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 Défunte pacidité (Sujet ouvert)

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Fubuki
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Terrien
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MessageSujet: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockVen 7 Juin 2019 - 17:08


Une averse torrentielle, c’était une bonne raison de rester couvert sous cette nuit sans étoiles. Après avoir rêvée d’atteindre les sommets, Fubuki allait peut être attendre une autre météo avant, zieutant la capitale illuminée sous la pluie. Elle en voyait des choses, depuis sa chambre d’hôtel. Le confort était rudimentaire à l’image des attentes de l’Héroïne pour cette nuit sous l’égide d’un sommeil contenu. Un lit, un bureau, une salle de bain, fondations classiques d’une escale pressée, mais nécessaire. Elle était assise, devant elle un carnet, elle écrivait, quelle idée. Le ruissellement de l’eau sur la vitre et le bruit régulier de l’horloge se battaient pour la médaille du meilleur boucan. On soupire, on fixe le plafond et on y repense : Par quoi commencer ? Le travail d’écriture n’était jamais chose aisée, mais Fubuki avait le désir de sauvegarder ses pensées et réflexions. Rien de trop personnel, que de lumière et de bonté, une hypocrisie écrite résumant l’histoire fausse de celle capable de douter de son propre talent. A la place, c’était méditation, technique et conseils, ce n’étaient pas des mensonges, juste une bride de la vérité. La réalité qu’elle accepte de voir, celle qui ne tâche pas l’égo qui lui donne l’énergie pour avancer.

Mais l’écriture ne se fit pas bien longue. Une séance écourtée par une journée forte d’émotions, elles étaient positives, miracle. Il fut tard. Fubuki avait trop veillée, elle se déshabilla alors pour se coucher, elle soupirait encore. Enroulée dans ses draps, la psychiste chercha le sommeil, s’offrant ses quelques heures de pause dans les bras de morphée.


Vaillance, illustration, splendeur. Un jour tu rejoindras les étoiles, puis tu comprendras.


Un univers illuminé, rêve d’un cœur sur, des étoiles et des mœurs de paix. Les paroles du samouraï étaient revigorantes, elle se sentait légère, sa foi revenait, lentement, avec ses forces. Des mouvements amples dans le vide, la sensation d’être une déesse, une impression d’omniscience. Un rêve bien présomptueux qu’elle ne se permettait plus d’imaginer voilà fort longtemps. L’espoir fait vivre, battre les coeurs, combattre les hommes jusqu’à Helheim, motivateur d’une armée de mort, il définit le vivant.  

Une grande respiration, les brises du soleil lui réchauffait le visage tout en l’aveuglant modestement. Fubuki n’avait pas eu le temps de rédiger autre chose que de brèves notes sur les bases de son épopée, ce n’était pas en un soir qu’elle impressionnera le monde. S’habillant en vitesse d’une robe plus courte, convenable aux beaux jours, elle fila de l’hôtel, ne portant pas de bagages : Elle achetait tout sur place. Quelques salutations, un coup de fil discret, puis elle fut dehors. Le temps était éclatant, la ville profitait là d’une belle mise en valeur, la psychiste aussi à vrai dire. Un pas après l’autre, elle se dirigeait vers la gare centrale afin de voyager pour le nord, suite prédite de son aventure curieuse. La rue qu’elle parcourait était calme, un fleuve tranquille, apaisant par sa simplicité caractèristique. C’était le genre de moment où l’on pouvait voir un peu de rose. Un fin sourire aux lèvres, elle contemplait dans sa route le jeu crédule des enfants, les oiseaux chantonnants, l’écho d’un marché proche. L’odeur de la vie. Après elle venait inexorablement la mort.


Violence et écrasement, des cris et des sanglots.


Monumentale bête de feu, créature aussi splendide que dangereuse rugissant d’un son brut, profond et sauvage. Ce titan était une éruption de colère, ravageant les bâtiments proches par des charges et des frappes animales. 3 têtes mais aucun cœur, quel cruel monstre que voici là. 15 mètres de haut, c’était par cette taille que s’illustrait ce colosse terrifiant, chair des enfers au courroux sans égal. La dangerosité d’une telle abomination rendait son élimination utopique pour Fubuki. C’était un démon, un dragon. Il dévorait les batiments par les flammes, ses jets étaient puissants, ses explosions, terrifiantes. Il scrutait les environs et la pauvre femme était terrifiée, elle le fixait, il le voyait.


Il mourrait de faim. Il avait soif d’encore plus encore de peur.


Sur ses deux pattes arrière, il préparait un bond cataclysmique, funeste destin à quiconque se trouvera sur sa trajectoire, c’était elle. Vive malgré la tension, l’héroïne usa de ses capacités pour faire voltiger les voitures l’entourant, deux, trois, quatre, puis des banalités, poubelles, kiosques, un parc pour enfant. Ce vacarme était sa seule arme, ses accessoires pour la bataille, aussi perdue était-elle. 5 secondes, c’est le temps qu’elle devait avoir pour faire la différence et se sauver elle-même. Quelle folie, elle n’avait ni le matériel, ni les capacités d’arrêter une bête de plusieurs dizaines ou centaines de tonnes, mais elle le devait. Agglomérant ce qu’elle avait soulevée par sa télékinésie, l’artiste bâti un obstacle sommaire mais compact. Un amalgame métallique contre un opposant mythologique, il fallait avoir une foi dantesque en soi pour croire ici à un affrontement équitable. Bien sûr, qu’il ne l’était pas.


Toi-même tu n’y crois pas, Fubuki, tu aurais pu faire bien plus.


Elle avait les mains levées, le cœur s’affolait, le temps ralentissait, l’ombre s'agrandissait. Elle savait une confrontation imminente, elle n'avait le temps de rien. Inutile de calculer ses chances sans avoir le temps d'agir en conséquence. Le décompte commençait, elle n’avait que 2 secondes environ pour observer sa propre chute.

2

Ce n’était que le début de son épopée, quelle honte, elle allait sans doute décevoir son clan, mais aussi Gun, Kamikaze, sa sœur.

1

Elle n’allait ainsi jamais atteindre son rêve, pauvre petite de rien, noyée dans la masse, écrasée comme n’importe sans réelle conséquences pour le monde. Qu’avait-elle de mieux qu’un autre ?

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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockMer 12 Juin 2019 - 0:31
Cardinal. Cardinal. Que fait le Cardinal ? Le Cardinal réfléchit. Il pense et laisse son esprit vaciller. Les souvenirs par ici et les fantaisies par là. Ses mains filtraient l’eau du robinet. Un appartement cinq étoiles. Le grand luxe. Il ne le méritait pas vraiment. Le savon dans ses paumes ne pourrait jamais effacer le sang tâchant ses mains. Mais une distraction était une distraction. Ses yeux n’étaient pas les siens. Ce n’était pas à ce corps de pleurer. Mais il avait besoin de manger, de boire, et de dormir. La pluie frappait les vitres. Cela lui faisait penser au Jazz. Le violet était accroché à son porte-manteau près de l’entrée. Il gratta sous ses ongles afin d’en retirer la saleté. Il était nécessaire d’avoir les mains entièrement propres pour cuisiner.

Il avait coupé et écrasé quelques morceaux d’ananas, qui reposaient dans un bol non loin de là. Ses doigts se saisirent d’une tranche de pain de mie, ainsi que d’un couteau. Sur la table reposait du beurre. De la lame, il en découpa un bout, l’étalant comme il se fallait sur la surface de la tartine. Il prit une autre rondelle, et y déposa quelques bouts du fruit. À quoi pensaient quotidiennement les humains ? Au monde qui les entourait ? La planète qui mourait lentement et paisiblement ? La guerre qui passait régulièrement à la télévision ? Des guerres, il y en avait tant que l’on n’avait plus à s’étonner de l’apathie particulière des vivants sur la vie de leurs pairs. Peut-être l’inégalité de tous ? Non. L’inégalité avec un proche ? Peut-être bien que si. Chacun cherchait à survivre dans un monde où tout le monde n’était pas au même niveau. Aucun statu quo. Iscariot n’était pas de ceux qui connaissaient la pauvreté. Le sucre qu’il possédait dans sa main en témoignait : il semblait hors de ce monde, mythique, une denrée rare qui ne pouvait pas être obtenue par tout le monde. Il était d’un marron éthérée. Et il était saupoudré avec quelques épices mixtes sur le mont d’ananas posé délicatement sur la mie beurrée. Le premier des traîtres empila la première sur la deuxième, appuyant sur les bords pour donner une forme d’îlot à la bosse qui paraissait sur son met.

Deux oeufs, pas plus. De ses mains robustes et puissantes, il les ouvrit tous deux dans un récipient à part. Un autre bol. Attrapant une fourchette, il se mit à battre la mixture, tout en plaçant une poêle à frire sur une plaque chauffante. Il y avait plein d’organisations de nos jours. Des héros. Des méchants. Un univers qui l’étonnait de jour en jour. Cardinal dévorait les journaux avec autant d'engouement qu’il les oubliait. Un appétit pour le vide de mémoire qui ne semblait jamais toucher ses souvenirs primordiaux. Ah, qu’il serait bon de recommencer véritablement son existence ! Mais il était las de ce genre de plaintes internes qui venait ruiner ses splendides soirées. Il ajouta de la crème à la neige, avant de placer son sandwich dans le mélange laissant les deux tranches tout absorber. Ses mains n’avaient pas peur d’être salies. Elles étaient faite pour l’artisanat, quand bien même il pourrait être aussi éphémère que la nourriture.

Il saisit à nouveau le couteau et trancha un morceau de beurre, avant de le laisser tomber sur la poêle chauffée. La margarine se mit à fondre, devenant une légère couche de gras. C’était le moment. Le pain imbibé fut tendrement déposé sur le fer. Une minute passa. La pluie était forte. Elle rugissait et cognait la vitre, attendant le retour de son guide. Peu de gens aiment les nuages et l’eau qui en sort. Elle est maussade, triste, l’incarnation de rêves brisés s’écrasant sur les passants. Le malheur des uns qui énervait les autres. C’était un blues à l’état de météo. Des morceaux d’espoir qui pleuviotaient comme le sel et le poivre sur un veau décoré d’ail. Un habillage de sanglots. Il retourna le sandwich, observant le manteau doré de la rondelle. Une autre minute à attendre. Quelle heure était-il ? Il lui semblait que nous étions au petit matin. Il sifflotait. Comme si les larmes de l’atmosphère n’étaient qu’un piano accompagnant sa mélodie. C’était prêt. Ses dents bien humaines croquèrent le pain grillée. Délicieux. Fantastique, même. Mais il était habitué à sa forte capacité dans ce domaine. Ce qui l’étonnerait serait une aptitude à accepter toute forme de rédemption. La ville était belle depuis la fenêtre. Main dans la poche, il les voyait défiler. Des voitures. Des passants. Tout aussi embarrassés par la présence de l’orage les uns que les autres. Des lumières et des klaxons. Et un dragon.



Une seconde…

Dans les draps de la pluie parurent les flammes. Une monstruosité tricéphale absolument dévastatrice. Une horreur parmi tant d’autres. Les yeux blancs du Cardinal passèrent de l’étonnement à la tranquillité à nouveau. C’était peu, comparé aux cauchemars qu’il avait pu observer moult fois. Des mauvais souvenirs parmi tant d’autres. Chacun avait eu son lot de traumatismes. Iscariot n’en avait aucun. Seulement des regrets. C’est la seule chose qui perdurait malgré les âges. Il n’était pas fou. Il n’était pas accablé de visions et de souvenirs désastreux à chacun de ses pas. Les cloches ne le faisaient pas transpirer. Les alarmes ne le propulsaient pas à terre. Il n’avait aucun souci de ce genre. Simplement… la déception. Il avait terminé son petit déjeuné depuis bien longtemps. Dans une situation comme cette dernière, il aurait pu rigoler des évènements, demander à une chérie imaginaire où était son super-costume. Mais il ne faisait rien de tout ça. Il prit simplement son manteau et son parapluie, et sauta par la fenêtre.

Il fusa vers le sol avec toutes les autres gouttes. L’oeil de la tempête, emmitouflé dans son large vêtement violet, son chapeau résistant impossiblement à l’air qui le repoussait lors de sa chute. Il bascula vers l’arrière et laissa son bras se tendre vers le ciel. Son parapluie s’ouvrit, et le voilà qui volait sans soucis. La bête était proche. Un lézard polycéphale sortant de l’esprit d’un amateur de kaijus. Une bête dont la colère brûlante lui permettait de causer des dégâts sur son entourage. Une autre forme de destruction à l’état pur. Cela devenait fatiguant. Les monstres s’accumulaient, mais jamais les fleurs. Il y avait un nouveau danger par jour, mais les miracles restaient rares. Une guerre tous les mois, mais aucune célébration de la paix. Seulement du sang et des larmes, omniprésents comme dans un champ de bataille sous la pluie.

Il lâcha son pépin, qui viendrait atterrir dans ses mains dès qu’il lui serait convenable. Ses jambes étaient solides et sa posture souple. Il n’eut aucun mal à atterrir de la vingtaine de mètres qui le séparait du toit d’un bâtiment. Du ciel tomba un éclair, qui filtra entre ses doigts. Le Parangon de l’Orage l’arracha comme un vulgaire rideau, avant de le secouer comme un fouet. Au final, c’était véritablement un lasso de foudre qu’il faisait tournoyer au dessus de lui. Gigantesque et magnifique. La foudre domptée comme un animal. De sa deuxième main il l’empoigna et de sa première il le jeta. Sa faculté à viser était phénoménale. Et il n’eut aucun mal à attrapper la bestiole par l’une de ses têtes alors qu’elle chargeait vers on ne savait quoi. Ce n’était alors pas tant sa force qui lui permettrait de s’interposer entre la bête et son massacre, mais la fureur du cyclone lui-même, douloureux comme des milliards de guêpes transperçant l’épiderme de leur dards dans la même seconde. Le monstre hurla, trébucha sur un tas de voiture, et s’écroula par terre.



Un tas de voitures ? Et de corbeilles, et de métaux en tous genres. Un amas qui semblait soudé sur place, et qui n’avait pas cédé à l’attaque — fortement sabotée, il était vrai — du perturbateur quotidien de la paix urbaine. Etrange phénomène que voilà. Une simple anomalie ? Impossible. L’assassin d’antan sauta de sa plateforme et s’élança dans un sprint afin de s’approcher de ce gros bloc de ferrailles, le contournant pour arriver en son centre et y découvrir son noyau.

"Oh... Bonjour."

C’était une femme. Une qui sortait un peu du lot par ses yeux verts et sa robe noire atypique. Peut-être était-elle une de ces prêtresses magiques et apocalyptiques qui faisaient surface de temps à autres. Elle avait l’apparence d’une magicienne. Il ne lui manquait que le chapeau pointu. Un regard sur le côté vers le monstre qui se relevait lentement.

"Mes excuses, madame, mais puis-je demander votre aide pendant un instant… Voyez-vous… Comment dire… Je conçois que cette barrière vous appartient. Ainsi, cela signifierait que vous avez des pouvoirs… psychiques ? Métallokinétiques ? Gravitationnels ? Qu’importe… Ce que je vous demande..."

Le hurlement de leur ennemi s’était mis à retentir. Un fracas auditif qui coupa l’Ouragan dans ses dires, lui faisant resserrer les doigts d’un sentiment s’apparentant à un mélange entre une légère frustration et de la déception. Se faire couper la parole n’était jamais agréable, qu’importe par qui. Un autre dragon de flammes et de ténèbres ne pouvait pas avoir plus d’importance à ses yeux que le plus vulgaire des criminels. Posant sa main près de sa bouche pourtant couverte de son écharpe, il se mit à crier à la demoiselle aux yeux verts, espérant se faire entendre dans le vacarme :

"Ce que je vous demande, c’est d’utiliser votre technique la plus puissante sur cette créature au moment où je lui lance une… une grenade électrique !… Est-ce compris ?!"

Ce n’était pas toujours facile de communiquer dans le torrent de bruits et des violences. Il attendait un mouvement de tête, mais la créature ne lui laisserait probablement pas le temps d’observer la réaction de son compatriote. Dans son manteau violet qui ne prenait pas la pluie, le premier des traîtres se leva avant de se diriger vers le monstre debout sur ses quatre pattes. Le vent se compressa dans sa main. L’eau se mélangea à la foudre. Et dans sa main se créa la volonté elle-même du cyclone. Un bâton de dynamite, une tnt destructrice et orageuse. De l’eau, de la glace, de la foudre, des bourrasques, malléable dans sa paume comme une balle de baseball. Il ne ressentait pas d’excessif sentiment de puissance, n’imaginait pas de fantasmes incroyables et cruels sur le manque de limite de ses capacités, ne craignait pas de ne pouvoir contenir cette puissance fantastique. Il n’y avait que du professionnalisme, des réflexes d’une époque lointaine et oubliée. Un geste qui ne rappelait rien du tout, mais fait et refait des dizaines de fois. Conditionné avec son consentement à tuer sans tressaillir, sans cligner des yeux devant le flash de la poudre qui s’allume, sans regretter. Hélas, cette dernière négation était fausse, car voilà que les doutes tentent d’assiéger sa conscience. Ce monstre pouvait-il être raisonné ? Etait-ce un simple animal relâché dans la ville par un savant fou ? Se pouvait-il qu’il soit une divinité lambda souhaitant rétablir un quelconque ordre naturel des choses par la violence ? L’émissaire d’une invasion ? Un léger stress avant l’acte. Il n’était pas un artiste. Il était un professionnel. Il n’avait pas mis d’hydre au tapis depuis cinq millénaires. C’était le premier titan qu’il affrontait depuis cette nouvelle incarnation. La rage fulgurante dans le creux de sa main semblait gronder, vrombir, comme une tondeuse impatiente de ratiboiser le jardin. Le Justicier allait déraciner une mauvaise herbe, qu’importe les vertues curatives qu’elle pourrait avoir dans une autre plantation.

Ses lunettes brillèrent alors que le temps passa à nouveau au ralenti. Il retint son souffle. Il lui fallait être précis. Chaque seconde semblait gargantuesque comme nanoscopique. Il sentit ses muscles se contracter alors que la bête s’élançait vers lui. Chaque veine qui gonflait et dégonflait. Chaque pli de son manteau. Chaque os de son hôte qui changeait de positionnement pour convenir à son geste : il venait de lancer la grenade avec la majesté d’un artificier et la précision d’un graveur. La tête du milieu était sa cible. Et il n’y eut qu’un autre éon à attendre pour entendre l’explosion. Une déflagration de foudre, d’eau glacée, et de bourrasque écrasante. Un cyclone de douleur, sons et lumières, brisant les tympans et crevant les yeux. Mais Iscariot n’en eut que faire. Cela n’était qu’une brise et une étoile filante. Cela ne serait pas assez pour terrasser la bête.

Pourquoi distraire la créature avec une technique puissante mais qui ne pourrait pas la tuer ? Pourquoi délaisser à cette inconnue atypique l’occasion d’utiliser de son pouvoir le plus puissant sur ce monstre hors du commun et pourtant banal ? Il ne savait pas vraiment. Mais inspirer de potentiels talents dans la profession du bien commun était quelque chose qui lui plaisait particulièrement. Jamais il ne put comprendre pourquoi. La demoiselle aux cheveux vert sombre avait le champ libre pour son coup de tonnerre personnel. Il le lui avait laissé. Tel est le Cardinal Iscariot.
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockHier à 18:59


Une trainée de débris flottait autour d’elle, le regard perçant à jour le défi qui lui était réservée. Survivre, c’était brutal. Un message naturel face à la menace du gigantesque lézard de feu. Fubuki venait de couper son souffle, le temps était à la démonstration de ses capacités, dressant toujours le mur de ferraille. Un flash retenti alors, curiosité improbable qui pulvérisa l’entrain de la bête dans un gémissement houleux. Le strident prononcé du cri monstrueux faisait témoigner de la douleur que ce titan ressentait, boitant maladroitement en arrière, entouré d’arcs électriques. Le visage de l’héroïne se décomposait dans un soupire de surprise, qui qu’il soit il était là, un autre sauveur. Lisant dans la trajectoire du filet lancé sur le cerbère un chemin d’arcs survoltés, elle put identifier l’auteur de cette grande démonstration de force.


Un homme simple descendant à la manière d’un artiste des hauts immeubles. Cet inconnu portait un col, des lunettes et un chapeau préservant en grande partie son visage, ses habits étaient aussi classieux que sa démarche originale. Quel drôle d’interventionniste, il semblait aussi talentueux qu’il était calme, ses salutations marquaient bien ce trait. Un bonjour, puis des excuses pour demander de l’aide dans son affrontement, il voulait que Fubuki use de ses pouvoirs pour affaiblir le colosse. Quelle idée, ce mystérieux combattant pensait savoir mieux que la belle comment vaincre ce titan ? Elle savait très bien que ce genre de dangers gigantesques devaient être mis à terre pour être paralysés au sol. Le hurlement de la créature retentissait pendant les courts échanges, les deux interlocuteurs devaient hausser le ton.

« Ne vous méprenez pas, je ne pourrais que le clouer au sol ! »

L’ombre planait sur les héros, ombre de mort. Puis, l’inconnu se jeta à la bataille. Quel courage, quelle folie, cet homme ne savait donc pas mesurer le danger des choses ? Il s’élançait dans le combat, alimentant dans sa main droite une catastrophe d’énergie, vent, eau, tempête. C’était un fin manipulateur des éléments, une capacité appréciée, enviée par sa polyvalence. La magicienne venait de s’écarter de son mur de débris, elle se concentra un instant, elle allait user de sa puissance entière pour faire chuter le colosse, observant les affaires de son allié en manteau. Tension, hypertension, une explosion foudroyante projetée par le bras de l’artificier, ce déluge des couleurs froides mélangée aux cris de la bête n’aidaient pas à se concentrer. Fubuki n’avait pourtant pas perdu en vaillance, projetant du bout de ses bras tendus vers le lézard une pression incroyable. La tactique était bonne, le coup partait sur l’un des pattes du dragon, ajoutée à la technique du lunetteux, le résultat était prévisible, il était là.

Le bruit sourd de l’agresseur se fit entendre, grondant dans la ville entière, écrasant dans sa chute en arrière la façade d’un immeuble vidé depuis des lustres déjà de toute vie. Le regard de la sœur de Tatsumaki se transforma suite à l’ouverture de cette nouvelle occasion. L’œil vif, elle voyait et calculait comme peu d’autres, soulevant brusquement son mur métallique pour en faire une nouvelle chose. Elle pouvait faire plus, elle pouvait changer le cours du combat. Le bloc d’acier, tout en s’envolant changeait de forme, il se compressait par endroit, se relâchait à d’autres. Ce travail rapide et précis était celui d’une artiste confirmée dans sa magie, créant en dix secondes à peine une lance de 5 mètres d’envergure. Elle ramenait ensuite le bras droit en arrière, armant l’ordre d’un tir, elle était l’officier d’une attaque finale.

Si le cardinal voulait laisser Fubuki briller, il avait réussi, cette dernière se sentait revigorée de vaincre pareil colosse.

Défunte pacidité (Sujet ouvert) 1560600251-serious

Le bras droit élancé en avant, le choc fut violent, les tonnes de rouille percutèrent le torse de la créature écailleuse. L’effet fut immédiat, un tonnerre de grondements, mais aussi une intense lueur chaude émanant du torse de ce dernier. Les braises, le feu, la terreur, tout ce que ce monstre contenait vaguement en lui était relâché, la catastrophe était encore en course. Une vague de lave en fusion s’échappait alors de la blessure du dragon à 3 têtes, cette dernière allait se rependre au sol et en vue de la taille du titan, les dégâts infligés aux sous-sols pourraient être dévastateurs. Que faire dans pareille situation, voilà qui était bien fâcheux. Il fallait être capable, zieutant les alentours, Fubuki devait trouver un élément capable de résister à une grande température pour quelques minutes, le temps que le liquide dangereux refroidisse. Bâtiments, voitures, panneaux, arbres, chantier. Le chantier, une bétonnière, parfait, le ciment saurait rafraichir et ralentir la progression d’une grande quantité de lave. Alignant de nouveaux ses bras vers sa cible, la pauvre femme trésaillait, elle perdait rapidement en endurance et ses deux dernières créations l’avaient épuisée. Elle savait, c’était à mesure d’effort que l’on progressait, une petite action perdue dans les minutes, quelques secondes à sacrifier pour d’autres, aussi pour soi. La conscience, celle de servir, celle de rendre le monde meilleur, c’était un moteur qui l’animait, elle n’était pas qu’une bête vengeresse comme le monstre ici vaincu. Cette application poussée par sa détermination payait, la véhicule était attiré vers la coulée ardente, puis le contenu de la citerne heureusement remplie fut versé.

Le maître des éléments pouvait assister ici à une belle démonstration, moins précise et rapide, mais toujours suffisante. La lave fut refroidie, le camion finissant alors au milieu de cette dernière, lâcher en catastrophe. Oui, Fubuki était haletante, titubant en arrière, transpirante d’un effort trop important. Elle fixait son œuvre, elle fixait le monstre, elle n’avait que lui en tête, cet ennemi vaincu, c’était la fin. Ce combat était court mais difficile, elle y repensait, son intelligence, son alibilité, même avec peu de puissance, il était possible d’être une héroïne, elle le démontrait aujourd’hui. Après cette cacophonie auditive, visuelle et sensorielle, voilà qu’un calme de plomb planait maintenant sur la ville. Le temps se couvrait de nouveau, le temps n’accordait plus sa grâce aux héros. Dans les gravats alentours, personne, seul le son des urgences se faisait entendre au loin, les sirènes des différents services publics, il était temps de partir.

Notre demoiselle se redressa maladroitement, scrutant d’un œil distrait par la fatigue l’éventuelle location de son allié dans ce match court mais dantesque. Fubuki ne le vit pas immédiatement, se dirigeant alors vers un quelquonque bâtiment ayant échappé au drame pour éviter la pluie prochaine.  Elle disait ne pouvoir que mettre la bête à terre, elle l’avait en fait vaincue. Un exploit, ou bien la découverte de capacités plus grandes qu’espérées.


Pas d’acclamations, seule la victoire.

C’était suffisant, elle ne désirait pas plus, dans cette épreuve de force, elle avait su faire face à Goliath, ce monstre était facilement capable de détruire une mégalopole entière, un drame avait été évité. Peut-être qu’Atomic Samouraï serait intervenu dans un combat plus long, ou bien un autre héros de renom, mais ce n’était pas arrivé. Fubuki était suffisante. Cette occasion, cette satisfaction, elle ne l’aurait peut-être pas eu sans cet homme maitrisant la foudre, cela la faisait mijoter. Finalement, était-ce vraiment sa victoire ? Oui, elle se convainquait que oui. Elle fit une halte dans le hall de la gare, lieu de destination original, elle se reposait sur un banc, beaucoup de monde s’y était entassé à cause de l’attaque du dragon flamboyant. Elle y pensait, le nez rivé vers le sol, la tête dans les nuages. Il pleuvait maintenant.

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