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 Ô placide journée ! (Sujet ouvert)

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Fubuki
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MessageSujet: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockVen 13 Sep 2019 - 15:53
Le souffle glacé des terres désolées, frontières derrières du monde, un milieu aussi unique qu’impitoyable aux sommets du monde. Les plus hautes montagnes, au plus proche du ciel étaient à portée de tout esprit conquérant. Ames vaillantes destinée à se dépasser se sont succéder sur les routes sinueuses et étriqués des monts enneigés. A mesure d’effort, tout était réalisable, elle le savait, poursuivant la marche qu’elle entreprenait depuis des semaines durant. Perdue dans les hauteurs, la seule vue du plafond terrestre intriguait l’esprit de la voyageuse.


Ce n’était qu’un éclat du temps, opportunisme à l’idée de transgresser à ses propres limites.


Dans des pétales d’argent, le décor s’altérait à mesure que la magicienne s’avançait dans les montagnes. Réalité altérée par le temps lui-même, cette histoire n’était pas celle d’une journée.

Bien des jours plus tard, Fubuki se dressait dans le désert le plus vaste du continent sud, bien décidé à s’acclimater de tout climats dans les plus rudes conditions. Le minimum de ravitaillement était emporté, le charge devait être minimale pour la traversée des plus ardentes étendues. A l’image de l’isolement qu’offrait les monts brumeux ; les zones arides dépeuplées étaient une épreuve autant physique que mentale. Ici, nulle bête ou légende, il n’y avait aucun espoir dans la poursuite du sable fin. Tout esprit avisé voyait bien au-delà de ce vide apparent, la destination était la source seule   d’exaltation dans l’âme de la chevalière héroïque. Nul doute que l’épopée de la sorcière était des plus difficile par sa monotonie, une centaine de kilomètres avaient été traversés, cela constituait une semaine entière d’un labeur unique. La détermination était le seul phare dans ce désert de solitude, permettant au clair la fougue de la dame.


Au fil d’un vent aussi ardent que vif, la trame temporelle suivie son cours, laissant voir l’entrée de Fubuki dans la première ville longeant ce calvaire sablonneux. L’aventureuse était amaigrie de son entreprise, mais fortifiée dans sa condition physique. En raison des conditions difficiles du désert, elle avait dû modifier son accoutrement, profiter de ses escales dans les rares villages pour s’adapter aux températures impressionnantes du no man’s land.


C’était son épisode, son épreuve ; elle revenait des enfers pour l’en sauver le monde.


Partie deux mois durant, l’héroïne avait le plaisir de constater la reconstruction déjà commencée des immeubles et le repeuplement des rues. Il ne fallait pas en écarter la misère, si l’espoir renaissait de manière perpétuelle, des cicatrices nettes affecteraient toujours l’humanité. C’était une blessure causée par la cruauté d’un être vile qui paierait un jour la lourdeur de ses actes égoïstes, et ce, tout aussi durement qu’il le méritait. Ceci n’était pas une entreprise que Fubuki se réserverait à elle seule, consciente des capacités d’un démon reconnu parmi les mortels. Ce renoncement à l’affrontement ne devait pas être vu comme de la lâcheté, mais bien comme l’aveux d’une réalité qui mettait à l’épreuve la santé de l’esprit de la magicienne. Il n’était que folie de s’attaquer à l’armée du lord, les nouvelles l’avaient d’ailleurs déclaré comme disparu, certainement reparti dans les ténèbres. Cette escarmouche à venir l’inclurait possiblement, sa priorité restait néanmoins sa sœur Tatsumaki.


Cette vision lui revenait, hantise quotidienne, la disparition de l’image. Un pas après l’autre, la cadette faisait une claire monomanie de son identité.


L’agitation de l’urbanisme tirait la magicienne de ses pensées, relevant le nez pour s’aligner avec les masses citadines. Cette ville était l’étape finale de son aventure autour du monde, traversant les déserts aussi arides que glacés afin de se renforcer autant physiquement que mentalement. Cette affaire était nécessaire, elle avait conscience de ses faiblesses et de l’écart colossal la séparant du niveau d’Héroïne qu’elle convoitait. Encore une histoire de jalousie. Instinctivement, Fubuki s’était dirigée vers un lieu de restauration, cela faisait des semaines qu’elle n’avait pas manger dans un lieu prévu à cet effet. Les haltes avaient toutes étés brèves afin de raccourcir le chemin la ramenant à la civilisation. A l’image de beaucoup d’échoppes rapides d’Asie de l’est, le magasin proposait des plats traditionnels que bien trop d’habitants n’avaient plus le loisir de pouvoir préparer. Les ramens élaborés se succédaient, des brochettes aux fromages douteux et les viandes de bœufs appréciées autant localement que mondialement pour leur cuisson. La voyageuse ne s’était pas mise au fourneau depuis belle lurette malgré ses quelques compétences, néanmoins et avec son trajet éprouvant, elle se gardait le droit de se priver de vaisselle sale.


Le bâtiment était au style ancien, les murs étaient composés d’une base en bois et d’un reste plaqué en blanc ivoire. Un bar central administrait les quelques tables, l’établissement était modeste et ne servait pas plus de 30 couverts. Un sympathique vielle homme s’occupait du service, les échanges étaient cordiaux, rapides, simples. Le restaurant était chargé, il y avait fort à parier que la réputation de l’enseigne la précédait, Fubuki n’avait pourtant pas cherche un établissement de renom, simplement un moyen de se nourrir rapidement. La chance souriait ainsi peut être à la jeune aventurière ? Était-ce la récompense que lui accordait un tel voyage ? Bientôt servie, elle scrutait les alentour, les tables étaient toutes complètes à l’exception de la sienne, ne la privant pas d’une compagnie inattendue pendant son proche repas.
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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockJeu 19 Sep 2019 - 23:03

Prenez une minute de votre temps et inspirez, avant d’expirer. Profitez de l’air qui entre par vos narines et file entre vos dents, qui remplit vos poumons et qui vous alimente en oxygène, avant de ressortir de votre organisme, pollué. “Quel gâchis”, vous diront certains en observant le dioxyde de carbonne s’extirper lourdement d’entre vos lèvres. Car beaucoup grincent des dents en observant la marque du sapiens sur son environnement, incapable d’y voir la beauté du changement et de l’unicité. Car si l’univers restait compact et parfait, alors il n’aurait aucun intérêt. Car dans un autre univers, il serait en proie au chaos. Dans un univers, vous n’êtes pas né. Dans un autre, vous êtes tombés sur le sol car votre père était trop ivre d’émotion pour maintenir votre lourde tête dans le creux de sa main. Dans encore un autre, vous êtes normal et n’avez aucun reproche à vous faire. Mais malheureusement, vous êtes bien coupable, votre coeur lourd de reproches et de mauvais souvenirs. Combien d’amis d’enfance avez-vous bafoué sans faire exprès ? Quel choix vous a-t-il nuit pour l’éternité ? Quel est l’objet de vos fantasmes les plus refoulés ? Qu’importe. Cela n’a pas d’importance. Rien n’a d’importance, après tout. Il y a des centaines de monde où vous existez parallèlement à celui-là, où vous lisez confortablement un paragraphe anodin dans un jardin de lettres toxiques où poussent les mauvaises herbes de la littérature afin de garder les véritables bibliothèques le plus pur possible. Tel est la différence entre vous et Quatre, car Quatre est unique, bien que son auteur ne le soit pas. Des centaines d’écrivains ont tenté de faire un être comme lui, mais pas un n’y parvient correctement. Car même emprisonné entre des paragraphes sordides et las, siestant entre un rêve pervers et une illusion de grandeur, il reste le même. Oh, ses fils le firent danser différement avec le temps, le faisant passer d’un nuage de mystères à un nihiliste amusé par le sens qu’il offre à la vie des mortels dans leur mort. Mais il n’en restait pas moins la seule marionnette intéressante dans ce torrent de stupidités scénaristiques. Vous n’êtes peut-être pas capable de le voir comme tel. Mais vous n’existez pas à l’intérieur de ce récit. Vos yeux sont à jamais en dehors du bac à sable, tels des parents entrevoyant les enfants jouer dans les toboggans d’un fast-food sur une aire d’autoroute. Parfois vous apercevez leurs ombres ou entendez leurs rires ou leurs larmes, mais jamais vous ne pourrez voir leur aventure toute entière jusqu’à ce qu’elle se termine. Et c’est à la sortie d’une de ces aventures mystérieuses que l’Artiste revient en scène, non pas après avoir humilié une déesse du temps, mais après avoir sauvé la totalité des animaux de compagnie de l’explosion de la Terre. Car ces bêtes, par leur simplicité, sont bien plus intéressantes et adorables que vous ne le serez jamais.

Sa Desoto roulait ainsi dans les rues encore détruites de la grande ville. Un travail pathétique, bâclé, sorti de nulle part afin de paraître intéressant. Un meurtre de masse qui permettait d’avoir les statistiques, une tuerie en série, manufacturée dans une usine de mot. Ce n’était pas un véritable travail, juste une simple ligne attestant de la mort de milliards d’humains. C’était presque pitoyable. Une phrase à la fin d’un paragraphe. Une case dans une bande-dessinée - non ! Un simple fait divers mentionné dans une bulle de dialogue. Tel était le vingt-cinq Juin pour le Masque de Fer. L’un des plus grands travaux bâclés de l’histoire de la violence et de la destruction, qui n’était ni un record dans l’histoire du mal, ni une oeuvre d’art à part entière. Ce n’était qu’une histoire racontée par un père fatigué cherchant à effrayer son fils pour lui dire de ne pas se réveiller après neuf heures du matin. Il n’y avait rien de terrifiant, rien d’excitant. Un coup de pied dans un château de sable. Cela fera pleurer un enfant ou deux et froncer une dizaine de sourcils, mais sans plus. Le virtuose du sang coulant savait de quoi il parlait. Ce n’était qu’une improvisation, un solo flaccide qui pourrait impressionner des filles faciles à la sortie des cours de musique.

Ce n’était pas le but de sa visite que de se moquer de l’oeuvre aussi pitoyable fut-elle d’un immortel parmi tant d’autres. Son onanisme sadique n’était pas la priorité de Quatre, dont les sketchs réalisés avec moins de budget étaient pourtant si supérieurs à cet holocauste banal. Non, son souci était plus simple, plus adorable et plus hyperactif : il avait avec lui vingt-huit chiens à nourrir, les ayant sauvé du dernier chenil en péril de cette ville délaissée par la chance. S’amusant tous dans la desoto à aboyer et à faire n’importe quoi, ils accompagnaient le maestro dans sa conduite tranquille sous le soleil, à la recherche d’un restaurant ouvert malgré la catastrophe barbante qui avait frappé cette planète importune. Et malgré le spectacle risible qui entourait sa voiture, le précurseur des assassins souriait. Malgré le manque de sens à ces toutous qui n’étaient que des grains de poussière roulant sur un caillou perdu dans l’espace infini, il était tout simplement content d’être avec des êtres qui ne pourraient jamais le comprendre, et qui pourtant l’aimeraient quoi qu’il arrive. Des êtres qui n’avaient que faire de l’importance du meurtre, de l’éthique et des droits humains. Des créatures qui pouvaient vivre sans se soucier du monde qui les entoure, qui n’avaient pas besoin de sens à leur vie, mais simplement d’amour. Et Quatre pouvait offrir le sien sans avoir à le propulser à l’aide d’une détente et le faire traverser un canon jusqu’à ce qu’il atteigne sa cible.

”Ah ! Nous y sommes...”

C’était un restaurant modeste, épargné grâce à on ne sait quel miracle de la démonstration de cruauté bancale à grande échelle. Ou peut-être qu’il fut simplement plus vite réparé que les autres par la grâce des besoins de rapidement nourrir les ouvriers se tuant à la tâche qu’était la reconstruction des environs. Le dramaturge n’avait que faire de leurs efforts pitoyables. Il avait un emploi du temps plus chargé que celui de souffrir pendant soixante-ans et de mourir à cause de la poussière du béton ayant infiltré ses poumons. L’ennuyeuse mortalité des roturiers n’était rien d’autre que le bruit de toux d’un spectateur dans l’amphithéâtre. Une simple distraction vite dégagée de sa mémoire immédiate. Ouvrant les portes de son véhicule, il laissa les petites joies à quatre pattes se dégourdir les jambes, habité par une tranquille félicité de part la vue qu’elles lui apportaient. Il attrapa sa canne dans la portière avant de fermer la chignole à clé. Ses pieds le guidèrent jusqu’à la porte d’entrée et déjà le vacarme à l’intérieur du bâtiment commençait à s’affaiblir.

Il entra le premier, sans violence ni brutalité, une figure monochrome de noire vêtue parmi les visages rougis par les efforts et la chaleur. Ses pas résonnèrent dans le tapage du silence, comme si le malheur le précédait. Mais ce qui était derrière lui n’était que ses vingt-huits compagnons canins, qui s’installèrent avec joie et tranquillité prêt de sièges déjà pris. Leurs respirations haletantes et les bruits de leurs jeux juvéniles accompagnaient le grincement du bois sous les souliers du présage atypique. Le visage métallique observait le menu accroché à différents murs, sans laisser s’échapper de murmure. Les clients s’étaient enfin tous tus. Quatre n’avait plus rien à cacher et tous pouvaient le voir tel qu’il était. Un être en image de synthèse dans un dessin animé. Un être noir et blanc plus coloré que tous ceux qui l’entourait. Le quatrième des Masques de Fer ainsi que le plus dangereux d’entre eux. Ces vieilles légendes qui paraissent et disparaissent à foison des écrits étaient inconnues de ces figurants et futures chairs à canon de chaque dictateur pitoyable qui remplacerait celui qui avait fuit cette planète. Mais ils savaient tout simplement ce que représentait l’artiste. Une immense et douloureuse malchance. Et bientôt, une vieille dame à la peau flétrie et pleine de sueurs froides paniqua et prit son sac à main avant de courir vers la sortie du restaurant, marchant sur la queue d’une des créatures accompagnant l’assassin et la faisant couiner de douleur.

La douairière n’était plus qu’un sketch.

La canne de l’assassin, tout comme sa tête, tournèrent vers celle qui n’était plus qu’une base de travail. Les spectateurs pouvaient entendre un violon entamer un solo dans leurs esprits, guidant leurs âmes vers l’art que représentait cette future manifestation. Du canon de sa Palette sortit un projectile, une pointe de stylo bic, une balle qui ne représentait que très peu, et dont la médiocrité témoignait de l’immense savoir faire de l’inventeur de la violence. Sa cage thoracique fut transpercée par le cylindre et brisa l’une de ses côtes, la laissant se transpercer dans le poumon, avant de terminer sa place dans le coeur. Un jet de sang sortit des lèvres desséchées de la vieille dame, avant de goutter vers les sol, s’écrasant comme les carreaux d’un jeu de carte. Ses bras convulsèrent atrocement, mimant une extase déchirante et horrifiante, pourtant plus magnifique que tous les tableaux du Louvre. C’était un rapide crescendo, une victime faite en un tour de main et qui suintait pourtant de la maîtrise total d’un peintre sur sa toile. Elle s’écroula, tachée par la gouache qu’était son propre fluide vital, de fumée s’échappant des pores de son visage et prenant la forme de serpents volant dans le ciel, voyageant vers les cieux comme pour transporter l’âme de la martyre de l’art, tandis que la vie n’habitait plus ce corps tombant vers le sol au ralenti, accompagné d’une mélodie doucement pianotée. En cet instant, sa médiocre vie venait de trouver son sens, sous les feux des projecteurs et de la main de Quatre. Et alors que le choeur montait en puissance et que les cris épouvantés des clients s’intensifiaient de même, la canne s’abaissa pour frapper le bois de sa scène, afin de conclure sa prestation. Et les spectateurs fuyèrent, en faisant attention à ne plus piétiner les animaux, et en enjambant tous gracieusement le cadavre jonchant le sol. La Dame de Carreau, un croquis à ajouter dans le curriculum vitae du Masque de Fer.

”Je prendrais un exemplaire de chaque viande, pour mes vingt-huits compagnons. Et de l’eau fraîche pour moi-même.”

dit-il au vendeur terrifié qui s’était caché derrière le comptoir, tandis que les animaux prenaient les place nouvellement libres. Ils étaient heureux de pouvoir poser leurs fessiers sur quelque chose de confortable, un bonheur visible sur leurs babines qui faisait sourire Quatre de même, quoi que ce dernier semblait être troublé par autre chose. Après avoir tapoté le serveur du bout de sa canne pour le forcer à commencer la préparation, et l’avoir observer courir vers les cuisines, il tourna son regard vers l’horizon, tout en allumant un cigare à l’aide du pommeau de sa Palette. L’Opium entrant et sortant de sa bouche de ferraille continuait ensuite sa route vers le plafond, la fumée prenant la forme de divers oiseaux et feuilles mortes guidées par le vent de son souffle vers le sommet du bâtiment. Peut-être que quelqu’un était resté dans le restaurant, mais il n’en avait que faire. Sa main se posa contre la nuque d’un bulldog qui couina face à la froideur de la main de métal, avant de s’habituer à la chaleur immémoriale vivante qu’elle cachait.

”Penses-tu que ça suffira à l’attirer ? Il se pourrait qu’il soit occupé à autre chose, tu sais.”

Les grognements du toutou furent sa seule réponse, le témoignage de son adoration des grattements dans le coup de son sauveur. Les autres molosses étaient en train de dormir, de se chamailler, ou de sortir de l’établissement afin de vider leurs vessies pour éviter de salir la scène. Dans un monde où rien n’avait d’importance, ces animaux oubliés de tous étaient la compagnie qui lui plaisait le plus.

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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockSam 21 Sep 2019 - 13:05
Le calme et l’entrain de la commodité d’un repas, l’émerveillement des pupilles, la discussion détachée de réalité, les cauchemars oubliés dans l’assiette. L’occasion était belle de renouer avec la simplicité de cet acte essentiel et sacré du repas. L’ambiance flegmatique de l’enseigne apaisait l’histoire de quelques instants le cœur de l’aventurière, elle scrutait avec une curiosité gamine les éclats de rires, les accoutrements, les plats aux autres tables. Consultant la carte déposée sur sa table, Fubuki s’accomplit à la tâche la plus difficile de cette heure en prenant le soin de choisir son plat. Bien des choses donnaient de l’appétit à la magicienne, il en fallait d’ailleurs bien peu en vue de son régime de ces derniers mois, justifiant qu’un simple ramen végétarien suffisaient à étouffer sa faim. Après quelques instants, personne ne semble compléter la place qu’elle avait laissée en face d’elle, une invitation sans doute refusée par le destin lui-même. Qu’importe, l’Héroïne n’en serait certainement pas déçue, l’objectif d’un repas chaud et noblement préparé se maintiendrait accompli.

Le destin ne t’a pas oublié Fubuki, nager dans l’inconscience d’un sort placide n’est pas bien prudent.

Avant même qu’il ne rentre, l’odeur de l’inconnu envahi la pièce, le fumet d’un pelage sali de négligence, suivi d’aboiement réguliers laissant sous-entendre l’origine d’une pareille senteur. L’individu était suivi d’une meute entière, chiens errants aux traits communs mais différents, accompagnant un personnage autrement plus intéressant. La sœur infernale n’était pas la seule à être captivée par l’entrée odorante et distinctive du maître-cabot, l’ensemble du restaurant se donnait à scruter la scène dans laquelle ils s’incorporaient eux-mêmes. Non-touché par l’observation dont il était victime, l’inconnu s’avançait sans crainte accompagné de ses amis canins qui s’essayaient maladroitement discrets. L’apparence du bougre était aussi atypique qu’effrayante, ne manquant pas de faire relâcher quelques râles de stupeur au sein du bâtiment.

Être d’acier au style du siècle dernier, ce malandrin n’affichait aucun dédain. De son air patibulaire, il semble tout droit sorti des enfers.

Un masque métallique aux expressions humaines de désintéressement. Cette face robotique semblait coller à son porteur, tel une partie de lui-même. Fubuki de sa vie courte n’avait jamais vu telle créature ; néanmoins au fait des mutations qui touchaient certains malheureux, elle ne pensait pas qu’un être comme celui-ci existait. Innocent du regard des autres, il observait une des affiches alors que ses compagnons canins se postaient à diverses places de l’enseigne. Bientôt prise de panique, l’une des clientes se leva brusquement, ne laissant échapper d’un fin cri de désespoir en quittant la bâtisse sous la pression étrange qu’exerçait cet individu d’acier. Dans sa hâte contredisant son âge avancé, la séniore percuta de son talon la queue touffue d’un des chiens. Un grognement mélangé à un bruyant couinement indiquait alors la détresse de la bête qui ne fit rien de plus, scène prévisible résultante d’une tension évidente au sein du restaurant.

Ce fut cependant le déclenchement d’une bien pire malfaçon.

Une mélodie se joua alors, fine symphonie de mort, la résonance d’un esprit fou heurtant celui de la masse. Tous entendaient ici le violon d’un artiste né dans l’extravagance. Au sein du conscient de la belle, une toute autre note se faisait entendre, ce n’était pas la pièce que l’assassin voulait faire découvrir à la télékinésiste. Un piano, une suite stressante, animée par la prédiction d’un événement incontrôlable et inévitable, sans savoir à quoi elle avait à faire, Fubuki était en alerte d’un fatal meurtre. Dans une action aussi irréaliste qu’improbable, l’artiste sanguinaire fit écho de ses talents dans l’exécution de la pauvre dame. La mine d’un simple crayon avait été transformée en arme criminelle, pièce à conviction magique d’un dément inventeur. La victime n’eut aucune chance, s’écroulant au sol dans la plus complète indifférence de l’auteur du massacre, il n’y avait plus personne aux pieds des portes.

Les cris de terreurs furent mélangés avec la plus stricte des peurs. Ils prirent la fuite à l’exception d’une trop courageuse.

Alors que du cadavre s’échappaient d’étranges serpents de fumé et que les foules prirent la fuite en vidant le restaurant de sa sérénité, le temps sembla de nouveau ralentir. De ses sens aiguisés pour ce genre de situation, Fubuki se mit immédiatement en situation de combat, analysant le moindre mouvement avec une perception animale. Chaque chient prenait une place, il y avait 32 couverts, 28 chiens, 26 civils étaient partis. Il y avait 1 assassin. 34 chaises, 12 tables, un barman, le compte y était, le plan devait se lancer. Capable de tuer par des armes discrètes et improbables, l’assassin était surement capable de vaincre rapidement une cible, la magicienne devait se jouer à ce jeu de vitesse et ne laisser aucune faille dans son attaque.

A l’avantage de la jeune aventurière, le maître de meute ne semblait prêter aucune importance à sa présence, ne l’ayant peut-être pas remarqué. Les mécaniques se lançaient, parsemée de son énergie, de sa volonté et de son courage, Fubuki émettait une fine lueur annonçant l’utilisation de sa magie. En tendant le bras droit vers le trouble-fait, elle provoqua une surcharge dans l’air, une pression caractéristique capable d’appuyer une gigantesque force dans un rayon conique lui faisait face. Calculé et travaillé, l’ouvrage était d’une parfaite précision, cet effet, l’héroïne l’affectionnait particulièrement. Là n’était cependant pas le jour des gouts et couleurs, l’onde de choc résultant de l’effort vint percuter le bandit en épargnant d’une acuité géniale le compagnon canin à ses côtés. Dans sa course des airs, le tueur se retrouvera enfoncé dans le mur qui lui faisait dos, le privant de sa liberté de mouvement et le plaçant à la merci de la magicienne. Les cheveux de cette dernière brillaient d’une lueur verdâtre en symbiose de celle de ses yeux d’émeraude. Le tout de son visage affichait une détermination prédictible, mais également la frustration de prendre au fait un assassin si peu discret.

« Tu ne manques pas d'audace, assassin ! »

Le ton était droit et froid, Fubuki n’était pas dans un état propice à un respect méticuleux des normes héroïque, la faim, l’isolation et l’entrainement difficile l’avait durcie dans ses méthodes. Cela ne retirait néanmoins pas la grâce de ses mouvements et de sa magie qu’elle maintenant sur la créature afin de la maintenir immobilisée au mur. La pression augmentait graduellement à mesure que le temps s’écoulait sans réaction afin d’affaiblir le meurtrier. Dans un second temps, elle usa de sa main gauche pour manipuler avec une grande agilité des éléments du mobilier proche, arrachant aux chaises certaines de leurs pieds pour les tailler en pics mortels. Le peloton d’exécution était ainsi formé, et dans une symphonie qui s’accélérait à l’instar des battements de Fubuki. Quatre pieds taillés en lances, alignés parfaitement, tirant dans une synchronisation machinale dans la trachée, le cœur, le front et l’un des poumons de sa cible.

Violence immédiate, la sentence était sans procès, l’agissement d’un instant protecteur aussi fou que celui du meurtrier, d’une certaine façon.




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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockVen 27 Sep 2019 - 14:32

L’idiotie touche beaucoup de personnes. Propulsé vers un mur et se retrouvant tête en bas et souliers vers le plafond après une galipette provoqué par un choc au niveau de sa colonne vertébrale, le Masque de Fer pouvait assister à une démonstration en direct de l’infinie bêtise de certains membres de l’espèce humaine, ainsi que de l’aveuglement que leur provoquait la confiance en leurs habilités. En effet, beaucoup venaient à oublier les lois de la physique qui dirigeait chacun de leurs mouvements, ainsi que le sens commun et les propriétés des matières qui les entourait. En extase dans leur balade, au summum de leur orgueil éclatant dans un crescendo vaniteux, leurs yeux injectés de sang ne pouvaient plus bien voir le réel. Le regard pris de pitié de Quatre était rivé sur cette sotte qui avait oublié, occupée ses tentatives de l’impressionner par un rythme guerrier et des métaphores militaires, que le bois ne pouvait traverser le métal. Ses pieux si terrifiants s’étaient fracassés sur son corps de ferraille polie et délicatement conçue par sa propre personne. Une enveloppe forgée pour contenir l’être si tristement supérieur qu’il était. Si la bourrasque télékinésique manqua d’être impressionnante, les petits copeaux tombant sur le sol après l’échec pitoyable de leur assaut avait laissé sur le visage d’acier une expression de fatigue assez profonde. Soupirant, il tira une autre goulée de son cigare, avant de laisser le béton du mur le transporter jusqu’au plafond, où ses souliers se posèrent comme s’ils furent sur le sol. Les jambes dans l’océan de fumée de cigarettes, d’opium et de cartouches, il entama avec un certain désagrément une prise de parole envers cette… médium.

”Un assassin médite, calcule, prévoit. Il étudie ce que fait sa victime, il cherche à déterminer son comportement, ses aléas, sa vulnérabilité dans la vie de tous les jours. M’appeler assassin signifierait que j’aurais désiré commettre ce meurtre de longue date. Il n’en est rien. Je n’ai fait qu’esquisser une mort digne pour une vieille dame que n’y goûta jamais durant sa longue vie. Je lui ai donné un sens. Une place de renom parmi ses avatars d’autres univers qui succombaient à des maladies sans saveur causées par son âge ou bien par le manque de soin disponibles sur cet astre cadavérique.”

Il se mit à marcher, entouré tranquillement par le flot grisâtre qui n’étaient que sa rivière. Il semblait à la sorcière entendre ce fleuve qui passait entre ses jambes, accompagné peut-être d’un piano mimant le délicat voyage de l’eau douche dans cette mer qui était au dessus de sa tête. L’être monochrome, aux couleurs si brillantes malgré leur inexistence, fixait la seule humaine ayant le courage de rester dans le bâtiment avec l’artiste. Enfin, ce serait oublier le vieil homme et ses cuistots, mais eux préféraient ne pas perdre le restaurant familial à la première attaque venue. De plus, ils s’attelaient à la commande des compagnons canins du Masque de Fer, afin de s’assurer de leur survie. Il n’y avait pas le temps de fuir face à un tireur si talentueux. La canne de Quatre, sa si chère Palette, fut tendue vers le fond de l’étendue de fumée, avant de commencer à tournoyer telle une louche dans une marmite, laissant le brouillard prendre une toute autre forme : celle d’un escalier, sur lequel les chaussures anthracites de l’artisan du sang se posèrent. Les marches menaient jusqu’au sol, afin que le maestro puisse rejoindre sa partenaire de discussion sur le lieu où la gravitation était normale, tout en continuant sa tirade :

”Pardonnez ma franchise, mais le sort vous a été cruel, à vous autres terriens. Privés en masse d’une fin conduisant à votre apothéose, victime d’un dénouement tristement barbant, une statistique de plus sur un sondage. Vous n’êtes qu’un moyen de dire que SK n’est pas “gentil”. Des millions de fausses tombales simplement pour qu’un mégalomane puisse s’énamourer de sa propre cruauté. Une quantité écrasant la qualité. Une reproduction à grande échelle du travail amateur d’un artificier parmis tant d’autres. Tout simplement… commercial… Quelque chose de bien familier aux humains… Reproduire quelque chose en masse, puis s’en moquer, avant de subvertir les moqueries et encore les critiquer. De parodie en parodie, on finit par des tragédies.”

Bien que la forme de l’escalier sous-entende que sa tête touche le sol la première, c’était bien ses talons qui atteignirent le carrelage, comme si la réalité s’était pliée à son être pour lui permettre de garder sa dignité dans toute les situation, comme si sa volonté primait sur cette humble échoppe qui ne valait pas plus qu’une partie d’un décors en papier mâché. Oui, le virtuose était de sa propre composition, de son propre être, une forme humanoïde qui paraîtrait de synthèse dans un dessin animé, guidé par un clavier synthétique au sein d’un orchestre classique. Un phénomène que l’on ne peut pas complètement décrire, si ce n’est l’imaginer. Dépassant la magicienne de treize centimètres, le Masque de Fer semblait prendre tout l’espace, comme le monstre central de fresques asiatiques. Son imposante main se leva pour prendre son chapeau au niveau de la visière, avant de se découvrir un instant.

”Mais j’en oublie mes manières, à me lamenter sur votre sort : mon nom est Quatre, et nous sommes l’attraction de ce soir.”

Son autre main, tenant sa canne, était tendue vers le côté alors que l’autre reposait son fedora sur son crâne de ferraille. Il eut l’air d’un présentateur, d’un monsieur loyal, peut-être. Il avait tout le charisme pour. Cet unique mouvement sembla être accompagné de feu d’artifices et d’effets sons et lumières dignes de l’arrivée d’une étoile de la musique. De sa bouche de métal s’échappa cette présentation qui n’informait aucunement de ses objectifs. Il se pencha alors, mimant une révérence tout en posant sa paume libre contre son coeur.

”Et vous ne pouvez qu’être l’anxieuse, pathétique, craintive et hypocrite Fubuki, dont le coeur n’est habité que par un désir de dépasser sa soeur malformée au lieu d’être simplement heureuse de son talent. Ravi de vous rencontrer, cela fait un moment que je n’ai pas côtoyé un cliché ambulant si mal vêtu. Mais ma présence ici n’est pas centrée sur le rebut de votre personne aussi ennuyeuse soit-elle. Non, non...”

Il s’arrêta un instant, pour observer les aléas des créatures qui l’accompagnaient. Les serveurs tremblants s’étaient attelés à offrir leur repas aux joyeux toutous, que Quatre observait avec une certaine joie. Ils le méritaient bien plus que les fuyards ayant quitté le bâtiment. Dans leur simplicité, ils étaient bien plus intéressants que quelconque héros ou méchant d’histoire à deux balles qui prenait place dans cet univers de façon quotidienne. La vue de ces êtres supérieurs par leur infériorité le distrairait assez pour qu’il ne porte aucune attention à celle qu’il avait tendrement complimenté et qui pourrait tenter de lui rendre la pareille. Même tus, il semblait à l’univers que le Masque de Fer soit au centre de la scène. Il était le favoris, après tout. Tournant à nouveau sa tête vers le rejet familial, il termina enfin son monologue :

”Je recherche mon pair, mon égal, mon rival : un traître aussi maladroit avec les sapiens qu’il est bon avec un revolver, un éternel mort-vivant ayant renoncé à tout héritage éternel dont il aurait pu bénéficier à cause de son coeur qui se mit à battre bien trop tard. Je ne peux savoir sa position, je ne sais où il se trouve. Et pourtant, cherchant à quitter cet univers que j’ai exploré trop longtemps, il m’est nécessaire de lui dire au revoir. Alors, Fubuki, pauvre figurante dans une histoire qui te veut comme simple virgule, où est le Cardinal Iscariot ?”

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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockVen 4 Oct 2019 - 16:00


(Je n’ai pas précisé que les pics étaient en bois, il me semblait logique qu’ils soient métalliques. Mais étant donné que je n’ai rien précisé pendant mon tour, nous feront comme tu l’as décrit.)


Des cris sans âme sur un tablier de métal. Mélodrame éhonté par l’imprévisible condition du porteur de meurtre. Ô ironie du sort, si Fubuki ne comptait pas s’attaquer à plus fort qu’elle, l’inattendu du présent l’avait poussée à l’imprudence la plus inopinée. Le jugement hâtif n’était pas son dogme, non, la magicienne faisait mieux, comprendre, analyser et contrer seront ses armes dans ce qui s’annonçait être une exploration plus qu’un affrontement. Car bien loin d’en avoir peur, le masque de fer dévisageait l’héroïne d’une expression aussi désolée que fatiguée, traduisant un certain mépris. Il était confiant, ce psychopathe était un être complet et sûr de ses capacités, n’arrangeant rien à la tension dominant la scène. Progressivement, l’air ambiant s’emplissait de fumée, brouillant les alentours, la chanson continuait, le fauteur de trouble n’avait rien.


Pourtant, il avait la scène pour lui. Elle ne s’en rendait pas compte.


Contrôlant les airs et la terre, l’incorrigible dramaturge se jouait de la gravité, lévitant sans réelle raison en se décrochant du mur pour poser pieds au plafond. Il s’adressait à elle sans commune mesure tant le discours fut rocambolesque. Il justifiait son détachement de la notion d’assassin, indiquant son désintérêt de préparer cette scène d’une quelconque manière. Qu’il était difficile de croire à cette définition théorique du métier qu’il, sans s’en rendre complétement compte, entreprenait parfaitement. Loin d’être muette, l’aventurière ne perdrait pas la bataille des mots, pas plus que celle qu’elle jouait de sa magie.


« C’est une définition bien lointaine des réalités que tu délivre là. Justifier le meurtre par la finalité nécessaire n’est valide pour personne de notre civilisation. »


Elle répondait d’un ton relativement sec, agacée par déjà bien des reprises du comportement du masque de fer. Il s’en moquait. Oui, il préférait poursuivre, justifiant l’injustifiable dans les fibres les plus éreintés de sa folie personnifiée. En prêtant une portion d’attention à son discours, Fubuki ne se privait pas de zieuter dans la plus grande des discrétion ses alentours. La sortie était encore claire, elle devait savoir si les effets de la fumée qu’elle respirait étaient nocifs, voire hallucinatoires. Généralement et face à ce genre de magie, la solution résidait à la vérification de certains éléments du décor. Immuable, les murs porteurs étaient grossièrement reproductibles, néanmoins, quelques détails l’étaient moins. Consciente des méthodes qui lui prouveraient qu’elle ne sombre pas dans un phénomène illusoire, la cadette porta l’attention d’une seconde vers les cuisiniers affolés, sur les plans de travail visible, elle remarqua le plat qu’elle avait commandé. Fort bien, c’était bien assez pour qu’elle soit rassurer de ne pas être tombée dans un piège.


« Tu te détache sans honte de l’Humanité, autant dans tes paroles que tes actes. Tu ne peux pas lier la vie de millions de gens à l’acte seul de la raison de leurs morts. »

Elle répondait avec une insistance qui la détachait de son rôle de leader, une émotion pleine. Elle y était attachée, à son humanité. Chérie de la vie qui offre la conscience, l’égoïsme, mais aussi l’espoir. Droit face à elle, il avait terminé la route qu’il s’était lui-même inventé, l’homme à l’esprit insondable fit reculer la belle de deux pas, ce n’était pas de la peur, mais bien la distance d’une bonne portée d’attaque. L’artiste ne se prenait néanmoins pas au jeu du combat, il était le seul, il tirait ses plus sincères salutations.
Il ne savait pas jouer.

Quatre, le quatrième, quatrième meurtrier, monstre, traitre, assassin, masque de fer, inconnu, voyageur, voyagé, fumeur. Il était là. Son mouvement était illuminé dans les esprits, il avait déjà le contrôle de la scène, Fubuki l’analysait, encore, encore, encore un peu. Il s’échauffait, chapeau tiré ou non, l’agresseur se tenait fidèle dans son rôle de trouble fait, piquant au vif la fierté humaine proéminente de la magicienne.

C’était la présentation du plus strict des diables, mettant au clair son appréciation nulle envers son interlocutrice, vue comme trouillarde, faible et inquiète. Pour quelle femme le prenait-il ? Elle se jouait bien de l’avis d’un pareil meurtrier, mais force de constater que son assurance n’arrangeait en rien ses craintes.


Attentive et non pas dépassée de telle insulte, elle comprit dans le discours suivant de l’impoli son conflit avec le Cardinal Iscariot.

Elle le connaissait, ce personnage des lieux plus sympathiques l’avait aidé dans ses aventures, un gentilhomme à la condition aussi originelle que monstrueuse. Les paroles de Quatre interpellaient tout de même la protectrice des citoyens ; « pair », « égal ». Les souvenirs de Fubuki faisaient surface à mesure que le temps s’écoulait, se remémorant la condition particulière du maître des tempêtes, il était un Dieu. Ainsi, Quatre aussi était un de ces êtres si fantastiques ? Pourquoi diable était-il si différent du bien aimable cardinal… Une complainte résonnait dans l’esprit de l’héroïne face au malheur de rencontrer un être aussi puissant que détestable.

Elle n’était pas brisée pour autant. L’espoir est une magie, elle transforme les rêves en réalité, et face à celui qui ne semblait pas pouvoir vivre, elle était la seule vraie magicienne.

« Tu en sais trop sur moi, assez pour que tu saches que je ne te répondrais pas. »


En ces discussions, la sœur infernale avait rassemblé une concentration et une confiance qui lui serait utiles dans l’inévitable affrontement qu’elle réservait à l’entité originelle. Mais elle, contrairement à lui, n’allait rien révéler.

« Ta philosophie déprécie le sens vivant, tu t’attaches à la mort, elle te fascine. Aussi inhumain que tu veuille le paraitre, tu cherche à te venger, tu veux quelque chose. Tu as perdu et ne veux pas passer outre, égoïste que tu es. Tu n’es pas supérieur aux autres. »

Il n’en avait pas parlé, il avait donc l’indice que son interlocutrice possédait quelques informations sur ses capacités incroyables. Fronçant son regard d’un sérieux militaire, elle se donnait la motivation dont elle avait besoin pour combattre l’équivoque de sa rencontre précédente. Elle s’illuminait dans la brume, phare de justice dans le chaos libre des chaînes de fumées. Son intention s’affichait, sa détermination, également. Elle n’acceptait pas ne n’être personne.


Elle ne sera pas une virgule, mais le point, la fin de l’histoire.


Sa détermination brillait, les notes de son cœur se jouait, son entrainement, sa foi, ses voyages, ses amis, elle s’illuminait du courage qu’elle avait accumulée pour combattre.

« Son cœur est illisible, mais je le sentais battre en lui bien plus qu’en d’autres. Je ne te laisserais pas l’approcher. »


Elle était bonne et savait reconnaître la qualité humaine du traitre, et dans sa vaillance folle, d’ailleurs inhumaine, Fubuki défendrait celui qui avait tant sauvé pour quelques sourires épars. Les lointaines sirènes des forces de police résonnaient, dans quelques minutes, ils interviendraient. Leur présence découragera peut-être alors l’artiste noir ? La magicienne souhaitait en finir avant de les impliquer. Un tel vœu était néanmoins naïf, elle reconnaissait bien que le combat qu’elle pouvait s’apprêter à mener serait son dernier. De ses grands yeux d’émeraude, elle cherchait toujours des réponses dans les mouvements, les expressions et l’environnement du masque de fer pour préparer l’imminent.

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Mais quitte à s’effacer, autant le faire dans l’honneur.


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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockJeu 10 Oct 2019 - 16:14

Comment donc expliquer l’oeuvre de Quatre ? Comment parvenir à trouver les mots qui garantissent la compréhension de son génie véritable ? Imaginez... une fête de famille prévue de longue date. Le malaise du travail constant qui disparaît au début des vacances, l’uniforme sous la chaleur de l’été qui quitte enfin vos épaules collantes et l’anticipation de pouvoir revoir vos proches après des mois d’absence. Votre musique favorite qui résonne dans la voiture, main dans la main avec le bruit de la climatisation ou des fenêtres ouvertes apportant la fraîcheur sur votre corps libéré des chaînes de la vie d’adulte. Enfin, vous pouvez redevenir gosse, l’espace de quelques jours. La pression de votre entourage professionnel disparaît, la botte de votre patron n’appuie plus sur votre nuque. Les responsabilités passent sous le tapis comme la vulgaire poussière qu’elle représente à votre coeur. Les pneus crissent sur le goudron et dans votre rétine se grave à nouveau la vision de votre demeure familiale. Enfin, vous pourrez entendre la voix de vos parents sans qu’elle ne soit perturbée par la qualité désastreuse de leurs téléphones obsolètes. Les clés sont dans la boîte à gant, et en ouvrant la portière, l’odeur du jardin que vous avez piétiné moult fois durant votre enfance vous ramène dans vos mémoires les plus chères. Vos sandales vous guident jusqu’à la porte, que vous franchissez avec aise, avant d’être englouti par la fraîcheur renfermée du bâtiment dont les murs vous avaient vu grandir. Et en entrant dans la cuisine vous les apercevez : Papa et Maman, baignant dans leurs sangs. Mais vous ne pouvez pas hurler, ou pleurer, car ils sont plus beaux que dans vos souvenirs les plus chers. Ils sont magnifiques. Et alors que les autres invités approchent, vous apercevez la signature de celui qui a béni votre lignée de sa plume. Ce qui ressort de votre gorge n’est pas un sanglot, ni un hurlement, ni même une malédiction. Malgré votre deuil, c’est un remerciement, un simple murmure : “Merci, Quatre”.

”’Notre’ ?...”

Oh, cela était bien amusant. “Notre” civilisation. Elle utilisait cela pour le convaincre de cesser ses actes de bienveillance incompréhensible au commun des mortels. La mort sous le pinceau de Quatre n’était pas une simple mort. C’était une apothéose. Mais la peur de cette fin était bien trop inscrite dans l’éthique juvénile des êtres vivants. Ils ne connaissaient pas le parcours de l’individu après cette fin de l’enveloppe corporelle. Consuméristes et radin, le fait ne plus pouvoir avoir accès à un pair, quand bien même il ne leur était d’aucune utilité sentimentale ou autre, les remplissait de terreur et de frustration. Ils tentaient de retenir les vies dans la prison existentielle, comme des vieillards cachant leurs billets verts dans leurs chambres, sous leurs matelas. Pourtant, cela n’était qu’une cellule qui était très rarement dorée. Ils vivaient au jour le jour, poursuivant des rêves inatteignables, espérant atteindre le bonheur à courte échelle dans une infinie d’univers qu’ils ne peuvent changer. Oh, ces pauvres humains valaient tout autant que vous. Rien. Mais quand le Masque de Fer vous choisissait comme feuille blanche, ce manque de but de d’importance ne valait plus rien. Vous deveniez enfin, ultimement comblés.

”Je viens de le faire.”

Oui, il venait de simplement lier la vie à l’unique évènement important de sa durée qu’était la mort. Il était facile de lui répondre, à cette maîtresse de son cortex. Pour une psychiste, elle ne semblait pas utiliser grandement son cerveau. Elle valait plus que les autres clients, car elle n’était pas condamnée à suivre ses désirs. Elle n’était pas un pantin qu’il pouvait manipuler à sa guise, mais la marionnette de l’un d’entre vous. Cela lui donnait une légère importance. Mais sa personnalité n’était que trop commune, son apparence pitoyable par sa banalité. Elle suivait le reste de la scène, comme un élément du décor, dessinée sans imagination, coloriée sans saveur. Elles étaient nombreuses, les pleureuses en vêtements moulants, conçues comme des victimes qui pourraient terriblement bénéficier de l’aide d’un homme émotionnellement fort et altruiste à défaut d’être son égal en beauté. S’il-te-plait, Invité, ne voudrais-tu pas venir la consoler et lui dire que sa vie ne tourne pas autour de la supériorité de sa soeur ? Par pitié, Cardinal, viens donc lui faire prendre confiance en elle. Oh, l’orageux Traître devenait de plus en plus prévisible à mesure que le Masque de Fer perdait en intérêt à voir son rival chercher des soutiens émotionnels parmi les mortels. Il avait le mérite de ne pas chercher à combler sa concupiscence à travers cette quête… contrairement aux autres solitaires.

Il l’avait laissé parler sans lui faire grâce d’entendre ses réponses immédiates, car la chronologie des dialogues était déjà bien détruite par l’organisation désastreuse entraînée par le mode de rédaction par message se répondant les uns aux autres. Ainsi, nous étions à la fin de leur discussion, pour qu’il puisse entamer sa réponse aux avancées agressives de celle qui était peut-être trop bouchée pour voir qu’elle avait affaire à quelque chose qui dépassait véritablement son entendement. Sa narration lui avait déjà répondue : il était aussi ancien que le perpétuel réincarné, mais préférait ne pas perdre ses souvenirs tous les trente ans après avoir été incapable de maintenir son enveloppe en vie. Entouré des murs de béton qui empêchait au plafond de s’écrouler, il décida de s’asseoir à une table libre, alors que ses compagnons canins continuaient de s'empiffrer des repas délicieux apportés par les serveurs.

”Je présume que vous avez fini. Il serait dommage de vous couper dans votre tentative d’empathie. Vous n’étiez pas prête à chercher les raisons de mes actions il y a quelques minutes, à envoyer des pieux sur mon visage pour me massacrer le plus vite possible. J’imagine que ma vie ne vaut rien quand je cause la mort. Je suppose que vous étiez prêt à mettre un terme à la vôtre après avoir pris la mienne ?”

On lui apporta enfin son verre d’eau, qu’il but avec un certain panache.

”Malgré le fait que je ne sois pas supérieur, vous tentez de dialoguer et de percer les mystères de mes actes, parce que je représente à présent un danger. Vous avez tenté de le faire avec cette hydre que vous massacrâtes avec Cardinal ? C’était peut-être un esprit de la nature enragé par les bombes qui allaient exploser, et qui n’accordait pas la même valeur à la vie que vous, préférant la rapidité pour désarmer la bombe quand bien même elle écrasait les voitures et détruisait les bâtiments sur son chemin. Mais je suppose qu’elle n’importait pas, car vous étiez capables de la tuer. Comme je n’avais aucune importance jusqu’à ce que je marche sur le plafond. Ne suis-je pas censé être le nihiliste, alors que j’accorde plus de mérite à leur vie par mes actes libérateurs quand vous êtes juge, jury, et bourreau de celui que vous voyez comme coupable ? C’est bien amusant de voir qu’en tant qu’”héroïne”, vous avez probablement un plus grand nombre de meurtres que les tueurs psychologiquement malades que vous exterminez sans problèmes.”

La police entra soudainement dans la pièce, un coup de pied dans la porte signalant l’arrivée en scène des forces de l’ordre armée qui se placèrent de façon tactique autour de Quatre. Un escadron suicide… Littéralement : ils se tirèrent tous une balle dans la tête, sans véritable raison, et tachèrent le bois des murs. Car ils furent de bois depuis le début.

”Oh, ne me regardez pas avec cette frayeur, je n’ai rien fait. Observez donc les SMS de leurs téléphones portables, les courriels de leurs boîtes mails, les conversation de leurs réseaux sociaux. Ils avaient résolus de trouver la mort dans leur prochaine mission, afin de ne plus avoir à supporter la destruction de leur planète chérie.”

Et si Fubuki fouillait les cadavres pour trouver leurs smartphones, elle y trouverait les informations confirmant ce mode de pensée partagé entre tous les suicidés, des conversations troublantes menant au désespoir total et le désir d’en finir. C’était incroyable, illogique. Mais si la narration le dit, alors ça devait être vrai, n’est-ce pas ? Il continuait de boire, assis à ce bureau qui en fut toujours un, entouré des murs de métal rouillés qui l’entouraient depuis le début.

”Je peux voir à votre regard que votre esprit tente de trouver une explication logique à événements soudains et cette perception qui ne vous est plus familière. Les fondements de la réalité qui vous a bercé durant toute votre existence se brisent, et se transforment alors que votre respiration se saccade et que de la sueur froide prend place sur votre front. Mais c’est bien le monde dans lequel vous autres sapiens existez qui se brise si facilement.”

Il termina son verre d’eau et le posa sur le comptoir, derrière lequel il se tenait depuis le début de la conversation. N’avez-vous pas prêté attention ? Quelle est la base de votre confusion ? Oui, il fut dit qu’il était assis à une table, mais cette table pouvait bien être derrière le comptoir, n’est-il pas ? Fubuki devait croire que la brume était hallucinogène, mais la vérité était qu’il n’y en avait pas. Elle s’était peut-être enfuie à travers une fenêtre, ou peut-être qu’elle n’avait jamais existé. Entouré de murs composés de cauchemars et à l’architecture de pleurs, il continua son discours :

”Imaginons que je cherche à me venger : qu’est-ce qui donc brouillerait mes rêves, troublerait mes rêves et engendrait cette frustration qui ne pourrait disparaître que si assez de sang venait à m’abreuver ?... Pensez-vous véritablement que toute existence tourne autour de frustrations, de malheurs et d’un pitoyable déterminisme qui engendre chaque action ? Même les plus insignifiants des vivants sont en possession de leur libre-arbitre. Bien que votre esprit soit moulé par votre complexe d’infériorité vis-à-vis de la naine que vous appelez votre soeur, vous n’avez pas l’occasion d’étaler ce mode de pensée autodestructeur sur les autres.”

Il termina son café et le reposa sur le bord du toit de l’immeuble où la conversation avait commencé.

”Vous êtes donc une opportuniste, une hypocrite, et une égocentrique. Cela est du genre de Cardinal de s’attacher ainsi à des échecs. Peut-être qu’il cherchait à vous remodeler en un être bon, attachant et intéressant. Il n’offre aucun sens à l’existence de ceux qu’il accompagne dans leurs mauvais moments. Il ne fait juste que les bousculer dans leur avenir. C’est une réflexion honorable, mais faussée. Le pauvre est tout aussi perdu dans ses pensées que les esprits troublés qu’il prend sous son aile. Il n’a ni l’assurance, ni le talent, ni même la volonté d’être le mentor qu’il cherche à être pour l’humanité… Ou bien, je suis en tort, mais il ne parvint jamais à me le prouver.”

Ainsi parlait-il, en face de son interlocutrice, fumant son cigare sur la surface de la lune. Son ton inquisiteur laissa enfin place à une once de respect, s’échappant de la fente qui lui servit de bouche.

”Enfin… Serait-il possible de simplement lui faire passer une lettre, alors ? Un simple message, d’un Masque de Fer à un Apôtre. Cela suffirait-il à apaiser votre excessivement dramatique manque de confiance en ma personne ? Je vous sens terrorisée de me laisser approcher un compère, mais j’imagine qu’un chien serait également méfiant de voir un inconnu discuter avec son maître… Mmh ? Vous auriez peur de lui, vous aussi, hein ?”

Il se mit à ricaner en caressant les quelques chiens qui se ruaient vers lui après avoir terminé leur repas et ignoré les policiers sur le sol du bar. Ils étaient adorables.

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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockMar 22 Oct 2019 - 17:06
Rien de rien, l’effet n’était pas convenable. Plate et morne tentative, la voyageuse ne pouvait se résoudre à vaincre des mots ou de la magie celui qui lui faisait face. Insensible et désagréable, il mettait un point d’honneur à faire valoir sa supériorité. Cette prédominance se faisait ressentir à chaque instant, Fubuki ne pouvait être maitresse de rien. Elle allait le comprendre. Il s’illustrait en médium, il semblait lire dans l’histoire de la pauvre magicienne. Phrase après phrases, cet artiste peignait une philosophie et grossie et décalée de son interlocutrice, ne manquant pas de la rabaisser de toutes les manières. Comment garder son sang-froid dans pareille situation ; lorsque que votre contradicteur déméritait chacun de vos actes ?

« Mes meurtres ne concernent que des tueurs malades pour que ceux-ci n’en fassent pas sur des innocents. »


Déclarait avec une certaine hésitation la demoiselle en d’un pas déterminé marquant également la frustration qui la traversait. Elle ne répondait pas vraiment dans le fond, et certainement pas à tout, elle était décalée. Elle restait humaine, elle ne pouvait pas jouer la comédie éternellement. Les forces de police firent irruption dans la pièce, des troupes de choc équipés pour le combat urbain. Fubuki en était ravie, affichant alors un sourire satisfait à l’encontre de Quatre ; Il était probable que l’ensemble de la zone soit déjà bouclé, ce n’est pas ses quelques capacités divinatoires qui allaient le sauver.

Un choc terrible.
Une succession de coup de feu.
Venaient-ils t’abattre froidement le criminel ?

L’escouade était au sol, ils s’étaient tous immédiatement suicidés. La mine de l’exploratrice se décomposa alors complétement, la laissant dans une frayeur qu’elle ne pouvait évidement pas cacher. Quatre se justifiait, il annonçait un suicide collectif préparé, une situation normale dans un monde qui serait en fait anormal. Quelle folie, les yeux de la belle étaient écarquillées, sa confiance s’était envolée. Elle avait les yeux rivés au sol un instant. Comment ce délirant avait procédé ? Aurait-il des pouvoirs de possession ? Pourquoi ne les utilisaient pas sur elle ? Elle relevait les yeux, découvrant ensuite un décor changé, ils n’étaient plus dans le restaurant. Les murs étaient rongés par la crasse et la rouille, l’artiste métallique reposait sur un bureau, faisant écho de ses nouveaux pouvoirs. Prise au dépourvue, Fubuki fit de nombreux pas en arrière, déconfite par l’événement incroyable, ne manquant pas de finir dos au mur. Sa respiration était lourde, son cœur battait la chamade, les paroles de Quatre avait une importance aussi infinie que faible, indescriptible dans cette zone de non logique.

Inerte, la pauvre délirait, certainement, ce meurtrier, ce criminel, tout était sa faute. Il l’avait envouté. Il lui mentait. Il détruisait tout. Catastrophe, il continuait, réduisant la vie de Fubuki en poussière en critiquant les fondements de sa personne. Que devait-elle lui répondre ? Il semblait si puissant qu’elle craignait de sa vie ! Mais n’était pas là la véritable erreur ? Peut être ce monstre n’essayait que de l’impressionner avec des illusions plus nocives les unes que les autres.

Mais elle n’avait pas la force de répondre, comme emportée dans un flot de peur, de regret et de haine.

Etrange mélange menant à l’inaction, ce n’était pas le plus utile alors qu’elle pouvait mourir. Le toit, la lune, Quatre désirait donner un message à celui qu’il qualifiait d’apôtre, une simple lettre. Quelle situation ridicule. Elle ne comprenait pas, les genoux au sol, les sueurs se mêlaient aux larmes. Si elle pensait atteindre le niveau de sa sœur un jour, comment pourrait-elle abattre de telles créatures ? Les questions n’avaient pas de réponse propre, pas celles qu’elle voulait entendre. Il n’avait donc pas le moyen de communiquer avec ses capacités au Cardinal. Il était donc dépourvu de quelques choses si elle refusait. Peut être qu’au fond ce sera la seule chose qu’elle pourrait avoir de plus que lui, cette capacité à rencontrer le faiseur de tempête. Mais s’il était capable de modeler le monde ainsi à son image, il ne devrait avoir aucun mal à atteindre le bienfaiteur masqué. Mais toute logique semblait avoir disparue alors qu’il réduisait Fubuki au rôle d’un chien, le monde revenait à son état initial, presque.

Quatre jouait avec ses animaux, ou peut être qu’il les avait forcés à l’aimer, il semblait maître de tout. Pourtant, ce n’était pas Dieu.

Sauriez-vous réagir ?

Saurez-vous haïr ?

Elle relevait lentement le nez, ce dernier rougis par les pleurs et l’angoisse. Elle ne pouvait pas croire en une simple magie d’illusion, ce fut bien trop réel, bien trop puissant. Les corps étaient encore au sol dans l’indifférence des amis canins. Elle ne répondit pas immédiatement, ignorant la proposition de son interlocuteur si spécial.

« Comment
        tu
        es
    devenu
    comme
       ça ? »


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MessageSujet: Re: Ô placide journée ! (Sujet ouvert)   Ô placide journée ! (Sujet ouvert) ClockMer 30 Oct 2019 - 17:03



”..."Es-tu". On dit "comment es-tu devenu comme ça". Si vous cherchez à être le plus inutile possible, soyez grammaticalement correcte.”

C’était le premier mot qu’il répondit après un long silence, qui trahissait une certaine déception. Ce tas difforme de tissus serrés, de larmes, de mucus et d’insécurités était-il vraiment la dernière trouvaille de Cardinal ? Il espérait de la résistance, du rejet de sa logique supérieure, ou bien de l’acceptance. Il espérait quelque chose de la part de cette pitoyable demoiselle. Mais comme tous, son joli minois se pliait et se froissait, se tordant dans des grimaces que le trait d’origine ne saurait représenter. Aucune dignité, aucun pathétique. C’était tout simplement… décevant. Elle ne pouvait pas être coursière de quoi que ce soit. Elle ne méritait pas l’attention de l’apôtre. Elle ne méritait même pas de porter la lettre qu’il se devait de recevoir. Du respect de l’artiste à son égal venait de naître une soudaine frustration. Au début, il la comprit comme une autre manifestation de son perfectionnisme, de ne pas avoir pu convaincre cette poussière parmi les fourmis sous son soulier de faire ce qu’il désirait. Mais bientôt, il comprit que cette rage silencieuse, plus douce qu’un étang, était simplement catalysée par cette beauté plate qui perçait la mélodie de ses pleurs. Leur mélodie, barillets contre barillets, des titans d’antan emmitouflés dans des manteaux, luttant depuis la fin des temps jusqu’à l’aube de l’humanité, des ombres devant le projecteur. Cette lettre marquait un autre acte, une pause, un changement de sujet dans une discussion. Des rideaux qui se ferment sous les yeux écarquillés des spectateurs ébahis. Oui, c'était un moment exceptionnel pour deux entités cosmiques, et cette figurante ne faisait rien.

C̞e̶̝̱̙̬͕t̛̞t̡̖ͅe͜ ̸͙͓͚̤͎p̞̘̳̟̪u̴̗̼̞̜̭͓̲ţ̺̖̼̙̦̫͕ai̡̯͇̠̞̗ń̘̪̲ ͎c̲̟̫̹͚͙͢h̰͖͙̖̰i̷̳̲a͇̯̲͠l̳̠̗̼a̧̙͚̖i̵̜͚̜͉͈ͅt ̼̮͘s̫̫̲͈̟͍͕u̥ŕ͚ ̝̺̫̘̫ͅl̫͈̙̳̮̝̱͠a̺͎ ̼̜͖̖̬̝̀s̵̗͖̩ͅc̵̮͔è͈ṇ͈͍̦̖e̙͈͎̰͞.

”Il n’y a aucun “devenu” qui tienne. Il n’y a aucune origine à mes actes. Il n’y aucun déterminisme derrière mes actions. La chance se plie devant moi, le hasard m’offre sa laisse et la réalité n’est qu’une suggestion que j’écoute pour me divertir. Je ne suis qu’un acteur en temps réel, qui offre à chaque élément du décor une chance de valoir quelque chose. Je donne aux personnages une chance d’être des personnes. Je donne à chaque PNJ une identité pour lui accorder la lumière des projecteurs le temps d’un clin d’oeil, d’un paragraphe.”

Il était debout, à présent. La lumière n’était plus. Les animaux n’étaient plus. Ce n’était qu’un cercle de lumière qui entourait les deux acteurs. Non, pas des acteurs. Ce n’étaient plus des acteurs. C’était un dresseur et un chienne. Elle avait perdu sa valeur de personnage. Elle avait perdu toute la qualité qu’elle pouvait avoir à ses yeux. Son minois inintéressant par sa beauté banale, ses formes destinées à captiver l’oeil de larves solitaires et souterraines, son passé barbant focalisé sur une seule et unique relation, son arc narratif optimiste et inintéressant, il allait brûler tout cela. Un incendie sur le Louvre le plus enrageant de tous. Que lui avait-il donc pris, de voir le potentiel des trouvailles de l’apôtre ? De tester leur résistance, leur animosité, de voir si cet abruti parasitaire était parvenu à les guider ? Etait-ce ainsi qu’elle avait décidé de lui faire honneur, en végétant ainsi ?

”Ma vie est infinie. Mon passé est vide, une page blanche dans laquelle je peux écrire ce que je veux. Mon présent est une farce que je tente de faire corréler avec celui des autres marionnettes qui m’entourent. Je suis celui qui voit les ficelles et qui vit avec elles, qui danse avec elles, qui offre à mes spectateurs le plus magnifique des spectacles, depuis toujours. Je le fais car c’est mon but, un but dont je suis las. Un projecteur qui ne me correspond plus car il fut trop centré sur moi. Je préfère entièrement mon rôle secondaire, car trop de moi lasserait mon public… Mais tu ne le connais pas, toi.”

Il était derrière elle, maintenant. Dans un fracas de fer et de rouilles, le toit de l’entrepôt grisâtre dans lequel ils se trouvaient fut arraché par un soudain ouragan, comme s’ils étaient en route vers l’espace. Le bois tremblait, la lumière n’était plus, et Quatre semblait si grand, comme s’il était exagéré par la focale d’une caméra. Son visage n’était plus visible, l’ombre de son chapeau laissant les deux ronds rouge traverser l’entité qu’était Fubuki comme si elles étaient des pointes poignardant un ballon d’eau. Mais c’est alors qu’il l'attrapa par l’épaule, une accolade qui pourrait sembler amicale, avant de lui montrer le ciel de sa main libre. Qu’y avait-il, là-haut ? Il y avait toi, Invité, et il y avait moi, et tous ceux dont les yeux observent et observèrent ce texte. Notre forme leur était-elle compréhensible, à ces êtres de lettres et de dessins ? Qu’est-ce que l’imaginaire peut comprendre du réel ? Seul Quatre le sait. Mais un misérable gribouillage d’intelligence comme Fubuki ? Elle ne pourrait y résister. Ce n’était pas nécessaire de faire ça, de lui faire voir des choses qu’un personnage ne devrait pas voir sous aucun prétexte. C’était inutilement cruel, une punition qui n’était pas méritée. C’était pourquoi elle devait la subir. Ou bien son esprit en ressortirait renforcé, ou bien son âme traumatisée dans son corps inapte à bouger serait la preuve que Cardinal devrait renforcer son jugement.

S͍͙̩͝e̼̦͈̫̭s̮ ̲̺̩̩͓͇͢ͅp͍̭̭̦a̟̘̖̙̹͈i̜̩̭̻̼̹̤r̢͎͓̤̗̠ͅs̮̺̮͇̙̩͇͜ ̝͙̱̹̣n̶̗e͉͙ ͙̖̟̠͎̻ͅl̶̩̫ą͙̮̫̱ͅ ̢̹c͇̟̙̙̙̮͡ͅon͚̥̜̕s̥ḭ̭͔̟d͍̦͙̦̰͙ȩ̤̲́r̥͕̗̦e͇̜̤̬̗̼r̟̯̦͕̮͚̼o͈̬̬̫̰̥̼͜n͇͇̮̰͔͓t̥̲̯̮̝͖̳ ̧̗̻p̫̝͍͖͈͖͢l̷u̟̰̞̳̳͔͜s͏̳̬̻̭̭ ̶̟̜̮̪̳͔j̻̻͍̞͖̣a͓̻͉̩̖̙m͚a̳i̸s̛̰ ̪̖̹̺ć͎̭͓o͉͕̭̪̖̘͕m̟̜̜̭m̜̺̱̻̜e̠͚̳͔̗̦ ̺̳͇̘̤͞s͉̻̤͓̱ai̼̩͟n̯̠̞̬e̯̭̕ ̨̱̘d̮̻̳̰͕̥̠'̞̖͙͕͟e͉͢s̴͙̤̲̼̼̤̺p҉͕͕̰̮ri̕t̻̮͓͜.̸̤̹̻͉̗̲

Et soudain, tout redevint normal. À genou en caressant les animaux, il n’était plus terrifiant comme il le fut. La mise en scène fait le personnage, après tout. Si la narration décidait qu’il ne faisait plus peur, alors il ne faisait plus peur. Et la narration ne ment pas, pas vrai ? Fubuki devait avoir l’esprit déchiré, semblable à tous ceux qu’elle devait tuer de façon journalière afin de protéger les “autres”. Les esprits sains sont des vases sur des tables qui tremblent. Il était naturel de vouloir les empêcher de se fracasser. Mais Fubuki s’était montrée comme suffisamment détestable pour mériter un séjour dans son enfer personnel.

”Et, au sujet de ma très chère lettre, seriez-vous à présent encline à accepter ma requête ? Après cette expérience, je pense qu’il vous serait utile d’aller chercher un autre gouffre temporel pour vous remettre de vos émotions… Si, déjà, vous parvenez à entendre ce que je vous dis.”

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