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 Défunte pacidité (Sujet ouvert)

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Fubuki
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MessageSujet: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockVen 7 Juin 2019 - 17:08


Une averse torrentielle, c’était une bonne raison de rester couvert sous cette nuit sans étoiles. Après avoir rêvée d’atteindre les sommets, Fubuki allait peut être attendre une autre météo avant, zieutant la capitale illuminée sous la pluie. Elle en voyait des choses, depuis sa chambre d’hôtel. Le confort était rudimentaire à l’image des attentes de l’Héroïne pour cette nuit sous l’égide d’un sommeil contenu. Un lit, un bureau, une salle de bain, fondations classiques d’une escale pressée, mais nécessaire. Elle était assise, devant elle un carnet, elle écrivait, quelle idée. Le ruissellement de l’eau sur la vitre et le bruit régulier de l’horloge se battaient pour la médaille du meilleur boucan. On soupire, on fixe le plafond et on y repense : Par quoi commencer ? Le travail d’écriture n’était jamais chose aisée, mais Fubuki avait le désir de sauvegarder ses pensées et réflexions. Rien de trop personnel, que de lumière et de bonté, une hypocrisie écrite résumant l’histoire fausse de celle capable de douter de son propre talent. A la place, c’était méditation, technique et conseils, ce n’étaient pas des mensonges, juste une bride de la vérité. La réalité qu’elle accepte de voir, celle qui ne tâche pas l’égo qui lui donne l’énergie pour avancer.

Mais l’écriture ne se fit pas bien longue. Une séance écourtée par une journée forte d’émotions, elles étaient positives, miracle. Il fut tard. Fubuki avait trop veillée, elle se déshabilla alors pour se coucher, elle soupirait encore. Enroulée dans ses draps, la psychiste chercha le sommeil, s’offrant ses quelques heures de pause dans les bras de morphée.


Vaillance, illustration, splendeur. Un jour tu rejoindras les étoiles, puis tu comprendras.


Un univers illuminé, rêve d’un cœur sur, des étoiles et des mœurs de paix. Les paroles du samouraï étaient revigorantes, elle se sentait légère, sa foi revenait, lentement, avec ses forces. Des mouvements amples dans le vide, la sensation d’être une déesse, une impression d’omniscience. Un rêve bien présomptueux qu’elle ne se permettait plus d’imaginer voilà fort longtemps. L’espoir fait vivre, battre les coeurs, combattre les hommes jusqu’à Helheim, motivateur d’une armée de mort, il définit le vivant.  

Une grande respiration, les brises du soleil lui réchauffait le visage tout en l’aveuglant modestement. Fubuki n’avait pas eu le temps de rédiger autre chose que de brèves notes sur les bases de son épopée, ce n’était pas en un soir qu’elle impressionnera le monde. S’habillant en vitesse d’une robe plus courte, convenable aux beaux jours, elle fila de l’hôtel, ne portant pas de bagages : Elle achetait tout sur place. Quelques salutations, un coup de fil discret, puis elle fut dehors. Le temps était éclatant, la ville profitait là d’une belle mise en valeur, la psychiste aussi à vrai dire. Un pas après l’autre, elle se dirigeait vers la gare centrale afin de voyager pour le nord, suite prédite de son aventure curieuse. La rue qu’elle parcourait était calme, un fleuve tranquille, apaisant par sa simplicité caractèristique. C’était le genre de moment où l’on pouvait voir un peu de rose. Un fin sourire aux lèvres, elle contemplait dans sa route le jeu crédule des enfants, les oiseaux chantonnants, l’écho d’un marché proche. L’odeur de la vie. Après elle venait inexorablement la mort.


Violence et écrasement, des cris et des sanglots.


Monumentale bête de feu, créature aussi splendide que dangereuse rugissant d’un son brut, profond et sauvage. Ce titan était une éruption de colère, ravageant les bâtiments proches par des charges et des frappes animales. 3 têtes mais aucun cœur, quel cruel monstre que voici là. 15 mètres de haut, c’était par cette taille que s’illustrait ce colosse terrifiant, chair des enfers au courroux sans égal. La dangerosité d’une telle abomination rendait son élimination utopique pour Fubuki. C’était un démon, un dragon. Il dévorait les batiments par les flammes, ses jets étaient puissants, ses explosions, terrifiantes. Il scrutait les environs et la pauvre femme était terrifiée, elle le fixait, il le voyait.


Il mourrait de faim. Il avait soif d’encore plus encore de peur.


Sur ses deux pattes arrière, il préparait un bond cataclysmique, funeste destin à quiconque se trouvera sur sa trajectoire, c’était elle. Vive malgré la tension, l’héroïne usa de ses capacités pour faire voltiger les voitures l’entourant, deux, trois, quatre, puis des banalités, poubelles, kiosques, un parc pour enfant. Ce vacarme était sa seule arme, ses accessoires pour la bataille, aussi perdue était-elle. 5 secondes, c’est le temps qu’elle devait avoir pour faire la différence et se sauver elle-même. Quelle folie, elle n’avait ni le matériel, ni les capacités d’arrêter une bête de plusieurs dizaines ou centaines de tonnes, mais elle le devait. Agglomérant ce qu’elle avait soulevée par sa télékinésie, l’artiste bâti un obstacle sommaire mais compact. Un amalgame métallique contre un opposant mythologique, il fallait avoir une foi dantesque en soi pour croire ici à un affrontement équitable. Bien sûr, qu’il ne l’était pas.


Toi-même tu n’y crois pas, Fubuki, tu aurais pu faire bien plus.


Elle avait les mains levées, le cœur s’affolait, le temps ralentissait, l’ombre s'agrandissait. Elle savait une confrontation imminente, elle n'avait le temps de rien. Inutile de calculer ses chances sans avoir le temps d'agir en conséquence. Le décompte commençait, elle n’avait que 2 secondes environ pour observer sa propre chute.

2

Ce n’était que le début de son épopée, quelle honte, elle allait sans doute décevoir son clan, mais aussi Gun, Kamikaze, sa sœur.

1

Elle n’allait ainsi jamais atteindre son rêve, pauvre petite de rien, noyée dans la masse, écrasée comme n’importe sans réelle conséquences pour le monde. Qu’avait-elle de mieux qu’un autre ?

0


Cardinal Iscariot
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockMer 12 Juin 2019 - 0:31
Cardinal. Cardinal. Que fait le Cardinal ? Le Cardinal réfléchit. Il pense et laisse son esprit vaciller. Les souvenirs par ici et les fantaisies par là. Ses mains filtraient l’eau du robinet. Un appartement cinq étoiles. Le grand luxe. Il ne le méritait pas vraiment. Le savon dans ses paumes ne pourrait jamais effacer le sang tâchant ses mains. Mais une distraction était une distraction. Ses yeux n’étaient pas les siens. Ce n’était pas à ce corps de pleurer. Mais il avait besoin de manger, de boire, et de dormir. La pluie frappait les vitres. Cela lui faisait penser au Jazz. Le violet était accroché à son porte-manteau près de l’entrée. Il gratta sous ses ongles afin d’en retirer la saleté. Il était nécessaire d’avoir les mains entièrement propres pour cuisiner.

Il avait coupé et écrasé quelques morceaux d’ananas, qui reposaient dans un bol non loin de là. Ses doigts se saisirent d’une tranche de pain de mie, ainsi que d’un couteau. Sur la table reposait du beurre. De la lame, il en découpa un bout, l’étalant comme il se fallait sur la surface de la tartine. Il prit une autre rondelle, et y déposa quelques bouts du fruit. À quoi pensaient quotidiennement les humains ? Au monde qui les entourait ? La planète qui mourait lentement et paisiblement ? La guerre qui passait régulièrement à la télévision ? Des guerres, il y en avait tant que l’on n’avait plus à s’étonner de l’apathie particulière des vivants sur la vie de leurs pairs. Peut-être l’inégalité de tous ? Non. L’inégalité avec un proche ? Peut-être bien que si. Chacun cherchait à survivre dans un monde où tout le monde n’était pas au même niveau. Aucun statu quo. Iscariot n’était pas de ceux qui connaissaient la pauvreté. Le sucre qu’il possédait dans sa main en témoignait : il semblait hors de ce monde, mythique, une denrée rare qui ne pouvait pas être obtenue par tout le monde. Il était d’un marron éthérée. Et il était saupoudré avec quelques épices mixtes sur le mont d’ananas posé délicatement sur la mie beurrée. Le premier des traîtres empila la première sur la deuxième, appuyant sur les bords pour donner une forme d’îlot à la bosse qui paraissait sur son met.

Deux oeufs, pas plus. De ses mains robustes et puissantes, il les ouvrit tous deux dans un récipient à part. Un autre bol. Attrapant une fourchette, il se mit à battre la mixture, tout en plaçant une poêle à frire sur une plaque chauffante. Il y avait plein d’organisations de nos jours. Des héros. Des méchants. Un univers qui l’étonnait de jour en jour. Cardinal dévorait les journaux avec autant d'engouement qu’il les oubliait. Un appétit pour le vide de mémoire qui ne semblait jamais toucher ses souvenirs primordiaux. Ah, qu’il serait bon de recommencer véritablement son existence ! Mais il était las de ce genre de plaintes internes qui venait ruiner ses splendides soirées. Il ajouta de la crème à la neige, avant de placer son sandwich dans le mélange laissant les deux tranches tout absorber. Ses mains n’avaient pas peur d’être salies. Elles étaient faite pour l’artisanat, quand bien même il pourrait être aussi éphémère que la nourriture.

Il saisit à nouveau le couteau et trancha un morceau de beurre, avant de le laisser tomber sur la poêle chauffée. La margarine se mit à fondre, devenant une légère couche de gras. C’était le moment. Le pain imbibé fut tendrement déposé sur le fer. Une minute passa. La pluie était forte. Elle rugissait et cognait la vitre, attendant le retour de son guide. Peu de gens aiment les nuages et l’eau qui en sort. Elle est maussade, triste, l’incarnation de rêves brisés s’écrasant sur les passants. Le malheur des uns qui énervait les autres. C’était un blues à l’état de météo. Des morceaux d’espoir qui pleuviotaient comme le sel et le poivre sur un veau décoré d’ail. Un habillage de sanglots. Il retourna le sandwich, observant le manteau doré de la rondelle. Une autre minute à attendre. Quelle heure était-il ? Il lui semblait que nous étions au petit matin. Il sifflotait. Comme si les larmes de l’atmosphère n’étaient qu’un piano accompagnant sa mélodie. C’était prêt. Ses dents bien humaines croquèrent le pain grillée. Délicieux. Fantastique, même. Mais il était habitué à sa forte capacité dans ce domaine. Ce qui l’étonnerait serait une aptitude à accepter toute forme de rédemption. La ville était belle depuis la fenêtre. Main dans la poche, il les voyait défiler. Des voitures. Des passants. Tout aussi embarrassés par la présence de l’orage les uns que les autres. Des lumières et des klaxons. Et un dragon.



Une seconde…

Dans les draps de la pluie parurent les flammes. Une monstruosité tricéphale absolument dévastatrice. Une horreur parmi tant d’autres. Les yeux blancs du Cardinal passèrent de l’étonnement à la tranquillité à nouveau. C’était peu, comparé aux cauchemars qu’il avait pu observer moult fois. Des mauvais souvenirs parmi tant d’autres. Chacun avait eu son lot de traumatismes. Iscariot n’en avait aucun. Seulement des regrets. C’est la seule chose qui perdurait malgré les âges. Il n’était pas fou. Il n’était pas accablé de visions et de souvenirs désastreux à chacun de ses pas. Les cloches ne le faisaient pas transpirer. Les alarmes ne le propulsaient pas à terre. Il n’avait aucun souci de ce genre. Simplement… la déception. Il avait terminé son petit déjeuné depuis bien longtemps. Dans une situation comme cette dernière, il aurait pu rigoler des évènements, demander à une chérie imaginaire où était son super-costume. Mais il ne faisait rien de tout ça. Il prit simplement son manteau et son parapluie, et sauta par la fenêtre.

Il fusa vers le sol avec toutes les autres gouttes. L’oeil de la tempête, emmitouflé dans son large vêtement violet, son chapeau résistant impossiblement à l’air qui le repoussait lors de sa chute. Il bascula vers l’arrière et laissa son bras se tendre vers le ciel. Son parapluie s’ouvrit, et le voilà qui volait sans soucis. La bête était proche. Un lézard polycéphale sortant de l’esprit d’un amateur de kaijus. Une bête dont la colère brûlante lui permettait de causer des dégâts sur son entourage. Une autre forme de destruction à l’état pur. Cela devenait fatiguant. Les monstres s’accumulaient, mais jamais les fleurs. Il y avait un nouveau danger par jour, mais les miracles restaient rares. Une guerre tous les mois, mais aucune célébration de la paix. Seulement du sang et des larmes, omniprésents comme dans un champ de bataille sous la pluie.

Il lâcha son pépin, qui viendrait atterrir dans ses mains dès qu’il lui serait convenable. Ses jambes étaient solides et sa posture souple. Il n’eut aucun mal à atterrir de la vingtaine de mètres qui le séparait du toit d’un bâtiment. Du ciel tomba un éclair, qui filtra entre ses doigts. Le Parangon de l’Orage l’arracha comme un vulgaire rideau, avant de le secouer comme un fouet. Au final, c’était véritablement un lasso de foudre qu’il faisait tournoyer au dessus de lui. Gigantesque et magnifique. La foudre domptée comme un animal. De sa deuxième main il l’empoigna et de sa première il le jeta. Sa faculté à viser était phénoménale. Et il n’eut aucun mal à attrapper la bestiole par l’une de ses têtes alors qu’elle chargeait vers on ne savait quoi. Ce n’était alors pas tant sa force qui lui permettrait de s’interposer entre la bête et son massacre, mais la fureur du cyclone lui-même, douloureux comme des milliards de guêpes transperçant l’épiderme de leur dards dans la même seconde. Le monstre hurla, trébucha sur un tas de voiture, et s’écroula par terre.



Un tas de voitures ? Et de corbeilles, et de métaux en tous genres. Un amas qui semblait soudé sur place, et qui n’avait pas cédé à l’attaque — fortement sabotée, il était vrai — du perturbateur quotidien de la paix urbaine. Etrange phénomène que voilà. Une simple anomalie ? Impossible. L’assassin d’antan sauta de sa plateforme et s’élança dans un sprint afin de s’approcher de ce gros bloc de ferrailles, le contournant pour arriver en son centre et y découvrir son noyau.

"Oh... Bonjour."

C’était une femme. Une qui sortait un peu du lot par ses yeux verts et sa robe noire atypique. Peut-être était-elle une de ces prêtresses magiques et apocalyptiques qui faisaient surface de temps à autres. Elle avait l’apparence d’une magicienne. Il ne lui manquait que le chapeau pointu. Un regard sur le côté vers le monstre qui se relevait lentement.

"Mes excuses, madame, mais puis-je demander votre aide pendant un instant… Voyez-vous… Comment dire… Je conçois que cette barrière vous appartient. Ainsi, cela signifierait que vous avez des pouvoirs… psychiques ? Métallokinétiques ? Gravitationnels ? Qu’importe… Ce que je vous demande..."

Le hurlement de leur ennemi s’était mis à retentir. Un fracas auditif qui coupa l’Ouragan dans ses dires, lui faisant resserrer les doigts d’un sentiment s’apparentant à un mélange entre une légère frustration et de la déception. Se faire couper la parole n’était jamais agréable, qu’importe par qui. Un autre dragon de flammes et de ténèbres ne pouvait pas avoir plus d’importance à ses yeux que le plus vulgaire des criminels. Posant sa main près de sa bouche pourtant couverte de son écharpe, il se mit à crier à la demoiselle aux yeux verts, espérant se faire entendre dans le vacarme :

"Ce que je vous demande, c’est d’utiliser votre technique la plus puissante sur cette créature au moment où je lui lance une… une grenade électrique !… Est-ce compris ?!"

Ce n’était pas toujours facile de communiquer dans le torrent de bruits et des violences. Il attendait un mouvement de tête, mais la créature ne lui laisserait probablement pas le temps d’observer la réaction de son compatriote. Dans son manteau violet qui ne prenait pas la pluie, le premier des traîtres se leva avant de se diriger vers le monstre debout sur ses quatre pattes. Le vent se compressa dans sa main. L’eau se mélangea à la foudre. Et dans sa main se créa la volonté elle-même du cyclone. Un bâton de dynamite, une tnt destructrice et orageuse. De l’eau, de la glace, de la foudre, des bourrasques, malléable dans sa paume comme une balle de baseball. Il ne ressentait pas d’excessif sentiment de puissance, n’imaginait pas de fantasmes incroyables et cruels sur le manque de limite de ses capacités, ne craignait pas de ne pouvoir contenir cette puissance fantastique. Il n’y avait que du professionnalisme, des réflexes d’une époque lointaine et oubliée. Un geste qui ne rappelait rien du tout, mais fait et refait des dizaines de fois. Conditionné avec son consentement à tuer sans tressaillir, sans cligner des yeux devant le flash de la poudre qui s’allume, sans regretter. Hélas, cette dernière négation était fausse, car voilà que les doutes tentent d’assiéger sa conscience. Ce monstre pouvait-il être raisonné ? Etait-ce un simple animal relâché dans la ville par un savant fou ? Se pouvait-il qu’il soit une divinité lambda souhaitant rétablir un quelconque ordre naturel des choses par la violence ? L’émissaire d’une invasion ? Un léger stress avant l’acte. Il n’était pas un artiste. Il était un professionnel. Il n’avait pas mis d’hydre au tapis depuis cinq millénaires. C’était le premier titan qu’il affrontait depuis cette nouvelle incarnation. La rage fulgurante dans le creux de sa main semblait gronder, vrombir, comme une tondeuse impatiente de ratiboiser le jardin. Le Justicier allait déraciner une mauvaise herbe, qu’importe les vertues curatives qu’elle pourrait avoir dans une autre plantation.

Ses lunettes brillèrent alors que le temps passa à nouveau au ralenti. Il retint son souffle. Il lui fallait être précis. Chaque seconde semblait gargantuesque comme nanoscopique. Il sentit ses muscles se contracter alors que la bête s’élançait vers lui. Chaque veine qui gonflait et dégonflait. Chaque pli de son manteau. Chaque os de son hôte qui changeait de positionnement pour convenir à son geste : il venait de lancer la grenade avec la majesté d’un artificier et la précision d’un graveur. La tête du milieu était sa cible. Et il n’y eut qu’un autre éon à attendre pour entendre l’explosion. Une déflagration de foudre, d’eau glacée, et de bourrasque écrasante. Un cyclone de douleur, sons et lumières, brisant les tympans et crevant les yeux. Mais Iscariot n’en eut que faire. Cela n’était qu’une brise et une étoile filante. Cela ne serait pas assez pour terrasser la bête.

Pourquoi distraire la créature avec une technique puissante mais qui ne pourrait pas la tuer ? Pourquoi délaisser à cette inconnue atypique l’occasion d’utiliser de son pouvoir le plus puissant sur ce monstre hors du commun et pourtant banal ? Il ne savait pas vraiment. Mais inspirer de potentiels talents dans la profession du bien commun était quelque chose qui lui plaisait particulièrement. Jamais il ne put comprendre pourquoi. La demoiselle aux cheveux vert sombre avait le champ libre pour son coup de tonnerre personnel. Il le lui avait laissé. Tel est le Cardinal Iscariot.
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockSam 15 Juin 2019 - 18:59


Une trainée de débris flottait autour d’elle, le regard perçant à jour le défi qui lui était réservée. Survivre, c’était brutal. Un message naturel face à la menace du gigantesque lézard de feu. Fubuki venait de couper son souffle, le temps était à la démonstration de ses capacités, dressant toujours le mur de ferraille. Un flash retenti alors, curiosité improbable qui pulvérisa l’entrain de la bête dans un gémissement houleux. Le strident prononcé du cri monstrueux faisait témoigner de la douleur que ce titan ressentait, boitant maladroitement en arrière, entouré d’arcs électriques. Le visage de l’héroïne se décomposait dans un soupire de surprise, qui qu’il soit il était là, un autre sauveur. Lisant dans la trajectoire du filet lancé sur le cerbère un chemin d’arcs survoltés, elle put identifier l’auteur de cette grande démonstration de force.


Un homme simple descendant à la manière d’un artiste des hauts immeubles. Cet inconnu portait un col, des lunettes et un chapeau préservant en grande partie son visage, ses habits étaient aussi classieux que sa démarche originale. Quel drôle d’interventionniste, il semblait aussi talentueux qu’il était calme, ses salutations marquaient bien ce trait. Un bonjour, puis des excuses pour demander de l’aide dans son affrontement, il voulait que Fubuki use de ses pouvoirs pour affaiblir le colosse. Quelle idée, ce mystérieux combattant pensait savoir mieux que la belle comment vaincre ce titan ? Elle savait très bien que ce genre de dangers gigantesques devaient être mis à terre pour être paralysés au sol. Le hurlement de la créature retentissait pendant les courts échanges, les deux interlocuteurs devaient hausser le ton.

« Ne vous méprenez pas, je ne pourrais que le clouer au sol ! »

L’ombre planait sur les héros, ombre de mort. Puis, l’inconnu se jeta à la bataille. Quel courage, quelle folie, cet homme ne savait donc pas mesurer le danger des choses ? Il s’élançait dans le combat, alimentant dans sa main droite une catastrophe d’énergie, vent, eau, tempête. C’était un fin manipulateur des éléments, une capacité appréciée, enviée par sa polyvalence. La magicienne venait de s’écarter de son mur de débris, elle se concentra un instant, elle allait user de sa puissance entière pour faire chuter le colosse, observant les affaires de son allié en manteau. Tension, hypertension, une explosion foudroyante projetée par le bras de l’artificier, ce déluge des couleurs froides mélangée aux cris de la bête n’aidaient pas à se concentrer. Fubuki n’avait pourtant pas perdu en vaillance, projetant du bout de ses bras tendus vers le lézard une pression incroyable. La tactique était bonne, le coup partait sur l’un des pattes du dragon, ajoutée à la technique du lunetteux, le résultat était prévisible, il était là.

Le bruit sourd de l’agresseur se fit entendre, grondant dans la ville entière, écrasant dans sa chute en arrière la façade d’un immeuble vidé depuis des lustres déjà de toute vie. Le regard de la sœur de Tatsumaki se transforma suite à l’ouverture de cette nouvelle occasion. L’œil vif, elle voyait et calculait comme peu d’autres, soulevant brusquement son mur métallique pour en faire une nouvelle chose. Elle pouvait faire plus, elle pouvait changer le cours du combat. Le bloc d’acier, tout en s’envolant changeait de forme, il se compressait par endroit, se relâchait à d’autres. Ce travail rapide et précis était celui d’une artiste confirmée dans sa magie, créant en dix secondes à peine une lance de 5 mètres d’envergure. Elle ramenait ensuite le bras droit en arrière, armant l’ordre d’un tir, elle était l’officier d’une attaque finale.

Si le cardinal voulait laisser Fubuki briller, il avait réussi, cette dernière se sentait revigorée de vaincre pareil colosse.

Défunte pacidité (Sujet ouvert) 1560600251-serious

Le bras droit élancé en avant, le choc fut violent, les tonnes de rouille percutèrent le torse de la créature écailleuse. L’effet fut immédiat, un tonnerre de grondements, mais aussi une intense lueur chaude émanant du torse de ce dernier. Les braises, le feu, la terreur, tout ce que ce monstre contenait vaguement en lui était relâché, la catastrophe était encore en course. Une vague de lave en fusion s’échappait alors de la blessure du dragon à 3 têtes, cette dernière allait se rependre au sol et en vue de la taille du titan, les dégâts infligés aux sous-sols pourraient être dévastateurs. Que faire dans pareille situation, voilà qui était bien fâcheux. Il fallait être capable, zieutant les alentours, Fubuki devait trouver un élément capable de résister à une grande température pour quelques minutes, le temps que le liquide dangereux refroidisse. Bâtiments, voitures, panneaux, arbres, chantier. Le chantier, une bétonnière, parfait, le ciment saurait rafraichir et ralentir la progression d’une grande quantité de lave. Alignant de nouveaux ses bras vers sa cible, la pauvre femme trésaillait, elle perdait rapidement en endurance et ses deux dernières créations l’avaient épuisée. Elle savait, c’était à mesure d’effort que l’on progressait, une petite action perdue dans les minutes, quelques secondes à sacrifier pour d’autres, aussi pour soi. La conscience, celle de servir, celle de rendre le monde meilleur, c’était un moteur qui l’animait, elle n’était pas qu’une bête vengeresse comme le monstre ici vaincu. Cette application poussée par sa détermination payait, la véhicule était attiré vers la coulée ardente, puis le contenu de la citerne heureusement remplie fut versé.

Le maître des éléments pouvait assister ici à une belle démonstration, moins précise et rapide, mais toujours suffisante. La lave fut refroidie, le camion finissant alors au milieu de cette dernière, lâcher en catastrophe. Oui, Fubuki était haletante, titubant en arrière, transpirante d’un effort trop important. Elle fixait son œuvre, elle fixait le monstre, elle n’avait que lui en tête, cet ennemi vaincu, c’était la fin. Ce combat était court mais difficile, elle y repensait, son intelligence, son alibilité, même avec peu de puissance, il était possible d’être une héroïne, elle le démontrait aujourd’hui. Après cette cacophonie auditive, visuelle et sensorielle, voilà qu’un calme de plomb planait maintenant sur la ville. Le temps se couvrait de nouveau, le temps n’accordait plus sa grâce aux héros. Dans les gravats alentours, personne, seul le son des urgences se faisait entendre au loin, les sirènes des différents services publics, il était temps de partir.

Notre demoiselle se redressa maladroitement, scrutant d’un œil distrait par la fatigue l’éventuelle location de son allié dans ce match court mais dantesque. Fubuki ne le vit pas immédiatement, se dirigeant alors vers un quelquonque bâtiment ayant échappé au drame pour éviter la pluie prochaine.  Elle disait ne pouvoir que mettre la bête à terre, elle l’avait en fait vaincue. Un exploit, ou bien la découverte de capacités plus grandes qu’espérées.


Pas d’acclamations, seule la victoire.

C’était suffisant, elle ne désirait pas plus, dans cette épreuve de force, elle avait su faire face à Goliath, ce monstre était facilement capable de détruire une mégalopole entière, un drame avait été évité. Peut-être qu’Atomic Samouraï serait intervenu dans un combat plus long, ou bien un autre héros de renom, mais ce n’était pas arrivé. Fubuki était suffisante. Cette occasion, cette satisfaction, elle ne l’aurait peut-être pas eu sans cet homme maitrisant la foudre, cela la faisait mijoter. Finalement, était-ce vraiment sa victoire ? Oui, elle se convainquait que oui. Elle fit une halte dans le hall de la gare, lieu de destination original, elle se reposait sur un banc, beaucoup de monde s’y était entassé à cause de l’attaque du dragon flamboyant. Elle y pensait, le nez rivé vers le sol, la tête dans les nuages. Il pleuvait maintenant.

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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockDim 23 Juin 2019 - 15:44
"Excellent boulot !"

La gare grouillait de survivants, mais ils n’étaient qu’un seul ingrédient de cette mixture concentrée dans ce bâtiment où les transports en commun s’aggloméraient. Il y avait de la peur, de la panique, de l’ennui, des pleurs, des soupirs, des larmes, de la colère, de l’eau sale sous des bottes, des queues pour aller aux toilettes, des distributeurs vides ou en panne, des bougonnements, des gargouillis de ventre, et la pluie qui se fracassait contre les vitres. C’était un véritable cocktail de malaise, remué brutalement, un mélange de dents crissantes et de climat lourd. Pesant comme le soleil du désert après le passage du déluge. De l’air douloureux. Bruyant comme un mariage et gênant comme un enterrement. Une salle de classe où tous étaient le cancre qui se plaignait et l’introverti qui désirait passer à la suite. Dans cette cave où l'écho résonnait comme une cascade d’amazonie sur les tempes de chacun, le Cardinal Iscariot avait surgi derrière la demoiselle qu’il avait transformé en héroine du jour avec quelques effets sons et lumière. En vérité, il avait penché sa tête sur le côté, apparaissant à la droite du visage de la magicienne… et peut-être trop proche d’elle, en fait. C’est pourquoi il se redressa bien vite. Se réhabituer à être un membre d’une forme de vie intelligente prenait du temps. Ils avaient un espace personnel qui leur était important. Une zone de confort, en quelque sorte. Il restait derrière le banc, son parapluie au dessus de son chapeau, le protégeant de quelques gouttelettes traversant le toit grâce à une fente. Son entrée aurait pu appeurer son interlocutrice, c’est vrai… Mais du bon côté des choses, il était certain d’avoir son attention.

"Pour être cloué au sol, il l’est. Définitivement, d’ailleurs. Les forces de l’ordre et de contrôle de phénomènes hors du commun devraient se charger du corps de la créature. Et vous, je pense que vous aurez une fantastique médaille ! C’est un grand jour, non ?"

Il la regardait à travers ses lunettes, mais l’autre ne pourrait renvoyer la pareille : ses binocles étaient aussi brillantes que l’éclair, cachant des pupilles peut-être monstrueuses, ou peut-être absolument banales. Deux yeux de la tempêtes derrière du verre fantastique. Il pourrait écrire des dizaines de centaines de métaphore sur sa propre condition, accumulant les best-sellers sur sa ridicule poésie où il ne ferait que s’auto-décrire. Mais l’orgueil n’était pas de son côté. Il était confiant en ses propres capacités, mais il n’était pas vaniteux. Ou l’était-il ? C’est une ligne bien trouble qui sépare l’aplomb du narcissisme, après tout. À quel moment est-ce que cela devient une fierté indésirable ? Celui qui veut rassurer son entourage par rapport à sa faculté à assumer son rôle dans une communauté peut devenir rapidement agaçant. Iscariot se décida à conclure qu’il était capable de faire ce que son expérience lui permettait de faire. Il lui était impératif de permettre aux autres d’approcher cet état de contrôle de soi-même qui offrait un soulagement interne si grand. Ce rôle de mentor, il le prenait régulièrement… aussi régulièrement qu’un être éternel dans un perpétuel cycle de réincarnation puisse le faire. Sa main libre fila dans une poche avant de son manteau, avant d’en ressortir avec une barre de chocolat, qu’il tendit à la vainqueure de l’affrontement avec le dragon tricéphale.

"Tenez. Il est important de s’alimenter en sucre après un effort physique et mental important. Et puis, après l’effort, le réconfort. Aurais-je tort ?"

Sa voix était agréable à entendre. Comme celle d’un joyeux oncle dans une situation financière plus stable que celle de vos parents qui viendrait visiter et vous apporter des cadeaux hors du commun lors de votre anniversaire. Le berger de l’orage semblait être une lumière perçant le gris des nuages. Un comble, d’une certaine manière. Iscariot était capable d’avoir l’air d’une figure paternelle dans une gare comblée et pleine de malheurs et de hurlements. Une fois son offre acceptée, il se lança dans une nouvelle phrase, tout en marchant autour du banc pour s’y asseoir à côté de la psychiste.

”Vous avez très peu de confiance en vous, pas vrai ? Je ne cherche pas à vous déstabiliser, en parlant ainsi. Mais soyons honnête : ce “clouer au sol” n’était pas supposé être mortel envers ce monstre. Et vous voilà en train de digérer l’acceptation de vos propres capacités. C’est une chose d’être humble, une autre de se sentir faible. Vous conviendrez que pour une personne se jetant dans un combat pour en défendre d’autres, cela est bien paradoxal."

Comment deviner que la femme aux cheveux qui se relèvent rarement était de ceux et celles qui défendent les faibles ? Un personnage avec des pouvoirs truculents mais un égoisme important aurait simplement fuit la scène, et laissé le Parangon de l’Orage distraire l’immense reptile pour assurer sa survie. Iscariot aurait pu terrasser le danger à lui tout seul. Il ne se mentait pas à lui-même. Mais il était assez altruiste pour laisser le moment de gloire à ceux qui en avaient besoin pour se rendre compte de leur potentiel. De là, il tentait de les guider vers la réalisation de ce même potentiel. Et il fuyait la scène en laissant derrière lui un gardien.

”Qu’est-ce qui vous a conduit à vous déprecier de la sorte ?... Oh, une seconde, attendez… Pardonnez mes manières. Quel est votre nom, avant tout ? Car il serait dommage de continuer une conversation avec une telle héroïne si on ne connaît même pas son patronyme."
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockMer 26 Juin 2019 - 7:55

La pluie ruisselait sur les toits puis tombait contre le carrelage de la gare. Dans cette atmosphère unique mêlant l’appréciation d’une victoire et le cataclysme causant cette dernière. Le bruit était régulier, elle n’entendait que ce retour régulier, une horloge. Du temps, il lui fallait du temps. On pense et on soupire, son visage n’était marqué d’aucun trait anxieux ou joyeux, une neutralité étonnante, contraire aux lys de la bataille dernière.  Ce n’était pas la première fois qu’elle sauvait des vies, mais le gout de ce passionnant métier était sans arrêt altéré par des objectifs bien plus égoïste. Cette prise de pouvoir, cette confrontation des deux sœurs.

Plus de flot, une variable brise le calcul.

Un visage, un léger éclairage. C’était ce qu’elle avait sous les yeux, deux projecteurs de fortunes l’interpelant immédiatement, cette tête aussi, bien trop près. Fubuki eu un petit sursaut de surprise, instinct naturel, il avait donc suivi l’héroïne. La psychiste avait du chemin devant elle, montagnes, gares et mers immenses, des aventures qui la privait d’une pause trop longue. Faisons une exception, il a l’air insistant. Elle se redressa, elle se tenait même debout, elle n'avait pas le choix pour faire face à son drôle de visiteur. Quelle idée avait ici son interlocuteur à se tenir dos à sa conversation. Les cas rares, les maîtres élémentaires, les héros et personnages puissants avaient souvent des caractères atypiques, c’était la traduction d’une évolution différente qui apportait des expériences singulières. Il était d’eux.

Ce n’était pas dans le but de tailler quelques éloges uniquement que vint à Fubuki ce mystérieux maître des eaux, il préférait aborder un sujet piquant pour la magicienne : sa confiance en elle. Quelle chose importante était-ce, sans se connaître soi-même, l’on ne connait personne, et on perd ainsi chacune de nos batailles. Debout, elle accepta le chocolat tendu par cet homme encore inconnu, elle le rangea dans son sac à main qu’elle portait dans ses voyages. Le faciès de la sauveteuse ne s’était pas bien amélioré, un maigre remerciement, un banal sourire, mais toujours une mine neutralisée par des fantômes moraux.

« Merci. Je garde ça pour plus tard. »

Malgré les lunettes couvrant le visage du mister, sa voix était grave et rassurante, ses mots, murement choisis pour inspirer une certaine détente. Le sujet poursuivi ne fut cependant pas propice à d’aussi belles intentions. Aussi poli qu’il pût l’être, le chaman s’avançait beaucoup sur la mentalité de son interlocutrice. Enrobé à travers mille tissus, une critique en reste une, toujours aussi franche et directe aux yeux de celle qui avait vaincue un dragon. Un vent de fraîcheur fondait dans la gare, l’expression de Fubuki était plus fermée et froide sans pour autant être agressive.

« C’est surtout cette créature qui était bien plus faible que ce que je pensais. Vous n’êtes pas plus qu’un autre capable d’offrir des vérités à mon égard. »

Rabattement de caquet, l’homme au chapeau allait devoir faire preuve d’une certaine mesure, amener le sujet intelligemment et surtout ne pas donner cet air absolu bien au-delà du bienveillant. Les lunettes du héros pouvaient briller le temps qu’elles voudraient, elles ne suffiraient pas à en faire un sociologue idéal. Ou bien était-ce un sale caractère refermé, dont les fautes commises étaient bien celles de Fubuki seule ? Toujours aussi vif, l’inconnu interrogea directement sa destinataire sur les raisons d’une dépréciation. Fronçant son regard, elle aurait bien quitté cette scène tournant aux règlements de comptes moraux. Ce devait être là un être bien confiant pour tenir pareil discours en toute sérénité.

Puis vint la résonance d’un gain de temps, peut-être qu’il avait vu la face désengagée de son compère, préférant changer de sujet. Il demanda quel était le nom de cette sorcière télékinésique. Par nature personnelle, elle ne communiquait jamais trop de chose sur sa vie personnelle, préférant éviter la diffusion de son nom de famille. Cela pouvait paraitre dérisoire à l’époque de l’information, le code était ici idéologique.

« Je m’appelle Fubuki. Et toi l’audacieux, j’aimerai bien savoir qui es-tu donc. »


Le tutoiement était arrivé de manière rapide, la combattante n’allait pas se faire impressionner de la sorte, elle était cheffe d’un clan renommé de héros. La bataille récente pesait de moins ne moins sur son esprit. D’ailleurs, elle fut curieuse de plus de choses qu’un nom commun. Sa mine se revigorait un peu.

« Et d’où viens-tu donc ? Avec de tels pouvoirs, je n’ai jamais entendu parler d’un héros de ton genre, tu n’es même pas classé. »


Une partie des preux de notre monde moderne répondaient à des situations professionnelles. Les braves du classement des héros recevaient des financements de leur état local la plupart du temps pour leur permettre de vivre de leurs services.

Des pouvoirs de démiurge entourés d’un voile de mystère.

Il cachait ainsi une bonne partie de son identité, ses correctrices, ce chapeau, ce long costume. Il paraissait simple mais s'embêtait de bien des apparats pour ne pas se faire reconnaitre. Peut-être avait-il des choses à se reprocher, ou bien n'était-il pas le bon samaritain qu'il prétendait être. D’ailleurs, cet homme trouble devait répondre de sa précédente interpellation, lui qui cherchait à exercer ses thérapies sur Fubuki, il allait répondre de ses actes. La moue reprenait du sérieux, loin de l’animosité, c’était autoritaire.

« Pourquoi tu es revenu auprès de moi après ce combat ? »


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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockDim 30 Juin 2019 - 19:32
Oh. C’était un défaitisme pseudo-réaliste plus grand que prévu. Le monstre était supposément plus faible que ce que la maîtresse des chocs mentaux avait prévu. Elle n’avait pas l’air d’apprécier les sondages du regard lumineux et invisible de l’oeil de la tempête. Il fixait l’horizon, comme un touriste déçu du paysage. Déçu de tous ces hommes et ces innocents qui venaient d’être sauvés et qui ne s’en rendaient même pas compte. Ou bien déçu d’autre chose ? Qu’est-ce qui pouvait le rendre légèrement mou, sans aucune raison apparente ? Probablement un simple contre-coup. L’ennui et sa soeur la lassitude qui revenaient jouer sur son souffle comme deux gamins sur un toboggan. L'événement impressionnant du jour s’était escompté en quelques clignements. Comme un éclair qui disparaît dans le ciel avant qu’on ne puisse témoigner de son éclat. Deux doigts qui claquent et voilà le monstre à terre. Et puis cette mélancolie s’effaça. Ses sourcils adoraient froncer pendant quelques minutes sans aucun but, après tout.

”Ne confondez pas sa faiblesse et votre force. Il était tout aussi destructeur dans votre tête qu’au milieu de cette rue. Vous, ce n’était pas le cas. L’erreur de jugement est différente du manque d'aplomb."

Il parlait de sujets fâcheux sans trop de soucis. On pourrait le critiquer de même, et il accepterait. C’était un être qui avait de l’assurance, oui. Mais même ça ne pouvait le faire sortir de sa propre digue qu’était ses échecs d’antan. Il ne savait pas quel chemin emprunter pour prendre son manteau et dire au revoir à ses démons internes après un souper long et insupportable. Aucune porte pour fuir le sentiment d’avoir pu mieux faire il y a quelques dizaines d’éternités de cela, alors que ce n’était que des bribes de souvenirs qui flottaient autour de lui comme des feuilles orangées d’automne. Le nom de la demoiselle lui parvint aux oreilles. Un nom un peu atypique. C’était...

"Fubuki ?... Est-ce japonais ? Ou juste asiatique en général ? Oh… Mes excuses, il ne me semble plus que les pays existent avec cette unification totale de la Terre… Moi ? Mon nom est Cardinal Iscariot… Le premier est un prénom, mais on aime le prononcer comme un titre. Il me semble qu’il est utilisé pour classifier des religieux sur Terre..."

Iscariot n’avait pas vraiment quoi que ce soit à faire du tutoiement. Il vouvoyait parce qu’il y était habitué. De supérieur en supérieur, puis de cordialité à cordialité, il était venu à ne plus dire “tu” du tout, hormis en face de nourrissons qui ne verraient en “vous” qu’un pluriel et sombreraient dans la confusion face à leur apparente solitude dans la conversation. Mais d’où venait-il ? D’où venait le Parangon de l’Orage ?

"Je ne suis pas un héros. On m’a régulièrement appelé ainsi, mais je considère m’être salis les mains plus que je ne me les suis nettoyé. On pourrait dire que je ne fais rien de véritablement mal depuis quelques millénaires, mais c’est sans compter le temps où je ne suis pas conscient, et… Mmmh… Je m’élance dans des explications compliquées sans poser aucun fondement..."

Il pencha la tête sur le côté un instant, avant de la repositionner comme elle l’était. C’était un simple mouvement de désapprobation personnelle. La soudaine réalisation qu’il était parti dans une tangeante inutile et ridicule. Il plaça ses mains devant lui, un réflexe typique de ceux qui veulent tenter de simplifier leur discours.

"Mon existence est atypique, oui. Pour faire court, je suis un être qui disparaît et réapparaît à intervalles irréguliers dans cette partie de l’univers, et qui “vit”, entre guillemets, depuis très longtemps… Un minute, vous aviez dit “classé”, tout à l’heure… Vous classez des héros, à cette époque ?"

Y avait-il une organisation de héros ? Ou bien est-ce que ils étaient comme des policiers ? Des phénomènes ? Ou bien comme les X-Men qui paraissaient dans les cinémas tous les ans ? Cardinal gratta légèrement le côté gauche de sa tête, ainsi que ses cheveux sous son chapeau. Les cheveux de son hôte, un rescapé d’une guerre quelconque qui sauta d’un pont dans un moment de panique et de désespoir. Iscariot naissait dans des morts qu’il considérait quelconques. Quoi qu’il avait rencontré Quatre durant l’une de ses renaissances. Un dialogue qu’il avait apprécié. Il était heureux quand il gagnait face au Masque de Fer. Que faisait-il, d’ailleurs ? Cet artiste dégénéré était probablement en train d’étrangler des chatons tout en hurlant qu’il révolutionnait les techniques de gouaches. Enfin, passons.

"Pourquoi suis-je revenu ? Je pense que la raison est simple : je n’ai rien de mieux à faire. Les monstres défilent, mais que puis-je faire entre une créature apocalyptique et un serial killer hors du commun ? Cuisiner ? Certes, mais la gastronomie n’est pas une activité qui fait passer les secondes de ma vie… Alors je ne fais juste que tenter de guider ceux qui, je pense, pourraient porter les étendards de l’espoir et du bien."

Il soupira.

"J’ai de l’expérience en matière de s'avilir, Fubuki. Des cahiers entiers remplis à foisons d’insécurité et d’un pessimisme que je croyais simple logique… Il m’est important d’éviter des années d’anxiété et d’appréhension personnelles à ceux qui me font me souvenir de périodes antiques de ma vie. Mais il est peut-être vrai que ma… capacité à dialoguer sans marcher sur les pieds des autres ait pu empirer avec le temps. Je m’excuse de toute froideur, de tout manque de tact que j’ai pu commettre."

Il resta silencieux un instant. Avant de lever la tête. La télévision, accrochée au plafond, était allumée. Les négociations entre les guerriers de l’espace et le Roi de la Terre au sujet de la libération semblaient continuer sans soucis. Mais un frisson parcoura sa nuque. Et d’un coup… le temps s’arrêta pour lui. Aucun bruit. Seulement sa respiration. Il agissait uniquement sur un coup d’instinct. Le plic-ploc de la pluie dehors. Les aiguilles des montres qui tiquent. L’empoignement de son coeur. Pourquoi donc agissait-il ainsi ? Se levant devant la sorcière psychique, il avança un peu.

Chef de la terre démoniaque. Fierté absolue des deux camps. Il y a un hic. Il y a un hic. L’horloge avance, le temps continue, tic, tic.

Le coin de son oeil vit une étincelle se déclencher. Une bombe ? Un explosif ? Quelle était l’ampleur de ce détonateur ? Aucune véritable réflexion ne put suivre. Seul un réflexe : le muscle de son bras qui se tend soudainement. L’arme qui glisse dans sa main. Le fracas infernal de la balle qui part et transperce le bout de métal caché sous des pavés. La splendeur de toute sa capacité à se concentrer sur un objectif. Les gens paniquent et sortent, comprenant dans ce coup de feu le début d’une catastrophe. Mais la catastrophe venait d’être évitée. Iscariot releva le visage. La télévision afficha un flash spécial. Une urgence. Une hécatombe : des dizaines de centaines de milliers de personnes venaient de mourir dans un éclat soudain. Seishiro Kasai ou bien les diplomates de Végéta venaient de mettre un terme à la vie d’une énorme partie de la planète. Il rangea son arme dans son manteau. Des milliards d’êtres humains, évaporés comme l’eau lancée sur un radiateur.
Il se baissa vers l’explosif dont la mission avait été avortée au dernier moment. La terre brûlée par un doigt pressé contre un bouton. La main du premier des traîtres arracha la boîte de fer après avoir déblayé les pavés aux alentours. Elle avait été installée là depuis un moment. Quelqu’un avait prémédité un holocauste.

"V-vos… Vos héros… Pouvez-vous les contacter ? Leur dire de s’occuper de… ça ?"

Il pointa nerveusement l’écran allumé. Un choc émotionnel, un parmi tant d’autres, rares mais puissants. Ces derniers étaient fort peu agréables. Les hécatombes ne devenaient jamais plus faciles à encaisser avec le temps.
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockMar 2 Juil 2019 - 8:43


L’être social, celui qui cherchait à comprendre les autres. Bête curieuse aux atouts nombreux, il pouvait faire envie par son aisance, il pouvait faire peur par ses capacités. Mais il voulait juste être écouté, conseillé des preux, des braves. Fubuki le sentait, un attachement singulier à cet homme des tempêtes. Était-elle effrayée de cet inconnu intrépide ? Pas encore. Non, car l’analyse et la compréhension de l’autre sont une clef essentielle à la prise de décision. Elle restait donc en retrait, écoutant son interlocuteur avec un intérêt certain. Il ne se voulait pas mauvais, bien au contraire, comme précédemment, il étalait son optimisme, mais aussi quelques compliments pour la belle. Oui, il se travaillait suite aux remarques, désireux de ne pas froisser d’avantage son interlocutrice.

L’attention était louable, mais attendue.

Ça ne trahissait pas le cœur bon de l’homme, lui-même qui s’intéressait à l’identité rapidement projetée de la psychiste. Elle ne s’était pas étendue là-dessus, elle avait juste eu la politesse de répondre au curieux. Ce n’était pas un mal de le voir aussi jovial dans les échanges, il se rapprochait plus du bon bougre maladroit que du psychopathe dissimulé. Cela avait au moins l’effet de calmer les inquiétudes de l’héroïne à qui ça ne dérangeait pas d’en dire un peu plus.

« Oui, je suis Japonaise, il n’y a pas de mal. »

Cardinal, voilà un prénom rare, ou un titre bien présomptueux. L’expression de Fubuki fut non pas dérangée, mais interrogée. Qui était-il à sembler si perdu de la situation de notre monde ? Il avait l’air de découvrir comme s’il l’avait appris hier que la Terre était unifiée. Peut être était-il simplement ébranlé par son combat, il avait fait témoignage de grandes ressources par son jeu électrique. N’avait-il pas sacrifié toute son énergie dans cette intervention ? Qui sait quels efforts il donnait pour ne pas avoir l’air de crouler sous la fatigue… Pourtant il ne semblait pas amorti. Elle lui avait donc demandé son métier, il était un héros, sans doute, ou bien, venait-il d’ailleurs ? L’univers était vaste et des visiteurs de l’espace étaient fréquents depuis ses dernières années.

Mais il n’était pas un héros. Car c’est une foule qui vous transforme en cet être apportant l’espoir.

Semble-t-il il avait échoué, faisant couler le sang. Il était donc reconverti sur cette voie de la lumière, lui qui était si empathique, Fubuki ne l’aurait pas vu abattre les fondements de notre société pour des motifs égoïstes. Une mention importante fit s’écarquiller les yeux de la jeune combattante.

« Des millénaires ? »

Elle le soupirait avec une certaine frayeur, comme si elle avait touché un objet maudit, découvert un corps ou reçue son bulletin de notes. Rien de tout cela, la mort devant les yeux. Oui, s’il disait vrai, il était bastion du temps, oracle des temps anciens, voici une nouvelle particularité de l’homme des pluies. Fort heureusement, Cardinal avait lu dans les yeux de la magicienne les fruits d’une incompréhension justifiée. Fubuki s’appuyait de sa main droite contre le dossier du banc sur lequel elle était auparavant assise, éberlue, diminuant le visible au possible. Cet homme n’en était pas un, il était une entité vivant à des époques différentes par l’intervalle de sommeils.

Puis, il changeait de sujet, imaginant là que tout ceci ne serait qu’une formalité.

Mais non, bien sûr que non.

Elle fut prise d’une certaine hâte lorsqu’il commença à parler de classement, cette réponse là n’avait plus vraiment d’intérêt. Qui était donc vraiment ce Cardinal, au-delà de la définition sommaire qu’il se faisait ?
« Attends, tu… » Elle cherchait ses mots, elle l’avait juste coupé pour manifester son attention sur ce sujet, sur son histoire.

« Tu n’es pas un humain. Pour vivre des millénaires et avoir de tels pouvoirs, qui est-tu donc vraiment? Un alien ? Un dieu ? »

Quelle curiosité révélée, mais ça corrélait. Tout terrien serait bien surpris de rencontrer pareille existence, en espérant qu’elle soit toujours plus incroyable à chaque parole. Toujours aussi surprise de l’identité de son interlocuteur, elle en demanda plus, cela contrastait bien avec la première impression nonchalante.

« Je veux dire… Ce serait assez incroyable de pouvoir parler avec une personne aussi ancienne. »

Elle avait un instinct scientifique, une certaine culture, ceci la motivait à en savoir davantage. Il en ajouta, il revenait pour le plaisir de vaincre le mal, avec le sourire. Au délà de ça, il fit mention du véritable but de sa mission : Relever l’étendard vaillant des espoirs, en somme, il cherchait à guider certains héros. Elle était donc cible de ce choix hors du temps ? Par quelle mesure avait-il prit sa décision ? Sans doute le hasard, oui. Car ses grands pouvoirs, il semblait être un bonhomme simple filant au rythme du vent, porté à son destin. Tout ceci expliqua les premiers abords étranges du Cardinal, mais il s’excusa malgré tout, agréable.

« Je te remercie, je comprends mieux maintenant… »  



Il aurait surement parler d’avantage, elle aussi.

Tic Tac… Bizarre. Oui, si elle n’entendait rien, Cardinal lui fut aux aguets. Il avait dégainé, tiré, exécuté une sentence sans nom dans le calme le plus totale. La maitrise du personnage était grande, la détonation aussi, celle d’une arme, les cris suivirent. Spectatrice d’une fuite totale des réfugiés, Fubuki fut aussi témoin de la capacité du de son interlocuteur à désamorcer des bombes. Une frappe précise qui vint annuler la l’explosion d’une arme de destruction massive, il avait fait le nécessaire. Ceux qui fuyaient en pensant à leurs fins étaient en réalité sauvés, la psychiste était muette un instant.

Rapide comme l’éclair, ses yeux brillaient la foudre. Il avait le regard qui tue, et un revolver.

Elle se couvrait la bouche de ses deux mains, étaient-ils sur le point de tous mourir par un attentat aussi inattendu que dangereux ? Incapable de sentir le danger, la pauvre aurait été vaporisée en un instant. Hors des dalles, le détonateur était massif, impossible cependant d’en définir la puissance. Fubuki fit deux frêles pas en avant, contemplant encore l’engin, puis Cardinal qui demandait à ce que l’on contacte l’association des héros.

Elle hocha la tête, dans ses yeux l’on voyait un mélange chaotique d’angoisse.

Mais le sol tremblait quand même, c’était lointain, mais annonciateur d’une peine rependue bien au-delà d’une ville seule. Elle savait, elle le sentait. Les larmes coulaient, des milliards de personnes venaient de perdre la vie. Les secousses lointaines se multipliaient, trois ou quatre. Elle était tremblante, oui, dans cette situation, même l’antique Cardinal avait peur, tout le monde mourrait. Elle se dépêcha néanmoins de sortir son PDA de sa sacoche, elle pianota à folle allure pour constater la perte de contact avec le QG de l’association des héros.

Située dans une grande ville, la tour des héros avait sans doute été détruite.

Sans en dire un mot, elle vérifia les positions tracées de certains héros, notamment sa sœur. Fort heureusement, Tatstumaki était en campagne, Atomic Samouraï dans cette ville épargnée, aucune connaissance de Fubuki ne manquait, quel miracle. Ils étaient tous partis pour des raisons ou d’autres loin des capitales. Un miracle dans une tragédie.

« Je vais appeler le héros le plus proche. »

Disait-elle alors, le visage rougis par l’émotion, les yeux aussi. La magicienne envoya donc un message de S.O.S à sa précédente rencontre, le combattant atomique désigné comme troisième plus puissant héros sur Terre. Qui que soit ce Seishiro Kasai, il paierait au nom du monde entier. Si Cardinal voulait jouer un rôle de guide, c’était le bon moment pour la planète entière d’être unifiée.




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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockMar 9 Juil 2019 - 0:51
Pas de réponses à ses questions. Qui donc classait les héros ? Etait-ce un effet de ce… “capitalisme” qui amenait à lui toute discussion politique humaine ? Une tornade métaphysique, un aspirateur à sympathie commune… Tous ceux qui en parlaient creusaient des fossés entre leurs amitiés. Une commercialisation de l’héroïsme ? Ou alors une organisation ? Une sorte de guilde de mercenaires ? Peut-être une sélection ? Choisir les génies assez géniaux pour devenir des symboles de paix et de sûreté ? Parcourshéroïque.com. Ou bien... Une industrie des champions terriens ? Des machines créant à la chaîne des braves ? Tels l’arme X des bandes dessinées traînant dans les magasins, ils seraient clonés, expérimentés, puis relachés dans la nature pour étaler leur bienveillance surnaturelle ? Non, non, il était probable qu’il y ait trop de conventions interdisant ce genre de pratique. Cependant… il y avait beaucoup de crimes de guerre perpétuellement répétés malgré toutes les règles mises en place. On pouvait s’attendre à n’importe quoi, finalement. La beauté de l’immortalité se trouvait dans le ridicule qui s’offrait aux yeux de l’éternel… Mais il n’était pas tant impérissable qu’il était régulier dans l’art de la disparition et de la réapparition aux yeux de tous. De temps à autres, un corps reprenait vie entouré de multiples éclairs et d’un tonnerre assourdissant, avant d’aller récupérer quelques vêtements pourpres chez le tailleur le plus proche, attendant l’arrivée de son parapluie préféré pour prendre son envol. Son hôte actuel lui plaisait bien.

”Alien… Cela fait un moment qu’il y a des Saiyen qui voyage de planète en planète. Rien ne me différencie de leurs membres ne possèdant pas de queue… Ne soyez pas étonnés par des extraterrestres capable de vivre longtemps... Mais, oui. Je suis d’appartenance aux deux, d’une certaine manière. Evitons de m’appeler “dieu”, cependant. J’ai… quelques mauvaises relations avec le concept. "

Sa voix était qualifiable de douce, de paternelle. Ce n’était pas le cas de sa façon de parler. Il entrecoupait ses phrases de silence, posait des inflexions aux mauvais endroits. Tout cela était comparable à ces enfants qui, lors d’entraînements à la lecture, baissaient la voix à la fin de la ligne et non celle de la phrase, avant de reprendre maladroitement leur oralisation des écrits devant leurs yeux. Son vocabulaire était impeccable, bien qu’il y eut une dissonance due à l’association de terme atypique voir appartenant au vieux français avec le parler de nos jours.

Mais là n’était pas le sujet de sa réflexion.

La fumée du revolver fuyait vers les nuages, alors que des journalistes au regard vide bégayaient les informations qu’ils devaient relayer dans la petite boîte lumineuse au dessus de sa tête. Cardinal rangea rapidement l’amas de métal dans son manteau avant d’en sortir un tout autre. Un petit téléphone portable, qui s’ouvrait et se fermait. Quelque chose de tellement arriéré qu’il n’avait pas d’obsolescence programmée, mais pouvait voguer sur le World Wide Web ainsi que prendre des photos. C’est pour cette seconde tâche qu’il avait décidé de profiter des multiples capacités de la petite machine dans sa main gauche. Lâchant le parapluie, et le laissant flotter dans les airs, il photographia à plusieurs reprises le morceau de ferraille appartenant à l’explosif percé dans l’utérus de son hécatombe, un bout de meurtre rouillé qu’il plaça dans sa poche après inspection, laissant la caméra tâcher sa pellicule de davantage d’images représentant le reste de la bombe. Tout cela fut rangé, laissant Iscariot reprendre le manche de son pébroc de l’une de ses menottes.

”Un seul ?... Non, non, ils doivent être tous occupés… Beaucoup de… métropoles anéantis. Une décimation. Non, une quinquémation. Pire. Duomation. Est-ce même du français ?... Me ressaisir doit redevenir la priorité. Je m’excuse. "

Il parlait ainsi sans même reconnaître qu’il était face à Fubuki. Il était simplement entouré. Et il informait si difficilement cet entourage composé d’une unique personne de son anxiété si silencieuse pourtant si dure. Un silence qui empoignait l’estomac de l’homme dont il tenait le corps et qui faisait tiquer ses paupières sous ses binocles. Frustration. C’était de la frustration. Comment donc pouvait-il la faire passer ? Il n’avait pas de sueurs froides, ni de souffle fort et rapide, ni de tremblements corporels. Simplement un esprit fortement occupé. Assez pour troubler quelques-uns de ses mouvements, mais pas pour affaiblir sa masse corporelle. Seul l’immortel parasite était touché. Sa marionnette n’était pas un bon hôte quand il était question de présenter ses sentiments sur son faciès ou sous son épiderme. Il avait mal au ventre. C’était tout. Il y avait eu du progrès durant les deux cents dernières années. Au moins, sa peur pouvait se manifester dans son abdomen. Ce n’était pas le cas avant.

”Suivez-moi. S’il-vous-plaît."

Il quitta d’un pas rapide la gare, avec Fubuki derrière lui. Quelques secondes de marche hâtive, précédant un arrêter soudain. La lumière des deux verres dans l’obscurité se dirigea partout dans les alentours. À droite. À gauche. De la fumée de partout. Son bras droit, la main ouverte avec la paume vers la gauche et les doigts serrés, se mit à faire quelques mouvements à la manière d’un militaire envoyant ses troupes à plusieurs points de contrôle d’un champ de bataille. Des bouts de l’énorme cumulonimbus qui siégeait au dessus de leur tête partirent dans les directions montrées. Ils se dirigeaient vers les sources de fumée. Il n’y en a pas sans feu. La pluie éteindra tout cela.

”Que peut-il faire, votre héros ? Une idée de ses capacités ? Un pugiliste ne serait pas de grande utilité pour déblayer… des débris… Quel type de bombe se trouve en face de nous ? La pluie n’est d’aucune utilité contre... les flammes radioactives."

Des gens fuyaient ici et là. Le bruit des sirènes s’approchait. Des alarmes qui se déclenchaient partout dans la ville. Pompiers, ambulanciers, flics en tout genres se démenaient pour sauver un maximum d’individus. Un meurtre de masse admettait un avantage : il n’y aurait pas d’énormes foules en panique pour compliquer l’affaire. Échapper au désastre serait leur principal objectif… Penser ainsi n’était pas bien noble, mais c’était logique. Plus de morts, moins de gens à sauver, de survivants à gérer...

”C’est mauvais… Je ne sais pas quoi faire...”

Une concentration délabrée. Il n’y avait personne qu’il pourrait appeler. Ses pouvoirs destructeurs ne pouvaient sauver les gens de leur mort prématurée. Il pouvait éteindre des flammes et soulever de la poussière. En attendant, on mourrait de corps en pièce et de pierres transperçant l’estomac. Un autre rôle inutile, dont il ne tirera qu’un autre surnom à poser sur son mur. Non… Non, il avait au moins sauvé cet arrondissement. Il avait permit à une gare de s’en sortir. Donc, des trains. Donc, des moyens de locomotions de masse. Oui… Oui ! Oui, c’est ça. Il se tourna vers la demoiselle aux pouvoirs mentaux.

”Êtes-vous capable d’envoyer un message... télépathique à tous ceux dans cette ville ? Leur dire de se rendre à la gare pour attendre les se-cours ? De là, il sera… extrêmement facile de leur transmettre quelconques instructions… À moins que vous connecter à plusieurs milliers... d’esprits à la fois durant une longue période de temps soit une chose… mmh… aisée, pour vous ?”

Seishiro Kasai jouait dans la cour des grands, à présent.
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockJeu 11 Juil 2019 - 9:19


Bafouée dans sa beauté, dans sa paix, pauvre Terre. Seul les ténèbres et les cris, mille milliards de perdants, c’était le jeu du diable. Le tremblement, la cacophonie appuyée, les sanglots, tout était mort. Le temps se mourrait à l’image des pensées enthousiaste de notre Héroïne, il n’était plus question de défi ou d’aventure, c’était la survie. Monde injuste qui avait repris ce qui lui appartenait, mettant à la disposition de l’Homme le moyen de s’auto-détruire. Qui aurait pu penser qu’un mortel saisirai cette occasion. Les paroles de Cardinal sonnaient comme un tambour appuyant cette mélodie sinistre. Les capitales étaient détruites dans une proportion qui le laissait lui-même sans voix. Mue dans l’émotion, les deux personnages ne savaient réellement quoi faire.

Tous les terriens étaient aujourd’hui unis sous l’oriflamme de la terreur.

Quel héros pourrait ici sauver le monde ? Si ce n’était pas le feu de la guerre qui aurait raison des uns, c’est bien la folie qui emporterait les autres. Neutralisée par cette angoisse lui collant à la peau, elle craignait elle-même être emportée par ce grain de démence auquel nul n'échappait vraiment. Elle releva le menton vers son compagnon de bataille, il voulait qu’elle le suive, elle ne pouvait pas faire bien mieux que d’exécuter cette instruction. La démarche était mécanique, animée par la simple envie d’être guidée hors de cette de chaos, spectateur de la fin des temps. Une fois le champ dégagé par la foule affolée, la vue des environs fut plus troublante encore que ne l’imaginait la belle. Un champ de ruines, des dizaines de kilomètres de terres désolées, quelques écroulements décoraient ce nouveau désert où régnait la mort. Malgré les chocs précédents, le visage de Fubuki fut de nouveau décomposé par l’ampleur de la catastrophe, incapable de tenir debout, elle tomba les genoux en premier sur la terre sèche.

Elle voulait appeler à l’aide, mais aucun mot ne sortait, elle voulait crier, mais elle n’en avait plus la force.

Il pouvait jouer avec ses gestes et manipuler les nuages autant de temps qu’il le voulait, le Cardinal ne pouvait restaurer la vie là où s'imposait la mort. Lui au moins avait le courage mental d’agir pour limiter la casse. Que faisait Fubuki quant à elle ? Elle n’avait pas le pouvoir de porter secours face à ce genre de massacre, elle n’avait pas la foi ou les capacités d’être utile. Était-elle vraiment une héroïne ? Un brave foncerait tête première au cœur du danger pour secourir un innocent. Cardinal voulait relever l'utilité de la magicienne. Oui, bonne idée, mais encore faudrait-il que la mission soit à sa hauteur. Comment communiquer au monde entier quand elle ne savait pas même se comprendre. Dans le malheur de ses lacunes psychique, Fubuki n’avait pas le pouvoir de parler par la pensée, elle ne pouvait pas assister l’œuvre du maître des tempêtes. Elle pouvait le dire, mais dans une crise de larmes, les genoux à terre salissant sa robe, les yeux rivés vers le sol.

« Je ne sais pas le faire. »


Ses mains agrippaient ses cuisses, elle se sentait inutile, elle ne faisait pas plus qu’un simple citoyen, perdue dans l’ombre. Peut-être était-ce que certaines catastrophes étaient inexorables, le destin en avait décidé ainsi, le mal déjà fait. Aucun héros ne vint, d’ailleurs, l’appel de Fubuki avait été inutile. Tous devaient être morts ou occupés avec leurs propres problèmes. Quel désastre. La pluie faisait son entrée après l’action du Cardinal, dissipant les flammes au loin, l’averse ne se privait pas non plus de rafraichir les deux témoins du cataclysme. Elle restait sous le flot, ses vêtements mouillés collaient à son corps, ce n’était pas agréable, mais de bien pires choses la laissaient stoïque. Puis après quelques secondes, elle parvint à se lever, se dirigeant sous un abribus sans même en faire part à son camarade. Assise sur le banc, elle cherchait encore les réponses de questions qu’elle s’inventait en rythme continu. Le Cardinal était encore là, elle l'interpella d’une voix fluette et basse.

« Que comptes-tu faire maintenant ? »

Elle ne savait pas elle-même ce qu’elle allait devenir, les héros, les méchants, la vie, la Terre, tout ceci n’avait plus aucun sens. Il fallait bien trouver quelque chose. Oui, après la réponse de l’ancien, elle reprit la parole, sans bien plus d’engagement.

« Je vais devenir plus forte, il faut protéger ce qu’il reste de notre civilisation. »

Les braises d’un feu mourant, celui de la société humaine. L’auteur de ce crime avait déversé un torrent sur cette flamme autrefois puissante. Vacillante, faiblissante, elle risquait de bientôt complètement disparaître. Il fallait entretenir le feu de la vie, et ce, jusqu’à la mort. En ces temps de troublés, en ces prochaines années de souffrance pour l’Homme, la meilleure des choses était de trouver un leader pour reconstruire les villes, l’armée et la pérennité de la Terre. Comment trouver un personnage habile à ce rôle ?

« Le chaos va s’imposer si personne ne se présente à la gouvernance de la Terre. »

Le sujet arrivait, il était important, il pleuvait encore et pour longtemps. Le regard de Fubuki s’affirmait, il était temps de se ressaisir.

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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockVen 12 Juil 2019 - 20:55
La cour des grands. Qu’est-ce que la cour des grands ? Cardinal ne saurait définir ce concept assez lointain auquel il pensait régulièrement. C’était une espèce de… cap à franchir. Un horizon des évènements qui, passé, empêchait toute tentative d’obtenir de la pitié de la part du bourreau de l’orage. Une ligne tracée dans le sable délimitant le poing de Cardinal et le barillet de son revolver. Car ce n’était pas une simple balle dans le crâne qui attendait les ordures de ce genre, non, c’était bien pire. Dans les bredouillements paternels du Premier des Traîtres s’était toujours enfouis un des plus violents vindicateurs qui eût marché sur Terre un jour. Ses gants s’étaient taché de rouge pour des causes bien plus sombres que le simple désir de protéger et de désarmer. Ses cartouches s’enfouissaient dans plus que des genoux et des épaules. Ses talents nombreux n’étaient pas simplement centrés sur la mission de protecteur des innocents. Les flaques déjà renvoyaient le reflet de la foudre carbonisant les nerfs de tous ceux qu’il avait jugé comme des monstres. Seishiro Kasai jouait dans la cour des grands, la cour des diables. Il serait trouvé, jugé, et condamné à des années de souffrance au fond de l’oeil de la tempête. Une minute qui durerait une année, une par victime de ses actes, une vendetta qui n’en finirait pas.

”Les flammes ne sont… pas radioact-ives. La fortune ne nous tourne pas complètement le dos."

Oh, de retour dans cette imagination débordante de puissance. Ce désir de venger tous les morts des mains des tueurs. Il n’avait pas un cinquième de la volonté nécessaire à accomplir de telles fantaisies. Qu’il aide la terre à se réparer avant de penser déjà à assouvir quelque désir soudain de massacrer l’infâme et le mauvais ? Il n’était qu’un justicier de basse étage avec un bagage émotionnel trop gros pour véritablement faire quoi que ce soit d’important. Ses actes étaient déjà assez importants. Laissant son parapluie flotter dans les airs, il prit son chapeau de sa main désormais libre, avant de se passer les doigts de la seconde dans les cheveux courts tandis qu’un soupir quittait ses poumons. Que faire à présent ? Fubuki se disait incapable de faire passer un message simple à une population massive. Entre les milliers de gouttes de pluie qui s’écroulaient et tombaient sur le sol, dans cette tempête bleue et grise, le flingueur aux vêtements pourpres laissait la froidure de son art lui rafraîchir l’esprit. Il se sentait seul, au centre d’un panorama, entouré de gratte-ciels en ruine et de fumée noire s’échappant vers l’espace. Tout semblait gris, puis monochrome. Il abaissa un instant son écharpe jaune doré. Son épiderme au teint noir était parsemé de veines sombres et gonflées. L’emprise du parasite sur le corps humain n’était pas tendre, mais cela ne le gênait pas. C’était trop hideux à montrer, couplé à ses lèvres gercées, ses joues vérolées et ses dents plus blanches que l’éclair qui brillait dans le ciel. On croirait voir un revenant, un mort-vivant venant hanter les esprits les plus malheureux pour les amener vers la folie la plus totale. Et ce n’était pas ce que Cardinal était. Le vent lui arrivait dans la figure. Il était doux, il était bon. Sa main plongea dans son manteau, attrapant une bouteille dans sa poche : Un cocktail fait maison, préparé à l’avance. Un peu de rhum. Quelques fraises. Du jus de citron vert et du sirop, avec quelques glaçons. Le tout mélangé avec le savoir-faire habituel du génie de la gastronomie et de la préparation des aliments en tout genre. Il aurait pu faire barman s’il n’était pas meurtrier.

”À la tienne, fatalité."

Un éclair lui tomba dessus, avant de se propager dans le liquide contenu par le récipient de verre. Son interlocutrice était bien loin de lui. Il parlait tout seul, comme le font beaucoup d’autres quand ils cherchaient un réconfort à modeler d’eux-même. Une oreille qui ne répondrait pas. Dans cette atmosphère de blanc et de noir, la pluie était la bienvenue. Il restait silencieux, mais imaginait ses aventures sous la forme d’une narration romantique. On le croirait détective d’on ne sait quelle aventure sinistre et mélancolique, les souliers si profondément dans la gadoue de tristesse qui touchait toute la ville. Son doigt se déplia vers le ciel et mima le tir d’un pistolet. Le fracas de la foudre retentit, tandis que des symboles se propageaient sur les cumulonimbus qui se déplaçaient dans toutes les directions. Survivants, regroupez-vous à la gare. Une calligraphie fulgurante provenant du maître du tonnerre. Avait-il oublié qu’il était capable de maîtriser ainsi les éclats des ouragans ? Ou bien avait-il tenté de laisser encore une fois Fubuki accéder à ses capacités. Sans vergogne, il se décida à attaquer sa boisson, seul sur ce plateau d’ombre et de lumière. Les couleurs ne semblaient plus être, et le bruit qui atteignait ses oreilles n’était que sa propre voix, enfouie sous un manteau de mots inconnus et de formules de phrases sans queue ni tête, un langage qui n’était pas le nôtre. Et une fois chaque nuage marqué par les insignes et les caractères, prêts à transmettre le message, il remit son foulard contre ses lèvres abominables, avant de revenir s’approcher de celle qui se lamentait intérieurement sous son abribus, une main tenant un flacon entamé et l’autre le parapluie, tandis que son chapeau avait repris place sur ses cheveux. La pellicule était de nouveau colorée.

”Ce que je vais faire à présent ?... Ce que je vais faire… à présent… Ma… présence n’est plus nécessaire. Les se-cours pourront s’occuper de l’organisation des… mmh… rescapés. Je… ne suis pas assez qualifié pour simplement projeter les… débris dans tous les sens à l’aide de tornades. Il y aurait davantage de dégâts collatéraux que de vies… sauvées ainsi. Mon rôle… s’abrège. Je pense simplement retourner… vers ce qu’il reste de mon appartement et préparer… un futur déménagement. J’ai d’autres logis sur… d’autres planètes. Peut-être pourrais-je y accueillir quelques réfu-giés..."

Et c’est alors que la psychiste se mit à parler toute seule. Sur le fait de devoir devenir plus forte. Une sorte de tangente. Quelque chose qui n’avait pas vraiment de rapport avec la situation. Un dialogue solitaire qui ne pouvait mener qu’à plus de désarroi, puis au chaos interne total. Un malaise en suspens, comme le sommet de montagne russe. L’attente d’une chute libre vers les tréfonds de la folie. De l’énergie potentielle de malheur et de tristesse. Un optimisme faux et illusoire. Simplement acquiescer pour mettre fin à toute conversation. L’équivalent d’une moue adolescente. Et comme cette dernière, des conséquences catastrophiques pouvaient se manifester dans l’âme de la déplorable victime de cette soudaine déprime. C’est pourquoi le colossal être de foudre et de tonnerre se baissa avec soin, avant claquer des doigts devant le visage de l’héroïne, craquant une petite étincelle qui attirera ses yeux vers sa personne.

”Ressaisissez-vous un peu. Ce n’est point… l’heure de partir sur des hors-sujets. Avant de chercher à protéger cette planète qui vous est… chère, pensez à sauver des survivants avec votre… télékinésie de marche. Beaucoup sont enfouis sous les… immeubles anéantis, les décombres… Si ce n’est pour épargner à des centaines de citadins des morts de faims, de déshydratation et d’asphyxie particulièrement longues et… mmh… douloureuses, faites-le pour dégager les morts de leurs tombeaux… de ciment et de roches. Qu’ils puissent reposer convenablement, et identifiés par leurs proches..."

Il lui tendit la bouteille, pour l’inciter à laisser ses larmes se joindre à la pluie, et à se requinquer par le goût splendide du syrop de fraise légèrement acide et alcoolisé. Ceci fait ou refusé, il lui tendrait au moins la main pour l’inciter à se lever à empêcher la disparition sous les ruines de multiples familles assez chanceuses pour survivre aux déflagrations des explosions. C’est alors que Fubuki se mit à énoncer quelques questionnements sur le gouvernement vacant des terriens. Cardinal ne s’y intéressa pas beaucoup.

”Vous trouverez… bien quelqu’un de suffisamment compétent. Je n’en doute… pas."

Entamant une marche rapide et hasardeuse entre les effondrements, le Premier des Traîtres n’eut pas à continuer longtemps avant d’entendre une série de râles et de pleurs sous un immense tas de pierre. Et c’est alors qu’il se tourna vers la demoiselle à la robe anthracite, avant de lui faire un mouvement de tête l’incitant tout simplement à soulever les roches par la force de son esprit. Chose qu’Iscariot n’était pas capable de faire. Supposément.
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockMer 17 Juil 2019 - 18:45



« Survivants, regroupez-vous à la gare. »


C’était le ciel qui parlait, amalgame tordu d’une force sans pareille. Il maitrisait cette force naturelle, il la domptait. Peu de champions étaient capables d’un tel exploit, ce n’était que dans les rêves que l’on écrivait au ciel avec des éclairs. Fubuki ne rêvait pourtant pas, elle comprit que la demande de son camarade était alors dérisoire à la vue de ses capacités qu’il employait. Ça ne la rassurait pas quant à son utilité dans cette fin du monde, elle était spectatrice d’un homme plein de ressources. Fallait-il en faire autant pour recevoir une réputation qui serait ad vitam reconnue ? L’orage gronde et les foules se mouvent en réponse, un mélange de cacophonie et d’ordre. L’on apprécie la nuance.

Elle portait un regard si singulier au cardinal à cet instant là, ce n’était pas de la peur ou de l’angoisse. Un mélange de reconnaissance et de jalousie, cruelle farce qu’un être aussi fort en soit si modeste.

La pluie invoquée s’abattait sans relâche suite à l’appel du maître des tempêtes, mille et une gouttes qui percutaient la toiture métallique de l’abri. Ce retour au calme progressif était probant, les forces de l’ordre devaient secourir les survivants de la gare alors que le duo héroïne se maintenait isolé du reste du monde. Le cardinal n’était pas très engagé dans l’avenir de la planète, cette voix dérangée, ce contexte et ces paroles en disait long. Fubuki en était perplexe, il voulait partir sur une autre planète pour y vivre avec des réfugiés. C’était une solution d’abandonne, il était grossier et utopique de croire en un lendemain meilleur sur un monde lointain. Certes, les avancées scientifiques permettaient maintenant un voyage spatial rapide et sécurisé, mais quand bien même la manœuvre restait un abandon.

Terre qui t’a nourri, Terre que tu as aimée. Tu l’as laissé mourir.

Serait-elle capable d’en faire de même ? La question était de savoir si cet acte était vertueux de nature, ou bien motivé par cette tristesse intérieure, ce renoncement à sauver sa planète. Car c’était de cela qu’il était motif, et Fubuki était certaine que la solution n’était pas dans les étoiles. Elle devait donc se fortifier, abattre ses limites et pousser la brume de l’inconnu afin de devenir assez puissante pour intervenir avant ce genre de catastrophe. Cardinal restait néanmoins terre-à-terre sur la question du sauvetage : Il était temps de secourir les gens situés sous les décombres. Il avait raison.

« Oui… Je vais aller aider ce qui en ont besoin pendant les prochains jours. Même si je ne suis pas aussi forte que toi, je pourrais secourir les gens piégés sous les débris. »

Car finalement, au-delà de tout débat de force, le rôle d’un héros a toujours été de porter secours aux plus démunis.

Avant de partir, elle fut néanmoins retenue par l’attention du porteur d’orage. C’était une bouteille, breuvage simple de réconfort, c’était aussi simple que bienvenue en ces temps troublés. Ce jour était maudit, tout réconfort était bon à prendre. Elle accepta le présent, buvant quelques gorgées d’alcool. Ce n’était pas une boisson bien forte, elle était rafraîchissante, il faisait chaud malgré la pluie importante. Le temps fut alors étendu, le début d’un travail de reconstruction titanesque à l’image des projets antiques que l’on pensait irréalisable. Il était souvent impensable de se penser dans cette catégorie de héros, survivants d’un enfer et responsables de l’avenir du monde.

Il faut se faire à l’idée que ce monde blessé ne sera restauré que par le sang, les larmes et l’effort.

Il n’en manquait plus qu’un.

Au travail, Fubuki.

Heures après heures, un schéma était formé, sphère secouriste alternant la recherche, la compréhension et l’utilisation de pouvoirs télékinésiques. La fatigue n’était pas prenante, le devoir que s’efforçait de remplir la jeune femme la poussait dans ses exploits. L’espoir se matérialisait au travers du visage des enfants aimants, des couples rassemblés, des parents rassurés. La pluie se calmait probablement au cours des deux heures de travail auquel s’attelaient tous les secouristes. Elle disparaissait avec le choc immédiat de l’événement, le temps ne devait pas être aux regrets. Au bout de ses heures, Fubuki fatiguaient, la magie était un art puisant directement dans ses ressources, consommant notamment du sucre et de l’eau. Elle buvait donc beaucoup, lui assurant de travailler à l’assistance du plus de monde possible. C’est alors que les premiers rayons du soleil disparaissaient sous l’horizon qu’elle s’arrêta dans ses efforts. Elle n’avait plus l’air abattue, elle s’était montrée utile, ses complaintes précédentes étaient sans doute liées au choc de l’accident, du drame. Elle avait de quoi, ces parents n’étaient pas en ville tout comme sa sœur, elle n’avait pas perdue de proche dans sa famille directe. C’était égoïste, mais rassurant, chaque être aussi bon et généreux soit-il pose des priorités qui lui sont propres et chères.

Elle s’assis donc un instant sur un rocher proche, assez massif pour qu’elle puisse s’y reposer. Elle observait la tâche de sauvetage, des engins de chantier étaient déjà sur place. L’espoir produisait de belles choses, il masquait les malheurs, c’était une drogue, adrénaline joyeuse permettant aux Hommes de forger un avenir. Cette notion faisait parti des frontières entre l’espèce intelligente et l’animal. La question restait en suspens, dans cet univers nouveau ou chaque jour sera un combat, qui guidera les survivants ? Aucun des deux ne savaient, ce n’était sans doute pas leur rôle de tergiverser sur de telles interrogations. Les doux et derniers rayons de lumière sublimaient chaque forme soumise à sa lueur, Fubuki observait cet horizon, son chemin n’était pas terminé.

« Je ne compte pas quitter la Terre, jamais je ne le ferais. Ce monde est le mien autant que celui du premier venu, je dois en prendre soin. Pour évoluer, il faut se mettre en difficulté, je vais parcourir les villes et villages à la recherche de missions difficiles. »


Il ne lui manquait que cela, Analyser, comprendre et agir. C’étaient les maîtres mots, mais tous étaient garés sous la coiffe du pouvoir.

« Je te remercie pour ton aide, ce n’est une journée facile pour personne. »

Elle fixait un instant le sol, cherchant les mots justes pour réconforter le manipulateur climatique.

« Il ne faut pas se résoudre partir, les villes seront reconstruites, tu seras plus utile ici. »


Elle se leva alors, scrutant de nouveau l’horizon, autant partir dès maintenant, le plus gros des blessés avait été sauvé. La psychiste fit volte-face pour saluer de sa paume droite ouverte le Cardinal. Puis elle se mit en route en suivant ce qu’il restait d’une route en direction du nord. Ses salutations n’étaient pas pleines de joie et d’énergie mais avait tout de même le mérite d’être sincère et emplies d’espoir.
Cette expectance était un moteur dont devait se servir tous les Hommes.

Car sans cette force, ils pourraient chuter dans les limbes du chaos.

Et redevenir des animaux.
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MessageSujet: Re: Défunte pacidité (Sujet ouvert)   Défunte pacidité (Sujet ouvert) ClockLun 22 Juil 2019 - 17:45
”Il n’y a pas de… forts ou de faibles. Ce ne sont que des nombres… subjectifs, bêtes et méchants, destinés… mmh… à dénaturer ceux qui manquent trop de confiance en leurs capacités. Il y a du potentiel chez tous les vivants. Certains ont des pouvoirs… et d’autres savent simplement dialoguer efficacement… J’ai vu des centaines de ‘médiocres’ se faire des carrières de renom sans aucune maîtrise… des arcanes ou de leur énergie vitale."

Ce fut la réponse que le Cardinal offrit à celle qui se croyait “pas aussi forte que lui”. Cette rétorsion avait eu le mérite d’expliquer son point de vue, taillé et poli par les âges qui défilèrent devant ses yeux éthérées et épousseté par ses discussions avec des êtres de tout temps. Iscariot avait rencontré des vivants de toute forme et de tout angle, aux philosophies si variées et si diverses qu’il aurait pu en faire une bibliothèque. Et c’était avec regret qu’il se remémorait son aisance pour les oublier. Ce n’était pas faute de tenter de les répertorier. Mais les écrits ne perduraient jamais à travers les décennies. Les catastrophes ne laissait aucune connaissance perdurer. Babylone puis Alexandrie, taillées en pièces par les grés des hommes. Son appartement était en morceau, il l’avait vu de ses propres yeux, et déblayé de ses propres bras. Il n’était pas resté simple observateur par rapport aux efforts de Fubuki, mais ne pouvait l’assister qu’en portant les pierres à l’aide de ses mains. Son corps ne fut pas tordu par la fatigue. Ses muscles ne brûlèrent pas. Cette enveloppe était adaptée à tout effort physique qui lui serait nécessaire de faire. Et bientôt, le temps se mit à passer assez vite. D’un mouvement de bras, il fit disparaître la pluie là où elle ne fut plus nécessaire, pour éviter aux vêtements des survivants de coller à leur épidermes et leur transmettre quelconque crève. Les réflexes musculaires prirent la place de ses machinations, et bientôt il sembla être une simple machine à sauver et à offrir des tablettes de chocolat pillées dans des distributeurs du coin aux enfants ayant perduré à travers cette catastrophe.

Qu’est-ce qu’il cherchait à travers tout ça ? Cette rédemption trouble qui lui revenait à la figure à chaque moment de faiblesse, comme une balle de tennis envoyée contre le mur ? Sa tristesse jouait au ping-pong avec sa mélancolie, et la balle rebondissant sur son cerveau résonnait jusque dans les tréfonds de ses neurones les plus enfouies. Par la distraction, il harnachait cette asthénie, noyant son cafard avec la sueur de ses biceps. Il n’enlevait ni son manteau, ni son pullover, pas même son chapeau, préférant leur chaleur au froid de son propre orage. Les souliers dans les flaques, c’était lui qui finissait par pâlir en terme d’efficacité par rapport à la psychokinésie de la sorcière. Nombreux furent les cadavres à la peau bleutée, retrouvés étouffés par leur cage de décombres, les mères de famille les insultant pour leur lenteur, incapable de lâcher les nourrissons terrassés par le froid de leur main, comme s’ils pouvaient miraculeusement brailler à nouveau si elles parvenaient à hurler assez fort. Il ne pouvait leur répondre, mais subissait leurs injures et leurs gifles, les laissant se défouler sur son anatomie bien trop robustes pour leurs bras innocents. Il lui arriva néanmoins d’en faire revivre quelques uns avec des chocs électriques sur le coeur, mais cela fut rare. Ce n’était pas grave. Le but était de récolter le plus de survivants possibles, pour qu’ils puissent reconstruire et recréer. De quoi labourer les champs et piocher dans les mines, de quoi faire fondre les minéraux et réparer les machines. Le un qui deviendra deux qui deviendra quatre qui deviendra seize. Il ne fallait qu’une arche pour faire perdurer une espèce.

Et puis, il fut l’heure de s’arrêter. Il n’y avait plus rien à déblayer, plus rien à jeter. Il avait mis le projecteur sur la magicienne à la robe de sorcière. Il en avait fait une héroïne visible par tout le monde et qui guiderait chacun. Reprenant son parapluie de ses doigts amochés par tant de roches portées, il suivit en silence la demoiselle au mental résonnant, jusqu’à ce qu’elle s’arrête pour s'asseoir sur un caillou plus gros que les autres. De là, elle marmonna quelques mots, probablement dirigés envers elle-même. Des mots d’encouragement couplés à ce qui semblait être une organisation de son futur. Ce qu’elle ferait, et pourquoi elle le ferait. C’était un discours motivationnel qui réchauffait toujours un peu le coeur neigeux de l’oeil de la tempête. D’une certaine manière, il était parvenu à son but initial. Il avait motivé une demoiselle peu confiante à faire quelque chose d’utile de sa vie et de ses pouvoirs. Une main dans la poche de son manteau et l’autre sur le manche de son pébroc, il l’écoutait tranquillement parler, puis le remercier, et enfin lui demander de rester sur Terre le temps que la planète puisse se stabiliser. C’était probablement la chose à faire, oui.

”J’y… mmh… cogiterais."

Et ce fut l’heure des adieux. Elle lui fit un signe de la même, il lui en fit un de la tête. Marchant avec le soleil couchant en fond, elle avait l’air d’une héroïne de dessin animé, voyageant vers une autre aventure une fois celle de ce soir terminée. Le Cardinal la regarda partir un instant, avant de se laisser emporter par le vent, vers là où ce dernier jugerait digne de le laisser atterrir. Car il ne savait pas vraiment quoi faire, mais le ferait tout de même. Tel était le Cardinal Iscariot.
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