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 "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]

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Kyabe
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MessageSujet: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockJeu 15 Fév 2018 - 1:57


Une brise légère se leva tandis que le sol fut foulé d'un pas rapide mais irrégulier. Les nuages commençaient à morceler le ciel orangé en cette fin de journée mais leur mouvement était très paisible, ce qui rendait la transition entre cette fin d’après-midi et le début de soirée qui allait suivre plutôt difficile. D'ailleurs, plusieurs étoiles constellaient timidement la voûte céleste a l'approche du crépuscule, faisant office de repère absolu pour celui qui, depuis trois quarts d'heure, se frayait a en perdre le souffle un chemin au milieu des branchages.

Il pris son élan : une énergie vint nerveusement se loger dans ses jambes et il fut propulsé vers l'avant, comme s'il voulait arriver au plus vite à sa destination. Son coeur battait à tout rompre  pas seulement parce qu'il commençait a s’essouffler, mais parce qu'une amertume ne cessait de le tourmenter depuis de nombreuses heures déjà. Sa course se termina au bord d'un gouffre impressionnant : toute trace de vie semblait avoir quitté des lieux depuis longtemps, les arbres étaient déracinés, le sol était retourné, le vent soulevait d'épaisses nuées de poussière qui s’évanouirent funèbrement dans les airs.

Une lueur ambrée vint se poser sur ses épaules, projetant une ombre sur la terre craquelée : la sienne. Celle d'un combattant aux bras frêles mais à la puissance contenue. Celle d'un homme pourtant adulte, mais qui ne semble pas encore pleinement sorti de l'adolescence. Celle d'un guerrier qui avait dédié sa vie a la protection de sa planète mais qui, ne pouvant se résoudre à les envoyer dans l'au-delà, s'était toujours assuré de neutraliser ses adversaires.

Or le jour fatidique avait fini par arriver, et Kyabe se retrouvait désemparé face au fait accompli : il avait tué.
Un monstre, un démon, certes, mais ses poings pourtant destinés à protéger les faibles avaient fini par ôter la vie d'un fort. 

Pour anéantir une menace, son existence devait être éradiquée une bonne fois pour toute pour s'assurer qu'elle ne puisse plus ressurgir. Pour cela, seule la mort était une issue de choix. Bien qu'absolu et somme toute logique, ce raisonnement allait à l'encontre des principes premiers du jeune guerrier : peu importe l'ennemi qu'il devrait combattre ou ceux qu'il devait protéger, ses actes ne serviraient qu'à défendre et non attaquer. Pourtant, lors de cette querelle qui avait pris des proportions extraordinaires, il avait dû passer a l'offensive afin d'assurer sa propre survie, puisant excessivement dans ses réserves et adoptant un comportement dénué de tactiques, seulement guidé par sa crainte de mourir de nouveau et de ne jamais réussir à saisir cette opportunité qui lui avait été mystérieusement donnée ; celle de comprendre ce qui s'était vraiment passé au bout du compte.

Lui qui s'était juré d'être pacifiste et qui n'avait jamais faillit a cela, il se retrouvait désormais a essayer de faire le point sur les conséquences de ses actes. Cela finirait-il par l’entraîner dans un cercle de violence, a la longue ? Ne risquait-il pas d'échouer a la tâche a laquelle il s'était prédestiné et à la réalisation de laquelle il avait mis tant d'efforts ? Peut-on prétendre à la sauvegarde et au respect des peuples tout en étant capable de mettre fin à des vies, aussi nuisibles pour le bien de l'humanité soient-elles ? Tant de questionnements se bousculaient sans véritable hiérarchie dans sa tête alors que d'un pas hésitant, il s'avançait vers le centre de l'abîme. 

Au milieu des braises encore ardentes qui parsemaient la terre cendrée, était planté un large morceau d'acier brisé sur lequel étaient délicatement gravées quelques écritures runiques. C'était tout ce dont il restait du démon auquel il avait tenu tête plus tôt et qu'il avait fini par renvoyer en Enfer contre toute attente, l'effaçant de la surface du globe. Une bourrasque souleva les vêtements un peu trop grands pour lui qui lui avaient été offerts lors de sa convalescence. Il ne parvenait pas à se sentir plus fort, ou plus vaillant, après de telles péripéties : égaré dans ses pensées, il se sentait avant tout terriblement seul.

"Maitre..."

Il eut une pensée pour celui qu'il considérait comme son mentor, lui qui n'hésitait pas a verser un déluge de violence sur ses opposants, qui infligeait à son mental une discipline de fer, qui bravait douleur et rage afin de transcender son corps. Avant de le rencontrer, jamais il ne se serait douté qu'il était possible de faire connaitre a son corps de tels changements, repoussant toujours plus ses limites. Canaliser son ki avait beau être naturel chez Kyabe, il n'avait jamais réussi à atteindre ce niveau de maîtrise, pas au point de se transformer ainsi. 

"Cette rage... Ne l'oublie jamais." Bien que le jeune saiyan ait tenté d'y faire appel de toutes ses forces, il n'avait pas réussi. Son coeur était peut-être trop tendre pour prétendre rentrer dans un état de rage tel qu'il lui sera possible de se surpasser comme Vegeta pouvait le faire. Il enviait sa puissance car il pensait qu'atteindre un tel stade lui permettrait d'assurer plus efficacement la défense de son univers ; mais au fond, il était lui-même a des années-lumières de la fierté et de la ténacité de l'homme sur qui il avait pris modèle.

"Tu parles d'un héros..." soupira-t-il, la gorge nouée par le dépit alors qu'il se trouvait incapable d'accepter l'évidence de lui-même ; il était encore loin du combattant valeureux qu'il s'imaginait être.

L'esprit embrouillé, il tomba à genoux devant ce qui restait du formidable monstre qu'il avait combattu et laissa l'obscurité formée par le soleil couchant sur les parois du cratère l'engloutir, tandis que les ombres mouvantes de la nuit commençaient à envahir les lieux.
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MessageSujet: Re: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockVen 16 Fév 2018 - 20:50
Il ne restait que quatre joueurs. Il ne restait que trois personnes qui devront perdre la vie pour pouvoir permettre au fantôme de rencontrer le diable. Il ne restait que deux parasites qu’il ne connaissait pas avant une obligatoire confrontation avec Beelax. Il ne resterait que lui à la fin face au dieu démon. Il put lire sur le parchemin que le joueur numéro 1 devait déclarer la guerre, et cela, très rapidement, à l’alliance qui dirigeait la Terre. C’était assez triste, comme destin. Le Démon du Froid ne faisait pas dans la gentillesse. Avait-il eu raison de le laisser en vie ? Le Faucheur d’âme à la voix nasillarde lui avait bien promis de gérer tous ces soucis centrés sur le passage des esprits dans le monde des morts et la réincarnation. Ainsi, la conscience du fantôme serait bien plus propre que le sol où les autres participants furent tués. Il n’était pas assez idiot pour ne pas avoir remarqué qu’il adorerait en profiter. Une façon de pouvoir à nouveau ôter la vie, sans avoir de répercussions morales. Ses mains ont tué il y a bien longtemps, et chaque rencontre lui donnait envie de les réutiliser ainsi. De pouvoir étrangler, étriper, éviscérer de ses doigts armurés, de tenir à nouveau les organes et les os dans ses paumes, de devenir une bête rien qu’une autre fois. Si le squelette sans voix à tonalité inférieure à cinquante décibels lui permettait de ne plus avoir comme fardeau sur le coeur onze morts, peut-être pouvait-il lui en demander plus ? Lui demander s’il pouvait meurtrir et mutiler ne serait-ce qu’un petit plus ? Un léger petit chouilla ?... Non, ce n’était pas bon comme pensée. Cela ne mènera qu’à des problèmes. Il fallait réfléchir à autre chose. Il fallait dévier ses pensées vers autre chose.

Il commençait déjà à faire bien tard, car l’horizon n’était que feu. La balle de lumière et de gaz n’était visible qu’à moitié, à présent. Est-ce que le spectre s’était perdu parmi les arbres ? Suivait-il un chemin en particulier ? Ou bien le labyrinthe de vert engloutissait-il le fantôme plus que ses remords ? Les idées noires du spectre commençaient à se répandre dans sa tête comme une inondation de péchés et de larmes. On pouvait donner à l’addiction du sang une connotation particulière : Ce n’était pas tant l’absorption qui rendait accro, ni l’écoute, l’inhalation, ou bien l’espérance du gain. C’était simplement la connaissance d’avoir blessé un autre individu, d’avoir enfreint la loi dans l’un de ses coeurs. Ce qui commençait par la résolution de problèmes tournait par l’addiction à la violence et au meurtre. Et lorsque les mains s’adaptaient aux cous des autres, à la position de leurs jugulaires, et de leurs vertèbres, presque instinctivement, alors on passait un cap. Il y avait également un certain plaisir à faire souffrir, il était vrai. Est-ce que c’était avant tout, réellement, la montée d’adrénaline à entendre une autre personne crier ? Ou bien est-ce que c’était davantage un égocentrisme profond qui manifestait un plaisir à travers la connaissance de nos actions sur l’autre ? Légion ne savait pas. Il n’avait en tête que le résultat, un résultat qui lui manquait, et qui le troublait. À la fin, il ne verrait que des morts, et ses remords ne le quitteront pas.

Est-ce qu’il existe un être assez vil contre lequel le coupable serait capable de briser ses règles ? Un dieu, très certainement. Légion détestait fortement toute cette caste d’être supérieurs, qui étaient investis de pouvoirs parce qu’il en fallait. Une première hiérarchie dans un ordre social qui ne méritait pas d’être. Le fait qu’ils existent l’écoeurait assez, car cela signifiait que le libre-arbitre n’était pas aussi présent qu’on pouvait le penser. C’était le genre de pensée qui pouvait conduire à un désespoir profond, une crise de panique, voir même un anévrisme. Le fantôme pensa. S’il pouvait avoir ne serait-ce qu’une seule fois un dieu sous la main, qu’en ferait-il ? Serait-il déjà apte à user de la propre existence de l’être divin pour lui apprendre la souffrance ? Ou serait-il trop faible pour faire quoi que ce soit ? Des questions pour plus tard, nous dirons-nous. Il risquerait d’anticiper un jour la potentialité d’une telle chose. Enfin, le Diable qui l’avait entraîné dans son jeu était un dieu de même, non ? Cela ouvrait beaucoup de possibilités…

Non content de ses machinations, Légion continuait son trajet, les bottes de fer frottant la boue alors que ses mains gantées traînaient dans ses poches. Son regard longeait le sol qui s’étendait devant lui, et il ne s’aidait que des ombres pour éviter les obstacles que constituaient les arbres se dressant devant lui. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit passer devant lui un projectile allant à toute vitesse, de la taille et forme d’un jeune Saiyan. Ses yeux demi-clos par la fatigue causée par une marche longue sans objectifs précis purent néanmoins suivre la direction du petit bonhomme aux cheveux hérissés. Est-ce que c’était par une pure curiosité qui le conduisit à le suivre ? Légion ne pouvait voler, mais il savait courir.

Il arriva alors, à nouveau, comme si une histoire se répétait, au centre de ce qui ressemblait à un vieux terrain de bataille. Il n’y avait pas de cadavre, non. Cependant, il semblait y avoir un cratère. Le résultat du conflit, certainement. Un lieu où la violence était arrivée à son apogée avant d’être terminée, enfin. Alors que le jeune homme tombait à genoux, Légion avait déjà imaginé la scène. Un combat s’était produit entre lui et et un agresseur. La mention de “héros” de la part du garçon, destinée certainement à lui-même, sous la forme d’un reproche, signifiait certainement qu’il était la victime d’un autre, et qu’il avait à coup sûr tué cet autre pour se défendre.

"Première fois, hein ?"

Légion s'approcha de l'endroit devant lequel le jeune homme s'était agenouillé. Les mains toujours dans les poches, la cape volant légèrement au vent, il semblait ou avoir l'air terrifiant, ou avoir l'air ridicule. Ses yeux d'ambres regardait de l'avant, ne se concentra pas sur celui qui semblait avoir commis un crime qu'il ne se pardonnerait jamais lui-même.

"Pour qui pleure-tu ? Pour lui ? Ou pour toi-même ?"

Le fantôme avait perdu du tact depuis sa rencontre avec un jeune Saiyan, il y a de ça quelques temps. Il arriva lentement au même niveau que son interlocuteur, avant de s'accroupir à côté de lui. Il souhaitait que l'autre réponde avant de reparler lui-même.
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MessageSujet: Re: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockSam 17 Fév 2018 - 12:20
Un spasme de terreur figea le corps frêle de Kyabe et il sentit ses derniers instants être révolus alors qu'une manifestation, surgie des ténèbres naissantes, venait de prendre corps a ses cotés. Un guerrier immense, paré d'une armure d'acier et enveloppé d'une cape de rouille, dont la consistance immatérielle laissait  entrapercevoir par endroits les dernières lueurs du jour. Un fantôme ?! Inconsciemment, le jeune saiyan sut que l'apparition était en ces lieux pour porter un jugement sur ses actes. L'heure était-elle déjà venue d'implorer une rédemption ?

Il ne répondit pas tout de suite à la question qui lui était posée. Seule sa lèvre trembla un instant. Dans son dos, la silhouette qui venait d’apparaître le dominait de toute sa hauteur, son regard à travers le soleil rougeoyant posé sur lui comme s'il pouvait à tout instant décider de son sort. Le vent hululait entre les arbres qui se tordaient dans tous les sens, laissant entrevoir à travers leurs branches des ombres lugubres qui se resserraient un peu plus autour de lui à chaque seconde. Il sentit ses muscles se raidir comme pour se préparer à accueillir la fatalité qui lui était réservée pour avoir tué, lui qui avait juré sur sa propre existence  que jamais il ne causerait la perte d'un autre être de ses propres mains.

Quelque chose était entrain de céder en lui. Il n'aurait jamais imaginé être capable de commettre un tel acte, parce que l’éventualité de supprimer une vie pour que la sienne soit sauve lui était insupportable — quand bien même il se serait trouvé en danger de mort, et il fut tout à coup projeté devant cet abîme, manquant de  forces. 

"Je ne sais pas..."
 
Un incroyable conflit prenait place au fond de lui : il était d'un coté prêt à accepter le sort que la manifestation des Enfers était prête a lui faire subir pour le punir d'avoir enfreint les lois, mais d'un autre il y avait toujours cette promesse dans son coeur qu'il avait juré de tenir, celle de retrouver son mentor, celle de revenir sur sa planète natale, celle de consacrer chaque minute de son vivant à la cause de son univers. Que devait-il faire ? Que devait-il croire ? Était-il de nouveau en proie aux hallucinations que son passage dans le Néant insinuait dans son esprit depuis son retour dans le monde des vivants ?

"Je... Je ne sais plus où j'en suis."

Mais énoncer son ressenti à voix haute ne l'aidait que partiellement à ôter le poids qui enserrait sa conscience. Qu'espérait-il en essayant de s'attirer la compassion du présumé faucheur d'âmes ?

"Il semblerait que je ne sois pas digne de ma mission..." murmura-t-il, se retenant de rire nerveusement sous le coup de l'amertume.

Il redressa la tête. C'était une épreuve difficile pour le jeune pacifiste habitué a ne jamais faire preuve de violences extrêmes. Pourtant, lors des années les plus marquantes de son adolescence passée sur Sadala, il avait pris part a des combats terribles, il avait tenu tête a des adversaires dangereux sans jamais les éliminer, il avait appris a utiliser la force de ses ennemis à son avantage, il avait survécu à de graves blessures et élaboré des plans afin de survivre dans les milieux les plus hostiles dans lesquels on l'y avait envoyé. Il tirait une grande fierté personnelle du chemin qu'il avait parcouru pour en arriver là, mais ce qui s'était produit ces derniers temps avait complètement chamboulé les certitudes de son quotidien. Il était loin d'être le plus puissant, quand bien même il était encensé et reconnu par ses pairs comme un guerrier émérite, quand bien même il avait été choisi pour représenter son univers lors des Tournois organisés par les Dieux — ce n'était pas rien ! Mais...

Mais cela ne suffisait pas. Malgré tout il se trouvait encore en état de faiblesse, a la merci de l'effondrement de ce qu'il avait toujours connu. Tout allait bien trop vite.

"On se croit toujours plus fort qu'on ne l'est et voilà ce qui arrive" se dit-il, "la réalité se charge toujours de nous remettre a notre place."
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MessageSujet: Re: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockDim 18 Fév 2018 - 21:00
La peur dans les yeux d'un personne qui vous aperçois. C'était un sentiment fort appréciable que celui engendré par cette vision. Pourquoi donc ? C'était simple : Elle signifiait la supériorité sur un autre individu. Quiconque qui n'avait ne serait-ce qu'un ego pouvait se sentir heureux face à cette pensée. La pensée d'être en tout point plus puissant qu'un autre au point de le terrifier. La puissance n'était après tout pas un simple nombre que l'on pouvait coller sur le visage de tout le monde. L’impact que l’on a sur les esprits des autres. Le contrôle des autres, le stress qu’ils subissent lorsque l’on hausse la voix, lorsqu’on lève la main. La puissance ne se juge que sur l’impact ressenti par l’entourage. Un avocat qui contrôle totalement son tribunal est bien plus puissant que ne serait-ce l’un des multiples guerriers de l’espace qui habitent bien d’autres planètes lors de leurs stupides combats de conquête. Un joueur d’échiquier qui lit parfaitement les mouvements de son adversaire vaudra bien mieux que toute légende qui fonce dans le tas sans réfléchir. C’était cette légère sensation de puissance qui habitait Légion quand il vit le jeune Saiyan le regarder avec effroi. Oui, il ne souhaitait pas faire de mal. Oui, il avait envie d’aider l’être en face de lui, qui semblait désemparé par ses actes. Mais cette sensation de supériorité lui faisait du bien.

C’était un jeune guerrier aux traits innocents. Malgré l’armure qu’il portait sur ses épaules, et qui couvrait son tronc jusqu’à son bassin telle une protection datant de l’âge romain, ses yeux fins et ses grosses prunelles lui donnait l’air d’un bébé. Ses bras étaient maigres, comme ses jambes, ce qui lui donnait l’air d’un épouvantail. Légion nota ainsi la ressemblance de son armure et de ses cheveux avec les traits typiquement Saiyen, ce qui lui avait fait rapidement conclure il y a quelque minutes que c’en était un. Mais à présent... à présent il n’en était pas si sûr. Ou bien il se faisait des idées. Délimiter les êtres d’une même famille d’individu par des petites différences facielles était un geste typiquement raciste, se rendit-il compte. Il éprouva rapidement une vive honte envers lui-même, qu’il ne fit pas paraître. Cela partit rapidement.

Il s’était donc positionné à côté du combattant perdu dans sa morale, accroupi. Sa première réponse fut un “je ne sais pas”. Ainsi donc, le choc émotionnel avait été suffisamment fort pour lui faire perdre sa position sur les évènements. Il était plus perdu dans ses réflexions que dans cette forêt, et ses troubles devaient être plus denses que les arbres. Imaginons : Un Saiyan, membre d’un peuple belliqueux, qui semblait avoir fait son baptême du sang passé les vingt ans d’existence. Bien des petites têtes brunes aux queues de singes - que cet individu ne possédait pas, d’ailleurs - avaient déjà des morts sous la ceinture avant même d’atteindre la majorité, voir la puberté. Il avait donc affaire à un être qui n’avait pas bénéficié de la même culture. Est-ce qu’il appartenait à un groupe différent que celui que l’on rencontrait habituellement ? Ou bien est-ce que celui-ci avait vécu avec une famille adoptive ?

La cape du spectre volait au vent, et toucha l’armure de celui qui continuait de marmonner des phrases pour se rassurer lui-même. Le pouvoir de Légion, qui était celui de gagner les mémoires des êtres et des évènements à travers les gens ou bien les objets qui en furent témoins, se manifesta dans la tête du fantôme. C’était un guerrier d’un autre univers, aussi fou que cela pouvait paraître. Il était arrivé ici après une aventure bien floue, et s’était mis en tête de chercher son mentor. Il rencontra un démon énorme, gigantesque créature réflechissant avec son ventre, et le tua malencontreusement pour se défendre, avant d’être sauvé et amené dans un hôpital par un être à l’allure mesquine. Enfin, il se retrouva ici, terrifié par un alcoolique manquant d’estime personnelle. Il était vrai que ce n’était pas un bon début d’aventure. Qu’est-ce que l’on pouvait dire face à ça ?

L’amalgame d’âmes se leva alors que son camarade commençait à douter de la légitimité de son statut face à sa “mission”. Une “mission”, donc ? Il était à présent inutile de préciser que sa mission était bien entendue de protéger sa planète et tous ceux qu’il aimait. Un objectif de vie si simple, si fragilement détruit. C’était démontré sous les yeux du spectre. Une vie venait d’être retirée, et c’en était fini de ses idéaux. C’en était fini de toute cette espérance par rapport à la vie, par rapport à la morale des hommes. Il était évident qu’il se considérait comme le contre-exemple à toute idée pessimiste de la psyché des êtres intelligents. Quand on ne pouvait plus soi-même montrer la voix, être le modèle de la justice et de la bonne pensée, quand on avait à présent du sang sur les mains, qu’est-ce qu’on était ?

"Il 'semblerait' ? Qui donc pourrait te juger ? Les Sayen de cet univers ? Les hommes morts qui traînent sur leurs routes s'accumulent comme la graisse dans le foie. Et ce n'est même pas dans une quête de défense, non. Si ce n'était pour asservir leur dominance ou bien leur puissance, c'était simplement pour... s'amuser. Rire du malheur des autres, et se rouler dans leurs larmes et leur sang."

Il s'était avancé, contournant le cratère, et terminant son discours.

"Peut-être que ce sont les humains qui perdurent les guerres, alors ? Ou bien ce serait les Nameks qui instaurent des castes destinées au combat ? Les Démons du Froid qui veulent conquérir leurs galaxies ? Les Démons tout court, peut-être, comme celui qui a tenté de t'avaler ? Ou ne serait-ce n'importe quelle créature qui vit, qui respire, qui saigne, et qui souffre ? Quand on est pareil à son semblable, et que ce dernier peut pleurer, il ne tient qu'à nous de le pousser."

Il était à l'autre bout du trou dans le sol, à présent. La terre avait été terrifiée par la violence du combat qu'elle en avait été forcé de se cacher dans le sol.

"Tout être peut changer, il est vrai. Sinon, leur psyché n'existerait pas. Leur esprit serait un faux. Ce ne serait pas un être, alors. Ce serait simplement une force... une machine... et encore, il existe bien des robots qui rêvent... Mais lorsqu'un être meurt, il faut se demander si ceux qui vivent encore le méritent. Il faut se demander si la vie a fait le bon choix. Entre toi et cette créature capable de manger par pure recherche d'un plaisir égoïste, et qui ne serait jamais satisfait, qui valait la peine de vivre ?"

Il coupa alors directement le cratère, pour aller vers Kyabe en ligne droite, le rejoignant tout en le fixant dans les yeux. Arrivé face à lui, il termina son discours :

"Ce qui est fait est fait. La seule chose qu'il te reste à faire à présent est d'être une meilleure personne, de prouver que c'était bien toi qui méritait de vivre. Si l'on pleurait les monstres et les idiots, on chouinerais toute la journée."

Sa cape, repoussée par le vent, était poussée contre son épaule. Il continuait de fixer le jeune homme, qui à son tour devait regarder dans l'abîme.
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MessageSujet: Re: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockMar 20 Fév 2018 - 1:32
La cape vermeille portée par l'apparition virevolta un instant devant les yeux de Kyabe ; ses paupières clignèrent un bref instant pour mieux se concentrer sur ce qui était entrain de se produire, mais au même instant il fut gagné par un étrange sentiment, persuadé d'être en proie à une hallucination. Il sentit au plus profond de lui que quelqu'un fouillait sa mémoire et il essaya par réflexe de repousser mentalement l'intrusion, mais son esprit était encore trop abasourdi pour reprendre le contrôle. Il dut se résigner à accueillir la sensation désagréable en lui, qui perdura  bien après que l'être éthéré se soit ensuite déplacé aux  abords du cratère, traversé de part en part des derniers rayons du jours, continuant à le dévisager de ses yeux rougeoyants. Aucun doute ; ses souvenirs avaient été lus afin d'obtenir une longueur d'avance et bien que le natif de Sadala n'eut rien a se reprocher dans l'immédiat, il ne pouvait s'empêcher de se sentir embarrassé à l'idée du jugement que l'étranger pouvait émettre sur le fil de ses pensées. 

Son discours moralisateur était à la fois sévère et d'une grande clairvoyance. Le jeune saiyan était désemparé, ne sachant pas bien s'il était venu à sa rencontre pour juger ses derniers instants ou lui offrir une seconde chance. A chaque mot, il savait que les mœurs qui lui avaient été inculquées depuis son plus jeune age étaient entrain d'être remises en question une a une, sans aucune empathie ni considération, ce qui laissait un arrière-gout de contrariété dans sa bouche. Il se surprit à regretter d'être ainsi acculé face à ses insécurités, lui qui avait la certitude que peu importe la situation ses forces resteraient intactes et que rien ne lui serait insurmontable. Et pourtant il était là, désorienté et blême, face à l'effondrement de l'innocence fougueuse qui avait jusque là guidé son coeur et ses poings.

Un torrent d'émotions le submergea ; il se sentait naïf, il se sentait honteux, il se sentait perdu, il se sentait en colère ! Mais la vie continuait encore, le temps passait a l'heure qu'il était tout autour de lui tandis qu'il était encore empêtré dans cette autre temporalité emplie de doutes et de regrets. A quoi bon continuer a se lamenter ? Chacune des paroles que le spectre prononçait résonnait dans sa tête, chassant une partie des peurs irrationnelles qui l'assaillaient.
 
Il trouva la force de se relever, enfin, levant bien haut le menton pour faire face à son interlocuteur.

"Comment être une meilleure personne lorsque l'on échoue à se tenir à ses principes, même les plus simples ?"

Il fit un pas, tout d'abord tremblant puis montrant un peu plus d'assurance, regardant celui qu'il pensait etre un apôtre du Néant droit dans les yeux.

"Résoudre la violence par la violence est une chose, mais je ne veux pas avoir du sang sur les mains en défendant mon peuple."

Il frissonna dans la fraicheur du début de soirée. Mais son coeur, lui, battait avec l'ardeur d'un feu crépitant.

"Sous pretexte que je suis capable de tuer, dois-je le faire pour autant ?"

Il reprit son souffle, une pointe de colère vint secouer ses épaules mais il ne fit aucun geste brusque. Cela ne le mènerait a rien.

"Si je dois continuer à vivre, je ne veux pas que cela soit au dépend de la mort d'autres personnes !"

Brusquement il fut frappé d'un souvenir très clair : celui de tous les univers y compris le sien disparaissant, un a un, au profit de la possible victoire de seulement un d'entre eux. Les expressions livides de leurs visages. Leurs cris engloutis par le silence. Combien avaient été réduits à néant pour l'amusement des dieux ? Au profit de l'annihilation de quels univers se trouvait-il vivant en ce moment-même, possiblement ressuscité grâce à l'usage des Super Dragon Balls, possiblement ressuscité par son mentor au nom de la promesse qu'il avait demandé a ce dernier de tenir ? Kyabe était furieux mais sa rage était contenue, son naturel calme et rationnel ne parvenait pas a libérer ce courroux qui le rongeait tant.

"Je ne suis pas..."

Il serra ses poings, s'efforçant de soutenir le regard dissimulé du spectre, s'efforçant de ne montrer aucune crainte en lui.

"Je ne suis pas aussi belliqueux que les saiyans de l'univers 7. Je fais partie d'un peuple renommé pour sa résolution pacifiste des conflits, et ma valeur ne se mesure pas au nombre de génocides que je pourrais commettre, quand bien même cela serait pour assurer ma propre défense, quand bien même j'aurais ces tendances dans mes gènes."

Mais ses jambes tremblaient, malgré sa respiration aussi tranquille que le souffle ténu du vent entre les branches des arbres.

"Si je veux devenir plus fort ce n'est pas pour tuer, mais pour protéger. Je ne suis pas un meurtrier, et je ne veux pas devenir un meurtrier !"

Il avait haussé le ton lors de cette dernière déclaration. Une tension traversa sa nuque ; il se maudit de s'être emporté sur un tel coup de tête, de ne pas réussir à se recentrer et garder son calme, aller de l'avant. Au-dessus de l'abîme, les étoiles qui parsemaient le crépuscule étaient les seuls témoins de cette bien étrange rencontre qui était entrain de se dérouler ; celle entre un soldat millénaire qui avait vu naître et périr nombreuses époques, et un guerrier pacifiste qui ne voulait ni tuer ni mourir.
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MessageSujet: Re: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockDim 4 Mar 2018 - 14:47
Plus une chose est pure et innocente, plus il est satisfaisant de la corrompre. Cependant, c'était une vérité qui ne plaisait plus au spectre depuis bien longtemps. Il avait devant lui l’un des représentants de cette innocence si délectablement détruite par le monde qui l’entourait une fois qu’il se décidait à passer l’étape de la violence. Cette innocence dont l'ennemi principal était la connaissance. La première étape du deuil est le déni. Le deuil peut s’appliquer à bien plus que la disparition de la vie. Est-ce que c’était cette innocence perdue que l’on gardait faussement en vie ? Aux yeux de Légion, Kyabe semblait simplement tenter de prolonger la vie d’un cadavre. C’était bien triste.

Légion s'était retourné, avançant lentement vers le centre du cratère. Il écoutait toujours le jeune homme alors que ce dernier tentait de défendre ses idéaux perdus, de nier le sang à présent sur ses mains comme un enfant qui avait fait une grosse bêtise. Maintenant qu'il y pensait, cela semblait bien être le cas. Le Saiyan avait commis par inadvertance un meurtre, et il était trop tard pour espérer ramener à la vie le démon qu'il avait massacré. Quand on y pensait, devait-il dire autant de mal envers lui-même face au meurtre d'une créature qui ne vivait que pour dévorer ?

"Vais-je devoir me répéter ?.."

Il laissa tomber un genou à terre, laissant sa main toucher le cratère. C'était là que le pinacle démoniaque de la faim perpétuelle et de la gourmandise sans satiété avait fini sa vie. C'était là que Kyabe avait sali ses mains, pour la première fois. Il avait dans ses mains une poignée de cendre, qui contenait bien des mémoires à explorer. Plein de souvenirs y étaient enfouis, oui. Et des connaissances qui pouvaient faire avancer les plans de Légion bien plus rapidement qu'avant. Ses doigts caressèrent sa paume couverte des restes de Pocus alors que ses yeux se mirent à briller légèrement plus fort.

"C’est bien de ne pas vouloir devenir, ou être un meurtrier. Cependant, il serait plus adapté de parler ainsi de soi lorsqu’on n’est pas face aux restes de notre première victime. D’ailleurs, tu as écrasé quarante-six fourmis depuis ton arrivée ici. Je doute que tu n’aies pas besoin de te nourrir, chaque animal et chaque plante faisant partie de ton régime alimentaire pouvant ressentir la douleur et s’accrocher à la vie. Tu existes au dépend de l’existence des autres depuis bien longtemps, Kyabe. Que ce soit par tes mouvements, par ta survie, tu laisses derrière toi une traînée de sang."

Il se releva, toujours dos au Saiyan. Une sorte de fumée blanche s’éleva de sa main. Des images semblaient apparaître devant lui, bien trop trouble pour que l’on puisse comprendre quoi que ce soit. Des yeux rouges, un sourire moqueur et riant du triomphe face à tous les codes moraux et éthiques. Oui… Légion semblait tomber par chance sur quelque chose qui pourrait satisfaire ses intérêts. Un véritable coup de bol. Le spectre fixa avec une sorte de délice cette nouvelle information qui se logea dans son cerveau.

"Ta valeur ne dépend pas des cadavres sur ta route. Elle décroît même ainsi. L’épreuve que tu as en face de toi n’est pas celle de devoir réparer ton erreur, car cela n’est plus possible. Elle est d’aller de l’avant. Accepter la chose, ne plus recommencer. Tu n’as pas été élevé en tant que guerrier, et il n’y a aucune génétique qui prouve que les Saiyen sont tous des meurtriers. Pour pallier à ce que tu as fait, il n’y a rien de mieux que de devenir quelqu’un de meilleur."

Il se retourna, regardant Kyabe fixement, en plein dans ses yeux à lui.

"Et puis, n’as-tu pas protégé des centaines de potentielles victimes ainsi ?"

Il continua son chemin en avant, remontant le cratère, et marchant entre les armes, l’ombre ectoplasmique s’évanouissant dans l’obscurité de mère nature.

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MessageSujet: Re: "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion]   "Cet idéal en lequel j'ai cru..." [PV : Legion] ClockVen 9 Mar 2018 - 14:25
Kyabe nota une certaine lassitude dans la voix de l'ectoplasme, alors que celui-ci avait stoppé son avancée à sa hauteur. Aussitôt il se sentit honteux et une vive chaleur envahit son visage, comme un enfant qui aurait agit précipitamment sans réfléchir, face à la patience et la compréhension dont son étrange interlocuteur avait fait preuve jusqu'alors. Par politesse, il voulut étoffer son propos sur un ton plus calme mais il ne put qu'observer le spectre se pencher vers lui : son épiderme tressailla un bref instant, craignant que malheur ne survienne, avant de regagner son calme en constatant que son intérêt était en fait porté sur les cendres éparses qui constellaient la terre meuble du cratère au fond duquel ils conversaient depuis de longues minutes.

Sa main gantée d'acier et de cuir s'en saisit d'une poignée, avant qu'il ne reprenne la parole et le fasse relativiser sur le cycle de vie et de mort des différents êtres vivants qui vivaient ici-bas. Paniqué, le natif de Sadala s'était en effet laissé dépasser par la situation au point d'oublier que la disparition d'un démon tel que celui qu'il avait affronté avait permis, au bout du compte, à d'autres de continuer à vivre. Sacrifier l'un pour permettre à l'autre de perdurer... Son regard de nuit se perdit dans les pupilles rougeoyantes du spectre, captivé par leur éclat, mémorisant chacune des paroles prononcées avec la plus grande attention tant son désir de se ressaisir était vital. Dans ce monde, "tuer ou être tué" n'était au final que la conséquence logique d'un dernier recours et le pacifiste n'avait pas à s'en vouloir d'avoir dérogé à sa ligne de conduite, s'octroyant la possibilité de prolonger le cours de son existence en dépit de mettre un terme à la créature qui avait tenté de le renvoyer dans les limbes. Après tout, maintenant qu'il était encore en vie, à combien de lendemains  pourra-t-il permettre de voir le jour ?

A ces mots, il ressentit un intense soulagement, mais également un sentiment d'amertume. 
Devenir quelqu'un de meilleur ? Comment interpréter cela, si ce n'est devenir plus fort encore, ou...

Le saiyan se figea. Comment savait-il son nom ? 

"Attendez ! Etes-vous—"

Mais sa voix n'eut pas le temps d'atteindre l’intéressé que ce dernier avait déjà détourné le regard et s'en était allé, sa cape cramoisie virevoltant dans les airs tandis qu'il remontait la pente escarpée de l'abîme d'un pas déterminé. Alors que la silhouette de l'inconnu s'enfonçait dans les ténèbres denses, la légion d'interrogations sans réponses qui assaillait l'esprit du jeune guerrier se dissipa, et il se sentit ôté de tout cette tension qui lui pesait sur le corps et sur le coeur. Néanmoins, d'autres questionnements prirent place tout aussi rapidement dans son esprit, mais le fil de ses idées était déjà bien plus clair. Il sentait que quelque chose avait changé en lui, comme si cette rencontre lui avait amené la providence et l'avait allégé du poids qu'il portait en lui depuis son réveil, le poids du désarroi et de l'irrésolution.

Il prit appui sur ses jambes et s'envola dans les airs, planant au-dessus de la cîme des arbres au gré de son intuition. Il ne savait ni quoi faire ni où aller, à présent. L'apparition avait disparu sans laisser de traces, aussi vite qu'elle s'était manifestée. Toutefois…

Qu'avait-il tiré du discours que le messager des Enfers lui avait tenu ?
Comment allait-il mettre en applications ces dires ?
Pouvait-il encore prétendre marcher dans les traces de son mentor ?

Au fond de lui, il espérait que le fantôme a l'armure de fer puisse lui avoir dispensé plus de ses sages conseils. Il avait encore tant à lui demander. Mais serait-il amené à croiser son chemin de nouveau ? Ou ce tête-à-tête inespéré n'avait été que le fruit de son imagination ?

Sous la lumière de la lune, Kyabe continua de se poser des questions.
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