage du berger, comme si ses soucis venaient de s’envoler au loin.

“J’avais tellement d’espoir en toi”

Mais ce sourire ne dura qu’un court instant. La première phrase qui sortait à son plus fidèle enfant après tant d’années était celle de déception envers lui. Le prophète était confus mais également chagriné par ceci.

“Tu avais été choisi pour ramener à ce monde à la réalité en brisant leurs chaînes de la manipulation de ceux qui croient être à l’abri dans leurs trônes. Et à la place, tu ne fais qu’alimenter cette illusion.”

Les premières larmes commençait à perler dans les yeux du mouton. Sa bergère l’accusant de n’avoir rendu la chose pire, de n’avoir que rendre leur ennemi plus fort. De tels accusations de la part de la personne qu’il tenait le plus à coeur en ce monde perfide. Aucune arme, la plus destructive qu’elle soit, ne pouvait être plus efficace face au béhémoth. Sa main se décolla doucement de son ancien apprenti.

“Tu n’es qu’à la fin qu’un rouage de la machine dans le déni. Tes actions ne libère pas les asservis de la main des tyrans de ce monde ! Tu ne les fait que se rendre plus confortable dans leur fausse liberté.”


Sa tête chuta tout comme ses bras. Il pleurait à sanglots. Démoli émotionnellement par la morte, il avait perdu tous repères. L’apparition disparu en face à de lui, comme la grange, en cendres. Il était maintenant complètement seul, à devoir se confronter à lui-même. Est-ce que tout qui avait oeuvré était en vain ? Pourtant, chaque jours, sa famille s'agrandissait pour lutter pour un monde meilleur, sans aucune loi pour manipuler la masse. Il montrait la vraie voie à ceux qui n’étaient pas entièrement endoctrinés par les mensonges de la société. Il pleurait de plus en plus, c’était dans ce triste état qui se retrouvait. Il avait fait tellement d’effort mais en vain.

Mais le gémissement qu’il produisait se transformaient petit à petit à un faible rire. Plus le temps passé plus ce rire devenait de plus incontrôlable et bruyant, au point de former comme un écho dans ce vide illuminé. Il se releva, la tête toujours vers le bas. Les larmes continuèrent à tomber alors qu’il s'esclaffait comme un fou. Il finit par lever son regard vers le ciel.

“FOLLOW THE BUZZARDS HAHaha!”

Il adopta la pose de la croix, comme à son habitude quand il pensait avoir le contrôle de la situation. Pourtant, ce n’était pas le cas ici, il se faisait prendre en bourrique par les illusions d’un dieu revanchard. Il était devenu sa marionnette qu’il balançait d’une horreur à l’autre. Mais est-ce que ce cri, normalement victorieux, signifiait la liberté de ses ficelles divines ou encore de son abandon à devenir éternellement un serviteur d’un autre être aux idéaux corrompus ?
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Dim 7 Oct 2018 - 20:46
Un ̶m͝o̴nd́e s͘a̧ńs̵ lu͜m̧i̷èr̡e. ͞U͝n̷ ͡vo̢r̴tex̛ dé ͝mal͟he͘u͟r͏s̕ et ́d͏e͟ pe̛ur. ͟Un͟ ̵ḿélaņg̶e҉ d͟è té̸nèb͘re͝s̵ ҉e̛t d̸’obs̶cu͏r̢it́é.̷ D͟u ͠v̴id̛e ̢q͏ui̡ se ̨m͘anifes̸te͞ ét̀erņellem̨e͠n̡t.̡ Des͜ i̛n͟s͜ec͞t́es͡ q̨u͝i dévor͞en͟t l’atm̡osphèr͞e̷.͠ ̵La v́oie ̴l̷àc̶t҉é҉e҉ q̷u҉i͞ ͜s҉e ͠di͏ss̷o̴u̕t͜.̷ ̀L̴’͢e̕sp͝rit͟ q͢u̢i͟ ͠hur̢l̶e͟. ͟L̨a̢ ̵d̷oule͞u҉r ̵inc͜éss̛ánte ̢des҉ ̷enfe҉rs̀.͢ ̕Lá t̀e͟r̡ŕe͏ d̵evi̵en͟t ͜d̨e la̵ la̷ve. Le̡ ́p͡éǹdulę ̸to͢uŗn͢e͞ ͝à҉ droi͜t̨e̛ et͡ à gauche, s͞ans̴ jamais͜ ̢s͏’̛a͏r͘r͟ê̛t͜er.̸ L̨é ͘te͠m͟p͠s̶ ̧c̨on̛ti͞nue d̨e͞ pa̸ss͠e̴r s͏a͏n͠s ͡n’̵a̧v͏o̷i͘r̡ que͢ f̷a͞ir͞e de̴s̛ vi͞va͜n͘t̵s.͠ ͡Le̷s ͟ar͏mes̸ ͠s̛on͘t ̡vend̨u͝es dans̴ l̀e͟s̡ ͝m҉a̕gaśin͞s.̕ Le͏s ̧f҉o̴rgero҉ns͢ ̷c̕og̡n͞en̕t c̛o͏ńt̶rȩ le ̴f̢e͟r pe͟n͝d̕ąnt des̀ ̵míllé̵ǹa̕i̵reś.͡ ́Le҉s ét͜o͢iles s̷e fr̸ącas͡sent̕ ̛lęs un̴es̡ co̕nt̕r̶e͝ les a͘u͟tr͞es͝ ͡sa̛n͡s҉ ͞ja̵ma͡i̢s ́ś’̧àrrêt̴e̷r.̴ Un ͏d͘ieu ̨j̶ou͠e̡ ́à la ̛p͠é͝t̵a̶nque̡ ͠avec le̶s ̢pl͏anę̀t͟e̛s͝.́ La ̨l̨u̕n͞e͝ gr̕i͏m͡a̡ce ̢d̶e dòu͠leu͜r̸ ̡et ͞le͝ solei͏l ̷s͢’͡é͝c̡rase̵ ͞d̷ans̶ ̨la m͠ér de͡s̡ ͠larm̧es. ́I͏l ̡n̛’y a ͡p̡lus̷ d̡e̢ sens͏ ̵d͝a͢n̕s̛ ͢cet ̨u͟niv̴e̸r̸s̕ ̨rę́g̛ưr͏gi̕té͢ p͡ro͢v͘enant d’un̴ e̷sprit ̕m̶a̕làde̕. I̡l ņ’y a͏ q̢u’u͢n͢e ҉s͢ala̢de̶ ̀de ͟m̡ots͜ s̢a͝n͡s҉ ̡im̧port͠a̛nc̨e͢, ̛rés͟o͢n̸n͏a҉ņt dan͠s͠ ̛le͡ ̷v͡ase̷ i͟n̛for͡m̵e qui ́con̛t̀i͞en͟t ́l̛’oc͏éan͘ ̢de͞ ̷pen̴śé͠ęs ̴mal͘saiņès͜ e͠t ̶vio̢leńt̨es ̛q͟ue̸ ͢no͜us ente̶ndơns ͢à ̕p͏ré̡s͝ent̷.͏

”Avez-vous conscience de la raison de votre présence ici, mon garçon ?”

Quel est cet homme qui marche en tournant dans la pièce de façon rectangulairement symétrique ? Sa présence absente est troublante. Sa tête carrée et triangulaire n’aide particulièrement pas à affirmer de la bienveillance de la part de ce personnage atypique. Il avait une sale bouille qui n’était que peu belle. Ses habits blancs n’arrivaient pas à combler la noirceur lumineuse qui comblait cette pièce si triste. Au sein de cet univers dont seul un atome était visible, il fallait de bons yeux pour observer l’horizon. Les yeux de celui qui pouvait admirer la réalité. Mais il n’y avait pas de réel ici, seulement le sentiment permanent d’une illusion qui ne devrait pas être. Une fausse vie qui était pourtant bien réelle. Une parodie d’existence qui fut peut-être ou alors qui sera. Il n’y avait pas moyen de savoir. Le temps pouvait faire quelque chose à l’affaire ? Dans ce pseudanthium illusoire, il fallait trouver quel pétale se détachait du lot. Des milliers de fleurs dont les racines s’incrustent dans l’insanité morbide.

”Non. Je ne sais pas pourquoi je suis ici.”

Un air consterné s’afficha sur le bloc de marbre aux yeux superficiels. Les vaisseaux sanguins visibles sur les extrémités des globes oculaires ne lui donnait aucunement une magnifique beauté, mais davantage une terrifiante et effrayante aura de peur qui ne semblait aucunement faire flancher son auditeur et interlocuteur. Des pupilles petites et frêles recouvrait le blanc de sa sclère, le laissant s’incruster dans ce monde surréel et faux. Dans cette obscurité lumineuse permanente, il était difficile de voir cet homme de blanc et de roche. Un golem des parches qui répandait les psaumes. Il n’y avait pas de veines, ni de sang, ni de cartilage, ni de roche dans ce personnage atypique et pourtant bien commun dans ce vide rempli d’incompréhensible. Il n’y avait aucune livre de chair qui pourrait payer quelconque dette au sein de ce moule de venin.

”Vous êtes ici car vous êtes un hérétique.”

Il aurait été facile de dire ça dans un univers où la gravité n’avait pas disparu. Mais qu’importe. Cela semblait bien réel. Comment un esprit pouvait-il être ramolli de sorte à ne pas trembler ni s’inquiéter des phénomènes environnant ? Il n’y avait pas de réponses par ici, ni par là. Le vent ne traversait aucunement la pièce fermée. Mais pourtant on pouvait y respirer. Ou bien cet air qui entrait dans les poumons et ressortait par la gorge était tout aussi faux que le reste ? Il semblait n’y avoir de réponse que derrière le portail luminescent des dents parfaitement taillées du bonhomme en blanc et aux yeux malades. La conjonctivite n’existait peut-être pas dans cet hémisphère inconnu. Au sein de cet horizon sans soleil ni nuit, la seule vision possible était une pièce complète. Quatre murs, ce qui était déjà pas mal, ainsi qu’un plafond et un sol. Une table solitaire, deux chaises, et un colosse de pierre et de velours. C’était un univers sans rythme nycthémère. Il n’y avait que cette étrange luminosité inexistante mais pourtant si rayonnante. Pas de jour, ni de nuit, ni de réalité. Seule la perception comptait.

”Pourquoi ne vous prosternez-vous donc pas devant nos créateurs et nos sauveurs, comme le font pourtant tous les autres ? Souhaitez-vous tant que ça l’attention des autres ? Vous faut-il être un perturbateur devant le tout-puissant pour que l’on se souvienne de vous ? Un bien piètre objectif de vie. Cela ne peut conduire qu’à votre damnation.”

Que sait-il donc de la damnation, ce monstre de marbre aux habits blanchis ? Dans quel ouvrage de fantaisie en a-t-il entendu parler ? Probablement une trilogie de livres de plusieurs centaines de page. Il doit prêcher cet amas d’imagination qui ne provenait pas de la sienne. Certains, en dépit de pouvoir rêver, ne faisaient que suivre. Ils étaient tout autant apte à créer leurs propres pensées et leurs propres mondes que les autres. Cependant… cela représentait un trop gros effort pour leurs petites têtes. Leurs cerveaux ne pouvaient pas tenter de modeler des idées. Alors il ne restait qu’un algorithme intellectuel préprogrammé. Ainsi, il n’y avait aucune difficulté à maîtriser la population. Ce qui commençait par la paresse et la faiblesse devenait une fatalité mentale. Un verre qui se plongeait tête la première dans l’eau ne pouvait pas se remplir des connaissances de son environnement. Il resterait coincé avec un intérieur plein d’air jusqu’à ce que l’on puisse le faire basculer. Parfois, cela pourrait être une vague assez forte. Mais généralement, cela ne dépendait que d’un poisson qui avait la tête assez dure pour bousculer le récipient.

Mais c’était alors que sans un bruit s’ouvrit une porte qui ne fut jamais présente dans cette pièce étrange. Et de cette inexistante entrée, qui à présent était ancrée dans cette fausse réalité, surgissit un personnage bien habillé...


Ses mouvements semblaient hors du temps. Se resserrant un gant avec une extrême facilité et une grâce incroyable, le Masque de Tissu forçait son unique spectateur à voir les choses au ralenti. Ses actes étaient tous fluides. Il y avait presque une douceur dans sa manière d’agiter les doigts, d’attraper le bloc de marbre et de l’arracher du reste du corps. Ce dernier semblait juste mécontent de son sort, mais il ne pouvait plus parler. Alors il ne put faire que mouvoir ses dents. On pouvait reconnaître qu’il demandait quelles étaient ces sorcelleries et insultait son assassin d’hérétique. Mais l’autre n’avait que faire d’un bonhomme de pierre qui laissait s’échapper du venin depuis l’intérieur de ses dents. Il jeta le poids en arrière et se mit à inspecter les lieux avec autant d’interrogation que pouvait laisser ressortir le sac qui lui recouvrait la face.

”Étrange. Il semblerait que cette partie du subconscient soit plus modifiée que je ne le croyais. Il n’y a rien qui puisse permettre de se défendre.”

Il regardait le mur avec beaucoup de détermination, exprimant ses réflexions à voix basse. Il avait certainement oublié qu’il y avait plus d’une personne par ici.

”Qui es-tu ?”

L’être au sac en guise de visage se retourna avant de se figer pendant une demi-seconde, comme s’il venait de soudainement réaliser quelque chose. Son index posé contre ce qui devait être son menton ou ses lèvres, il se pourrait qu’il réfléchissait simplement à quoi dire. Il fit alors deux pas à l’aide de ses jambes grandes et dégingandées, tout en posant ses deux mains derrière son dos. Il se pencha vers la petite personne qui venait de lui poser la question. Et sa voix qui semblait si familière mais pourtant bien inconnue parvint à nouveau à se faire entendre.

”Regardez-moi ça… voilà le résultat d’une transe endoctrinante divine couplée à un gallon de cendres cadavériques, une cascade d’eau de vie et un interstice perpétuel entre le ventre et la tombe. Vous êtes irreconnaissable, fiston. ”

Le “fiston” en question regarda ses mains. C’étaient des petites menottes de gamin de huit ans, rien de plus ni de moins. Il ne sembla pas surpris de cette vision. C’était normal, pour lui. Après tout, il ne venait que de naître dans ce monde impensable. Ou bien y existait-il depuis plusieurs millénaires ? Il n’y avait pas vraiment de place pour des questions de ce genre ici. Ou bien pour des questions tout court. Après tout, la lumière était la plus sombre de toutes les sources de luminosité en ce monde régit par les oxymores.

”Pourquoi ?”

L’oeil caché par le noir de l’intérieur du masque fixait visiblement celui du petit bonhomme. Un seul trou permettait à cet abîme de regarder le monde depuis sa prison de tissu cylindrique. On pouvait ressentir un mélange de fatigue et de pitié pour l’individu en face de lui. Mais cette aura qui l’accompagnait s’effaça bien vite à travers un soupir peut-être bienveillant. Il se retourna et prit sa canne en main, laissant s’échapper quelques autres mots.

”Je vous conseillerais amplement de me suivre. Il serait bon de ne pas rêver trop longtemps.”

Tant de paroles qui semblaient ne pas avoir de sens. Mais tant pis. L’enfant n’avait pas grand chose à faire hormis le suivre. Il n’avait pas eu de réponses à ses deux premières questions, lui faisant ressentir une certaine frustration. Ainsi, il se leva de sa chaise pour rejoindre le grand personnage. Et les deux compères sortirent de cette pièce carrée et étrange dans laquelle il ne restait qu’un bloc de marbre qui hurlait silencieusement.


Ṭ͎̩̑̂́̋ͨ̄o̟̝ͩ̿ͧ̍̉̿́ͅȗ̡͔͚̖̤̥̻̙̃̔t̸̙͍̰̝ͤͧ̔ͦ̒ͅ ͉͎̠̗͈̬̞͐̀̐̒ͨ̌e̳̩̦̟͉͊ͥ͛̓̃s̙̘̙͚͋ͥ̄ͦť̉͐̿͌̂ ̧̮͕ͧͯ̏ḅ̰̘̫̩͉̱͑ͣ͛ͥî̲͉̭̩̹̟͑z̯̳̠͈͇͕ͬͅa̮̦͉̼̫̔̂̅̄̄ṛ̂ͬͤȑ̤̦̙̯̙̆͂͒́͟e͚̥̭̲̤̐͢ ̦̺͚̮̦̞̪̓̿̋̑̚͜p҉͖̩a͏̦̫̯͙̥r̰̬̂ͮ́ ̪̳͎ͬ̽ͅĭ̞c͚̠̩̩͊̽ͭ͋̊ͅͅi̝͇̜ͯ̆̋ͤ͆͂.͎̺͇̲ͦ Pourtant il semblerait bien qu’il y ait un minimum de gravité qui permettait à deux individus de marcher sur un sol ferme et boueux. Les petites chaussures du garçon en avaient déjà bien souffert. Il regardait la source du liquide qui s’était mélangé à la terre. Un autre enfant au regard vague, perdu dans le vide. De sa tête coulait du carmin, car une pierre était encastrée dans son crâne. Telle une éternelle rivière, un flot de sang se répandait sans cesse. Et le fleuve rouge et puant inondait la terre sous les pieds des voyageurs. Le regard du gamin sembla changer. Son coeur s’était mis à battre de plus belle. Ses yeux perdirent leur humanité l’espace d’un instant pour témoigner d’un sentiment qui semblait inconnu.

”Un gamin qui s’appelait Pierre, tué par un caillou. Il était condamné dès sa naissance. La première pierre de l’édifice. Le premier meurtre d’une légende que certains appellent Légion.”

Le gamin n’eut pas à réfléchir beaucoup pour comprendre que le ton de voix employé le désignait. Il tournait doucement la tête et, reprenant son visage vide d’émotion, demanda monotonement :

”Suis-je donc Légion ?”

L’être au sac tourna la tête lui-aussi. Il décida de répondre enfin à l’une des questions du petit.

”Non. Vous n’êtes pas Légion. Peut-être le serez-vous à la fin de ce petit voyage ? Mais pour l’instant vous n’êtes qu’un garçon que l’on nomme Alexandre Caligone.”

Un petit instant de silence.

”Et qui es-tu, toi ?”

La plus grande des deux ombres se mit à se retourner vers la fin de ce petit monde. La terre sur laquelle ils se trouvaient n’était qu’une plateforme parmi tant d’autres qui flottait ridiculement dans l’air sans véritable logique directrice. Mais une chose pouvait être visible : le ruisseau d’hémoglobine devenant cascade pour se répandre sur le terrain volant d’en dessous.

”J’imagine être une personnification de l’obstination inconsciente d’un gaillard plus ou moins défaitiste, prenant la forme d’un fantôme de son passé pour guider son esprit vers les profondeurs de ses cauchemars. Mais… je me souviens d’un nom qui fut utilisé pour me désigner. Ce que je fus pour cet être qui m’oublia pendant si longtemps : Amygdale… Amygdale au masque de tissu. Chic appellation.”

Et il sauta, suivant le sang vers le fragment d’univers qui se trouvait sous ses pieds. Le dit “Alexandre” resta un instant perplexe, avant de le suivre, effectuant la même cascade et espérant ne pas se briser les jambes. Il parvint à atterrir sans soucis à côté de ce qui ressemblait à une église en flammes en un rien de temps. Il lui sembla pourtant que cette chute avait duré quelques mois. Mais pourtant, voilà M. Caligone qui se trouvait à côté du charismatique être masqué, qui était parvenu à dévorer une pomme sans retirer ce qui cachait son visage. Les langues de salamandres qui recouvraient le saint batiment éclairaient sa face sans pour autant faire briller son oeil.

”C’est fou ce que la vengeance peut faire une fois couplée à l’intelligence et un zeste de chance. Une poignée de poudre et une torche enflammée suffisent à faire douloureusement disparaître les meurtriers d’un youpin qui n’avait pas demandé grand chose… Malheureux soit celui qui lisait les parches à l’époque des psaumes. Et ce fut pas le feu du jeunot sous sa tutelle qui le ramena à la vie...”

Un être s’échappait de l’édifice qui devenait une ruine. Rampant pitoyablement, il tentait de continuer à vivre malgré le burlesque de l’atmosphère qui le cernait. Ses yeux vides d’espoir et pleins d’incompréhension étaient incapables de cligner. De ses mouvements lents et pathétiques, il s’approchait du plus jeune des deux spectateurs, avant de lui attraper faiblement la jambe et de le dévisager comme s’il fut un démon.

Pourquoi ?

Oh, il restait incapable de parler, sa trachée remplie de cendres et de fumée. Mais ses râles et le mouvement de ses lèvres carbonisées ne laissait pas de doute quant à ce qui préoccupait son esprit mourant. Le dit Alexandre se contenta de lui renvoyer son regard silencieusement. Son compère masqué préféra se tourner pour tenter de trouver la prochaine étape de leur voyage vers l’obscurité neuronale. Mais il n’y avait pas d’indication, seulement plusieurs îles flottantes dont une seule avait de l’importance. Mais laquelle ? Il aurait été bon de posséder une indication quant à la suite de leur trajet. Un bruit atroce de craquement d’os se fit entendre, suivi d’un autre s’associant à un pas dans des entrailles. M. Caligone venait de détruire le crâne du survivant à coup de pied, et ne comptait pas s’arrêter. Il semblait ignorer la potentielle douleur que pouvait offrir l’ensemble de fer et de calcium à ses tendons et sa plante. Un flot de sang sortit de l’espace sans tête du cadavre et se déplaça vers l’une des extrémités de la plateforme de terre et de mauvais rêves. Une route se traça à nouveau pour montrer le chemin des voyageurs. Mais cela n’intéressait pas encore le jeune garçon qui s’occupait d’éviscerer le survivant. Le dit Amygdale resta pensif un moment, comme amusé par la situation, avant de s’approcher de lui et de lui attraper l’épaule.

”Je pense que cela suffira. La voie vient de s’éclairer. Nous pouvons continuer notre chemin.”

Un instant de pause. Un cadavre qui part du cadavre pour aller vers le sac, puis vers le cadavre à nouveau, puis vers le sac. Des yeux pleins d’incompréhension sur ce qui venait de se passer. Pataugeant dans ce liquide puant et collant provenant des tripes et de la matière grise de la victime du coup de grâce, Alexandre Caligone voyait le résultat de ses moments d’absence psychologique. De soudaines poussées d’énergies qui devenaient des joies de vivre intenses. Des spectacles multicolores et pleins d’une douce mélodie qui inspirait une torpeur accueillante et chaude, et qui pourtant apportait la plus puissante de toutes les énergies : celle qui permettrait de conquérir le monde en une seule nuit. Des explosions véritables de bonheur qui n’ont aucune véritable raison d’être. Des Blasts qui propulsaient l’être le plus cynique et pessimiste vers l’ataraxie la plus puissante qui soit. Cette paix intérieure qui dépassait l’anxiété et la terreur. L’extase mentale et psychologique la plus extraordinaire de toutes. Celle par laquelle passent tous les pervers et les assassins. Celle que recherchent les monstres les plus obscurs de la réalité. Cette première victime qui attrape son tueur pour le promener vers le ciel avant de le laisser tomber dans la dure réalité. La boucherie dont tout partait, l’amas d’organes et de cruor qui appelle à la reproduction. Mais jamais aucune oeuvre ne sera l’égale de ce premier sang dont tout commença.

”La deuxième victime laisse généralement un goût d’amertume. Mais pour certains, il semblerait que l’épiphanie ne se fasse ressentir que lors de la seconde fois. Le premier martyr fait face à un eldritch à l’âme loin de son exuvie une fois l’acte commencé. L’esprit ne reviendra que tantôt, une fois bien loin du cimetière improvisé. Cette absence de logos en a emprisonné tant...”

Vinrent les larmes. Etait-ce du dégoût ? De la honte ? Ou bien du déni ? L’enfant ne pouvait pas encore comprendre ce qui se terrait dans les profondeurs de sa faim. Il tourna la tête vers le dégingandé, laissant ses yeux noirs et translucides fixer le seul trou dans le tissu du masque.

”Suis-je… Suis-je un monstre ?...”

Un autre instant de silence. Que dire à ce genre de discours ? Le grand personnage au visage caché sembla ne pas savoir quoi répondre. Ou alors il ne faisait que laissait durer la détresse du garçon pour s’amuser. Peut-être que ce n’était qu’une recherche idiote du suspens ? Malgré les différentes origines de ce manque de parole, ce dernier ne dura point.

”Je ne vis que deux monstres lors de ma longue existence : certains ne tuent que pour satisfaire leurs instincts carnassiers, pour causer torts et vices. D’autres sont bien plus subtils. Ils commettent le mal nécessaire. Seul le sang impur tâchera leurs mains, et seules leurs mains plongeront dans les entrailles des autres créatures qui cherchent à satisfaire leur faim. Le second spécimen est le plus rare, mais il proviendra toujours du premier. Le but sera de profiter de votre folie meurtrière jusqu’à l’apparition de votre prochain point de vue. Mais passons ! Nous n’avons pas fini ce voyage insensé et l’arrivée n’en sera que plus lointaine à chaque seconde perdue.”

Et son visage fit face au ruisseau qui continuait son chemin derrière eux. Il entama sa marche sans même regarder si son protégé daignait le suivre, car il savait très bien que le pauvre gamin perdu n’avait pas d’autre choix que de faire ainsi. Mais ce n’était pas dans un but mystérieux et malsain qu’il agissait de la sorte. Non, tout devait avoir une signification avec un être comme lui. Tout devait être planifié, car sinon il n’y aurait pas de raisons de mélanger des mouvements aussi ridicules et troublants avec des manières dignes des aristocrates les plus éduqués. C’était donc entièrement calculé… pas vrai ?

L’atterrissage se fit accompagner de bruits de verre se brisant dans un fracas délicieux. Il sembla au monstre en devenir que le temps qui venait s’abattre sur son corps venait de dépasser plusieurs années. En vérité, il était devenu bien plus vieux, mais son visage n’était pas en train de collecter les rides. Il était au pinacle de sa croissance, la cynique et néfaste adolescence. L’âge des batailles contre les attentes des autres et la satisfaction d’un égo énorme et fragile. Mais pour celui qui ne pouvait s’occuper à voir les failles argumentatives de son entourage, comment pouvait donc se traduire cette soudaine crise de haine et de rage qui suivait les hormones et la soif de compétition ?

Quelques petits bouts de verre s’étaient incrustés dans sa peau, mais ce qui l’habitait n’était pas le virus du tétanos mais un soudain désir de fuir la scène. Il venait de commettre quelque chose de terrible. Son acte ne le hantait pourtant pas. À vrai dire, il ne savait même pas ce qu’il fit donc pour alerter ce qui semblait être les gardes des remparts qui l’entouraient. Il semblait être dans la cour d’un château dont il venait de fuir le donjon à travers une défenestration pleine de panique. Il venait par ailleurs de survivre sans mal à une chute d’une vingtaine de mètres, mais les lois de la physique et les dommages causés sur le corps humain par une trop grande vélocité n’occupaient pas sa tête. Par où aller ? Par où fuir ? Quel était le meilleur chemin pour ne pas avoir à souffrir de l’armée, de la guilde de mercenaires qui venait de se lancer à ses trousses ? Dans son esprit, il se remémorait la carte du bastion. La pluie tonitruante semblait le faire réfléchir plus rapidement. Oui ! La sortie se trouvait donc… par là !

Il piqua un sprint que l’on croirait fantastique à notre époque, mais la peur et l’instinct de survie pouvaient amplement rivaliser avec l’entraînement intensif de multiples athlètes. Il put apercevoir ces lanciers et piquiers qui empalaient avec aisance les cavaliers et fantassins sans se mettre en danger, et cette vision se trouvait sur son chemin. Les bras se tendirent et les pointes se trouvèrent prêtes à percer le sternum de M. Caligone. Ce dernier ne se trouvait pas en aise de se faire transpercer pour finir visage le premier dans la boue et usa de l’humidité sur le sol pour glisser et tâcher son bel uniforme pour passer entre les jambes d’un de ces soldats en armure crasseuse. Sa cascade se termina par une roulade qui lui permit de se retrouver debout et de reprendre sa fuite pleine de courage. Il ne pouvait se permettre de laisser des lames lui voler son sang en un jour si gris et pourtant si exquis. Son coeur battant lui hurlait qu’il appréciait son acte. Sa cadence de respiration lui criait que c’était un jour à ne pas oublier. Mais quel était le but de sa présence ici ? Ce château lui était encore inconnu, mais ces gestes familiers lui rappelaient quelque chose. Ses gants de cuir étaient rouges, mais d’où provenait ce fluide porteur d’oxygène ? Quelle bestiole immonde et anthropomorphe venait-il d’assassiner sous l’oeil de l’orage ? Les nimbus n’avaient pas cachés les corps de ses victimes, le tonnerre n’avait pas couvert leurs cris. Mais la pluie ralentissait ses poursuivants. Quelque chose l’alourdissait au niveau de la hanche, mais il n’avait pas le temps de regarder ce poids dont la valeur était inconnue. Il pouvait apercevoir la sortie ! Il pouvait observer la porte du château ! Et elle était… fermée. Il s’écrasa contre le bois, semblant incrédule face à cette situation qui ne lui était aucunement chanceuse. Mais c’était alors qu’une main se posa sur son épaule. Un oeil caché par l’ombre derrière un masque de tissu l’observait à nouveau, et une bouche cachée par un sac lui parlait à nouveau.

”Apeuré ? Terrifié ? Cela va sans dire, mon garçon. Que comptez-vous faire, à présent ?”

Le visage à bouche béante et regard malsain du jeune homme venait de se tourner vers celui d’Amygdale, qu’il semblait avoir oublié pendant un instant. Il semblait avoir ressurgi des ombres dans lesquelles il s’était caché des siècles durant. Un ange gardien provenant des abysses des mers infernales. Mais dans son incompréhension, Alexandre ne put répondre quoi que ce soit hormis une simple réponse interrogative :

”Quoi ?...”

Le bruit des bottes s’intensifiait, accompagné de celui du crachat du Divin qui s’abattait sur Sa plus grande erreur. Mais cela ne causait aucune crainte à l’être bien trop maigre pour sa bonne santé. Ce dernier s’occupa simplement de prendre sa canne et d’actionner quelques boutons dessus. Cette dernière se transforma alors pour devenir ce qui semblait être une hache. Mais la lame n’était pas celle d’une trancheuse d’arbres et de crânes ordinaire, non. Une scie était placée à l’avant. Sa forme circulaire se mit à tourner une fois l’arme placée dans les mains du jeune homme qui baignait dans l’incompréhension. Et alors que les grincements de l’arme avancée sur son temps brisèrent la tranquilité de la pluie et l’organisation de la marche des ennemis, alors que les cris et les “Le voilà !” et les “Il est là !” se faisaient au plus proche, alors que la terre humide s'apprêtait à accueillir l’hémoglobine pour devenir fange, Alexandre Caligone comprit. Il ne lui fallut pas moins de trente minutes pour exterminer jusqu’au dernier tous ceux qui l’entouraient, sous le regard fier et bienveillant du Masque de Tissu. Debout sur la limite du cratère que formait l’amas de membres et de cadavres, piétinant les armures dont la rouille s’accordait au sang de leurs anciens porteurs, il se trouva d’autant plus calme. Comme si sa tristesse et sa peur ne furent jamais associées avec ce salissement de mains que l’on appelait “tuer son prochain”. Ce qui était véritablement terrifiant n’était pas le nombre de corps mais l’aisance avec laquelle ce nombre fut formé. “Cela devenait plus facile avec le temps”. Cette pensée le traversa comme un mantra qui lui permettait de se convaincre de l’anxiété qui se perdait. Mais cette fois-ci, c’était davantage une affirmation qui venait d’être prouvée. La porte s’ouvrait. Le pont-levis se baissait. Il venait d’accomplir ce qu’il avait peut-être fait auparavant.

”Quand bien même dix ans se sont passés depuis votre premier meurtre et cet acte, vous n’avez pas cessé d’accumuler les victimes. Pourtant cet évènement marqua vos souvenirs comme étant votre examen d’entrée.”

Un silence. Le cerveau de M. Caligone venait de s’éteindre l’espace d’un instant, ne pouvant que prendre cette information sans pourtant parvenir à répondre. Cela ne dura pas car il y arriva enfin, à travers une interrogation :

”Un examen d’entrée ?”

Un ton qui semblait monotone et désabusé mais néanmoins incertain. Il observa alors un sac posé sur sa hanche. L’ouvrant, il en sortit une tête sur laquelle était posée une couronne. Rien de bien extravagant.

”Oh, vous souhaitiez rejoindre un groupe de jeunes avec des chapeaux pointus et l’un d’entre eux vous a dit de prouver vos capacités à travers l’assassinat d’une royauté. Le tout devait se faire discret mais il semblerait que vous ayiez choisi de jouer sur les mots. Mais je peux comprendre. Après tout, la discrétion se caractérise par un manque de témoins.”

Le jeune reposa le décapité dans sa besace, avant de tourner les talons pour se placer vers la porte de sortie. Il put voir que l’arme ne se trouvait plus dans ses mains. Amygdale, lui, restait placé près de cette voûte qui menait à un chemin peut-être sans fin. Et celui qui plus tard se fera appeler Légion le regarda un instant.

”Je ne pourrais malheureusement pas vous accompagner. Voyez-vous, c’est environ à cette époque que je disparais de votre vie. Mais ne soyez pas en proie au doute. Je fus bien réel.”

Un autre silence se posa avec la dureté d’une pierre qui tombait depuis une falaise. M. Caligone brisa le silence, fixant l’oeil invisible du mystérieux maître de la canne polymorphe, tout en arpentant l’escalier qui menait à la sortie tant désirée.

”Je souhaite une dernière réponse avant de t’abandonner. Qui es-tu donc ?”

Le Masque de Tissu soupira.

”Peut-être en aurions-nous parlé plus efficacement si j’étais plus qu’une mémoire arpentant un esprit malade. Nous aurions discuté de fut et quand, véritablement présents sur la scène. Sachez que le monde m’appartenait un jour. Un jour, je le vendis à un être cher. Je ne sus ce qu’il en fit, quand bien même il n’y avait rien pour m’empêcher de l’observer. Peut-être suis-je mort seul, il y a bien longtemps ? Mais cela ne serait pas très poli de ma part de perdre le contrôle de cette manière.”

Il prit la main d’Alexandre en ricanant un instant pour la secouer avant de se retourner vers un coin sombre de ce monde étrange pleines d’îles flottantes et de collines, posant le manche de sa canne contre son coude et plaçant ses mains dans ses poches.

”Navré de partir de votre vie avec si peu de politesse, fiston. Mais le monde est vôtre, à présent. Tâchez de tirer un profit de votre achat.”

Et le jeune homme le regarda d’une oeillade sans yeux, avant de lui aussi prendre la marche vers le chemin qui semblait déjà tracé pour accueillir ses bottes. Il erra dessus pendant ce qui semblait être quelques années, comme si l’incertaineté du monde altérait sa perception du temps. L’arrivée devait être bien trouble pour que le flot des souvenirs se brise ainsi. Un aigle aux ailes blanches lui passa au-dessus de la tête. Un squelette joua de la trompette à l’horizon. Une baleine flottante dévora un navire pour devenir un poulpe. Sur ces plateformes devaient se trouver des mémoires d’un être qui n’était pas Alexandre. Peut-être que tout cela appartenait à Légion ? Il ne devait pas être bien sain d’esprit. Cependant, le même aigle se posa sur un arbre pour le fixer de ses yeux dorés. Et le jeune garçon qui se voyait prendre de l’âge l’observa en retour. Ses plumes blanches furent si distrayantes qu’il ne vit pas la porte contre laquelle il se cogna. Tombant à la renverse dans un instant de ridicule, il fut surpris de voir deux énormes monolithes scellés par une serrure à la forme bien étrange. De nombreuses runes étaient marquées sur la pierre. Beaucoup trop pour ne pas lire en diagonale.

C’est ennuyeux, hein ? Tous ces mots, c’est barbant. On aimerait bien revenir à l’action, au bout d’un moment.


Il fut surpris de voir un tout autre masque se présenter à ses yeux. Ce dernier semblait être celui d’un félin mesquin qui ne s’accordait pas du tout avec le reste du monde. Malgré le surréalisme ambiant des environs, ce bonhomme noir et blanc donnait l’impression d’être gribouillé par un crayon à papier.

Si je n’étais pas si chargé dans mes programmes, je pourrais me sentir offensé de ne reparaître que pour un caméo dans le rêve d’un idiot.


Alexandre n’avait pas pris le temps de se relever. Toujours sur le dos, se frottant la tête, il observa ce personnage sorti probablement d’un passé oublié.

Oh, mais où sont mes manières ? Je me présente, Zacharie, marchand indispensable à tout RP. Enfin, il semblerait bien qu’une seule année d’activité fut suffisante. Mais qu’importe, tu souhaites probablement savoir comment tu t’es retrouvé ici, n’est-ce pas ?


Un instant d’incompréhension.

”J-Je… Oui ?”

”Tu as rencontré deux figures idolâtrées par leurs joueurs, deux complexes du messie avec des parcours farfelus. Leurs dialogues importent peu, mais l’un d’entre eux t’as envoyé dans ce monde avant que tu ne puisses prendre la parole. J’imagine que ta condition de spectre et d’amalgame a modifié la donne ? Ou alors c’est ta politesse. J’imagine que ce n’est pas la première fois qu’un sort n’aura pas l’effet espéré sur toi. Estime-toi donc heureux. C’est bien malheureux s’il n’y a que moi pour expliquer la subtilité des évènements.


Cela n’avait pas beaucoup de sens. Mais passons. Le discours d’un être aussi étrange ne valait pas grand chose. M. Caligone put voir un espace creux dans ce qui semblait être la serrure. De quoi contenir une tête. Se relevant, il décida de prendre la tête de sa majesté le décapité pour pouvoir enfin ouvrir la porte. Les deux énormes pierres commencèrent à se mouvoir pour enfin pouvoir laisser passer celui qui souhaitait sortir de ce monde qui n’en était pas un. L’intérieur était noir. On ne pouvait y voir quoi que ce soit.

”Tu sais, une fois que tu entreras par ce chemin, l’histoire se répètera. Peut-être avec quelques détails en plus ou en moins qui changeront la donne. Mais au final, je doute que tu apprécies ce qui se passera. En fait, je doute que quiconque puisse l’apprécier… Je dis ça comme si tu avais le choix d'entrer ou non pour partir de cet endroit, mais on sait tous qu’une histoire reste linéaire, n’est-ce pas ?”


Le jeune homme resta de marbre un autre instant.

”M’oui, notre joueur n’a pas eu d’autre idée que de paraphraser un autre personnage mystérieux brisant le quatrième mur d’un autre jeu indépendant. C’est incroyable à quel point les gens d’en haut se trouvent incapables de ne pas plagier une oeuvre. Mais bon, cela les amuse de trouver la petite référence dans leurs écrits les uns aux autres. On ne va pas leur gâcher leur plaisir. Au passage, n’est-ce pas amusant que le Grand Zacharie voit son orthographe se faire corriger par un autre Zacharie ? Oh, mais me voilà qui digresse. Au final, c’est moi qui doit être bien ennuyant.”


Pourquoi donc restait-il ainsi à l’écouter ?

”Il est vrai que tu ne gagnes plus grand chose à entendre mes paroles. Sache juste que c’est moi qui ait choisi la prochaine musique. Amuse-toi bien avec ton retour à la réalité.”


Alexandre ne put que lui faire un signe de la main empli de malaise avant d’entrer dans l’obscurité.

”Je me demande bien pourquoi les égocentriques écrivant de tels mastodontes de lettres et de mots ne cherchent jamais à faire des chapitres pour faciliter la lecture. Chers lecteurs, si vous vous sentez fatigués, sachez que les actions importantes se trouvent toujours dans les dernières lignes du post. Ainsi, cela vous évitera de souffrir de ce qui va suivre.”


Il faisait noir. La marche dans l’ombre était longue, mais au final il ne se trouvait rien pour lui barrer la route. M. Caligone avait entamé sa marche les bras levés pour éviter de s’écraser le nez contre de la roche une deuxième fois. Mais au fur et à mesure que le temps passait, ses pas se firent plus rapides, et ses mains vinrent se placer à côté de ses hanches. Il ne sut combien de temps se passa, mais il arriva un moment où il vit une lumière. Il ne changea pas d’allure ni de rythme. Ses yeux étaient rivés sur cette lumière rouge tel le coucher du soleil. Le bruit de ses pas brisait le silence qui s’était établi, bruit régulier et monotone synonyme de tranquillité. Mais à cela s’ajouta bientôt le bruit de ronflements. De personnes qui dormaient. Et à ses pieds se présentèrent d’ailleurs ces endormis qui troublaient le calme des environs. Il ne pouvait voir leur visage malgré la faible lumière qui les éclairait.

Il leva la tête pour apercevoir cette fameuse torche carmine et il ne vit qu’un soleil au dessus de ces innocents. Le soleil rouge au-dessus du paradis. Et Alexandre fixa cette lumière. Quelque chose semblait lui être communiqué. Un ordre ? Non, cela ne s’apparentait aucunement à quelque chose de ce genre. Cela s’approchait davantage d’un don. Un cadeau. Un présent. Une offrande qui lui permettrait donc d’acquérir ce dont il cherchait. Mais que cherchait-il donc ? Que souhaitait-il et pourquoi donc voulait-il l’aide d’un organisme abstrait à ce monde pour y parvenir ? C’était simple. Il ne souhaitait pas mourir. Il ne souhaitait pas souffrir de cette chose infâme qui attendait chaque mortel. Il ne voulait aucunement ne rester qu’un nom sur une dalle. Et pourtant, il semblait que sa pathétique humanité avait besoin d’un petit coup de pouce. Ou bien c’était simplement un fragment de son imagination, une autre métaphore inutilement compliquée ? Qu’importe. Devant lui se trouvait une autre et dernière porte. Quelques secondes plus tard, cette dernière fut ouverte. Et alors que du sang tachait ses bottes, Alexandre Caligone, bâtard, orphelin, fils d’une pute et d’un youpin, fixait sans grande tendresse ceux qui l’avaient accueilli dans leur armée. Et alors qu’il observait les fantassins de la Légion se tenir devant lui avec un air ébahi sur leur visage, sa voix à présent adulte ne put que dire :


”Je suis là.”


L’histoire se répète. De nouveau, la Légion tombe. Qu’est-ce qui donc avait rendu le trois-cent-cinquantième guerrier plus puissant que tous ses congénères plus expérimentés, vétérans ayant survécu à des centaines de bataille ? Nous pourrions dire simplement le talent ou bien la bénédiction de quelconque divinité. La vérité était le manque de coeur. La place entièrement prise par la cruauté et la logique. Le contrôle total sur la situation. La réussite sans autre échappatoire. Il n’y avait rien pour l’en empêcher. Les casques pointus tombaient commes des mouches. Et dans sa rage de tuer et d’anéantir, Alexandre changeait d’apparence. Ses vêtements devenaient une armure. Ses cheveux perdaient leur rousseur. Ses yeux s’aquittaient du bleu qui les accompagnait. Sa peau devenait plus grisâtre que la cendre. Et alors que sa hache devenait une claymore et que sa main à présent libre tenait une dague, alors que ses dents accompagnaient ses lames dans la déchirure des muscles la destruction des corps, alors que la hyène écrasait la meute de loups, une réalisation semblait occuper l’esprit de Légion :

Il n’y avait jamais eu de familles et de pays détruits. Il n’y avait jamais eu d’immortalité par l’entrée dans le groupe. Il n’y avait jamais eu de perte d’envie de vivre. Il n’y avait jamais eu de camaraderie, de sacrifice, de réunion dans la mort. Il n’y avait qu’un esprit malade qui souffra d’une crise d’angoisse longue de trois cents ans. Il n’y avait qu’un déni qui dura bien longtemps. Mais c’est fini à présent. F̵̛̬̝̞̋͒̈́̿̋̑͐̌̋̀́̄̓i̴̧̨̢̖̥̬̻̯̟̇̋n̶͗̉̅̀̐͑̈́̉̔̍̏͝ͅį̵̢̧̛̯̗̝̻̗̙̺̐͂̈̔̈̆͐̈́̓́̂̕̚. F̵̛̬̝̞̋͒̈́̿̋̑͐̌̋̀́̄̓i̴̧̨̢̖̥̬̻̯̟̇̋n̶͗̉̅̀̐͑̈́̉̔̍̏͝ͅį̵̢̧̛̯̗̝̻̗̙̺̐͂̈̔̈̆͐̈́̓́̂̕̚. F̵̛̬̝̞̋͒̈́̿̋̑͐̌̋̀́̄̓i̴̧̨̢̖̥̬̻̯̟̇̋n̶͗̉̅̀̐͑̈́̉̔̍̏͝ͅį̵̢̧̛̯̗̝̻̗̙̺̐͂̈̔̈̆͐̈́̓́̂̕̚. Tout était rentré dans l’ordre.

Transperçant un légionnaire de sa lame, entouré des cadavres et des malheurs, au chaud dans son nid qu’était l’hécatombe d’une armée légendaire, le monstre vit une dernière créature se tenir en face de lui. Et il se mit à courir vers lui et son ennemi fit de même. Ils bondirent tous les deux. Ils montèrent dans le ciel faire le coup de grâce. Et alors que l’immortel abattit son épée, il entendit le miroir se briser.

Et la lame fondait vers le visage de Zamasu.
Zamasu
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Lun 8 Oct 2018 - 20:42
Prodigieux, l’esprit humain était fascinant, dos au mur, piégé dans une société difforme imparfaite mais réelle cette entité parvenait toujours à conserver l’espoir, notion élémentaire à la survie des peuples depuis l’origine même de la vie. Face aux aléas de l’existence, face aux désillusions d’un froid hiver sentimental, les Hommes parvinrent toujours à se battre, à choisir un chemin, les voies ne se fermaient jamais complètement pour eux ; à raison ou à tort, qui le savait vraiment ? Comme par le passé, Zamasu était témoin de ce mouvement incroyable, ces deux faux messies, motivés par leurs rêves, leurs passions, leurs visions : fascinant ; Chacun de leurs exploits étaient une pierre à leur édifice. Malheureusement, cette structure qu’ils construisaient n’était qu’un piètre tas de boue, une chose sans nom dont seul son créateur pouvait se vanter de la réussite, à l’image d’un auteur incompris. Tels étaient les cas de Légion et Bray, les yeux brillants vers le ciel, contemplant les étoiles dans l’espoir de les rejoindre.

La galaxie Andromède se trouve à 2.5 millions d’années lumières de la Terre.

Voici deux visions du monde, deux confrontations radicales : l’espoir et la réalité, souvent elles étaient des nemesis universelles, beaucoup rêvent et pensent, peu parviennent à leurs objectifs ; ces derniers sont souvent trop grands, trop importants pour les Hommes désireux de s’accomplir aux travers d’eux, mais plutôt que de relativiser, ils s’imaginaient encore et encore vivre l’incroyable. Mais l’incroyable porte bien son nom, ce n’est pas à la portée de tous et les deux illuminés ne semblaient pas en prendre conscience, provoquant toujours plus la patience divine de leur créateur. Mais l’être né de la fusion était généreux, patient, idéal à son titre, jugeant alors bon d’ouvrir les yeux de ses interlocuteurs en leur démontrant la naïveté de leurs décisions, la fatalité de leur combat. Imposant sa sainte lumière aux yeux des infidèles, Dieu accorda sa vision, figeant l’espace d’une seconde les personnages cloués au sol, une seconde éternelle où des visions et des paroles dansaient lentement dans leurs esprits, leur chuchotant d’abandonner et de se livrer au seul vrai sauveur. Le justicier n’était pas complètement conscient de ce que vivaient les perdus, il n’était que le point émetteur des chuchotements rongeant leurs âmes, il n’était que le déclencheur de leur vision, c’était bien eux qui allaient faire le gros du travail.

Cependant, il aurait été bien trop bon de croire en une victoire si simple, Zamasu était bien conscient que ses opposants n’étaient pas faibles d’esprit, les chances que son opération fonctionne étaient faibles : la courte discussion qu’il avait eu avec ces derniers lui en avait confirmé la raison. La seconde fut courte pour le Divin, longue pour les autres, ce dernier n’avait pas le temps de préparer quoi que ce soit pour agrémenter son discours de raison, il ne pouvait que juger le choix regrettable et idiot de ses deux victimes. D’ailleurs, le premier des fous semblait réagir, les genoux au sol, la barbe tombante, une chute de désespoir qui laissait se dessiner sur les lèvres de l’immortel une satisfaction certaine, la folie de Bray finissait donc par le rattraper ? Sentait-il sa lutte caduque ? Cette chute fut suivie alors d’un rire à l’intensité exponentielle, devenant rapidement aussi inquiétante que l’allure habituelle du bonhomme, faisant s’effacer le sourire de l’être divin qui revenait sur ses propres pensées. Voilà qui était bien dommage, un rire fou, le menton qui se révélait : le porteur de lanterne n’était pas tombé dans l’oubli, bien au contraire, il dégageait une détermination d’autant plus forte, perdant finalement Zamasu lui-même dans l’incompréhension. Droit, les bras écartés comme Jesus le Christ cosmique, l’homme à la carrure imposante se démarquait une nouvelle fois par sa conviction sans faille, sa tenue si charismatique, il n’était pas exceptionnel pour rien.

Arquant un sourcil, marqué malgré lui par un certain étonnement, le Kaioshin protesta à vive voix.

« Tu sembles réellement perdu à ta cause ! Quel dommage, je sentais en toi le talent de comprendre le moyen de sauver le monde, mais je ne vois plus en toi que le moyen de le plonger dans la nuit ! »

L’autre visionnaire décalé était debout le visage vers le sol, aussi animé qu’un zombie sans proie, immobile et amorphe, révélant doucement son regard, la main droite sur le fourreau, Zamasu atterrissait, décidément la joute verbale allait devoir se poursuivre. Haussant de nouveau les épaules d’un air malicieux et innocent, le justicier immortel relativisait sur cette rencontre dont il se savait vainqueur.

« Mais je dois admettre qu’il est passionnant de découvrir des êtres aussi téméraires, vous êtes un parfait exemple de ce qui est dangereux pour ce monde : incompris mais incompréhensibles, voilà ce que vous êtes, vous donnez l’image d’un conte qu’on sait tous faux. »

Toujours les épaules levées, les yeux fermés un court instant pour appuyer son discours rabaissant le combat de ses interlocuteurs, le fusionné économisait son respect.

« Mais qui s’en préoccupe ? Le monde ne semble plus fait que d’images et de rêves, vos paradis n’en n’ont que le nom, vous courrez après le temps en espérant avoir la chance de l’apercevoir, mais vous êtes perdus ici... »

Coupé dans son monologue bien trop long, l’être de lumière sentit la fine et rapide brise d’un mouvement proche, silencieux et net, il dégagea son regard vers l’homme en armure, ce dernier s’était élancé vers lui, la lame raflant le sol, les pas coordonnées et rapides, le temps se ralentissait. Écarquillant les yeux, Zamasu était figé par une surprise toute particulière. Quelles motivations poussaient Légion à se jeter ainsi sur un être invincible et tout puissant ? Quelle folie lui avait donné l’espoir, encore lui, de foncer ainsi à sa mort ? Le regard du fantassin était caché par son casque triangulaire de métal forgé, la cape au vent, la survie au placard, l’espoir en proue de navire ; mais ce n’est pas ainsi équipé que le visionnaire tuerait le l'immortel, jamais ça ne fonctionnerait. D’un bond puissant, poussé par une motivation toujours inexplicable, Légion allait abattre son épée sur le Divin tel un héros donnant le coup de grâce à un monstre mythologique, une scène que les troubadours du monde pourraient s’arracher aux comptoirs des seigneurs ; La source d’inspiration d’histoires et légendes diverses sur la libération du monde par le courage seul d’un homme qui avait le courage de refuser son sort.

Mais il n’y a jamais de héros.



La longue arme d’argent fendait vers Zamasu qui, de par son agilité au-delà de l’imaginable et à la force ridiculement grande, parvint à retenir la lame du plat de sa main droite, comme si cet exercice, malgré la surprise et la force de l’acteur, n’était que banal et sans intérêt. Retenant fermement l’épée en refermant son emprise, l’être éclairé n’avait jamais été aussi déçu d’un opposant, lui qui était si calme et serein, que lui arrivait-il pour ainsi embrasser la précipitation et la colère ? Quel piètre leader il aurait fait. Sévère, le Dieu confiait sa déception, maintenant toujours le guerrier sur place.

« Je sais reconnaître les limites de l’audace, et je peux dire que tu les as dépassées. »

Le rapport de force entre Légion et le Kaioshin était stupidement déséquilibré, cette tentative aurait pu fonctionner face à un adversaire plus faible, l’action était appréciable mais folle, idéale mais impossible, improbable mais débordant d’impatience. Cela avait le mérite de soulever en partie la retenue du Dieu aux cheveux d’argent, c’était évidemment les Terriens qui avaient attaqué les premiers, voyons, voyons. D’une pression de la main droite, l’ancien élève de Gowasu brisa là l’arme de l’agresseur, cette dernière pourtant d’une qualité artisanale rare ne pourrait pas rivaliser avec la puissance d’un destructeur planétaire. Les débris d’acier se répendirent au sol dans un fracas assourdissant, marquant une claire rupture des forces, l’épée était détruite comme le seront prochainement les espoirs du pauvre fou qu’était Légion. En brisant la lame, Zamasu était parvenu à attraper habilement le bras gauche de son opposant de sa propre main gauche, empêchant toute fuite du concerné. Le visage du fusionné redevenait plus malicieux et confiant, le petit instant de doute était passé, de toute façon, qui pourrait le vaincre ? Personne, il était immortel et tout puissant.

i« Et moi qui disait que tu ne cherchais ton salut que dans la violence, que tu es prévisible. »

Le divin esquissait un petit sourire, son visage transpirait d’un air moqueur.

« Je pourrais bien essayer de te tuer moi aussi, mais je sais que tu es immortel, n’est-ce pas ? »

L’être de lumière fut ensuite silencieux un instant, reprenant toujours avec cette mine animée et peu appréciable.

« Mais je pense que tu es bien trop confiant, vous êtes tous les deux bien trop confiants ! »

Déclarait Zamasu en détournant son regard vers Bray, il ne fixait plus que ce dernier, ne regardant pas Légion.

« Je n’ai envie que de sauver le monde, mais étant donné que vos esprits vides ne sont pas capables de le comprendre, vous devenez malheureusement des obstacles dont je ne permettrais pas l’existence. »

Le regard du divin se fronçait.

« Je vais vous montrer l’étendu de mon pouvoir. »

Tendant sa main droite face à Légion, le Kaioshin portait une mine des plus sérieuses, s’adressant à sa cible comme un juge s’adresserait à un roublard.

« Ta dernière erreur aura été d’ouvrir les hostilités. »

L’aura de Zamasu explosa alors en puissance, libérant une énergie d’un blanc très pur illuminant la caverne et provoquant de petites bourrasques de vent, cependant, ce n’était pas violent, juste une marque de son pouvoir libéré que les deux autres personnages pouvaient voir, mais pas sentir. Une sorte d’aura pourpre singulière à la main droite du justicier semblait se former, rapidement, Cette aura semblait recouvrir les deux personnages. Jamais le Kaio aux cheveux d’argent n’avait usé de cette technique auparavant, il était temps de s’imposer comme la surpuissance notable de ce monde blessé par une action forte.

Spoiler:
 


Cette incantation, cette aura oscillant entre le mauve et violet, voici ce que venait de produire Zamasu, il venait d’utiliser la technique des dieux de la destruction, symbole unique de la supériorité divine, le jugement qui rappelait à tous quelles étaient les limites à ne pas franchir. Le corps de Légion s’illumina alors par cette même teinte violacée, ses pieds puis ses jambes commençant à disparaître, l’épéiste était immortel, mais quel effet cela pouvait-il avoir de supprimer ainsi un intuable qui ne devrait pas l’être ? L’urgence était pour l’instant l’état de l’audacieux qui se dissipait comme un nid de pétales de roses au vent, il avait tout au plus une minute pour exprimer ses dernières paroles, sans avoir le loisir de pouvoir bouger autre chose que son faciès.

L’annihilateur qu’était devenu le fusionné ne souriait pas, l’exercice qu’il accomplissait demandait une concentration incroyable, sur la base de ses extraordinaires connaissances dans le domaine divin, il était parvenu à reproduire la technique du seigneur Beerus. Tout comme Son Goku, Zamasu avait ainsi franchi un grand cap dans la connaissance des arts divins, si le Kaioshin n’avait pas le même prodige que son rival mortel, il n’en restait pas moins un Dieu disposant de nombreux savoirs ; mais aussi d’une puissance démesurée, la force et la vitesse du héros de la Terre lui-même, disposant ainsi d’un talent certain dans sa technique. Les pétales s’envolaient, le temps passait, les bras ballants, peut-être que Bray comprendrait à qui il à faire : Zamasu était-il la machine ? Ou bien était-il un être totalement différent de cette dernière ? Dans son action symbolique, l’être de lumière cherchait à imposer simultanément la crainte et le respect dans son œuvre qu’il chérissait tant.

Après son action incroyable, l’immortel détourna son regard vers Bray, silencieux et fixant ce dernier d’un air sévère sans le moindre signe de fatigue ; qu’il était bon d’être immortel.

Spoiler:
 



Bray Wyatt
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Jeu 18 Oct 2018 - 13:20

You will remember me for what I truly am: A God!



Bray Wyatt, l’Homme aux Mille Visages, l’Ange dans la Poussière, le Mangeur de Mondes. Un monstre avec bien trop de surnoms pour pouvoir les lister ici. Un prophète dont beaucoup ne croyait pas les tirades, afin rester dans leurs zones de confort et dans l’illusion que tout va bien dans un monde perpétuellement froid et corrompu. Mais seuls ceux qui suivaient les buses vers leur salut et entendaient le message du mastodonte semblaient comprendre à quel point l’univers était pourri jusqu’à la moelle, et que seul le messie de Soeur Abigail pouvait changer cela définitivement.

Même lorsqu’un dieu tentait de détruire ses convictions avec des hallucinations qui l’opposaient directement à ses pires peurs pour le briser et le ramener à sa cause, il tenait debout, l’esprit encore combatif. Son rire s'atténuait progressivement alors que le vide ethéré disparaissait autour de lui pour revenir au havre de paix naturel dans lequel l’homme troublé était venu se recueillir. Il relâcha ses bras quand la voix du dieu renégat commençait à s’adresser à lui. Le discours fut accueilli par un sourire alors qu’il se retournait pour faire face au pantin qui pensait avoir réussi à se débarrasser de ses liens. Il avait raison : Bray Wyatt avait le talent de comprendre comment sauver le monde, il le savait déjà contrairement à l’accusateur divin. Il resta silencieux malgré tout mais il bougea de gauche à droite comme un lion en cage tout en gardant son regard planté vers son interlocuteur, en secouant ses bras comme si il se préparait à un affrontement. Le soit-disant créateur admit son intérêt pour leur témérité avant de pointer du doigt que c’était ceci qui était dangereux pour sa future utopie. Incompris mais incompréhensible. Le regard du prophète à la longue barbe commençait à se durcir envers le dieu. Ses mouvements devenaient de plus en plus incontrôlés et aléatoires. Serait-il suffisamment fou pour commencer un conflit main à main avec un être aussi puissant ?

Des rêves et des espoirs : voici comment le dieu définit le monde actuel. Une course-poursuite incessante après le temps et les idéaux. Un sourire narquois se dessina sur le visage du prophète. Comment l’idole ne réalisait-elle pas que son piètre discours pourrait facilement s’appliquer à elle et ses ambitions d’un monde parfait ? Bray Wyatt n’était peut être qu’un terrien, un être inférieur aux divinités, enfin... vraisemblement. Mais le berger pouvait être sûr que celui qui se présentait comme l’Alpha et l’Oméga n’était pas en haut de la hiérarchie divine. Les connaissances que Abigail lui avait fourni pouvaient sembler folles pour un homme lambda, mais pour son protégé, rien ne pouvait être plus vrai. Selon ses enseignements, il suffisait à celui qui se trouvait en haut de la montagne de l’Olympe d’un simple claquement de doigts pour en finir avec un monde qui ne lui plairait plus. Il ne se lancerait pas dans une longue croisade alors qu’il pourrait tout changer en un instant. L’oracle était sur le point de contester les dires d’un menteur illuminé mais un événement imprévu eut lieu. Une attaque audacieuse mais suicidaire du maître des damnés.

L’homme aux mille visage regarda silencieusement le spectacle qui était devant lui. Pourquoi s'interposer entre les deux ? Il avait rien à y gagner, rien à prouver, il ne s’agissait pas de l’un de ses frères ou soeurs. Mais il ne s’attendait pas à la chose qui allait suivre. Alors que le dieu verdâtre profitait de la situation pour jubiler davantage sur sa supériorité sur les mortels imprudents et de sa volonté de sauver le monde avant qu’il ne fasse l’irréparable, son pouvoir se décupla et avec sa main plate en face du visage du spadassin, il ne prononça un seul mot : Hakaï.

D’un moment à l’autre, le fantôme commença à disparaître progressivement dans une aura violette avant qu’il ne reste plus rien de lui, si ce n’était que de la lame brisée de son épée à terre devant le destructeur. L’irréparable venait d’être commis. Un acte monstrueux alimenté seulement par l’égomanie d’une âme irrécupérable. Il pouvait dire son objectif de vouloir sauver le monde à qui voulait l’entendre, mais pour Bray Wyatt, ceci était la preuve que ce n’était qu’un prétexte pour justifier ses actions. Il n’était pas à la recherche de la salvation du monde, il était à la recherche d’excuses pour enfler son arrogance. Il était un être divin. En quoi des êtres inférieurs pouvaient savoir comment mener le monde ? Si seulement il savait la moitié de ce que le mangeur de mondes connaissait.

Les deux se mirent à se fixer pour un instant, le regard de l’ange dans la poussière laissait transparaître son dédain envers celui qui recherchait tant à détruire le monde pour y construire son jardin d’Eden. Pas un rire, pas un sourire provocateur ou une démarche moqueuse. Il était fixe, la lanterne à la main.

“Tant de puissance entre les mains d’un visionnaire qui a pour seul vision l’apocalypse comme remède aux maux des mortels. Pour une entité au-dessus d’eux, tu me parais bien humain dans ton raisonnement. Tu as besoin d’un bouc émissaire pour satisfaire ta soif d’arrogance.”

Il paraît à voix basse, suffisamment pour que le dieu puisse encore comprendre ce qu’il disait. Le ton sérieux et froid. Il n’était plus là pour se faire entendre. Il était là pour laisser un message que le justicier devrait prendre au sérieux.

“Mais ne t’inquiète pas, comme Icare, tes ailes finiront par prendre feu. Et ce jour là, je te regarderai partir en cendres comme tant d’autres à travers les âges qui se sont laissés consumer par leur envie de puissance. L’enfer est pavé de bonnes intentions, l’ami. Mais tu seras détruit avant même la moitié du chemin, tout comme le maître des damnés.”

Un souffle pour éteindre la flamme et l’intégralité de ce paradis terrestre finit plongé dans le noir. Seuls les cristaux et les lucioles pouvaient être observables à l’oeil nu. Quand la lumière revint dans la caverne, Bray Wyatt n’était plus dans les environs.

À sa place se trouvait une chaise à bascule qui bougeait d’elle-même, orientée vers le Dieu.
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Dim 21 Oct 2018 - 16:35
C’était quelque chose de propre à l’être vivant de se sentir alourdi par le poids que causait la vie sur le corps. Se voir meurtri, endommagé, enchaîné par les tracas de la fatigue et les attaques du monde. Tous ces soucis qui au final finirent intériorisés avec le temps, ignorés, mais pourtant encore présents. Peut-être que le déficit de sommeil qui vous habite semble avoir disparu malgré la continuation de votre faiblesse ? Ou bien semblerait-il que votre crâne soit bien plus pierre que calcium ? À persévérer contre le torrent, nous finissons par ne plus ressentir le courant. Mais notre marche reste toujours aussi lente. Les bottes trempées se sont mélangées à nos épidermes. Les orteils arrêtèrent de nous informer de l’engourdissement causé par le froid. La chair de poule est omniprésente et inexistante. Mais pourtant, nous n’allons pas plus vite. Nous ne faisons que souffrir un peu moins grâce à l’habitude. Mais que se passerait-il si tous ces maux nous étaient retirés ? Si un barrage s’érigeait pour nous protéger de la rivière ? Quand bien même cette eau était notre abreuvoir, nous nous sentirions probablement libérés. Tout d’un coup, tout s’en irait. Et il n’y aurait que la douceur et la tranquillité. Un hurlement interne retentirait dans notre âme, plus lourd et plus puissant que tous les cris qui se mesuraient en décibels. Enfin ! s’orthographierait-il. C’était ce que Légion entendait, alors que le poids de l’existence fausse qui lui collait à la peau disparaissait dans des milliers d’étincelle. Il savait très bien ce qui se passait. Et pourtant, il n’y avait aucune peur.

”Je m’attendais à mieux.”

Ses sclères noires prenaient une autre couleur. Les chaînes de la vie morte se détruisaient petit à petit. Le foulard qui cachait sa bouche disparut le premier, descendant avec sa cape, découvrant la dentition blanche et monstrueuse de celui qui dévorait plus que les titans découverts par les archéologues. Mais il ne souriait pas de façon démesuré. Cela s’apparentait davantage à celui d’un adulte voyant un nourrisson tenter d’user de ses petits poings pour briser sa jambe dans une colère noire et juvénile. Cela ressemblait à de la pitié et de l’admiration, toutes deux combinées. Peut-être donc était-ce de la bienveillance ? Ou alors le sarcasme le plus blessant pour le dieu sur terre ? Qu’importe. Le spectre ne pensait pas réellement à mal. Il se voyait juste… vivre une toute nouvelle expérience.

”Nous savons tous les deux que rien n’en sortira, pas vrai ?”

Le plus têtu de tous les hommes, celui qui refusait obstinément de mourir pour de bon, se voyait juste accepter une légère défaite pour assaisonner sa victoire future. Après tout, l’Histoire se répète. C’était comme ce que cet être au masque de chat blanc avait dit dans son rêve étrange. Il y avait quelque chose de bon à se dire simplement que l’on a causé des torts. Savoir que l’on est quelque part le méchant de l’histoire, vil et hideux, détesté par tous les autres. Mais qu’importe sa place tant que l’on sait ce que l’on fait. Mais tout commençait à s’accorder dans sa tête. Ses dents s’ouvrirent pour laisser s’échapper une petite parcelle de lumière verte sans importance, qui s’envola tout aussi rapidement qu’elle était apparue.

”Bray, mon garçon… Ne meurs pas en ce lieu. Je tiens à te revisiter.”

Dans une situation comme celle-ci, on ne sentait généralement pas si bien. Mais Légion, contrairement à un jeune adolescent dont les grands pouvoirs donnaient de grandes responsabilités, se sentait au meilleur de sa forme. Un tel sentiment de bonheur l’envahit qu’il se mit à rire. Ce n’était ni diabolique, ni machiavélique. Simplement… naturel. Et alors que son corps disparaissait, cette hilarité continuait et ce même après son anéantissement total.

Et Wyatt, s’il venait à chercher quelque chose pour éclairer son chemin, se verrait à court d’une lanterne.
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MessageSujet: Re: Conviction contre rédemption [PV]   Jeu 25 Oct 2018 - 17:04
Un pas venait d’être franchi dans la témérité du seul vrai Dieu, malgré les ordres en place, Zamasu n’avait pas hésité à faire le pas final en utilisant la technique de la destruction faisant de lui à la fois un créateur et un destructeur : Il était le tout. Le naïf guerrier de rouille n’avait peut-être pas imaginé que son opposant puisse être aussi puissant, suffisamment fort pour briser l’alchimie complexe de l’immortalité ; Dernier rempart opaque que même les plus grands guerriers ne pouvent abimer. En utilisant le Hakai, le seul immortel de la scène avait donné la preuve de sa légitimité à pouvoir changer le monde ; c’était certain, n’est-ce pas ? Inerte, presque indifférent, Légion reconnaissait là la technique la plus puissante de cette ère, il y semblait préparé, il semblait savoir que cette réalité était déjà écrite. Zamasu était quelques peu dérangé ne n’inspirer aucune peur, aucune terreur à son adversaire, pourquoi ne ressentait-il aucun regret ? Il allait disparaitre, mourir, jamais plus il ne verrait la lumière du jour, pourtant, il acceptait son sort, affirmant même sa déception : Il s’attendait à mieux. Fronçant son regard alors qu’il maintenait la technique de destruction, le fusionné fut témoin des derniers mots du chevalier solitaire, lui qui souhaitait revoir Bray, ce sera bientôt chose faite.



La prestation de Légion était à l’image de son être en général, il ne faisait pas parti de ces héros aux sourires niait mais de cette caste plus sombre de combattants idéologiques à l’image de Bray ou Zamasu, malgré son utopie révolutionnaire stupide, il se démarquait de sa personnalité notoire. Mais bientôt il ne restait plus que des centres, elles même réduites en poussières, elle-même détruites, rien ne survivait d’une telle attaque. Si le Kaioshin n’avait pas manifesté sa stupeur, il s’en était bien retenu, un mélange de frustration et de colère envahissaient son esprit, malgré l’utilisation parfaite de la technique de Beerus le Dieu se sentait vide en l’absence de réaction de la victime de son attaque. Et pourtant il ne restait rien de lui.

« Quel idiot. »


Commenta simplement Zamasu qui se tourna alors vers Bray, un air sérieux et déterminé sur son visage, tout aussi froid qu’a son habitude dans cette scène ou la politique semblait aussi cruelle que dans le monde terrien. Bray ne cachait toujours pas ses mots, il semblait lui aussi hors d’atteinte, malgré les discours, les visions, la destruction… Rien ne semblait altérer son esprit. Le porteur de lanterne assimilait la vision du justicier à celle de l’apocalypse, que ce dernier n’était qu’un arrogant et qu’il allait tôt ou tard échouer. Zamasu écarquillait les yeux aux derniers mots du colosse : « Perdre ses ailes » ?  Mais que croyait-il ? Il pensait que l’éthéré n’avait pas encore prouvé avoir les outils pour affirmer sa vision ? Serrant les dents, le Kaioshin perdait patience, prenant la parole d’un ton condescendant et animé, il n’était plus aussi calme que précédemment.

« Comment peux-tu encore affirmer cela après ce qu’il vient de se passer ? N’as-tu pas vu l’étendue de mon pouvoir ? Personne ne m’arrive à la cheville ! Ma vision est parfaite ! Mes mots sont ceux d’un oracle divin ! »

Serrant les deux poings, Zamasu parlait sur un ton de plus en plus fort, faisant une totale escale sentimentale.

« J’ai vu des millions d’années d’évolution, des milliers de guerres, de temps de paix, des milliards d’espèces et de réactions, j’ai suivi l’histoire de plusieurs dimensions, rencontré des héros dont tu ne parviendras jamais à entendre le nom ! J’ai toutes les capacités ! Tous les savoirs ! »

L’immortel fit deux pas en avant, légèrement courbé, l’air toujours plus énervé.

« Qu’est-ce que tu as fait toi ?! Tu as porté ta misérable lanterne ici, bercé par des illusions hallucinatoires de ton milieu pitoyable ou règne la folie et la maladie ! Tu ne sais rien du monde ! Tu n'as aucun recul ! Aucun mérite ! aucune légitimité ! »

De vifs mouvements de bras accompagnaient le discours engagé du créateur, le ton montait toujours plus.

« Pourquoi tu ne comprends pas ? je suis un Dieu ! UN DIEU ! Tu es faible ! C’est à moi de rétablir l’équilibre de ce monde ! JE SUIS LE HEROS ! Et toi t-… »

Bray souffla alors sur la faible flamme de sa lanterne, le spectacle était terminé dans un fondu au noir immédiat.



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Conviction contre rédemption [PV]
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