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 [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)

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Fugma
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockDim 12 Mai 2013 - 20:39
Génial ! Tu as intérêt de rapidement poster la suite : p


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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockDim 12 Mai 2013 - 21:14
oh c'est gentil !!
Mais je pense que ça va attendre début juin. (mémoire à rédiger avant... même si je préfèrerais écrire ma fic je te le cache pas.... Mad )
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockDim 12 Mai 2013 - 21:29
Ok, abandonne ton mémoire et fais ta fic.


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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockDim 12 Mai 2013 - 22:00
si seulement... j'ai laaaaargement plus de recherche pour ma fic et plus de ligne écrite XD



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Merci à Charlo (et Frystia!) pour la signature. DON'T TOUCH THE CHILD !
Awards : Perso le plus romantique 2019, Perso le plus fort 2016, Perso le plus malchanceux 2015, Perso le plus maso 2015

Équipement : émetteur (AM), lunettes de soleil, vaisseau 5p, naginata (lance à lame courbe), dragonball (2 étoiles), capsule maison avec salle de gravité.

Capacités spéciales (ange):
--> Vous pouvez sauver un camarade dans un combat en le téléportant en dehors (sauf si porteur d'une dragonball).
--> Vous pouvez soigner vos camarades en dehors des combats.
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockSam 18 Mai 2013 - 21:19
Au fait, Nate, tu avais eu un avant-gout de la fic avant tout le monde : quand tu as touché Enki la première fois lors de notre première poignée de main, sous forme de flash, à cause de tes pouvoirs :

https://rpgdbz.jeun.fr/t5511p45-comptoir#102934 ATTENTION MÉGA SPOILER :p (c'est vrai)
(la partie en gris)
(Nate s'est même rincé l'oeil dis-donc)
Comme quoi j'avais déjà tout en tête à cet époque ! Smile

(Oui je suis à fond dans mes recherches pour mon mémoire, ça se voit.)



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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockVen 2 Aoû 2013 - 4:12
Hum, Hum début juin c'est sa ? Mouais pas on est quand même en Aout au passage... La Chouite !!!
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockVen 2 Aoû 2013 - 11:25
Mais j'arrive pas à écrire la fin correctement ^^'
J'y travaille... Désolée :p bientôt ! J'ai 4 versions différentes de rédigées, mais aucune me plait... il faut juste que je me décide d'une tournure et que je finisse le dénouement XD



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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockSam 3 Aoû 2013 - 1:05
Fait comme dans les films de maintenent xD la fin officiel et les autres fin... lol
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockLun 5 Aoû 2013 - 11:48
En fait j'ai fini d'écrire, j'ai plus qu'à trouver des illustration et je poste huhu : y'a qu'une fin -j'ai déjà bien galéré à en faire une potable, et encore....- mais ce n'était pas exactement celle que je voulais. J'ai rajouté un détail Wink
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockJeu 10 Oct 2013 - 20:47
Vu le temps que tu mets, j'espère voir d'excellentes illustrations.
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockMer 11 Déc 2013 - 16:16
En attendant je vais commencer la mienne tien, je verrais quand je la poste lol... J'espere qu'elle vous plaira car, comme vous vous en doutez elle parlera de Gohen !
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockSam 25 Jan 2014 - 19:42
écriture 95%
illustration : une de faite (je sais pas si j'en fais d'autres.)

:3
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockLun 3 Fév 2014 - 23:55
[résumé du chapitre précédent : Un combat abominable avait éclaté : Bort, le plus grand guerrier de la promotion démoniaque avait été renseigné par Alouqa, la belle succube qui avait découvert le secret d'Enki : camouflant sa véritable forme de monstre hideux à plume, il n'avait pas résisté aux charme de la belle et avait trahis sa véritable apparence. Fred le joyeux invocateur et seul ami fut tué, et Enki, notre larve à plume fut le seul survivant de l'affrontement. Gisant sur le sol de la décharge, Enki fut ramassé à demi-mort par un mystérieux inconnu.]


Ce qu'il y a de plus difficile, ce n'est pas de porter un corps éteint que vous avez tant aimé lorsqu'il était encore animé par la flamme de la vie, de sentir ses membres plus lourds que jamais même pas reconnaissables.
Le plus dur, ce n'est pas de voir qu'il fait grand soleil alors que vous, vous creusez le lit d'un ami qui bientôt sera privé de toute lumière pour l'éternité.
Le plus dur ce n'est pas l'effort de déplacer une à une des pelles et des pelles de terres aussi lourdes que des souvenirs douloureux.
Le plus dur ce n'est pas de déposer une ami dans sa nouvelle demeure éternelle, figé pour toujours dans une position choisi par vos soins -celle dans laquelle il semble dormir le plus confortablement, quelle connerie on fait pas pour se consoler-.

Non, le plus dur c'est cette putain de première pelleté qui vient recouvrir le corps.

Jusque là, on peut encore se dire "il dort, il a mérité son repos éternel." On peut se réconforter avec un semblant de spiritualité. Mais une fois qu'on commence à recouvrir un visage de terre, on sait que plus jamais il ne respirera. Plus jamais il ne pourra sortir de là. Qu'il sera écrasé par des litres de poussières, que d'autres viendront fouler. Personne ne peut dormir dans ses conditions. Il ne repose pas. Il se décompose. A partir de la première pelleté de terre, plus de doute possible : "il ne dort pas, du con. Il est mort. Il n'est qu'un corps, un cadavre. Et c'est toi, toi et ta saloperie de pelle qui officialisez son état. Tu vas l'étouffer. Il ne respirera plus. Il ne pourra plus. Tu vas l'emprisonner. Il devient un simple morceau de chair promis à la décomposition dès que tu lui jettes cette dégradante pelleté de terre à la tronche." Cette première pelleté de terre... C'est celle qui tue pour de bon. Celle qui tue tout espoir.

Madame, bien confortable dans son salon, un verre de liqueur dans une main et un porte-cigarette dans l'autre, entend un gémissement passer sa porte. Enki tel un cadavre lui-même, le regard vide, rentre les mains noires de poussières, les vêtement trempés de sueur et les yeux secs. Il respire fort et sa main salie vient brutalement se plaquer contre le papier peint de l'entrée, tremblant : La fièvre n'est pas tombée.
"Je t'avais dit que t'étais encore trop faible pour sortir." Retentit de loin, dans une autre pièce, la voix de Madame, froide. Enki lui, appuyé contre le mur lutte contre l'évanouissement : les bandages qui couvrent les blessures provoquées par Bort sont souillées de crasses, mais il était hors de question de laisser dans une décharge plus longtemps pourrir son ami. C'est fait. C'était la moindre des choses à faire. C'est fini.
Il serrait fort dans sa poche une petite amulette, gravée d'un pentacle complexe. Un porte bonheur de Fred, qu'il avait voulu gardé contre lui. C'est idiot parfois, comme on a besoin d'être matérialiste. Son regard flou parcours las les monticules d'objets magiques et de miroirs : ce manoir où il avait grandit, et où il n'avait pas mis les pieds depuis 4 ans avant le combat. Depuis qu'il avait perdu un sourire, ce sourire que lui avait appris à faire Fred, son seul ami dans toute sa vie.

Tic Tac.

Il y avait tant d'horloges dans cette pièce... Comment diable pouvait-il jadis dormir ici, dans cette chambre roucoulant les secondes des dizaines de pendules sans harmonie ?  Enki avait l'impression de suffoquer alors que sa respiration tentait de suivre les bruits des aiguilles autour. Ce brouhaha était insupportable. Non, le monde était devenu insupportable. La vie... était devenue insupportable. Mais rester immobile l'était aussi : le jeune démon se redressa en serrant les dents, et se dirigea difficilement vers sa chambre et son vieux lit.

Tic Tac.

La voix rauque de Madame se mêlait aux sons du temps désaccordé, et c'est surprit que notre protagoniste remarqua qu'une deuxième voix d'homme mure et suave se mêlait à la cacophonie du monde.
"... Encore du sentimentalisme... Je vous l'ai dit, il n'est pas assez cruel : il n'a même pas tué lui-même son opposant."
" Il est trop passif, c'est vrai. C'est un animal domestique, un chien de garde. Sans maître il ne bouge plus : mais sa loyauté est si grande que je pense qu'elle le rendrait capable de tout pour honorer les demandes de son supérieur."

Enki se stoppa : le manque de respect pour lui de Madame n'était pas nouveau... Mais qu'elle parle de lui avec un autre...?
"C'est possible. Un soldat à la fidélité et au dévouement inconditionnelle et sans borne, ça peut-être une aubaine pour quelqu'un comme moi vous savez."
"Je n'en doute pas."
"Le fait qu'il ne vive que pour protéger, abandonnant toute combativité en cas de perte en fait une arme sûre : il n'a aucune ambition et ne se rebellera pas en cas de faiblesse de son supérieur."
"Non, il est ambitieux, sachez-le : c'est par la force de son ambition qu'il a aussi vite évolué. Il m'a fallut seulement quelques années pour le transformer."

Enki fit quelques pas pour se diriger vers le salon. Il fit tomber dans sa maladroite fatigue un bibelot : rien ne perturbait les deux interlocuteurs qui semblaient se moquer de sa présence pour débattre sans considération pour sa vie.
" Mais aujourd'hui il est aussi mou que la larve qu'il était à l'origine. Il n'a pas de libre arbitre..."
" C'est votre institut qui la ramollit : ses fréquentations dans votre école l'ont adoucit."
" AH ! Ne me faites pas rire !! Seuls les plus féroces passent le concours d'entrée. Son ami n'était d'ailleurs pas mauvais du tout en combat... Mais c'était une feignasse qui se reposait sur ses lauriers. Dommage qu'il ait eu une mauvaise influence sur votre poulain."

Enki dû poser une main sur l’encadrement de la porte pour éviter de tomber, tant ses tripes étaient en train de se retourner dans tous les sens. Madame parlait de lui comme d'une expérience à moitié raté... Et elle et l'inconnu parlait de Fred comme d'un élément perturbateur. Le monde était-il une vaste blague ? Il avait toujours su que sa maîtresse n'était pas une misanthrope et qu'elle était une démone digne de ce nom, mais il espérait au moins être quelqu'un à ses yeux : pas une larve, et encore moins un cobaye.
Madame remuait sa cuillère dans son verre. Ses yeux brillaient d'une lueur étrange et malsaine, mais ça Enki ne le voyait pas.

" Si nous nous allions, je pourrais en élever d'autres que vous conditionnerez vous-même en contrôlant leur évolution."
" Une armée de dociles démons incapables de trahir, c'est alléchant : ici, tous les jeunes ne rêvent que de prendre la place de leur supérieur."

Madame était prête à commercialiser la série dont il était le prototype, heureuse de voir que son expérience qui avait commencé par la curiosité vingt ans plus tôt prendre un sens. Tout ce temps... cette longue vie, cette longue blague... où une créature se faisait passer pour un jeune démon. Tout ce temps... Tic... Tac.
S'en était trop, Enki ignorant la douleur qui entravait encore son corps depuis la bataille réalisa les quelques pas qui lui manquait pour pénétrer au milieu de leur petite réception. Il découvrit alors l'identité de l'acquéreur potentiel : Madame et ce dernier tournèrent leur tête vers lui, sans se lever de leurs fauteuils. Ils lui sourirent comme on sourit à un enfant qui débarque sans y être attendu dans une conversation d'adulte trop compliquée pour lui.

" Je ne te présente pas le grand Sérafino, qui nous fait l'honneur de sa visite : remercie-le chaleureusement, c'est lui qui t'as ramassé et ramené ici hier. Sans lui tu serais mort." dit-elle sèchement, à son habitude.
Sérafino. Alors c'était lui. Le grand démon Sérafino. Un des 3 piliers de l'institut démoniaque, grande pointure que l'élève aurait adoré rencontrer dans un autre contexte. Enki, retenant le réflexe de faire une courbette, trop bien élevé, ne lui adressa qu'un regard incrédule. Sérafino souriait à pleine dent : démon d'âge mûr, il était dans un costume impeccable, jurant avec la pièce bordélique du manoir de Madame. Ses cheveux peignés en arrière, légèrement gominés et son regard aussi sombre que les ténèbres ne laissaient pas de doute quant à son pouvoir.
" C'est un plaisir de te rencontrer Enki. Tu m'as épaté, j'ai assisté à tout le combat : Bort était mon favori, mais saches que je t'ai inscrit à sa place pour devenir un de mes disciples. Félicitations."
Enki se réagit pas, trop assommé. Il avait beau être familiarisé avec les mœurs du système démoniaque, songer que quelqu'un avait regardé de loin Fred se faire tuer le dégoutait. Il regarda à nouveau Madame avant de répondre.
"... Prendre sous votre aile une créature comme moi ne vous répugne pas ?" lança Enki, ne sachant que dire à ce nouveau venu, ignorant si accepter la proposition n'était pas sa seule chance de retrouver un chemin à suivre.
" Au contraire, tu es unique, et c'est un atout pour servir mes ambitions. Tu seras l'un de mes bras droits, je suis sûr que tu seras un parfait allié."
Enki eut un sourire, les yeux cernés. Il lâcha, un brin amer :
" Un bras droit idéal, parce que je suis trop "docile" pour tenter de vous poignarder dans le dos, c'est cela ?"
Madame arrêta de sourire d'un coup devant l’effronterie nouvelle de son larbin. Serafino lui souriait de plus belle.
"En effet, c'est une qualité qui m'attire chez toi, je ne peux le nier. Pour moi la loyauté est une qualité très précieuse chez mes seconds. Et ici bas, tu as bien remarqué que c'était une qualité très rare."
Enki demeurait calme en apparence, mais il bouillonnait à l'intérieur. Prenant un air impertinent qu'il n'avait jamais eu, il se gonfla pour articuler :
" La loyale petite larve, incapable de se retourner pour mordre son maître ; vous avez raison je suis docile et honnête. C'est dans ma nature de petite créature des poubelles d'être fidèle... Je suis un animal de compagnie, dressé pour obéir, parfait faire-valoir." il devait se rendre à l'évidence : oui, tout était vrai. Il ne pouvait s'empêcher d'être ainsi, il ne savait pas vivre par lui-même. Il était un animal apprivoisé et le demeurerait pour toujours... Il s’écœurait lui-même de n'être que cela. Il dut réunir tout ce qui lui restait d'estime pour finir sa tirade. "Mais je ne veux plus me battre... " lâcha-t-il, fatigué, à bout de force. "Je ne suis pas fait pour ça."
Serafino et Madame le fixèrent, étonnés... Puis se mirent à rire. Les créatures pacifiques du monde des démons, c'était une bonne blague.
"Tu es un animal non ? Tu obéiras. " Serafino, dont la main droite se mit à dégager une orbe de lumière noire, frappa Enki, qui, déjà affaiblit, tomba au sol, un peu sonné. "Tu te défendais face à Bort, pour protéger ton petit camarade non ? Ton défunt compagnon t'avait apprivoisé par des caresses... Tu es un chien docile, mais tu n'es qu'un chiot à la recherche de tendresse. Je ne suis pas un maître qui donne de l'amour, je suis plutôt de ceux qui utilise le fouet." Serafino lui tourna le dos et s'adressa à la vieille femme qui n'avait pas bouger. "Les prochains devront être plus énergiques. J'attendrais la prochaine fournée avec impatience... Je veux des chiens de garde, pas des qui attendent sur le dos qu'on leur gratte le ventre."
"Je vous comprend." répondit-elle simplement. "Il y a quelques années il se battait pourtant pour sa survie : il avait même tué ses camarades pour entrer dans votre faculté... Et quand je l'ai trouvé il avait tué un démon pour sa survie. Je pense qu'il est trop vieux : après tout, d'ordinaire les larves ne vivent pas plus de quelques années -il faut dire que ces nuisibles sont si faciles à tuer-... Qui sait s'il n'est pas déjà un vieillard pour son espèce ? Je crois qu'il a passé trop de temps à rêver qu'il était un ange par dessus le marché." Ils rirent de bon cœur.

Enki avait un regard fatigué, et sur le sol voyait quelques gouttes de sang tomber : il constata que l'homme avait du rouvrir une de ses blessures. Il baissa le regard, sans rien dire de plus. Serafino, ignorant Enki, poursuivit ses demandes.
" Il m'en faudra d'autres rapidement. Je compte en posséder un bataillon."
Être vendu était une chose : de toute façon ses rêves avaient été brisés en même temps que Fred, et il n'avait plus d'estime pour sa propre existence. Mais être le premier d'une longue lignée de monstre asservis, c'en était une autre. Madame, dans les volutes de fumées de ses encens colorées, acquiesça et se leva, pour aller poser une main ridée sur la tête d'Enki, courbé par son corps meurtri. "Tu dois être fier, mon petit. Souris un peu veux-tu ?"
Enki ne s'exécuta pas. Il était trop abasourdi pour cela... Serafino fit un geste de la main, grand seigneur : "Vous savez, je ne lui demande pas d'être présentable, vu son apparence originelle... A ce propos,  je n'ai pas envie d'attendre 20 ans pour avoir mon équipée, j'imagine que plus jeune il n'était pas aussi imposant..." dit-il en pensant à la petite taille des larves sauvages des poubelles.
Madame fit la moue. Elle n'avait pas vu Enki sous son vrai visage depuis des années : elle leva un main et d'un geste net de la gauche vers le droite, comme pour effacer un tableau, elle rendit à son larbin son corps de plume et de graisse, annulant le sort. Le corps d'Enki sembla imploser, comme une masse de chair qui se gonfle d'elle-même. Serafino grimaça tandis qu'Enki, scandalisé, ne put résister. Sous la transformation, les bandages et les vêtements se déchirèrent, laissant des blessures pas encore cicatrisées apparaître. Les coups d'épée profond de Bort étaient encore bien visibles. Madame sourit : Enki était plus grand qu'elle ne l'avait imaginé, et venait d'envahir le salon avec sa grasse carcasse.
"Tu n'a donc pas cessé de grandir... Serais-tu comme un poisson mon petit, à grandir tant que tu le peux...? " Elle le tapota. Il grimaça. "Il a vite grandit, en quelques mois je pense qu'on peut avoir un exemplaire de plus d'un mètre."
"Tant qu'il est puissant... " Conclut Serafino en s'approchant de l'immense Enki de plus de 3 mètres qui respirait fort, emplie de haine et de désespoir.
"Vous allez rendre mon espèce à l'état d'esclave sanguinaire..."
Madame souriante aspira puis expulsa une bouffée de son porte-cigarette.
"Je vais aider tes semblables, comme je l'ai fait avec toi. Sans moi tu serais sans doute mort."
"Nous n'aimons pas combattre, nous nous défendons, simplement. Nous défendons les nôtres."
"Vous défendrez mes clients. C'est pas si différent."
"C'est de l'esclavage."
"Je t'ai instruit, nourrit, sauvé... N'es-tu pas reconnaissant ?!"
Enki toujours à terre fermait fort ses yeux globuleux de monstre éreinté, comme pour ne pas laisser sortir sa haine vaine, comme pour ignorer cette connerie auquel il assistait.
" Ne faites pas ça. Ne le faites plus... Pas comme ça. Je suis un monstre... Même pas un citoyen à vos yeux. Une marchandise..."
"C'est un prix à payer pour être en vie et savant ? Cela ne vaut-il pas le coup ?"
Madame était sévère, ne comprenant pas ce qui se passait dans la tête de son protégé : elle lui avait tant donné... Comment ne pouvait-il pas espérer autant pour son peuple ?

Enki lui, savait, se sentant mal dans sa peau et en ayant élevé Mumiath que ce qui rendrait heureux les siens n'était pas de les changer, mais simplement de les laisser vivre... ensemble. Qu'ils ne soient plus tués par la cruauté des démons : mais changer les mœurs des démons, il le savait, c'était impossible. Quel avenir pour son espèce ? Cette soumission contre-nature ou cette liberté si courte et cruelle ?

Serafino, pas très concerné, soupira.
"Et dire que je le trouvais intéressant lors de son combat... On l'a cassé moralement, il ne ressemble plus à rien. Si les autres sont aussi combattifs face à l’échec, je vais me retrouver à la tête d'une armée de sbires sans motivation, et ça ce serait décevant, Madame."
La vieille folle eut un sourire amusé. Elle regarda Enki, et déclara au démon en costume :
"J'en pleinement confiance en ma marchandise en fait. Vous voulez une preuve ?"
Serafino et Enki la toisèrent, curieux.
"Essayez un peu de me tuer, Serafino. Essayez seulement."
Serafino ouvrit d'abord des yeux étonné, puis les referma avec un air rieur. Enki lui, toujours au sol, regardait avec défiance la scène... Madame... Vous êtes la plus fourbe des créatures de ce monde. Serafino, souriant à la larve, avança. C'était risqué, mais follement amusant ! De toute façon si cela échouait, cela voulait dire que la marchandise n'était pas si bonne et il n'y aurait pas de regret à avoir.
Le grand démon sortit une main de sa poche, et sans l'élan la projeta avec une vitesse telle que le coup devait être violent : Bien sûr, Enki, dans un mouvement difficile, dans son corps énorme et blessé, vint s'interposer et encaissa à la place de sa Maitresse. Cette dernière éclata de rire alors qu'Enki baissait la tête. Il avait perdu toute estime de lui-même.
"HAHA, ne vous l'avais-je pas dit ? Je le traite comme un chien et il me défend. Sa loyauté est infinie."
Serafino, grimaçait : du sang de monstre hideux avait salit sa manche.
"Certes... C'est plutôt amusant."
Enki, qui déjà faible venait de recevoir un coup plutôt puissant face à Serafino s'écroula de tout son long dans un grand bruit flasque. Presque évanouie, ne voyant plus grand chose, il gisait sur le sol comme une bête à demi-morte dont les plumes se gonflaient au rythme d'une respiration faible et douloureuse, seul témoin du peu de vie qui lui restait. Serafino l'enjamba dans un saut pour aller tendre une main à Madame.  " Marché conclut."

Serafino se baissa ensuite pour regarder la grande gueule bestiale qui gisait au sol. Trop faible pour résister, Enki se laissa faire quand l'homme lui fit basculer la tête en la poussant avec dégout du bout du pied, découvrant les crocs impressionnants, inspectant le prototype de la future marchandise qu'il venait de commander. Les grands yeux vitreux s'ouvrirent difficilement et les deux démons se fixèrent. De la cage thoracique géante du monstre au sol sortit une sorte de plainte animale... Il se hasarda à regarder Madame : Elle souriait, se précipitant pour raccompagner le noble démon sur le point de partir : sauf qu'allumant sa clope avec un sort primaire, Serafino était encore posté devant lui pensif. Il regarda à nouveau le tas de plume en se penchant à peine : " Une armée aussi laide que l'enfer pour m'assister lorsque je détrônerai un Roi démon au visage d'ange... ça a quand même de la gueule non ?" Les plumes d'Enki se hérissèrent. Serafino éclata de rire. Un rire démoniaque, qui vous fait savoir que vous venez de signer votre arrêt de mort. Un de ses rires qui vous refroidit les sangs.
"J'ai lu ta thèse sur les anges Enki... C'est fascinant cette façon que que as de parler des anges déchus... De Gohen... Oh c'est la chose la plus triste et la plus niaise que j'ai jamais vu. Le petit démon qui protège ses confrères, refuse la violence et l'esclavage, et souhaite avoir un ange pour régner sur notre royaume... Oh ! OH ! Au moins, j'aurai bien rit aujourd'hui !!" Sur ce Enki sentit un coup lui déplacer une vertèbre. Serafino sortit dans un rire comblé. Madame elle, exultait, ignorant que son protégé était inconscient sur son tapis, à deux doigts d'y rester. Bientôt le calme gagna à nouveau la pièce... Mais le silence lui n'était pas invité et la folle mélodie des enfers continuait de régner sur un monde qui avançait à reculons, à contre-sens des convictions d'un monstre dans le coma. Tic. Tac.

Tic. Tac.

Tic. Tac.

Malgré une migraine horrible, deux yeux gris s'ouvrirent : vue sur un plafond blanc, moulure riches et bourgeoises. Enki un peu dans le brouillard n'eut pas de mal a comprendre qu'il n'était plus chez Madame...
Avec lenteur, il se redressa dans son lit. La chambre était vaste et bien meublée, des appareils de monitoring primaires à côtés de son lit deux places : clairement pas une clinique, plutôt une chambre riche.


[terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 Enki-coma

S'habituant à la clarté que ces yeux fraichement ouverts peinaient à supporter, il vit deux silhouettes bouger plus loin, et entrer dans sa chambre : deux démons en costume plutôt coquets, qui s'immobilisèrent en voyant qu'il était réveillé.
Les trois se dévisagèrent, surpris, pendant de longues secondes d'incompréhension... Enki commença à se dégager de ses draps près à demander où il était mais après un rapide échange de regards qui sembla tuer une hésitation, les deux pingouins se jetèrent sur lui. Sans chercher à comprendre Enki se fit tomber en arrière dans le matelas pour prendre appui sur ses bras et éloigner les deux mecs avec deux coups de pieds volés : sur son élan il se jeta derrière eux hors du lit pour les enchainer de coups de poings. Les deux hommes n'étaient pas de gros combattants et seulement un des deux bloqua le coup : et heureusement car à peine debout, Enki sentit ses jambes amaigries par le coma avoir du mal à le supporter. Bon sang, combien de temps avait-il dormi ? Il utilisa sans attendre sa magie pour se faire léviter un peu et s'aider à tenir debout, évitant les assauts mais se mangeant un bon coup de genou dans le ventre. ... Dur-dur comme réveil.
Les échanges musclés se succédèrent et à l'aide de sa magie notre démon réussit doucement à prendre le dessus : c'est finalement par un enchainement de coup de pied sautés qu'il en propulsa un violemment  contre un mur avant de piéger le second par une clef de bras sur le lit, la face dans la couverture.
Tremblant, Enki enfonça son assaillant dans le matelas, les dents serrées et menaçant, l'empêchant de respirer. Celui au sol comprenant qu'ils n'étaient pas de taille paniqua et lui hurla dessus :
" Arrête, on déconnait !! Et puis on voulait pas te tuer... Comprends-nous ! "
Enki regarda le type au sol... Il était flou, d'ailleurs. Suffisamment sonné pour que cela stimule son adrénaline, le magicien enfonça d'avantage son otage dans les draps, ignorant les cris de peur étouffés de l'inconnu.
" Eh bien explique, pourtant vous n'aviez pas l'air de m'apportez un pti dej' de bienvenu."
" On voulais juste te remettre dans le coma, on est payés pour te garder en vie nous ici... Et ton réveil aurait mis un terme à ce boulot bien payé et pépère... "
Enki ne desserrant pas sa prise dû parler plus fort pour se faire entendre malgré les hurlements de supplication noyés sur le lit.
" Pour qui et depuis combien de temps vous vous la coulez douce grâce à moi ? "
" La vieille folle... ça fait 13, non, 14 mois !"
Les gémissements avaient cessés et silence était revenu. Enki, las, releva le torse de son otage qui prit alors une grande inspiration salvatrice, le visage rouge d'avoir vu la mort d'un peu trop près : Le magicien à peine réveillé le jeta au sol près du premier démon et les regarda tout deux, camouflant sa faiblesse, sentant des perles de transpiration couler dans son dos engourdit.
" Pourquoi me garde-t-elle en vie ? "
" J'en... J'en sais rien, mais elle passe tous les mois vous voir, et vous jette je sais pas trop quel sort... Sans doute pour aider à vous garder en vie..."
Enki n'avait pas de mal à concevoir que Madame ne veuille pas le voir mourir -il était son larbin serviable après tout- mais il devait avouer qu'il était étonné d'avoir survécu aussi longtemps sans défense dans le monde des démons. Il regarda par la fenêtre mais ne reconnut pas où il était : la cour était bien entretenue et du personnel y travaillait, et la vue donnait sur un magnifique château. Il était sans doute dans une résidence affiliée à cette riche demeure. Celle de Serafino ? Son regard dévia ensuite vers un miroir, où il put voir qu'il avait une mine affreuse : cernes, cheveux décoiffés mais tressés et une barbe de quelques centimètres pas trop mal taillée. Madame avait dû tout de même veiller sur lui pour qu'il soit pas totalement négligé. D'ailleurs les sorts qu'elle avait du lui balancer avait su l'aider à reprendre son apparence secondaire humaine... Bien plus pratique à soigner que celle d'une larve informe de 4 mètres de long.
" Et quand est-ce qu'elle est sensé revenir ?"
" C'est toujours au premier jour du cycle lunaire... Dans 15 jours."
" Alors vous avez 15jours... "
" 15 jours pour quoi ? " demanda inquiet le seul démon capable de parler après le bref combat.
" Pour me remettre sur pied..."

Les jours qui suivirent Enki et ses deux "protecteurs" combattirent sans relâche : L'échéance arriverait rapidement, marquant la fin de l'entrainement pour Enki et la libération des deux démons qui tentèrent chaque jour de tuer leur ravisseur en vain. Et quand la veille de la nouvelle lune se pointa, Enki leur ouvrit donc enfin la porte.

" Barrez-vous. Madame n'appréciera pas d'apprendre que vous ne l'avez pas mise au courant... "

Le compte à rebours était lancé : Regardant les deux démons fuir à toute vitesse, Enki se doutait qu'ils étaient possiblement en route pour prévenir Madame. C'était pas spécialement un problème, mais tout allait se passer très vite dorénavant. Comme une flèche il décolla vers le château inconnu et s'y posa, hâtif de voir ce qu'il y verrait.


[suite et fin dans le prochain post, j'ai dû couper mon chapitre qui était trop long pour forumactif :p]
Enki
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Techniques 3/combat : lance maudite, armure de Dösatz
Techniques 1/combat :

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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockMar 4 Fév 2014 - 1:15
[suite et fin]

Errant discrètement dans les nobles corridors, il n'eut pas de mal à se diriger vers une des auras qu'il recherchait... Serafino. Arrivant à proximité, il se cacha dans l'ombre et observa le grand Démon évoluer avec arrogance... Précédé par deux gardes du corps. A leur vue, Enki ouvrit grand ses yeux étonnés, et se cacha rapidement pour réfléchir un instant, mais déjà sa présence avait été ressentie par les deux sbires... Qui comme lui étaient doués pour détecter les énergies puisqu'ils étaient de la même race ; deux créatures noires et grasses déambulant de façon hideuse sur le tapis, les crocs acérés comme des lames de couteaux et les yeux comme deux globes inhumains. Très vite Enki se retrouva cerné par deux visages monstrueux au niveau de sa taille : Il les regarda, navré et leva les yeux vers Serafino.

" Satisfait de la marchandise ? " soupira Enki, qui ne s'attendait pas à être grillé aussi rapidement. De chaque côté de lui les deux larves grognaient menaçante : Serafino lui afficha un sourire ravi en entendant le protégé de Madame faire son entrée, avant d'avancer vers lui dans son costume bien taillé.
" Eh bien je l'ai depuis peu mais il faut avouer qu'ils en imposent pas mal. " Serafino posa une main gantée sur le crâne d'une des créatures visqueuses.
" Pas trop salissant j'espère ... La graisse noire sur de si riches tentures doit coûter cher en teinturier." articula Enki un brin dépité.
" Ils ont aussi tendance à en mettre un peu partout quand je leur commande d’éviscérer un intrus, mais je ne vais pas me plaindre, j'adore ça... Tu veux une démonstration ?"
Serafino n'eut même pas besoin de donner l'ordre et les deux larves bondirent sur Enki : ce dernier ne bougea pas... Car à peine contre lui les deux créatures s'immobilisèrent, hésitantes.
" La loyauté des monstres des poubelles... Oh oui c'est ça qui vous séduisiez n'est-ce pas ? " déclara Enki avec un demi-sourire alors que Serafino lui, souriait beaucoup moins. Affecté par cette incompétence, il frappa violemment les deux bêtes qui honteuses et incapables d'agir contre l'un des leurs s'écartèrent. Elles avaient l'air si bien dressées que cela fit pâlir Enki : le moindre des gestes de leur maître était compris, et s'il n'avait pas eu la chance d'être de la même espèce, elles auraient été redoutables.
" Je vais devoir m'occuper de toi moi-même. " Serafino enleva sa veste avec élégance alors qu'Enki se mit en garde. Il y avait 14 mois cet enfoiré l'avait plongé dans le coma... il était temps de lui montrer ce dont il était capable en pleine possession de ses moyens. Sans plus de sommation, les deux démons commencèrent le combat : Serafino illumina ses mains pour lancer deux orbes fines mais explosives. Enki bondit pour les esquiver et il vit alors le mur derrière lui s'effondrer. Il haussa un sourcil, plutôt impressionné, et enchaina sur une pirouette pour tenter d'arriver au corps à corps. Si Serafino était du genre à lancer des orbes, autant tenter des attaques physiques. Un coup de pied élégant d'Enki fut bloqué par le maître des lieux qui contre-attaqua avec un coup de la paume de sa main sur le menton d'Enki qui tomba à la renverse.
" Alors, on sous-estime les Grands Démons ? A ton avis pourquoi personne ne m'a encore détrôner ? On est pas chez les anges ici HAHA ! "
Enki se releva et siffla pour faire lever le vent, tentant de lancer des bourrasques dans le visages de Serafino pour lui faire perdre en visibilité : Enki se faisant aussi léger que l'air se laissa porter pour tournoyer à nouveau dans de grandes pirouettes et lui donner de nouveaux coups. Serafino encaissa mais fut touché avant de parer avec une boule de ki qu'Enki évita. Reprenant appui au sol le jeune démon se propulsa à nouveau et d'un revers du bras donna un coup chargé d'énergie au 3ème pilier du Royaume. L'un contre l'autre, ils se toisèrent ivres de rage.
" Pas mauvais pour un pti étudiant cérébral. "
Enki eut à peine le temps de se tourner pour encaisser un coup de genou et fut mit à terre à nouveau par un deuxième mouvement de la jambe de son adversaire. Il était fort certes, mais pas invulnérable... et déjà tous les domestiques et vautours ambitieux qui espéraient sans doute qu'Enki tue le puissant Serafino pour eux se rassemblaient autour. Le regard d'Enki se posa vers les deux créatures qui regardaient incompréhensives la scène. L'une des deux hérissait ses plumes, comme prête à bondir... Sur lui ou sur Serafino ?
Mais pas le temps pour les paries, Enki vit trop tard son adversaire projeter sur lui une nouvelle attaque lumineuse. Propulsé contre un nouveau mur, Enki réunis ses deux bras chargés de magie violacée pour créer une "lance maudite" d'énergie qui se dirigea à vitesse grand V sur le démon d'âge mur qui para mais fut blessé à la jambe.
" Vermine... " Jura l'aîné. Enki bondit pour éviter une riposte d'énergie mais la reçu dans le dos et tomba pour la troisième fois au sol. " Alors, qu'en dis-tu ? "
" Vous parlez trop. " dit Enki face au sol, se relevant avec douleur : il sentit son adrénaline monter en flèche quand il vit l'ombre de Serafino déjà au dessus de lui avant qu'il n'ait pu se relever. " Soit, alors j'invoque le silence. " Enki sentit Serafino enfoncer sa main sur son coeur dans son dos et appuyer de toutes ses forces. Une gravité étrange sembla les entourer et Enki compris que le grand Serafino allait lui montrer une attaque plus évoluée que les petites techniques qu'il avait eu droit de recevoir jusque là : des milliers d'aiguilles semblèrent sortirent de chaque raie de lumière qui venait d'envahir la pièce et vinrent transpercer la chair d'Enki qui hurla de douleur. Les aiguilles continuèrent de s'enfoncer au fur et à mesure que la gravité augmentait : dans un bruit immense la charpente céda sous le poids de l'attaque démoniaque et Enki s'écrasa à l'étage du dessous.
Par réflexe, il voulut arracher les micro-lames qu'il sentait sur sa peau, se contorsionnant de douleur, mais elles finirent de pénétrer dans sa chair avant de disparaître dans une douleur cauchemardesque.
L'adversaire lui, même s'il boitait et avait ça et là quelques belles égratignures, était plutôt satisfait de la vision d'Enki souffrant le martyr sous ses yeux, se mettant à genou pour se relever.
"Alors Enki, c'est sûr que des coups de ce genre on les apprends pas dans les récits des anges... "
Pas encore au tapis, il lui jeta un regard noir.
" Aller matricule 584, tu vois bien que tu vas crever... C'est con, t'étais pas mauvais : les deux autres larves sont encore en apprentissage, ça m'aurait fait plaisir d'en avoir déjà une balèze pour me seconder."
Enki lança une rafale de sphère de ki que Serafino esquiva mais sous l'effet de la surprise, il s'en prit tout de même une à l'épaule : Apparemment, il n'avait pas l'air de s'en soucier.
" Tu sais, si Madame et moi on ne les avait pas entrainé, ils seraient en train de crever de faim dans la décharge. Je comprends pas pourquoi tu t'énerves... "
" ILS N'AIMENT PAS COMBATTRE ! " Hurla Enki d'un coup, fou de rage, surprenant le grand démon. " Vous ne faites qu'exploiter leur loyauté et leur instinct de protection... Nous sommes une espèce qui a vécu pendant des siècles dans l'ombre des démons, à les voir s'entre-tuer et se tuer eux-mêmes dans leurs vices et leur connerie ! ... Si nous avons survécu sans une once d'agressivité, c'est en apprenant en regardant le peuple décadent que vous êtes et en comprenant que l'entre-aide et la liberté était tout ce qui comptait : nous n'avons ni chef, ni esclave. Nous obéissons simplement à une loi, celle de notre coeur mais ça... ça... Un grand Démon comme vous ne peut pas comprendre hein ? " du sang coulait de ses lèvres, et son regard larmoyant en disait long sur l'état de panique intérieur qu'il l'avait gagné. "... ses deux pauvres créatures vous obéissent certes, mais seulement parce que vous les avez arraché à leur famille et qu'il n'ont plus personne à protéger, si ce n'est vous ! Même eux-même ils ne se protègeront pas... AH OUI c'est ça qui les rend intéressant hein... C'est ça qui en fait de bons esclaves hein ?! Eh bien désolé, mais je suis un des leurs, et j'ai bien l'intension de faire ce que mon instinct me dicte : PROTEGER LES MIENS QUITTE A EN CREVER !"
Sur ce Enki fit exploser une bourrasque de vent qui souleva la poussière des gravas aveuglant quiconque s'y trouvait avant de lancer une nouvelle attaque d'énergie droit sur Serafino. Mais alors qu'il tenta de voir si l'impact avait eu lieu il sentit une dague lui traverser l'abdomen.
" Tu parles trop. " articula la voix ironique de son adversaire près de son oreille. " .... Et tu es trop lent. " Dans un gémissement Enki sentit la lame se retirer de son corps ; Serafino l'attrapa de son autre bras pour le garder à sa portée et leva à nouveau sa dague, lui souriant. Un sourire d'adieu. Un sourire démoniaque.
Enki dans un réflexe inutile ferma les yeux pour ne pas se voir lui-même mourir... très mauvais instinct de survie qu'il avait, pitoyable trait génétique de son espèce. S'attendant à sentir la douleur aiguë d'une lame, il sentit contre son attente qu'il était projeté au sol. Roulant sur le côté il rouvrit les yeux et regarda autour de lui : les deux créatures étaient en train de transpercer Serafino de leurs longs crocs. Elles avaient décidé de leur camp. Enfin. Enki se précipita ignorant la douleur pour les aider, mais déjà il vit une des jeunes bêtes pas assez expérimentée mise au sol dans un rayon de lumière. " Non... " soupira Enki dans un souffle haletant avant d'arriver à bonne hauteur pour secourir la seconde et lancer une nouvelle lance maudite à bout portant sur Serafino.
Tout alla très vite... Et tout redevint silence la seconde suivante.

Les quatre monstres du monde démoniaques tombèrent au sol dans un même bruit sourd.

Enki, haletant, rouvrit les yeux et vit Serafino allongé non loin. Fixant le ciel, il semblait hors de lui.
" Ils m'ont attaqué... Quelle arnaque... N’êtes-vous pas sensés être loyaux ? HEIN ?"
" Et vous ?... Monsieur le révolutionnaire."

Serafino se redressa un peu.

" Ah nous y revoilà... C'est vrai que notre partisan du monde angélique prônait la suprématie de ce vieux Gohen..."
" Vous vouliez des créatures loyales non ? Je suis loyal envers mon Maître. Le Maître des démons... "
" Mais moi aussi je suis ton supérieur !!! "
Serafino toujours à moitié allongé frappa le sol du poing : une énorme lumière se tissa au dessus d'eux. Ouvrant de grands yeux, Enki roula pour se jeter sur Serafino et le ruer de coup. Ce dernier souriait, malgré ses blessures il savait que sa force était bien supérieure à Enki, et se concentrait pour continuer son sort : la lumière s'approchait dangereusement d'eux et Enki au dessus de son adversaire sentait sa peau commencer à lui bruler. Le tapis prit feu et Enki, le front perlant de sueur se stoppa et invoqua un bouclier d'énergie qu'il plaça au dessus d'eux-deux. Pas pour se protéger... Pour les retenir. Serafino eut un regard blasé en comprenant que jeune magincien était près à se prendre l'attaque tant que Serafino se la prenait aussi. Enki lui répondit enfin : "C'est dans votre institut que j'ai appris que Gohen était mon Roi. Par contre, aucun des tuteurs ne m'a jamais enseigné le respect envers vous."
" Aie... Quel coup au coeur. Voilà qui me blesse."

Enki regarda l'attaque tel un immense soleil arriver sur eux. Sa poitrine haletait au rythme de sa respiration... Il était ruisselant de sang et de sueur, les vêtements arrachés... Et Serafino lui était toujours aussi élégant et calme malgré son état.
Naitre larve gluante... Et mourir larve gluante. Mais alors qu'Enki s'attendait à être brûlé par une sphère d'énergie bouillonnante, il fut surprit de constater qu'elle n'était pas si chaude... C'était presque agréable : et avant qu'il ne comprenne, l'orbe se referma sur lui comme un meli-melo de lianes d'énergie qui le ligotèrent. Serafino chargea une nouvelle orbe d'énergie à bout portant qui propulsa Enki au loin, brisant son bouclier. A terre, les bras liés contre son corps, il se sentit encore plus pitoyable que jamais : il n'avait pourtant pas son apparence de limace mais se sentait comme si, emmailloté de la sorte. Serafino commença à agiter ses doigs dans tous les sens et composa une immense fresque d'énergie. Ce qu'il tissait était complexe et élégant, sans doute une invocation qui demandait à ne pas être interromppue... Sans doute une attaque mortelle, pour se la péter un peu et montrer à tous les pique-assiettes sans courage qui regardaient le combat de loin que ses techniques étaient infernales. Enki se débattait en vain : il parvaint tout de même à se remettre sur pied et toujours ligotté il fonça sur son ennemi pour arrêter ses préparatifs... Mais ce dernier esquiva sans mal la charge et sans arrêter de monopoliser ses deux mains qui tissaient sa prochaine grosse attaque, il repropulsa Enki d'un coup de pied à travers un nouveau mur qui s'effondra.
Se relevant avec peine, l'ancien élève de l'institut démoniaque, toujoursl ligotté, regarda de loin la fresque lumineuse qui grossissait, de plus en plus inquiétante. Craignant que cette attaque lui coute la vie il se dit qu'il devait tout faire pour l'empêcher... Mais sans ses bras et affaiblit, il était bien entravé. Il regarda alors à ses côtés : les deux larves qui avaient concenties à lui sauver la mise se reposaient à quelques mètres, le regardant impuissantes et un peu paumées. Enki leur lança un regard implorant de l'aide, ereinté, presque découragé, et l'une d'elle se leva pour marcher vers lui : la seconde, moins volontaire, suivit tout de même le mouvement.
Enki sourit.

Il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour que Serafino les voient tous trois foncer sur lui. Chacune des créatures tenta de mordre et saisir un bras du grand Démon qui dans un mouvement adroit les réexpédia l'une et l'autre à quelques mètres. Mais quand Serafino s'attendait à voir Enki suivre les deux créatures, il ne vit personne.
Personne autour. Il leva la tête, toujours ses mains gesticulantes, s'attendant à parer une attaque par le ciel. L'impact eut en effet bien lieu, pas au dessus mais sous ses pieds. Sous le sol... Et les fondations de l'étage s’effondrèrent dans le choc. Dans la surprise, Serafino ne se déconcentra pas et garda une main vers sa fresque d'énergie presque achevée ; il avait choisi une attaque longue mais puissante pour prouver sa supériorité dans un beau final, et ce n'était pas ce genre d'astuce minable d'un novice qui allait l'interrompre. Sauf que les deux larves lui attrapèrent les jambes pour l'obliger à tomber -toujours vainement- l'obligeant à baisser le regard : quand il regarda à nouveau son énorme motif magique qui flottait dans les airs, il vit Enki, toujours emailloté, en plus milieu.

" Mais... qu'est-ce que tu fo..." Articula Serafino sans crainte jusqu'à ce qu'il voit flotter une amulette en pleins coeur de son pendagramme géant. L'amulette gravée d'un pentacle qui appartenait jadis à Fred, élève spécialisé en sceau démoniaque.
" Crétin !! " Hurla Serafino fou de rage alors que son attaque inachevée, court-circuité par un vulgaire sceau primaire, explosa sans qu'il ne la maîtrise, soufllant les deux larves, Enki et lui même dans un flash colossal.

A nouveau à terre, Enki était trop assommé pour se relever, incapable de voir ce qui était advenu des autres...
Il tourna la tête et vit deux, puis quatre yeux vitreux le regarder, bien vivants. C'était déjà ça... Mais si eux avait survécu, Serafino devait sans doute être aussi toujours en vie et allait sans doute les achever. Il fallait se relever... Se relever...

Serafino dans l'explosion était passé à l'étage du dessous... Il se releva, grandement blessé mais encore bien valide, ivre de haine. Mais alors qu'il allait s'envoler pour rejoindre Enki et en finir, il sentit un regard sur sa nuque. Une aura qui lui glaça le sang. Une aura dont la noirceur était aussi pure qu'oppressante. La plus oppressante de toutes. Celle d'un Roi sans fidèles.

Enki était arrivé au niveau du trou dans le sol, cherchant à voir son opposant : avant même de le voir il entendit des cris. Pas un seul. Des dizaines. Pas de douleur. De plaisir. Sous ses yeux, des poignée de démons s'acharnaient sur le corps sans vie de Serafino, à peine reconnaissable au sol tant son corps était déformé par la violence. A peine la hiérarchie affaiblit, les démons s'empressaient de profiter de l'occasion pour tuer les plus haut placés et tenter de prendre du pouvoir à leur tour : au delà de ça, la jouissance de battre un homme à terre était exquise pour eux.

Comment Serafino avait-t-il pu se faire tuer par cette armée de révolutionnaire de bas étage ? Etait-ce vrai ? Enki n'en revient pas, son adversaire était mort et tous trois, ils étaient saufs...
Et comme dans un rêve, il entendit applaudir non loin. Une silhouette approchait... Des couleurs pourpres et une odeur de parfum trop fort. Madame, avançait en frappant dans ses mains.

Enki se redressa pour s'assoir sur le sol, le cul au milieu des gravas. Les deux monstres eux se précipitèrent -bien que blessés- pour se plaquer contre elle, comme des chiens heureux de voir leur maître.

" Enki... Petit cachetier... "

Elle était vêtue comme une Reine : les affaires devaient bien marcher et Serafino avait du l'entretenir généreusement. Cela expliquait la chambre si coquette qu'il avait eu, ainsi que la paye des deux crétins pour le garder en vie. Elle caressa la tête de ses deux chères créatures en parlant. Elle n'avait jamais eut de geste tendre envers lui : nouvelle méthode pour les apprivoiser ? Les rendre plus dociles pour ne pas se retrouver avec un démon rebelle comme lui qui tombe dans le coma refusant un client ? Sans doute... Madame n'était pas du genre de femme à dispenser des caresses par plaisir... Alors pourquoi sentait-il une jalousie lui tordre les tripes ? Lui aussi voulait qu'on lui dispense de la tendresse... Pourquoi ce flot de tristesse et d'envie ?

[terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 Madame-zu-asag

" Je vois que tu as fais connaissance avec Zû et Asag ? "
" Madame..."
Madame gloussait : Manifestement la mort de son client et mécène ne la dérangeait pas tant... Ou alors une toute autre chose la rendait hilare :
"Alors, tu as tué Serafino avec l'aide de ses sbires... huhu. Rappelle moi pourquoi tu l'a tué ? Parce qu'il faisait combattre tes congénères ? Les mêmes que tu viens de faire combattre pour sauver ta peau ? Plutôt paradoxal."
"Je ne les ai pas forcé, ils ont compris où était leur intérêt."
"Oh oui... oui... Bien sûr. Cela n'a rien à voir."
Madame riait et grattouillait le menton de ses créatures qui avaient l'air aux anges de la retrouver : sans doute ne l'avaient-ils pas vu depuis que Serafino les avait mis à l'épreuve à ses côté pour finir leur formation.

"Tu leur dois déjà la vie contre ce Bort non ? Tu t'es hissé à un rang supérieur à eux, et tu es comme nous, le pouvoir te monte à la tête. Tu n'es même pas gêné par le fait qu'ils combattent pour toi, ne sois pas hypocrite."
"Je ne me considère pas mieux qu'eux... Bien au contraire." Dit-il en regardant les deux créatures blessées qui se collaient affectueusement mais difficilement contre la jambe de la vieille femme : cette vision était très dérangeante pour Enki qui se relevait tant bien que mal... Madame avait son air malsain habituel : il s'avança vers elle, décidé à lui ordonner d'arrêter son commerce et cet esclavage, mais c'est à nouveau elle qui prit la parole.
"Je te connais bien Enki... Tu as beau être un homme qui vit dans un rêve de bonté et de niaiserie, je t'ai vu grandir. Je t'ai vu prendre plaisir à devenir plus fort, à réussir tes examens, à façonner ton image pour te plaire. Tu as peut-être de la considération pour ton peuple, des principes, mais tu tiens à ta vie. Comme nous tous. Tu es un animal de compagnie, mais tout animal a un instinct de survie." Il fronça les sourcils, ne comprenant pas où elle voulait en venir... Elle leva un index vers lui et continua, sans plaisir : " Si tu ne considères pas que ta vie vaut mieux que la leur, alors... laisse toi tuer." Sur ce, la sorcière démoniaque tapa d'un talon au sol, réveillant Zû et Asag. Les deux créatures, trouvant l'ordre bien insensé restèrent immobiles à nouveau. Enki savait qu'ils avaient déjà renoncé à le tuer quand Serafino en avait donné l'ordre... Mais il vit dans leur regard que les ordres de Madame étaient bien plus cher à leur cœur, et fit un pas en arrière, redoutant ce qui allait se passer : A peine Enki se mit sur la défensive en reculant d'un pas que les deux larves furent comme confortées par le fait qu'Enki craignait leur maîtresse et avait sans doute des choses à se reprocher : dans un grognement rauque, elles se jetèrent sur lui.
Il se rappela comment lui-même avait défendu Madame face à Serafino... Et pourtant avec lui elle n'avait jamais été douce : Elle avait élevé des animaux de compagnie, bien plus qu'avec lui. Elle était devenue brillamment en 14 mois leur nouvelle famille à protéger, même face à un membre de leur espèce qui avait trop d'ambition pour eux.
Enki hurla à ses semblables de se stopper, se protégeant sans rendre les coups. Morsures, coups de griffes... Chocs dans son dos... Enki voyaient danser autour de lui les plumes noires identiques aux siennes qu'il cachait sous un corps plus élégant. Entre les mouvements de ses bourreaux, il voyait le regard fixe de Madame se poser sur la scène. Elle avait décidé de le tuer, après l'avoir gardé en vie pendant des mois. Après l'avoir élevé. Après l'avoir vu grandir et évoluer jusqu'à être ce qu'il était.
Qu'est-ce qu'il était ? Une blague, un monstre dénaturé, même plus considéré par les siens, battu par une vieille sadique ?
Il continua de hurler à ses frères de cesser, mais rien n'arrête un animal qui se bat pour son Maître. Enki le savait bien. Par réflexe, il riposta face à deux nouveaux assauts, éjectant à quelques mètres les deux larves.

"Instinct de survie ou hypocrisie ?" déclara Madame, à mi-chemin entre une voix sévère et l'encouragement.

Il regarda son œuvre, le corps ruisselant de sang et la respiration saccadé. Déjà les bêtes se relevaient pour retourner à son contact. Paniqué, il regarda sa maîtresse qui paraissait satisfaite. Il trembla de peur. Il redoutait ce qu'il allait devoir faire... Non, il ne se laisserait pas mourir... Elle avait raison. Il... Il voulait vivre. Mais il y avait un autre moyen : même s'il y allait doucement dans ses parades, il était bien trop fort pour les deux larves qui allaient vite être trop blessées : et elles se battraient jusqu'à la mort, il le savait.
Sans attendre il se jeta donc sur Madame. Elle donnait les ordres, sans elle tout s'arrêterait. "Une fois sans Maître il perd toute combattivité" avait-elle dit à son propos à son client des mois auparavant... C'était logique. Simple. Il suffisait qu'il tue celle qui l'avait élevé. Simple oui... Alors pourquoi sentait-il des larmes monter dans ses yeux ?
La loyauté d'un animal en manque de tendresse. La loyauté d'un homme serviable qui était sur le point de n'avoir plus personne. La loyauté... contre sa vie.
Mais Asag et Zû n'avaient pas l'air de vouloir le laisser faire et sans surprise foncèrent sur lui pour l'empêcher de commettre son matricide. Déterminé, il para les coups de ses frères et leur infligea de nouvelles blessures pour les éloigner. Enki arriva tout contre Madame qui le tenu éloigné grâce à un bouclier invoqué depuis un talisman. Ils se regardèrent un instant.

La grosse horloge qui dominait la salle où ils étaient sonna. Un coup. deux coups. trois. Une larme tomba au sol depuis la joue d'Enki qui entendait les créatures revenir à la charge dans son dos. Pas le temps d'attendre d'avantage. Au quatrième coup, la voix de Madame retentit dans un râle long et grave. Elle et Enki tombèrent à genoux, elle dans ses bras.

" Toi qui rêvait d'être un grand démon..." déclara-t-elle, calme.
" ... j'ai simplement compris que les grands démons n'étaient que de grands connards."
" Tu as réussi tout ce que tu as entrepris, tué le favori de ta promo, assassiné à son domicile le 3eme pilier de ce royaume, fit combattre pour ton compte ceux que tu voulais protéger et ôter la vie à ta propre Maîtresse. Je suis fière de toi Enki. Tu es un grand connard."
Elle donna une caresse sur la joue d'Enki, la seule qu'il ne reçu jamais de sa part. Dans un dernier soupir, elle prononça deux mots, à voix basse.
"Saalom... Chalhum."
Enki plissa ses yeux cernés et répéta tout bas lui aussi "Saalom Chalhum" presque malgré lui, alors que Madame s’éteignait dans ses bras. Enki dévasté vit alors les deux larves qui avaient arrêté leur courses se coucher contre eux, comme pour pleurer leur mère. L'horloge avait fini de sonner... Et le silence régnait à nouveau. Un silence lourd... Non, pas vraiment. Il restait un dernier bruit qu'Enki le visage enfouis contre le torse de Madame pouvait entendre aisément. Un bruit régulier qui venait d'une montre à gousset. Tic. Tac.
Les deux créatures vinrent se plaquer de force entre lui et la défunte, l'obligeant à lâcher prise. Elles se couchèrent sur Madame, et Enki put remarquer que toutes deux étaient grièvement blessées. Ni Zû, ni Asag ne lui adressèrent un regard : Enki en frissonna se sentant plus coupable que jamais.
" Je suis désolé... Je devais... Je ne pouvais pas laisser..." Laisser les deux bêtes le tuer ? Il avait choisi sa vie plutôt que celle de Madame qu'il avait pourtant protéger jusque là ? Était-ce une bonne chose que d'avoir trahis sa loyauté ? Elle l'avait trahis la première non ? Elle avait ordonné à ce qu'on le tue... Mais elle l'avait pourtant sauvé durant ses 14 mois... Tout avait commencé parce qu'il avait tué Serafino. Qui avait trahis qui ? Et... Était-ce important maintenant ?
Dehors, les démons ravis que le maître des lieux soit décédé continuaient leur fête et se hâtaient de piller et incendier tout ce qui restait.
Enki se releva.
" Il faut que vous me suiviez... Vous êtes blessés, et on va mourir si on reste ici : On estl es prochains sur leur liste. On va retrouver les autres, je vous promets que personne ne nous fera du tord. Je... Je nous protégerais. "
Les bêtes l'ignorèrent. Les yeux clos, elles étaient calmes, en deuil, sans aucune envie de bouger. Enki était dévasté devant la scène : sa scène de crime.
" Il faut vous relever ! On peut plus rien pour elle... Vous devez me suivre !" Enki, entendant la charpente de l'étage du dessus flamber et les cris des démons fous de joie s'approcher, commençait à paniquer. Il avança pour saisir Zû qui était littéralement en train de se laisser mourir, se vidant de son sang noir et visqueux mais Asag grogna et lui griffa tout le visage dans un avertissement.

Enki se souvint de son envie de mourir quand Fred le quittait... Qu'il ne résista pas face à Bort. Sans Maître, une larve comme lui perd toute combattivité...  Et toute envie de survivre aussi. Et plus il les regardait, plus il avait honte de lui, honte d'avoir infligé sa peine à d'autres.

Alors que le château prenait feu et que des centaines de démons envahissaient les ruines tuant tout sur leur passage, la silhouette d'Enki sortit des flammes en courant. Il n'avait rien pu faire. Il avait tout raté.
Asag et Zû s'étaient laissé mourir de chagrin aux pieds de Madame... Mais lui, malgré que milles épées de rage, de honte et de désespoir lui traversait le cœur, courrait. loin. Il voulait fuir. Fuir ce monde sans logique. Fuir son crime.
Il... Désertait. Lâchement.
Il était seul à partir de maintenant. Pour la première fois de sa vie. VRAIMENT SEUL. Et cela lui faisait peur, si peur... Comment vit-on sans maître ? Quel chemin suivre si personne ne vous dicte par où aller ? Il était un chien dont on a lâché la laisse et qui tourne en rond sur l'autoroute... vainement. En panique. Sans but. Il voulait qu'on vienne à lui, être rassuré... qu'on lui donne de la tendresse. Il était un pauvre animal de compagnie sans... compagnie.

[terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 Enki-separation2

Quelques jours avaient passé. Enki, encapuchonné, avait fini ses préparatifs. Il avait scellé le manoir où il avait grandit avec sa maitresse, empêchant quiconque de rentrer grâce à un sceau : par contre, ces confrères à plume y avaient accès et il en avait installés quelques uns là-bas. C'était pas grand chose, mais au moins ces larves des poubelles avaient un domaine rien que pour elles. Maigre remerciement pour une vie sauvée face à Bort, et pour la mort de Zû et Asag.

Enki était assis en haut d'une colline, fébrile. De là, il pouvait voir la ville, posé parmi les brins d'herbe sauvage et sombres du monde des démons bercés par le vent. C'était calme, un endroit parfait pour penser, prendre du recul, simplement s'isoler... il ferma les yeux : le vent soufflait et faisaient danser des fleurs pâles par dizaines. Elles étaient fermées en pleins jour : décidément, même les fleurs ici manquaient de générosités.
"Je me demande pourquoi tu adorais cet endroit, et y venait souvent. Il ne paye pourtant pas de mine. Il faut croire que j’ignorais encore des choses à ton sujet mon ami... " Dit-il doucement. "Mais je suis bien placé pour savoir qu'il faut voir au delà des apparences... Dommage, tu as emporté ce secret avec toi." Enki le cœur lourd, continua son laïus. "Je vais partir. Ne m'en veut pas. Il se peut que je ne vienne jamais à nouveau sur ta tombe vieux... Mais ça ne veut pas dire que je t'oublierai. D'ailleurs, j'ai un souhait à exaucer pour toi non ?" Il sourit. C'était un sourire forcé.
Un frisson le parcourut. Il se remémorait tant de choses passées avec Fred... Il lui devait tant, et ce depuis leur première rencontre. Il n'y avait pas de pierre tombale : mieux valait être discret, les démons ne manquerait pas de profaner le linceul du blondinet pour s'amuser. Fred reposait tranquillement, en haut de cette colline où il s'isolait souvent.
Fatigué physiquement et moralement, il se laissa tomber dans l'herbe et s’allongea, recroquevillé, la tête cachée dans ses bras. Silencieux, il ne pouvait se résoudre à bouger et continuer sa route... Trop déprimé, manquant de courage. Le temps passait... Les fleurs fermées et laides dansaient autour de lui comme un funeste mouvement de foule saluant les deux défunts. Le soleil se coucha sur le monde démoniaque, baignant le ciel dans une teinte sanguine jusqu'à ce que l'obscurité gagne les terres : Enki, toujours immobile, les yeux secs d'avoir trop pleuré, végétait jusqu'à ce qu'une voix rompt le silence. Une voix connue. Une voix impossible.
" C'est pas vrai... Je peux pas mourir 5 min sans que tu déprimes alors... " Enki, dont le cœur ne fit qu'un bond, se redressa se leva dans un mouvement, tombant nez à nez avec une silhouette qu'il connaissait bien : Fred lui souriait, bien présent. Paralysé, incompréhensif, Enki laissa son ami le prendre dans ses bras : aucun doute... Ce n'était pas un imposteur, c'était bien Fred, il le reconnaitrait parmi milles... Mais comment ? Il avait lui-même enterré son ami, cela était impossible. Le regard fixe, contre l'épaule de son ami, c'est en regardant autour d'eux un spectacle insoupçonné qu'il comprit. : les fleurs s'ouvraient, une à une, laissant le vent balader tranquillement un pollen phosphorescent dans l'air. Charmant spectacle qui arracha un sourire timide à Enki. Dans un soupir amusé, il déclara d'une voix faible :
" Alors c'est pour ça que tu aimais venir ici petit malin... Ces fleurs ne dévoilent leur secret qu'à la lune... "
Fred sourit, malicieux : autour d'eux, les fleurs fermées au soleil s'étaient ouvertes devant la nuit, laissant Enki reconnaître leur espèce. Ces fleurs nocturnes était connues pour leur haute propriété hallucinogène : Si Fred faisaient autrefois des fugues jusqu'ici, c'était donc pour autre chose que la vue sur la cité. Mais cela voulait aussi dire que cette chaleur contre lui, cette voix qu'il entendait, cette vision de son ami contre lui étaient toutes des informations erronées de son cerveau troublé. Dans un petit rire triste, il resserra sa prise autour de son camarade factice.
" Eh, Gueule d'Amour, t'en fait pas... La vie continue. Des crétins comme moi t'en rencontras d'autres, je te le promets. " Enki sourit... Cette voix lui manquerait... Il voulait l'entendre encore... " Si tu bouges pas d'ici tu vas finir dingue : T'es pas fait pour la vie de junky, je te connais tu serais capable de rester ici pour m'entendre... C'est pas très sain tu sais. Ce genre de trip, c'est pas pour les petits sentimentaux : Toi t'es fait pour vivre dans le monde réel. " Enki pour toute réaction inspira fort. A travers un Fred illusoire il se donnait lui-même l'ordre de se battre : mais même ainsi, dur de se motiver... La voix de Fred comme média pour son esprit n'arrivait pas à le convaincre à faire son deuil. " Eh tu pourrais au moins me répondre quand je te parle... C'est pas parce que je suis mort et que je suis une hallucination que tu dois te la jouer beau ténébreux distant." Enki eut un rictus amusé. " Je suis désolé... " articula difficilement Enki. " Désolé... Sans moi tu serais encore..."
" Dis pas d'âneries, c'est pas de ta faute. ça fait partit du jeu : j'ai choisi de copiner avec un mec louche, asocial et bizarre, j'assume les conséquences. Tu m'as attiré des ennuis certes mais tu sais bien que c'était ma passion de vivre dangereusement." Fred enlaçait fraternellement Enki qui était en larme contre son torse, le visage enfouit dans la chemise du blondinet. " Arrête de chouiner petite fillette... J'ai passé ces deux dernières années à t'apprendre à t'amuser et à rire, c'est pas pour te voir pleurer comme une larve. " Fred marqua un temps, comme s'il s'était rendu compte de ce mot maladroit, avant d'ajouter : " Je t'en veux pas de m'avoir caché ça. Si j'étais aussi laid moi aussi je me ferai petit... Mais tu sais, t'as pas à avoir honte : malgré ta véritable gueule t'es le moins monstrueux de tous les démons de ce monde."
Enki se trouvait pathétique, et pour cause : Fred n'était pas là, tout ceci se passait dans son cœur, et toutes ses paroles étaient fausses... " Tu me connaissais assez pour savoir ce que j'aurai dit, ce n'est pas hypocrite. C'est un peu comme si je parlais de par moi-même : parce que je suis toujours là, quelque-part au fond de toi... " Fred fit une grimace et changea de ton. " Nan, par contre ce genre de phrase à l'eau de rose, c'était pas mon genre : je veux bien que tu me fasses te consoler fictivement mais déconnes pas et essaie de ne pas me faire parler comme une gonzesse quand-même, ça serait sympa. "
Seul en haut de sa colline, Enki réussi à sourire, mais resta blottit contre cette illusion. Il fermait les yeux, les larmes étant trop douloureuses. Fred était maintenant muet contre lui, le dominant en fantôme protecteur... La nuit était bien entamée et le démon que les fleurs avaient enivré sentait contre lui le corps de Fred se crisper. Il pleurait lui-aussi... Enki n'avait jamais vu son ami verser une larme, il n'osa pas relever la tête pour regarder son expression : ça servait à rien de se torturer à imaginer un Fred malheureux... L'illusion devenait de moins en moins palpable... Le vent se levait et emportait le pollen des fleurs plus loin. " Tu vas me manquer, crétin." dit-il comme au revoir, la tête baissé. Pour toute réponse, Enki sentit une larme tomber sur son épaule. Une larme qu'il n'avait pas imaginé... Une larme bien réelle. Surprit Enki releva la tête, espérant naïvement que Fred était apparut pour de bon cette fois-ci : tout ce qu'il fit était les nuages qui venaient pleuvoir sur la colline. Déçu et d'un coup seul, il soupira, se frottant les yeux. Hésitant il se baissa pour cueillir une fleur et la sentir, il se retint. Il avait une promesse à tenir...
Autour de lui attendaient quelques larves qui l'avait suivit depuis le manoir : lorsque le jeune magicien se décida enfin, les yeux rougis, à s'envoler, elles le suivirent un instant comme un cortège funèbre. Leurs petites pattes frappèrent le sol non loin d'une petite pierre sur un petit monticule de terre, d'où Mumiath pouvait veiller sur l'un de ses maîtres endormis pour toujours.

Bientôt Enki était hors de leur portée.

Il avait rendez-vous.

Matricule 584...
"Enki. Votre requête est accordé : nous allons vous trouver une mission."
La secrétaire tapotait un clavier. Elle s’interrompit et regarda, surprise, Enki. "Vous êtes sur-qualifié... Vous êtes sûr ? J'ai ici une vieille note du bureau de Serafino en personne qui vous veut comme apprenti. Vous êtes un grand démon en devenir..." Manifestement la mort de Serafino n'avait pas encore été officialisée et n'était pas arrivé jusqu'aux oreilles l'administration.
Enki avait un air charmeur. Un air avec lequel il n'était pas à l'aise : une attitude assurée, amusée, de plaisantin et d'enjôleur... Le rat de bibliothèque, étudiant solitaire et timide était méconnaissable.
"Sans façon. "
"Bien, alors... spécialiste sur-qualifié en savoir angélique. J'ai ce qu'il vous faut. Vous allez devoir descendre dans le monde des vivants, cela vous va ?"
"Soit." déclara Enki, face à ce qu'il voulait entendre.
"Enki, matricule 584... Vous n'avez jamais renseigné votre nom complet. Je n'ai qu'un prénom et un matricule, avez-vous un nom de famille pour compléter ?" Enki savait bien que si dans la plupart des civilisations du monde des vivants avaient en effet plus qu'un simple nominatif, les démons et les anges n'avaient pas souvent droit à un nom en deux parties -et lui, en venant des poubelles, loin d'être un fils de bonne famille, n'en avait pas eu jusqu'à ce jour. Enki réfléchit... Il hocha les épaules : il n'avait pas de famille réellement pour s'inspirer.
" Dou. Enki Dou. " prononça-t-il avec plaisir, satisfait de la mélodie des syllabes. La secrétaire s'amusa de ce nom à connotation gentillette, se disant que c'était une couverture parfaite pour un missionnaire hors du plan démoniaque. En réalité Enki n'avait fait que choisir un diminutif d'un autre nom : Doulores. Le nom d'un vieil ami, issu d'une longue lignée de nobles démons... Fredrich Doulores. L'imprimante se fit entendre et la secrétaire cacheta un document d'un sceau démoniaque avant de lui remettre.
"Votre ordre de mission."
"Merci bien mademoiselle."
Un portail immense et inespéré s'ouvrit devant les yeux pleins d'espoir du jeune magicien : un portail millénaire que seuls quelques chanceux avaient traversé.
La jeune femme appuya sur un bouton et Enki avec surprise vit 3 petits éclairs lui chatouiller le front et les joues.
"C'est le marquage des démons gardiens ; ce sera votre carte de visite devant votre cible. "
Il sourit, sachant ce que cela signifiait.

Il avait lâché ses cheveux, décidé à s'assumer un peu plus. Il prit une profonde inspiration... Il allait quitter ce monde pour découvrir celui qu'il avait tant rêvé, celui des arts, de la musique, de la gastronomie. Celui où les démons n'étaient pas légions et où la bonté existait. Il allait y aller pour honorer un souhait, émit par un ami perdu. Enki sourit. Il se promit, comme Fred le voulait, de vivre à fond, d'être heureux, de plaisanter et rire dès qu'il en aurait l'occasion, de côtoyer des gens et de ne plus jouer au solitaire. Il vivrait à fond... Il vivrait pour deux. Il vivrait pour Fred.
Enki Dou fit un pas en avant pour traverser le portail, son ordre de mission en main, fermement tenue. Des lettres argentés étaient lisibles et près du sceau rouge de l'administration était inscrit l'intitulé de la mission qui permettrait à Enki de quitter ce monde qu'il détestait.
Cette mission...  "Éliminer un ange néfaste ayant échoué sa mission divine, et menaçant l'équilibre : L'ange gardienne Tytoon"





Note à ceux qui ont tout lu :
Déjà, merci ^-^
La qualité de ce récit n'est pas super top, j'écrivais comme venaient les détails dans mon imagination, voulant surtout simplement coucher à l'écrit les grandes lignes du passé d'Enki que j'avais en tête : à savoir monstre pas beau, l'amitié perdu de Fred, grosse détresse affective (je reviens pas sur les pbs de zizi et d'ailleurs je sais pas pourquoi j'ai eu envie de lui donné cet handicap ^^' je suis bizarre.) loyauté envers Gohen et la fascination envers les anges.
J'ai GRAVE galéré pour la fin, -merci à Drola pour ses conseils de beta-lecteur et à Kami pour m'avoir mis le coup de cravache final (grrr <3)- car le problème d'écrire comme ça vient sans plan les premiers chapitres et de finir 4 ans après, c'est qu'on s'est bloqué dans une situation finale sans pouvoir trop en sortir.

Ce que j'avais en tête pour le final était bien plus sanglant à la base, mais au fil de mon écrit Enki s'est trop "larvatisé" et le retour au mode berserk que je voulais à la base était devenu inconcevable -quand j'ai commencé y'a des années (ouais cette fic je l'ai commencé y'a un bail quand meme :p) je voulais finir avec un Enki sanguinaire et froid... haha j'en suis bien loin. Bref, je suis pas convaincue par la fin mais j'ai pas non plus cherché à écrire l’œuvre de ma vie. Pour l'anecdote, le perso de Fred je l'avais même juste créé pour faire passer Enki pour un lache : à la base Enki devait le laisser crever comme une merde en se pointant pas à l'embuscade dans la décharge. Si si. (je me dis que ça aurait été vachement cool, mais Enki n'a plus DU TOUT ce caractère.)

Ce qu'il faut savoir c'est que la fin sur la mission "kill Tytoon" c'est une des seules choses définies (avec les plumes et les pbs de zizi) depuis toujours puisque dans mes vieux et premiers rps Enki a été trouver Tytoon pour la neutraliser -ce qu'il fit pendant des mois, les anciens s'en souviendront peut-être, pour donner une justification à une pause rp.

Pour ce qui est du nom "Dou" Enki l'a déjà énoncé dans le rp également, à la reconstruction du bar sur Dösatz en présence de Bulma notamment.
Et à propos de Bulma et pour répondre aux questions : non Enki n'est pas gay, il est hétéro (mais un peu désespéré, et pas dérangé par l'idée de flirter sans que ça aboutisse avec un mec... Dans la mesure où chez les démons, on est plutôt libéré d'esprit de ce côté là, ça le choque pas.) Sa préférence va aux femmes -adultes je précise- je l'ai quand même fait succomber aux charmes d'une bombasse dans cette fic, ça suffit pas ? :p Enki est un animal affectueux après, il a toujours été tactile avec les gens y compris les mecs (cf son premier rp où Peter a cru que je le draguais, alors que pas du tout XD)
D'ailleurs en revenant au premier rp, on se rend compte que j'ai pas bien bouclé mon récit car Enki est bien plus cruel au début du rp qu'à la fin de ma fic (et je vous passe cette histoire de "maitre perdu" que vous pourriez lire dans son touuuuut premier rp, on dira que mon vrai rp avec enki commence avec le deuxième topic, où il cherche une ange ;)En commençant là la boucle se fait pas mal en fait ! La flemme d'inventer des explications pour mon premier topic tout pourri)

J'avais pas prévu que ce personnage créé à la base pour que je joue un méchant deviendrait une crème à ce point :/ (oui. A la base Enki c'était parce que j'en avais marre de la gentille Tytoon. JE ME LOL.)
Enki est un epic fail. Enki est une honte. Enki est mon chouchou. <3

Pour les marques sur son front/joue, elles ont disparu avec le temps. Mais elles étaient sur son vieil avatar (et toujours sur ma signature actuelle)

Pour la question de la longévité, oui Enki est peut-être un monstre très vieux. Peut-être qu'il ne lui reste très peu de temps à vivre. Peut-être des millénaire... Qui sait ? :3

Et enfin, pour ce qui est du sort du corps d'Enki, c'est pas une illusion, c'est une enveloppe charnelle -reliée de façon astrale bref je vous passe la théorie magique démoniaque- qu'il a créé et qu'il invoque en permanence : c'est pourquoi il a besoin de fringue, qu'il a des cernes le matin, qu'il pisse le sang quand il est blessé et que SA BARBE POUSSE quand il est dans le coma. <3


Merci d'avoir suivi cette parenthèse sur son passé, et au plaisir !

ps : désolée pour les 2 dernières illus faites en miniature dans mon carnet discrètement au boulot, j'ai pas pris le temps de faire plus, sinon j'aurai jamais posté....
Nate Kurusawu
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MessageSujet: Re: [terminé] Comme un homme (l'enfance d'Enki)   [terminé]  Comme un homme (l'enfance d'Enki) - Page 3 ClockMer 5 Fév 2014 - 0:25
C'était génial  Very Happy 

Un très bon final à la hauteur du perso. Long, mais agréable à lire et intéressant, du coup ça passe tout seul ! Donc un grand bravo à toi, et à Enki.

(Ta prochaine fic, je la veux sur le zizi d'enki.)
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